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Interview à Paris de Casey Grillo (batterie – KAMELOT), novembre 2012

01. Comment se déroule la tournée jusqu’ici ? Et que peux-tu nous dire des concerts récents aux USA ?

Jusqu’ici cette tournée a été géniale. Aujourd’hui c’est la troisième date et les foules ont été très amicales et réceptives, c’est une super expérience. Et cela va être de mieux en mieux plus la tournée va avancer. En ce qui concerne la tournée nord-américaine, là aussi nous avons pris notre pied. C’est toujours gratifiant de tourner dans son pays, de découvrir des lieux pour la première fois. Tout est plus simple dans son propre pays. Tu peux passer un coup de fil chez toi et cela ne te coûte rien alors que d’ici en Europe les communications sont très onéreuses… C’est toujours super de pouvoir performer dans son propre pays.

 

02. Les publics nord-américains et européens sont-ils différents ? Continuez-vous à rencontrer plus de succès en Europe qu’aux USA ?

Effectivement il est évident que nous sommes plus populaires en Europe mais ces dernières années nous avons grandis aux USA. Nous venons par exemple de finir la tournée en compagnie de NIGHTWISH là-bas. Donc nos shows sont désormais plus gros et le public répond plus positivement à notre musique. Nous nous sommes beaucoup amusés et cela commence à se rapprocher de l’Europe pour la première fois. Mais l’Europe a toujours été là pour nous soutenir.

 

03. T’attendais-tu au départ de Roy Khan et avez-vous eu le moindre doute quant au fait que KAMELOT allait poursuivre l’aventure ?

Je n’ai jamais eu aucun doute sur l’avenir du groupe. Nous adorons tous faire de la musique et nous voulons continuer à tracer notre route quoiqu’il arrive. C’était aussi simple que cela. Et si un membre n’a plus les même objectifs que nous tant pis. C’est tout. Son départ a été une vraie surprise.

04. Après les gros succès des derniers albums et des tournées associées, avez-vous ressenti beaucoup de pression à l’entame de cette nouvelle aventure avec Tommy ?

Non pas vraiment, nous étions tous rassurés après l’avoir entendu chanter et après avoir constaté sa contribution à la composition des nouveaux titres. C’était très important pour nous de voir quel type de compositeur il était. J’ai écouté une première chanson avec sa voix dessus, c’était « Song for Jolee », et d’emblée j’ai été convaincu, Tommy m’a impressionné. J’ai su que le résultat allait être très spécial, à même de nous combler. Ce disque est de loin mon album préféré de KAMELOT.

 

05. Vous aviez deux options avec l’arrivée d’un nouveau chanteur : continuité avec le passé ou un nouveau départ. Comment avez-vous trouvez l’équilibre ?

Nous voulions toujours sonner comme KAMELOT. Nous nous voulions révolutionner notre musique et ainsi désorienter les fans mais en apportant de la fraicheur. Et je pense que nous avons atteint notre but. C’est toujours du KAMELOT, avec notre patte facilement identifiable, mais une approche et une voix différente.

 

06. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Silverthorn ?

J’ai enregistré toutes les parties de batterie en Floride, à Tampa, aux Morrisound Recording Studios. Nous étions deux, simplement Tom (NDLR : Youngblood – guitares) et moi. C’est ma contribution à ce disque. Nous n’enregistrons pas tous ensemble sachant que certaines parties et la production finale est réalisée en Europe par Tom et Tommy. J’enregistre à partir des démos réalisées, elles me guident pour poser mon jeu de batterie. Parfois la mélodie vocale est présente, parfois non et je suis bien souvent le premier à enregistrer mes parties pour un nouvel album.

 

07. De ton point de vue, quelles sont les principales différences entre Poetry For The Poisoned & Silverthorn ?

Sans critiquer l’album précédent, je pense que nos compositions sont plus solides, plus fortes sur Silverthorn. Nous sommes revenus vers des choses plus mélodiques tant en maintenant un son très heavy c’est vraiment métal. Nous avons ajouté différents éléments, certaines passages sonnent presque funky à d’autres moments le groove est très important. Ce petit côté LED ZEPPELIN me plait bien. C’est assez nouveau pour KAMELOT et cela apporte un vrai plus.

 

08. Tu as un frère et une sœur qui tous les deux jouent aussi de la batterie. As-tu hésité étant plus jeune quant à l’instrument que tu voulais pratiquer ?

Oui tu as raison, la batterie s’est imposée d’elle-même, toute ma famille ne jure que par cet instrument. Comme tu le disais, mon frère et ma sœur jouent et donc il y avait toujours une batterie installée quelque part dans la maison. J’ai su très tôt que je voulais être batteur. Je jouais de la batterie à ma mère et elle s’endormait devant moi alors que je jouais. J’espère que je ne l’ennuyais pas à ce point-là. Elle aimait tellement cela que le son de batterie était naturel pour elle et elle pouvait l’oublier et s’endormir. Il y a toujours eu beaucoup de bruit à la maison en fait ! J’ai commencé à jouer à 8 ou 9 ans.

09. Quelles ont été tes principales influences au nouveau de la batterie ?

A la maison, mon frère écoutait beaucoup des groupes comme LED ZEPPELIN avec John Bonham ou CREAM avec Ginger Baker. Tous ces merveilleux groupes m’ont bien sûr influencés. Maintenant, je préfère des batteurs plus heavy comme Ray Luzier de KORN par exemple. Je suis très admiratifs de ces batteurs super doués.

 

10. En 1997, à l’âge de 21 ans, tu as été choisi pour rejoindre KAMELOT à la place de l’un des membres fondateur Richard Warner. Comment as-tu vécu cette période et cela a-t-il représenté une grosse pression pour toi ?

A cette époque je ne connaissais pas très bien le groupe. Ils m’ont vu dans un club lors d’une performance avec un autre groupe. Ils sont alors venus me voir pour me demander si je pouvais travailler avec eux en studio et j’ai répondu, bien sûr ! Et ils m’ont demander si je maitrisais la technique de la double pédale de grosse caisse et j’ai menti en répondant positivement. Je jouais alors dans un groupe pop et je n’avais jamais essayé ni expérimenté cette technique. Je ne connaissais pas le groupe et ils ne rencontraient pas le même succès qu’aujourd’hui, il n’y avait pas d’internet à cette époque-là. Dans ma carrière j’ai remplacé beaucoup de batteurs donc c’était facile pour moi de m’intégrer au groupe. J’avais déjà fait de nombreux remplacements à cette époque-là donc je connaissais le métier, pas de pression particulière.

 

11. Ta maîtrise technique est très impressionnante. Tu es très talentueux mais tu es assez peu connu. Es-tu déçu de cet état de fait, de ce manque de reconnaissance ?

Merci pour le compliment. Je voudrais bien être plus reconnu pour mon travail et mes qualités sur la scène métal mais pour l’instant ce n’est pas arrivé. Le timing n’est peut-être pas le bon ou je ne suis pas au bon endroit au bon moment. J’ai de nombreux amis parmi les batteurs les plus célèbres, ils évoluent dans des groupes à gros succès. Tant mieux pour eux, ils le méritent. Je ne sais pas trop, je n’y ai jamais pensé et je ne sais pas comment m’y prendre. Je m’assieds et je joue et si cela doit arriver cela arrivera. Je voudrais passer un cap, changer de dimension et devenir un grand nom de la communauté des batteurs mis je ne connais pas la recette et je suis pris dans ce paradoxe. Il faut avoir le soutien de grosses sociétés…

 

12. Tu réalises régulièrement des drum clinics principalement aux USA. Est-ce une activité que tu apprécies ?

J’adore faire ça c’est très amusant et je souhaite pouvoir en faire beaucoup plus. J’ai assuré une performance lors d’un de ces événements récemment, juste avant de venir en Europe pour cette tournée. Cela se déroule principalement aux USA mais parfois aussi en Europe, plus récemment aux Pays-Bas.

 

13. En dehors des tournées, pratiques tu quotidiennement ton instrument ?

Il est toujours important de s’entrainer et de réviser ses gammes. Je ne le fait malheureusement pas autant que je le voudrais mais je continue à beaucoup jouer. En dehors de tournée, je réalise souvent des sessions à la maison. Je continue à jouer pendant plusieurs heures 4 ou 5 fois par semaine. Cela permet de rester en forme.

 

 

14. Le clip vidéo réalisé pour « Sacrimony » est impressionnant par sa qualité. Il y a beaucoup d’attente mais apprécies-tu cet exercice ?

C’est vraiment cool et très très amusant ! Bien sûr il y a beaucoup d’attente car tu tournes ta partie puis c’est au tour d’un autre donc tu patientes… Mais j’aime personnellement les clips vidéos, j’ai fait quelques productions pour KAMELOT. Je me suis bien amusé et le réalisateur est un sacré personnage.

 

15. Est-ce difficile de décider de la setlist de cette tournée européenne ?

Le plus dur est de retirer des chansons. Sinon, nous jouerions des heures et des heures. Chaque fois nous nous réunissons et nous passons un long moment à choisir, « nous ne pouvons pas enlever celle-ci et celle-ci non plus… ». La décision est très rude et il faut en plus introduire de nouveaux titres du nouvel album donc effectivement c’est chaque fois un gros défi mais c’est une bonne chose finalement, cela montre que nous aimons ce que nous jouons.

 

16. Le nouvel album est très sombre. En tant qu’artiste trouve-tu plus de créativité dans ces sentiments négatifs ? KAMELOT pourra-t-il proposer un jour une chanson joyeuse ?

Je pense que nous avons déjà fait dans le passé des titres positifs, presque joyeux. Les thèmes choisis pour Silverthorn sont tristes, la mort d’un enfant, et donc cela rejaillit sur l’ambiance générale de la musique. Il est plus facile de composer autour de la douleur bien sûr Mais nous ferons peut-être un jour une chanson légère et amusante…

 

17. Vous avez proposé l’album sous différentes formes. Est-ce important pour vous d’offrir ce type d’éditions limitées ou est-ce un choix business imposé par la maison de disque ?

En tant que fan j’aime avoir le choix et pouvoir me procurer des versions limitées avec des bonus. C’est cool. Ce n’est pas qu’un disque mais il y a aussi de la vidéo, un poster, des précisions dur l’histoire… La version vinyle est belle même si je n’ai pas de quoi le lire à la maison. C’est vraiment pour les super fans les autres peuvent se contenter de la version standard de l’album. Si nous ne faisons rien les gens vont se plaindre, si nous proposons des éditions limitées les gens vont aussi se plaindre. Dans tous les cas, il y a la version japonaise avec des bonus donc les fans ultimes vont vouloir l’acheter. C’est ainsi. Et notre label propose une vrai bonne affaire avec l’édition limitée de Silverthorn, elle est disponible a un prix raisonnable c’est cool ! Nous en sommes très fiers.

 

18. Vous allez être quelques semaines en Europe au moment de l’élection présidentielle américaine. Pas de frustration de ne pas être chez vous pour cet événement ?

Oui c’est vrai mais j’essaye toujours de rester en dehors de la politique. J’ai déjà voté pour l’un des candidats mais je ne me prononce pas sur les questions de politiques et de religion, c’est plus prudent ! Si tu votes pour le mauvais candidat certains vont te haïr à jamais donc motus et bouche cousue

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

01. Quelle est ta chanson favorite ?

Peter  Gabriel c’est sûr, je dirais « In Your Eyes », j’adore cette chanson…

 

02. Premier album acheté ?

Maximum Security de Tony MacAlpine

 

03. Dernier album acheté ?

Sans doute le nouvel album d’OZZY… euh non non c’est KORN, c’est mon pote qui joue dessus…

 

04. Quel son ou bruit aimes-tu ?

Ah je sais d’où cela vient, James Lipton n’est-ce pas ? Pour répondre à ta question, ce que j’aime c’est le son de la voix de ma femme.

 

05. Quel son ou bruit détestes-tu ?

Un bébé qui pleure dans un avion…

 

Merci à Roger pour avoir rendu cette interview possible.

 

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Chronique de l'album

Live Report du concert au Bataclan (04/11/2012)

Interview par mail de Liv Kristine (chant – LEAVES'EYES, ex-THEATRE of TRAGEDY), octobre 2012

 

 

01. Quel est ton état d’esprit quelques semaines après la sortie de ton quatrième album solo Libertine ?

Liv: Les réactions à la fois de la presse et des fans ont été absolument géniales et dans le monde entier. Je pense qu’il s’agit de la réponse la plus positive depuis le début de ma carrière, il y a plus de 20 ans de cela. J’en suis très émue et vraiment reconnaissante. Ma petite voix intérieure que dit qu’il faut que j’aille défendre ces chansons sur scène le plus vite possible ! JE suis tellement excitée par cette sortie et surtout très fière. C’est l’album le plus vital, intéressant et varié depuis le début de ma carrière solo. Le clip de la chanson « Paris Paris » est d’ailleurs disponible sur internet. J’en suis très très satisfaite, il s’agit de ma quatrième collaboration avec Patrick (NDLR : Ullaeus) et son équipe de Revolver (http://www.revolver.se/).

 

02. De ton point de vue, quelles sont les principales différences entre Skintight et Libertine ?

Liv: Si on le compare à mes précédents albums, Deus ex Machina (1198) était très atmosphérique, rappelant un peu le travail de la chanteuse irlandais ENYA, un véritable album pop. Enter My Religion a pris une tournure plus terrestre, plus orientée guitares avec des influences exotiques & folk intéressantes. Du côté de Skintight (2010) les influences sont plutôt à chercher du côté de J. CASH, cela emmène parfois à l’auditeur vers des sentiments et une expérience réconfortante à la manière d’un feu de camp. Pour Libertine, j’ai voulu faire un retour vers mes racines, l’album contient les compositions, les ballades les plus chargées d’émotions de ma carrière. On trouve même ici et là une touche sombre mais douce à travers à la fois le piano, les lignes de basses assez dombres et les guitares. Il me semble que mes albums deviennent de plus en plus individuels, comme si je me rapprochais de moi-même. Tous mes disques restent cependant dans la veine, indie, pop/rock.

 

03. Quelles ont été tes principales influences lors de la composition de Libertine ?

Liv: Je suis les palpitations artistiques de mon cœur à chaque fois et j’aime que les choses coulent naturellement pendant la phase de production. Cela m’a inspiré pour le titre « Spread my Wings ». En réalité, au niveau thématique, Libertine est un album qui rassemble des moments particuliers de ma vie. De plus, tu trouveras dans mes paroles quelques définitions de l’amour. Je me souviens par exemple de cet instant, durant mon concert à Nagold, en Allemagne, en décembre 2011 alors que je présentais pour la première fois une version démo de la chanson « Libertine ». Nous avons aussi joué quelques titre de THEATRE OF TRAGEDY, c’était important pour moi. A travers cette expérience et d’autres moments de vie, j’ai compris quelle orientation musicale allait prendre l’album, plus puissant, un retour vers mes racines. Tout le monde était là, ma famille et mes amis les plus proches, mes fans fantastiques venus du monde entier, d’Argentine, de Belgique, du Danemark, du Royaume-Uni, de Finlande, d’Espagne de Hollande et de partout en Allemagne. J’étais si heureuse. Ce fut une nuit très spéciale pour moi, si spéciale que nous allons remettre le couvert le 22 décembre prochain !

 

04. En regardant carrière en détail, il m’a semblé que tu entretenais consciemment ou non, de nombreuses dualités. Première dualité en assurant en parallèle deux carrières. L’une s’adresse aux fans de métal à travers THEATRE OF TRAGEDY puis LEAVES’EYES et l’autre s’adresse au grand public à travers tes albums solo ou différents projets annexes. Est-ce intentionnel et penses-tu que ces deux publics sont compatibles ?

Liv: Je crois que mon public garde un esprit très ouvert et je dois te dire que je me considère comme une privilégiée. Tout d’abord j’ai énormément de reconnaissance envers mes fans et mes amis qui me donnent à chaque fois respect, amour et de l’énergie positive. Certains suivent mon parcours depuis les début de mon groupe précédent THEATRE OF TRAGEDY, il y a 17 ou 18 ans de cela. Mes fans m’ont donné cette liberté que j’apprécie tant ! A travers LEAVES’EYES et mes projets solo je peux désormais exprimer entièrement mon instinct musical. Cela fait partie de moi depuis le jour où, à l’âge de sept ans, j’ai pris conscience que j’avais reçu génétiquement un don pour la musique. Depuis mon enfance j’ai cherché à être créative tous les jours d’une façon ou d’une autre. J’aime simplement chanter, composer, écrire et surtout faire des concerts ! A mes concerts, je rencontre et partage avec plaisir avec mon public. Sans eux, sans vous tous, je ne serais pas là car le business de la musique est froid et inhumain.

 

05. La deuxième dualité concerne les thèmes abordés dans tes chansons. As-tu besoin de parler de toi et de ta vie sur tes albums solo et au contraire de de projeter dans des mondes imaginaires ou des vieilles légendes avec LEAVES’EYES ?

Liv: J’écris toutes les paroles que ce soit pour mes albums solo ou LEAVES’EYES. J’aime beaucoup la poésie et la linguistique. Si je ne rédigeais pas des paroles de chansons, je pense que je composerais des livres de poésie. Au niveau thématique, mon travail en solo repose sur ma vie de femme, de mère et sur mes expériences passées. Quant à LEAVES’EYES les concepts sont construits principalement à partir des mythes et de l’histoire, en particulier les mythes nordiques et l’histoire vikings. J’aimais déjà ces sujets à l’école et tu en as déjà parlé gentiment 😉

 

06. La troisième dualité concerne ta vie publique et privée. Comment concilies-tu le fait d’être la chanteuse d’un groupe de heavy-métal souvent sur la route et ta vie de famille ? Ne souhaiterais pas parfois avoir un travail “normal”?

Liv: oh, oui, crois-moi, j’aimerais bien parfois ! J’ai déjà eu l’occasion de la dire mais le business de la musique est loin d’être juste et amical. J’ai déjà exercé des activités plus normales comme être fossoyeur pour le cimetière local pendant quatre étés consécutifs dans les années 90. J’ai aussi travaillé comme professeur pour des enfants soi-disant « difficiles » pendant ma grossesse quand je ne pouvais pas faire de tournée. Actuellement, j’enseigne la langue norvégienne à des adultes à travers des leçons privées en dehors des concerts. Cela me plait beaucoup mais j’aime aussi composer, enregistrer en studio, gérer les relations presse jusqu’à minuit, faire des tournées et rencontrer les fans dans le monde entier. Je parviens à faire cohabiter la musique et ma vie de famille assez bien, c’est comme un rêve devenu réalité.

 

07. Tu prouves à nouveau ton affection envers la rance à travers la chanson « Paris Paris ». Pourquoi ce titre dédié à la ville et que peux-tu nous dire du tournage du clip vidéo ?

Liv: Le clip de la chanson est désormais en ligne (ici) et je suis très heureuse du résultat et encore plus d’avoir eu l’opportunité de travailler pour la quatrième fois avec Patric. La démo de cette chanson date ne fait du temps de THEATRE OF TRAGEDY mais elle n’avait jamais été enregistrée. Cependant, je l’ai retravaillée par amusement en utilisant le logiciel Garage Band (NDLR : Apple). Mes camarades ont tous bien aimé et nous avons donc réenregistré tous les instruments. C’est vraiment une chanson très rafraichissante.

08. Avec LEAVES’EYES, tu enchaines les tournées à travers le monde, cette fois avec FIREWIND. En plus de la passion, est-ce une nécessité financière pour toi, pour vivre de la musique ?

Liv: Je me t’assurer que ces tournées n’ont pas fait de moi, jusqu’à présent, une femme riche !Mais plus important c’est l’enrichissement en terme d’expériences que cela me procure. Imagines ce que j’ai pu emmagasiner depuis plus de 18 ans, c’est fou ! Et cela a fait de moi l’artiste que je suis à aujourd’hui.

 

09. Etes-vous déjà en train de travailler sur le nouveau chapitres des aventures de LEAVES’EYES après Meredead en (2011) ?

Liv: Comme je l’ai déjà dit, nous revenons juste de notre fantastique tournée avec FIREWIND. Nous commençons donc en ce moment même l’enregistrement de notre cinquième album studio, et il s’annonce très folk et heavy !

 

10. Ok! Merci, les derniers mots t’appartiennent…

Liv: Merci d’être à mes côtés depuis tant d’années avec THEATRE OF TRAGEDY, LEAVES’EYES et mes albums solo. J’espère que vous appréciez Libertine et que vous ressentez autant de joie que moi pendant sa composition et son enregistrement. J’ai hâte de pouvoir le jouer pour vous. On se voit bientôt, il me tarde de revenir en France !

 

 

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Chronique de l’album

Interview par mail de MUNRUTHEL (Vladislav “Munruthel” Redkin – tout), septembre 2012

 

01. Pourrais-tu nous en dire plus sur toi et ton travail ?

Il est difficile de parler de soi. Je suis tombé amoureux de la musique alors que je n’étais qu’un garçon de 12 ans et depuis ce temps je ne peux imaginer ma vie sans musique. Au début j’ai joué sur le piano de ma sœur (elle jouait alors) et j’étais aussi très intéressé par les techniques d’enregistrement. Depuis l’enfance j’ai très envie de créer moi-même de la musique mais je n’avais pas d’ordinateur ou d’instruments pour assouvir ma passion. J’improvisais donc avec ce que je trouvais autour de moi (morceaux de verre, tube d’aspirateur, containers en plastique ou des ustensiles de cuisine). Plus tard j’ai pu me payer un kit de batterie et je me suis alors entrainé intensément. Mon intérêt pour l’enregistrement restait vivace et je faisais des prises de son à la maison. Ensembles avec Knjaz Varggoth, nous avons fondé un groupe et commencé à répéter. Depuis, j’ai progressé et je suis devenu musicien et ingénieur du son professionnel. Petit à petit j’ai acheté de l’équipement pour mon studio. Je gagne ma vie à travers mon studio, j’enregistre et je m’occupe également du mixage et du mastering. Des informations sont disponible sur mon site web. En ce qui concerne mes projets, j’ai apporté la touche finale au nouvel album de MUNRUTHEL, CREEDamage, qui doit sortir en Novembre. Il s’agit d’un disque de pagan métal de haute qualité. En ce moment je termine de travailler sur KOLO, mon projet orienté world-music.

 

02. Si j’ai bien compris ta démarche, MUNRUTHEL n’est pas qu’un groupe mais aussi une philosophie de vie. Peux-tu nous éclairer sur tes choix et ton besoin de revenir à tes racines slaves ?

Oui tu as bien compris. Je méprise les gens qui jouent un rôle sur scène et ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes. Je vis en véritable harmonie avec la nature et j’essaye toujours de m’échapper de la ville dès que j’ai un peu de temps libre (je vis dans une ville comptant 1,5 million d’habitants). Généralement, l’idée principale qui transpire de ma musique concerne la protection de la nature contre l’humanité. La nationalité n’a pas d’importance dans ce cas. Les slaves devraient, bien entendu; être plus proches de leurs racines slaves, les scandinaves de leurs propres racines et ainsi de suite. Bien sûr les racines les plus anciennes de tous les occidentaux sont uniques. De mon point de vue, de nos jours, le plus important est de savoir se protéger de cette guerre de l’information inutile, ne pas se laisser pourrir l’esprit par tout ce qui est à la mode, quoi manger, ou aller. Il s’agit vraiment de colifichets d’enfants destinés aux idiots, à faire des nous des esclaves de l’argent et de nous distraire du vrai sens de la vie. Donc il faut lutter et ne pas utiliser par exemple de la nourriture facile/rapide/ déjà préparée, cuisinez, ressourcez-vous dans la nature plus souvent, ne travaillez pas trop. Il ne faut pas beaucoup d’argent pour avoir une vie confortable. Il faut se contenter du strict nécessaire. L’argent n’a encore jamais fait le bonheur.

 

03. Que souhaitais-tu accomplir en commençant à travailler sur Epoch of Aquarius ? Des années après sa sortie, en es-tu encore satisfait ?

A l’époque, je voulais entrer en lutte contre le christianisme, contre la religion qui a usurpé les terres de mon pays avec le feu et le sang ! Je voulais me battre contre la religion qui a rendu mes ancêtres faibles et vulnérables, pauvres et illettrés. Tout cela imprégnait la musique et les paroles que j’avais composées. Maintenant, mon sentiment reste anti-chrétien mais il a lui aussi évolué. Désormais, la chose la plus importante pour moi est la protection de la nature comme unique moyen de survivre dans le futur et ainsi donner le moyen de vivre à nos enfants. J’appelle à la destruction de tous ceux qui bafouent Mère Nature et au contraire j’encourage ceux qui prennent soin d’elle comme le devrait les enfants vis-à-vis de ses parents. Cela ne dépend pas de la nationalité, de la religion ou d’autres distinctions sociale. Mais comme la majorité des religions du monde n’enseignent pas la protection de la nature, je reste très agressif envers elles. Elles sont inutiles à la vie et ne cherchent qu’à contrôler les masses ! Donc cet album reste d’actualité pour moi et les gens raisonnables.

 

04. En ce moment es-tu encore en train de travailler sur VEROlomstvo et que pouvons nous en attendre ?

L’album va être édité en Europe et en Amérique dans une version en langue anglais (chant en anglais) et s’appelera CREEDamage. Nous sommes en train de réaliser un clip vidéo pour le titre éponyme en ce moment même. Nous espérons le présenter en ovtobre ou novembre 2012. Nous espérons pouvoir venir à bout de ce clip avant la sortie de l’album. Ce disque a été enregistré dans mon studio, MoonHome, et j’ai donc eu tout le temps nécessaire pour travailler sur les sons et les arrangements. Je ne dresse pas de parallèle avec Epoch of Aquarius même si j’ai tenté de conserver une cohérence stylistique. La seule chose que je peux dire est que CREEDamage est plus conceptuel et mature et empreint de philosophie. N’oublies pas que je suis plus vieux qu’à l’époque d’Epoch of Aquarius, en 2004. La musique a perdu en agressivité pour gagner en professionnalisme et au niveau de la qualité des sons. De nombreux très bons musiciens de différents pays se sont investis dans ce projet, j’ai pu utiliser des violons, des flutes, de la guitare acoustique et des chœurs. Chacun a pu apporter un peu de son âme à l’enregistrement et l’album est devenu très épique, très beau et surtout aussi sincère que Epoch of Aquarius. J’ai également invité deux chanteurs : Wulfstan de FOREFATHER et Masha "Scream" d’ARKONA. Ces deux groupe sont très bons et de bons camarades ! Je suis leur suis très reconnaissant pour leur aide et je lui rendrai la pareille si un jour j’en ai l’opportunité !

 

05. Quelles sont tes principales influences ?

Ma principale source d’inspiration a toujours été, est et sera la Nature. Dès que j’ai un peu de temps libre dans mon quotidien très chargé je vais dans la forêt, dans la steppe et au bord d’un lac. Le plus loin possible de la ville et de ses habitants ! Alors j’emmagasine la force nécessaire pour repartir dans la mégalopole jusqu’à la prochaine fois. Je voyage ainsi quelque soit la saison, c’est vital pour moi. Si je ne peux pas ainsi me ressourcer, j’accumule du stress, je deviens agressif ou contraire apathique. Ma bonne humeur est liée à la beauté du monde qui m’entoure et cela enflamme ma créativité à chaque fois.

 

06. En parlant de la Dark Saga, comment en es-tu arrive à composer la musique du jeu video Gothic II ?

Il faut que je l’explique en détail. J’ai créé la bande son du plus grand mod/add-on russe pour Gothic 2. Initialement, tout n’était que le fruit de l’enthousiasme et j’avais composé cette musique gratuitement. Quelques temps plus tard, la société en charge du jeu, devant la qualité du mod, a contacté ses auteurs pour en faire un produit officiel. En ce qui me concerne, depuis longtemps je rêvais de composer une bande son d’un film, d’un jeu ou d’un spectacle… J’ai un don pour mettre en musique des images ou des dessins. J’ai donc pu enfin utiliser cette facilité pour ce jeu tout en réalisant un vieux rêve. Un grand merci à Marcelo Vasco, qui a réalisé un design fantastique pour cette sortie, et à toute l’équipe de Blazing Productions pour l’avoir rendu possible.

 

07. Peux-tu nous en dire plus sur tes autres projets (THUNDERKRAFT, AMBER SOLSTICE, NEVERLAND) et comment trouves-tu le bon équilibre entre eux ?

Au printemps de cette année, j’ai pris la décision de donner plus de temps à mes principaux projets (MUNRUTHEL et KOLO) et j’ai donc mis fin à ma contribution aux autres groupes. Je les aiderai dès que ce sera possible avec ma casquette de musicien/arrangeur studio. Mais je n’ai plus le temps de répéter avec eux désormais. Je passe mon temps dans mon studio MoonHome à travailler sur mes projets tout an ssurant un service d’enregistrement, mixage et mastering pour d’autres groupes. Je me suis également engagé dans ma production vidéo pour des clips musicaux et des publicités commerciales.

 

08. Maintenant que tes albums sont disponibles un peu partout à travers les rééditions, releases, quelles sont tes principales attentes et espoirs pour MUNRUTHEL dans l’avenir ?

J’en profite pour remercir toutes les personnes qui font des efforts et travaillent dur pour permettre à un public plus large de découvrir mon travail. J’ai déjà reçu des offres pour jouer en Europe. Je pense d’ailleurs à former un groupe destiné à la scène car pour l’instant MUNRUTHEL n’est le projet que d’un homme. Comme j’ai déjà eu l’occasion de la dire, je souhaite d’abord diffuser un message, une philosophie de vie à travers ma musique et cela s’adresse à tous. J’ai reçu de nombreuses lettres via Facebook de personnes, de fans qui pensent comme moi. Récemment les messages venaient d’Europe et du Canada. C’est très agréable de constater que ma musique enrichit ces gens et répond à certaine question sur la vie.

 

09. Que peux-tu nous dire de la scène métal ukrainienne ? Te sens-tu proche d’autres groupes de folk métal slave comme ARKONA ?

La scène métal ukrainienne est très forte et regorge de groupes honnêtes et de qualité. J’ai déjà travaillé avec beaucoup d’entre eux en tant que musicien. Après tout, ma discographie comporte pas moins de 35 albums enregistrés avec de nombreuses formations ! Avec certains les relations restent polies et pour d’autres comme DUB BUK, SVYATOGOR, THUNDERKRAFT nous sommes de vrais amis. Nous nous voyons souvent et faisons la fête ensemble. J’aime beaucoup la musique d’ARKONA, l’énergie de leurs concerts et leur humanité. Masha et Sergey sont venus de nombreuses fois à Kharkov juste pour nous rendre une petite visite. Ce sont des gens bien et des musiciens très talentueux. Je considère que Masha m’a fait un honneur en acceptant de mettre sa voix sur une de mes chansons. Nous travaillons dans un ensemble commun, nous tenons fièrement la bannière du pagan métal slave ! Et nous vaincrons grâce à cet étendard, nous mettrons à bas les fondations décomposées des religions du monde !

 

10. Merci, les derniers mots t'appartiennent…

Pour finir notre conversation, je voudrais que vos lecteurs restent, avant tout des Personnes (avec une P majuscule). Faites attention à votre comportement, vous faites partie de ce monde et n’agissez pas comme les seigneurs de la Nature. Je suis désolé mais ce « seigneur » mange et défèque comme un animal. Donc on ne peut pas dire qu’un être humain est plus intelligent qu’un animal. Les animaux vivent en harmonie avec la Nature donc ce sont eux qui sont plus malins que nous. Donc la division artificielle (présente en particulier dans les religions du monde) entre un être supérieur (l’homme) et des êtres inférieurs (les animaux) constitue le véritable racisme ! Cela doit s’arrêter, comme tous les extrémismes envers les animaux et les plantes.

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview:

01. Quelle est ta chanson favorite ?

Anathema « Deep »

 

02. Premier album acheté ?

IRON MAIDEN – Live After Death

 

03. Dernier album acheté ?

WITHIN TEMPTATION – Black Symphony (DVD)

 

Chronique de l'album ici

Un grand merci à Slawa et toute l'équipe de SVARGA Music (http://www.svarga.eu/en) pour les traductions anglais/russe/anglais