Archive for the ‘ Interviews ’ Category

1. Quel est votre état d’esprit quelques mois après la sortie de Chapter 2 ?

Heureux d’avoir pu venir à bout de ce projet qui a été une superbe aventure pour moi, avec de belles rencontres.

 

2. Que pouvez-vous nous dire des sessions d’enregistrement ?

J’ai fait les enregistrements de la totalité des instruments chez moi (guitares, basses, synthés, percussions et programmations), de nombreux d’invités sont aussi venus enregistrer ici, leur solo ou leur chant. Pour les gens éloignés (Italie, Suède, USA, ou l’autre bout de la France), chacun a fait avec ses propres moyens, ayant souvent recours à leur home studio. Je n’avais que de modestes moyens pour réaliser cet album, le « system D » a donc pas mal fonctionné.

 

3. Quelles sont vos principales influences ?

C’est un mélange de beaucoup de choses : j’ai grandi avec le son du « Big Four » et de toute cette vague ainsi que de la BWOBHM, j’ai ensuite bien accroché au prog, qu’il soit rock ou métal, et me suis aussi ouvert au métal symphonique à chanteuse. J’aime aussi beaucoup le métal plus moderne de groupes comme IN FLAMES, DISTURBED, SOILWORK etc ….

 

4. Cette aventure évoque forcément les réalisations d’Arjen Lucassen par son ambition et le nombre d’invités. Est-ce un modèle pour vous ?

Le nombre d’invités présents sur cet album fait forcément penser au travail Arjen Lucassen, mais je n’ai pas la prétention d’avoir son ambition. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, je connais que très peu les albums de Lucassen, il n’a donc pas été un modèle dans l’inspiration mais plutôt la démarche.

5. Comment avez-vous réussi à convaincre autant d’invités à contribuer à votre projet. Comment s’est faite la sélection et quelles ont été vos principales difficultés ?

Tout s’est fait assez naturellement et progressivement, après le split de BLOWBACK (le groupe) j’avais un tas de compos sous le coude et personne pour les chanter. J’ai donc demandé dans un premier temps à des potes de venir chanter un titre, une chose entraînant une autre, j’ai fait de même en proposant à des solistes, puis j’ai eu recours à Internet, j’ai pas mal surfé sur Myspace, lorsque je tombais sur une voix qui me touchait, hop un petit mail de proposition, tout simplement. Puis au bout de quelques mois de travail, tu te retrouves avec plus de 30 personnes qui participent à ton projet. J’en profite pour mettre à l’honneur la gentillesse et le talent de tous les invités qui m’ont fait confiance. Comme je te le disais, cet album a été une superbe aventure musicale et humaine. La grosse difficulté a été de s’adapter aux plannings parfois surchargés de chacun, il faut faire preuve de patience et de la compréhension. Le 2ème chalenge a été de faire cohabiter des chanteurs et des chanteuses venant d’univers bien différents sur un même titre, ça n’a pas été facile mais je suis assez satisfait du résultat.

 

6. Quelles sont vos sources d’inspiration pour l’écriture des paroles ?

Il faut savoir que je ne me suis occupé que de deux textes complets et j’en ai co-écrit quatre autres. Le reste est le fruit du travail des invités qui ont bien voulu prendre la plume. Sinon, rien de bien original dans mes textes, ils sont assez sombres dans l’ensemble, ils traitent des défauts de l’être humain en général.

 

7. Comment décririez-vous l'évolution entre All And Even More et Chapter 2 ?

Avec le recul, All and Even More était trop linéaire dans sa composition, le chant de Valène très “heavy metal” ancrait l’album dans les années 80. J’ai souhaité, pour Chapter 2, faire un album plus moderne, plus pêchu et plus diversifié. Avoir fait appel a autant de chanteurs et chanteuses différents apporte cette diversité que j’attendais, cet album me ressemble plus je crois.

 

8. Après un premier album édité chez Brennus, vous sortez ce second opus en autoproduction. S’agit-il d’un choix délibéré ou une nécessité ?Les chroniques sont plutôt très positives, espérez-vous taper dans l’œil d’un label ?

Oui il s’agit d’un choix délibéré de sortir l’album en autoprod, dans un 1er temps du moins. Lorsque l’album est sorti je n’avais pas de line up stable pour le défendre sur scène, trouver un label était donc chose impossible. Aujourd’hui BLOWBACK, le groupe, vient de se reformer et tout va pouvoir s’enchaîner, je vais donc m’atteler à la recherche d’un label qui saura nous accompagner.

 

9. Pouvons-nous espérer voir BLOWBACK sortir des Bouches du Rhône et enchainer des concerts en France ?

Oui, je l’espère de tout cœur, comme je te le disais, je viens juste reformer BLOWBACK et ce line up tout neuf me satisfait pleinement, il est donc temps pour nous de faire des projets de concerts. La scène me manque incroyablement.

 

 

10. Comment voyez-vous la scène métal française ?

Je m’y intéresse depuis très longtemps, je la trouve très en forme et très créative. Qualitativement, je pense que nous n’avons pas à rougir face à nos voisins, par contre je déplore le peu d’intérêt que suscite ce style de musique en France. La culture musicale française me fait honte.

En France, le metal reste trop underground. Prenons la scène marseillaise qui regorge de très bonnes formations (PRYDE, IVALYS, GALDERIA, ACOD, ALIVE INC, WHISPERING TALES, COEXISTENCE, RESCUE RANGERS …. pour ne citer qu’eux) tous ces groupes talentueux galèrent pour trouver des dates, des 1eres parties intéressantes et c’est dur. Le Sud-Est est vraiment une zone sinistrée musicalement parlant. Heureusement qu’il existe des assos très dynamiques qui font vivre ces mouvements musicaux alternatifs, et je leur tire mon chapeau.

 

11. Avez-vous jeté une oreille sur le second album du projet de Pierre le Pape MELTED SPACE ?

Vous avez une démarche assez similaire finalement. Oui, j’ai découvert récemment son projet en lisant une interview sur un magazine national, je me suis donc jeté sur votre chronique ainsi que sur l’interview que vous avez réalisée. La démarche est effectivement similaire, c’est un remarquable projet. Comme je te le disais, on ne manque pas de talent en France ^^

 

12. Tradition oblige, on vous laisse le mot de la fin…

Merci de l’intérêt que tu as porté à cet album. J’encourage bien entendu tes lecteurs à venir le découvrir sur: http://www.myspace.com/blowback1 Et pourquoi pas le commander en m’envoyant un mail : richy13@club-internet.fr

Sachez que la suite de ce Chapter 2 est bien déjà avancée et de belles surprises vous attendent, plus de 40 invités bossent dessus, restez connectez ;o) Et au plaisir de vous rencontrer sur scène !!….

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques,…)?

MEGADETH « Hangar 18 » quel titre et quel album jamais égalé de mon point de vue.

 

2. Premier album acheté?

MIDNIGHT OIL – Diesel And Dust

 

3. Dernier album acheté ?

Guitar Addiction – A tribute to Modern Guitar, album fantastique de mon pote Franck Karmattitude.

 

4. Quel son ou bruit aimez-vous ?

L’orgasme féminin O_O

 

5. Quel son ou bruit détestez-vous?

La sonnerie de mon p…. de reveil

 

Chronique de BLOWBACK ici

Interview par mail avec FOMENTO (Marco Krasinski – chant & basse), avril 2012

 

01. Pourrais-tu présenter le groupe et ses membres ?

MK: FOMENTO en italien signifie créer intentionnellement du trouble, de la discorde et cette idée est également à la base du groupe. Notre premier concert s’est déroulé le 06/06/2006 à Rome et actuellement, le groupe se compose de Marco Krasinski (chant/basse), Fabrizio Damiani (guitares rythmiques), Tommy Aurizzi (guitares lead) et Umberto Maliziotti (batterie).

 

02. De ton point de vue, quelques sont les évolutions musicales les plus profondes entre Either Caesars or Nothing et To Persevere is Diabolical ?

Nous avons dû faire face à d’importants changements de line-up et cela a façonné et fait évoluer le son du groupe. Au niveau du genre, nous avons poussé encore plus loin l’aspect death et black métal donc tout sonne beaucoup plus malsain, plus concentré.

 

03. Comment s’est déroulé l’enregistrement de ce nouvel album ?

Il nous a fallu plus ou moins deux ans pour composer l’album et trois mois supplémentaires de pré-production avant de pouvoir entrer en studio. L’enregistrement s’est déroulé aux Kutso Noise Home Studios à Rome en compagnie de notre bon ami Matteo Gabbianelli. Si vous êtes curieux, de nombreuses photos sont disponibles sur notre page Facebook, pour voir notre matériel…

 

04. Quelles sont vos principales influences ?

SLAYER, HATEBREED, LAMB OF GOD, WaLLS OF JERICHO, MISERY INDEX, TESTAMENT, HATESPHERE, les vieux SEPULTURA et NICKELBACK… non, c’est de l’humour 😛

05. Après Davide Nadalin, comment en êtes-vous venu à travailler avec Brent Elliott White ? Ce Cerbère est génial !

J’avais déjà rédigé la plupart des paroles de l’album quand je l’ai contacté. J’avais donc à l’esprit une idée très claire de ce que je voulais comme visuel. Je l’ai donc approché en lui faisant parvenir du matériel comme des version démos de nos chansons. Je lui ai aussi longuement expliqué notre concept aussi bien au niveau musical que graphique. Il a beaucoup aimé et a été très excité de travaillé avec nous sur ce projet. Il a fallu près de 3 mois pour finir le travail mais cela en valait la peine.

 

06. Un titre comme « Necropotency » est une surprise. Après « After Kill the FashionCore » sur le premier album, vouliez-vous à nouveau créer le buzz ou simplement exprimer votre colère et dégout vis à vis du music business ?

La mort de Ronnie J. Dio a été l’événement déclencheur pour cette chanson. A sa mort, j’ai eu le sentiment qu’ils allaient essayer de profiter au maximum de la poule aux œufs d’or et surtout, le plus vite possible. Et effectivement, un an après, ils annonçaient le reformation du BLACK SABBATH classique. C’est triste et cela suscite beaucoup de colère en moi. Des groupes comme FAITH NO MORE ou SYSTEM OF A DOWN, ne manquent vraiment à personne, en particulier si aucun matériel de qualité ne ressort de ces reformations. Ces tournées événements ne sont là que pour le fric et je n’aime pas cela.

 

07. Pourriez-vous expliciter le titre de l’album ?

Le concept développé dans notre premier album tournait autour de l’idée que l’homme tend à refaire sans cesse les mêmes erreurs sans apprendre des événements passés. Donc dénoncer cela en faisant à nouveau la même chose sur le second album nous ferait passer pour des imbéciles. En réalité, il s’agit d’une phrase de Cicéron : « Il est humain (dans la nature de l'homme) de se tromper, mais persévérer (dans l'erreur) est diabolique ». Pour plus d’information, les livrets, contenant les paroles, de nos deux albums sont disponibles sur mon site internet.

 

08. Quels sont vos espoirs et vos attentes pour FOMENTO à moyen terme ? Pourra-t-on vous voir sur scène hors d’Italie ?

Nous l’espérons sincèrement. Nous essayons de réserver un maximum de dates pour la prochaine saison. Si tout se passe bien nous nous produirons en France également.

09. Vue de France, la scène extrême italienne semble être en pleine ébullition (FLESHGOD APOCALYPSE, BLASPHEMER, PUTRIDITY, SEPTYCAL GORGE ou HOUR OF PENANCE). Comment l’expliquez-vous et que pouvez-vous nous dire sur la scène métal italienne ?

La scène métal italienne est vraiment difficile. Il n’y a pas de de culture métal, ni même rock dans le pays donc il n’y a pas vraiment de public non plus. Difficulté supplémentaire, la communauté métal n’apporte plus beaucoup de soutien aux groupes et il est plus efficace de travailler pour se faire un nom à l’étranger que dans ton propre pays.

 

10. Merci, les derniers mots t’appartiennent…

Merci pour cette interview et la bonne chronique. Intéressez-vous à notre nouvel album, To Persevere is Diabolical, dans les bacs en ce moment ! Fomento Puro !

 

Comme d’habitude, le questionnaire Métal Chroniques pour conclure cette interview :

1. Quelle est ta chanson favorite ? « Raining Blood » de SLAYER

2. Premier album acheté ? Yabba Dabba Dance Vol. 1 (ITA)

3. Dernier album acheté ? Equilibrium de GOD FORBID

4. Quel est votre juron favori ? Porca Mignotta !

5. Quel son ou bruit aimez-vous ? Palm-Muting (NDLR : une technique de jeu pour la guitare et la basse)

6. Quel son ou bruit détestez-vous ? Tout ce qui est Dubstep

7. Si l’enfer existe, qu’aimeriez-vous entendre Satan vous dire à votre arrivée ? Bienvenue à la maison

 

Chronique de l’album ici

 

www.fomento.it

www.facebook.com/fomentometal

www.marcokrasinski.com

Après avoir fait un peu parler d'eux en Allemagne (UDO avait produit leur album précédent, par exemple), ces jeunes allemands essayent de s'exporter avec leur nouvel album, Money, Sex & Power. Ils changent un peu de style au passage, ou plutôt affirment encore plus leur côté « sleaze ». Il faut dire que, même s'ils apprécient certainement ce qu'ils font, ils ont l'air d'avoir un plan marketing bien cadré dont nous parlent Johannes Braun (chanteur) et Jim Müller (guitariste).

MetalChroniques: Vous avez commencé ce groupe très jeunes [ils avaient dans les 11 ans de mémoire], et il y a de nombreuses anneés [depuis 2002]: qu'est-ce qui vous a fait commencer si tôt… et ne pas abandonner en chemin?
Jim Müller: En réalité, tout a commencé avec AC/DC. En ce qui me concerne, j'ai vu un dvd live, pour Johannes [Braun] il est allé à un de leurs concerts, quand il avait 7 ans. J'étais absolument fasciné par cette énergie, d'un groupe de rock'n'roll. Donc j'ai commencé à écouter beaucoup d'AC/DC et à jouer de la guitare, parce que je voulais faire comme Angus! J'ai écouté AC/DC pendant 3 ans, et puis j'ai découvert qu'il y a en fait d'autres groupes: je m'étais mis en tête qu'AC/DC était le seul. C'est comme ça que j'ai découvert Iron Maiden et plein d'autres. J'écoutais tous les vinyles de mon père à vrai dire, dont des trucs allemands comme Accept ou Scorpion.
Johannes Braun: Et nous nous sommes rencontrés à l'école, en primaire, nous étions très jeunes… à 9 ans peut-être? Et la base du groupe est toujours la même: c'était moi, mon frère Ande et Steffen Haile à la basse. Au début nous faisions du blues-rock, en instrumental, d'ailleurs le groupe s'appelait Blues Kids. Puis ça a évolué vers le rock, le hard-rock, et enfin le metal: c'est bien là que nous nous sentons « chez nous ». Après tout, comme l'a dit Jim, nous avons grandi avec tous ces héros de la scène rock et metal: pour nous, c'est un peu notre mission de garder cette musique vivante. Parce qu'AC/DC arrêtera dans 10 ans ou peut-être 5, ils s'arrêteront de toute manière, c'est pareil pour Iron Maiden et tous les autres. Il faut donc des groupes pour continuer à brandir le drapeau,
M.: D'accord, donc vous voulez être un de ces groupes?
J. B.: Oui, nous voulons être les nouveaux dinosaures dans 30 ou 40 ans!

M.: Money, Sex & Power est votre troisième album. Les précédents étaient beaucoup plus dans le « power-metal », alors que celui-ci est vraiment beaucoup plus dans le sleaze: qu'est-ce qui vous a donné envie de bifurquer à ce point??
J. M.: Il y avait déjà ce côté sleaze dans les albums précédents, un peu. Mais à chaque fois, quand nous discutions de ce que nous voulions faire, ça finissait en: « Ah, cette fois faisons une chanson à la AC/DC! Cette fois une chanson à la Judas Priest! » Cette fois nous avons réfléchi à ce que nous sommes et vers où nous allons, qu'est-ce qu'est Kissin Dynamite au bout du compte? Et nous avons décidé d'appeler ça « sleaze-metal », un mélange entre le sleaze et le heavy-metal, une sorte de rencontre entre Mötley [Crüe] et Accept. Je pense que c'est quelque chose d'assez nouveau?
J. B.: Tu as dit que les albums étaient plus power-metal, ou chaotiques, avec des riffs rock à la AC/DC. Nous ne faisons plus de power-metal à proprement parler, par contre nous le mélangeons à autre chose. Nous avons les influences du metal allemand traditionnel, comme Accept ou Scorpion évidemment, et celles du sleaze américain et nous mettons tout ça ensemble. Ca fait un peu comme un « melting-pot » où nous avons réuni toutes nos influences, et le résultat est une musique assez nouvelle, je pense: personne avant n'a mélangé le heavy-metal traditionnel, sérieux, avec du sleaze marrant, divertissant. D'ailleurs, nous avons l'air plus « glamouses » que nous ne le sommes en fait! Ca nous permet d'attirer plus de gens comme ça, comme Skid Row: ils avaient les fans de metal et les fans de glam parce qu'ils proposaient un mélange intéressant, et c'est aussi ce que nous essayons de faire aujourd'hui.

M.: Vous n'étiez même pas encore nés quand le sleaze a connu ses heures de gloire… ni même quand il a commencé à disparaître des classements: comment avez-vous plongé dedans?
J. B.: Bien sûr c'était à travers nos parents, qui avaient les albums de Mötley Crüe, Guns'n'Roses, Aerosmith, Bon Jovi… tous ces groupes. Je prenais les vinyles dans la bibliothèque de mon père pour les écouter, il ne le savait pas au début, c'était top-secret. Mais quand il l'a découvert il était ravi, parce que j'aimais la même musique que lui! Et quand il a découvert que j'allais faire de la musique, que je voulais en faire, il nous a vraiment soutenus. Et le sleaze s'est imposé naturellement, il nous en fallait toujours un peu plus: quand tu es vraiment jeune, tu n'as pas encore assez confiance en toi pour te coiffer en montant tes cheveux ou mettre du maquillage, mais ça vient avec le temps, au fur et à mesure que tu découvres qui tu es vraiment. Et au final, je crois que je suis ce à quoi je ressemble!
M.: [me tournant vers Jim] Et en ce qui te concerne?
J. M.: Pareil, la même histoire, je suis complètement d'accord!

M.: Etant donné que vous êtes si jeunes, on pourrait croire que vous avez une culture musicale assez limitée, surtout dans ce style. Pourtant, à vous écouter jouer, on comprend vite que ça n'est pas le cas… et/ou est-ce que vous avez de très gentilles personnes autour de vous pour vous souffler des idées?
J. B.: Eh bien, nous avons eu notre premier contrat avec une maison de disques à 15 ou 16 ans. C'était une chance fantastique et nous en avons un excellent souvenir, mais nous avons acquis beaucoup d'expérience à l'époque… nous avons pris beaucoup de coups, comme quelqu'un qui promet de faire quelque chose pour nous mais finalement nous ne voyons rien venir: c'est arrivé très souvent! C'est pour ça qu'aujourd'hui nous réfléchissons beaucoup à ce que nous faisons. Nous ne faisons pas ça juste parce que c'est marrant, nous sommes vraiment sérieux avec ça, le groupe. Même si nous nous amusons de nous-mêmes, bien sûr! Vous pouvez le voir dans les vidéos par exemple.
J. M.: Il ne faut pas oublier que le groupe lui-même existe depuis plus de 10 ans aujourd'hui, ce qui est évidemment très long: bien sûr nous avons acquis de l'expérience en 10 ans. Nous ne sommes pas tombés du ciel tout à coup pour apparaître devant vous, « les nouveaux rois du sleaze » ou quoi que ce soit! Tout ça vient d'une évolution, grâce à laquelle nous nous y connaissons vraiment bien en musique, tout comme nous connaissons très bien « le business de la musique » aujourd'hui. On nous a un peu jetés dans l'eau froide quand on a eu 15 ou 16 ans, nous étions jeunes et pouvions vraiment croire tout ce que les gens nous disaient. Mais nous avons très vite réalisé que les choses ne sont pas si roses, que la théorie ne peut pas être comparée à la réalité. Donc je dirais que c'était une bonne chose d'avoir eu ces expériences, quelque chose de très sain, parce que sans ça tu ne peux pas comprendre comme « le cirque de la musique » fonctionne. Tu ne peux pas avoir de succès si tu ne sais pas ce que tu fais.

M.: Si vous pouviez ramener à la vie un de ces musiciens décédés avant leurs 27 ans [que l’on aime rassembler dans le « Club 27 », vive les expressions, qui a donné son titre à une des chansons de Money, Sex & Power], qui choisiriez-vous?
J. B. et M. [en choeur]: Ronnie James Dio.
M.: Il est mort bien après ses 27 ans! [puisqu’un cancer l’a emporté en 2010 juste peu avant ses 68 ans]
J. B.: C'est vrai… mais aussi Steve Lee [mort en 2010 aussi… à 47 ans], pour moi c'est le meilleur chanteur qu'il y ait jamais eu. Pour en nommer des plus jeunes, il y a Jimmy Hendrix [en effet décédé alors qu’il allait sur ses 28 ans, en 1970], parce que je pense que ça serait très intéressant de voir ce qu'il ferait comme musique aujourd'hui, avec toutes ces nouvelles technologies.
M.: [vers Jim] Même chose?
J. M.: Oui, pour moi ça serait absolument Ronnie James Dio, et je suis d'accord pour Steve Lee. Pour moi en tant que chanteurs ce sont de vrais dieux, des héros. J'adore la voix de Dio, j'écoute encore ses albums. D'ailleurs pour moi Jorn Lande [ancienne chez Ark, maintenant chez Masterplan] est un peu son successeur: il a un peu la même couleur dans sa voix. Mais voilà, Dio est tranquille dans le Paradis du Rock'n'Roll, même si j'aimerais bien qu'il revienne sur Terre pour faire de la bonne musique!

M.: Vous vous êtes amusés sur le dernier titre de l'album, une chanson acoustique avec un rythme marrant… et des paroles très amères? C'est très différent du reste de l'album!
J. M.: Je pense que c'était juste une manière sympa de finir l'album. Normalement c'est là que l'on trouve « la grande ballade » de l'album, avec son côté un peu kitsch et pompeux. Nous ne voulions pas faire ça, nous voulions plutôt faire quelque chose comme « Dreamer » d'Ozzy Osbourne [sur l’album Down To Earth], où vous pouvez vous asseoir derrière un feu, faire un barbecue… ce genre de choses.
J. B.: Oui, nous voulions amener quelque chose qui rappelle une chanson de western.
J. M.: Et elle a été faite pendant la fête que nous avions organisée parce que l'enregistrement studio était en train de se terminer, nous allions partir le lendemain.
J. B.: J'ai la voix explosée parce que nous avions fait la fête la veille! C'était vraiment le dernier jour d'enregistrement. J'étais saoul et vraiment pas en bon état, c'est pour ça que je me disais: « oh non, je préfèrerais encore être mort que supporter ça, etc. » [les paroles de la chansons sont en effet grosso modo sur ce thème.] Comme nous avions l'idée de cette chanson « Six Feet Under » [soit « six pieds sous terre »… enterré mortibus si vous préférez]…
J. M.: Il n'y a plus de mal de crâne là-dessous!
J. B.: Oui, c'est ça! Cette chanson n'est pas une ballade, ou une prière par peur de la mort, c'est vraiment le contraire. Un peu comme: Enfin, tu arrives à la fin de ta vie, tu es allongé là, personne ne peut plus te déranger, il fait chaud, c'est cosy, tu peux être heureux, t'amuser de toi-même, repenser au bon vieux temps, etc. C'est de ça dont il s'agit, un divertissement, et une ballade pompeuse n'est pas divertissante: les temps ont changé! J'adore des chansons comme « Don't Want To Miss A Thing » d'Aerosmith ou « Wind Of Change » de Scorpion, et à l'époque en effet elles étaient brillantes. Tout le monde les aimait, on pouvait les entendre à la radio ou à la télé, mais ça ne marcherait plus aussi bien aujourd'hui. Parce que les temps changent, et je pense que les gens aujourd'hui veulent entendre des chansons « easy, sleazy, smoothy, bluesy » [en gros: « bluesy, onctueuses, sleazy, tranquilles ».]
J. M.: Et puis c'est une manière sympa de terminer l'album, ça ne passerait pas aussi bien si c'était au milieu!

M.: Il y a aussi une chanson au titre merveilleux sur cet album: « Sex Is War » [soit: « le sexe c’est la guerre »], vraiment? Comment ça?
J. M.: Pour ça! [il me montre des cicatrices « point par point » sur son avant-bras… mouais!]
J. B.: Au sujet de cette chanson, je dis toujours qu'il faut comparer les deux choses: le sexe, et la guerre. A savoir que tu vises, tu tires, et tu cours!
M.: Bien sûr!
J. B.: Je tiens ça d'une chanson d'Aerosmith, je crois que c'est « Shut Up And Dance » [vérification faite c’est le cas, sauf que chez Aerosmith c’est « sex is like a gun », soit « comme un pistolet » (à bas les anglicismes types « revolver »)]. J'aime beaucoup faire cette chanson, et on pensait faire une chanson sur le sexe… à nouveau? Même si c'est d'une manière inconventionnelle, la comparaison de la guerre et du sexe… ça marche, c'est brillant.

M.: De manière générale, comment composez-vous une chanson?
J. B.: Nous écrivons des chansons partout. Ca peut être des idées de refrain, un riff de guitare, tu peux nous trouver dans les toilettes en train d'enregistrer sur un téléphone. C'est plutôt sympa d'ailleurs d'aller dans les toilettes pour enregistrer quelque chose! Dès qu'il y a suffisamment d'idées, nous réunissons tout ça dans notre « melting-pot », nous gardons les meilleures idées. Nous y réfléchissons et nous les développons avec notre producteur.
J. M.: Nous fonctionnons comme ça depuis… 6 ans, je crois.
M.: Et est-ce qu'il y a une personne en particulier qui compose, ou tout le monde s'y colle?
J. B.: Pour la musique c'est surtout notre producteur [dont je n’arrive pas à retrouver le nom] et toutes les paroles sont écrites par notre batteur [Andi Schnitzer], parce que c'est lui qui parle le mieux anglais de nous tous. Surtout, il a un côté assez poète: il pourra créer de belles métaphores, ce dont je suis totalement incapable. Je me contente de dire les choses au fur et à mesure que je les réalise. Je peux dire: « il y a une voiture en bas », Andi dirait… je ne sais pas, je ne peux pas le faire! En plus ses paroles ont toujours un côté ironique, nous adorons ça. Ca aussi ça fait partie de Kissin Dynamite, nous ne sommes pas un groupe sérieux-jusqu'à-la-mort. Notre porte est toujours grande ouverte à quelques blagues ici et là, et nous utilisons souvent l'ironie. Or Andi est brillant dans ce genre d'exercice: je lui ai complètement laissé cette partie du travail! Sur l'album précédent nous nous étions partagé l'écriture, j'avais fait certaines chansons et lui les autres, mais il n'était pas encore aussi bon qu'aujourd'hui à ce moment-là. Il a beaucoup développé son niveau d'écriture. Si bien qu'aujourd'hui je suis vraiment mauvais comparé à lui: je le laisse écrire! Et puis j'ai plus de temps comme ça.
J. M.: Il fait vraiment du bon travail.

M.: Est-ce que c'est moi ou… vous avez tendance à répéter le refrain (et parfois le pre-refrain) dans toutes les deuxièmes moitié de chanson sur cet album? N'avez-vous pas peur de lasser ceux qui écouteront l'album?
J. B.: Je ne pense pas, parce que cette musique doit être accrocheuse [« catchy » en vo]. Et répéter quelque chose permet de créer un dialogue, ça rend la chanson accrocheuse. Toujours apporter quelque chose de nouveau à une chanson, avoir 5, 6 ou 7 parties différentes, ça n'aide pas vraiment celui qui écoute à se souvenir du morceau, ou même à l'aimer à la première écoute!
J. M.: Il faut que ça dégage une impression de fête.
J. B.: Oui, exactement. Nous faisons du divertissement, nous ne sommes pas sérieux… Enfin, comprenons-nous bien: nous prenons la musique au sérieux, mais nous ne nous prenons pas au sérieux, c'est pour ça que nous faisons souvent de l'ironie. Nous ne faisons pas trop de parties différentes dans une chanson parce qu'elles sont plus accrocheuses comme ça: vous pouvez les apprécier dès la première écoute, inutile de se pencher dessus dix fois ou plus. Or c'est important pour nous que les gens aiment nos chansons dès la première écoute… parce que nous voulons qu'ils achètent l'album!

M.: On a aussi l'impression que la plupart de ces chansons ont été faites dans le but d'être jouées en concert?
J. B.: Oui, tu as raison, absolument. Nous sommes un « groupe à concerts », alors évidemment nous voulions faire des chansons qui passent bien en concert, comme « Sleaze Deluxe »: c'est simple, mais ça marche! N'importe qui en concert peut la reprendre en choeur dès que le refrain revient. C'est comme ça que l'on marche oui, d'ailleurs c'est un peu le concept derrière cet album.
J. M.: C'est ce qu'il y a de mieux avec ça [l’album ou la musique en général, au choix]:
J. M. et B. [en choeur]: Jouer en concert.

M.: En tant que jeune groupe qui a commencé -et- vécu son adolescence pendant l'essor d'Internet, et de « la musique (ou le piratage…) sur Internet »: quel est votre point de vue sur la musique, le téléchargement, Internet, et toute cette sorte de choses?
J. B.: Eh bien, heureusement nous appartenons à la scène metal, où ça n'est pas si terrible que ça. Les gens dans le metal veulent avoir un véritable CD en main.
J. M.: Ca a une valeur spéciale.
J. B.: Oui, ils ont une valeur spéciale entre les mains, pas des données qu'on oublie après deux semaines, quand on considère qu'on l'a écouté suffisamment. Ils aiment aussi avoir des petits plus spéciaux, c'est pour ça qu'on en propose cette malette à poker cette fois-ci [et pas avec 2 ou 3 jetons qui se battent en duel dans un tout petit truc: http://www.bravewords.com/news/180068 et lancez la vidéo]. Tu en as entendu parler?
M.: Non?
J. B.: Alors c'est une version limitée, à 666 exemplaires.
M.: Forcément!
J. B.: Il y a un cd dédicacé à l'intérieur, des jetons de poker, des cartes de poker américain, un tanga aussi pour le sexe.
J. M.: Utilisé avant!
M.: Ben voyons!
J. B.: Et voilà, les fans de metal adorent ça, ils veulent tenir quelque chose dans leurs mains. Pouvoir l'ouvrir et apprécier cet objet.
M.: [vers Jim] Je suppose que tu as grosso modo la même opinion?
J. M.: Oui, enfin je n'achète pas forcément beaucoup de disques physiques mais j'utilise beaucoup iTunes. Par contre s'il y a une boîte, une édition limité, je l'achète!

M.: Qu'est-ce qui est prévu à l'avenir viennent pour Kissin Dynamite?
J. B.: Devenir le plus gros groupe dans l'histoire du rock!
M.: Oui, mais ça c'est pour dans… longtemps, même si pour vous on peut espérer pas trop longtemps!
J. B.: Ah, tu veux parler de quelque chose qui puisse se réaliser! Alors, sérieusement: devenir un groupe international est l'objectif principal de Kissin Dynamite dans les années à venir. En Allemagne nous sommes plutôt connus maintenant [ils sont allemands], nous allons faire une tournée en tête d'affiche là-bas en avril-mai: nous avons une bonne base de fans là-bas. Mais dans le reste du monde, personne ne nous connaît, il faut faire monter le groupe. C'est pour ça que Money, Sex & Power sort dans plusieurs pays, et que nous sommes assis ici aujourd'hui pour cette interview, et que nous allons partout dans le monde ces jours-ci pour parler de l'album! Nous étions à Stockholm et à Londres ces derniers jours. Parce que ça aussi c'est très important pour un groupe de metal: tu ne peux pas vivre de ton groupe quand tu te limites à un seul pays, il faut passer à l'international. C'est ce que nous voulons et c'est ce que nous allons faire. Dans ce but, nous allons aussi faire une tournée européenne cet automne… avec un groupe dont je ne peux pas te parler immédiatement parce que ça n'est pas encore officiellement confirmé, mais ça va être énorme. Et nous passerons aussi en France! En fait nous irons partout en Europe, peut-être même au Japon et là ça deviendrait une tournée mondiale… nous verrons.

M.: Un dernier mot pour les lecteurs, ou quelque chose que voulez dire mais je ne l'ai pas demandé?
J. B.: Oui! Je veux jouer au Hellfest, s'il-vous-plaît! Alors à tous les fans de metal en France, s'il vous plaît, achetez notre nouveau CD Money, Sex & Power parce que nous avons besoin de vendre beaucoup d'albums pour que les promotteurs s'intéressent à nous! Et à ce moment-là nous pourrons aller au Hellfest!
J. M.: Et faire un p***** [censure powered] de concert!
J. B.: Exactement. Et n'oubliez pas aussi de nous donner vos « J'aime » sur Facebook: ça aussi c'est toujours important!

-Propos recueillis par Polochon en mars 2012.
Photo studio officielle + photos live piquées sur leur site officiel.
Chronique de Money, Sex & Power (Kissin Dynamite).-