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Koritni – Lex Koritni (2012)

Entretien avec Lex Koritni (Koritni)

Koritni, c'est un peu l'exception qui confirme la règle. Parce que la France est censée être un pays où il ne fait pas bon être musicien, ou sinon il ne faut pas espérer en vivre. -Surtout- quand on fait autre chose que la sacro-sainte « pop française ». Mais voilà des australiens qui signent avec une maison de disques françaises… et tournent très régulièrement partout en France, vraiment partout. Enfin, il y a bien un infiltré-guitariste français parmi eux, certes. Leur troisième album sort ces jours-ci, avec quelques invités de marque, toujours le même hard-rock festif mais efficace: les critiques ont l'air d'être généralement positives et ça n'est pas pour rien! Il est donc temps de faire les présentations avec Lex, le chanteur/fondateur/leader/prêteur de nom du groupe…

 

MetalChroniques: Comme c'est la première fois que quelqu'un du webzine a une interview avec Koritni [le groupe], est-ce que tu peux te présenter ou présenter le groupe en quelques mots?
Lex Koritni: Eh bien nous sommes un groupe de hard-rock, nous venons d'Australie…
M.: …et un peu de France [ils sont tous australiens, sauf un des deux guitaristes, qui est français.]
L. K.: Et un peu de la France oui. A vrai dire, cette tournée est encore plus « issue de la France », parce que je vis en France maintenant. J'ai une maison à Jarnac, près de Cognac, et notre deuxième guitariste, Luke [Cuerden], ne pouvait pas être là pour cette tournée à cause d'un autre engagement [il tourne apparemment avec Shannon Noll, gagnant d’Australian Idol en 2003 me dit Wikipedia], donc nous avons demandé à Manu Livertout de nous rejoindre sur ces concerts. C'est un guitariste français, nous avons beaucoup de chance d'avoir trouvé quelqu'un d'aussi capable que lui. Eddy [Santacreu], qui est français, vit maintenant en Australie: nous avons échangé!
Quoi qu'il en soit: mes racines viennent du groupe Green Dollar Colour, nous avions sorti un album il y a longtemps… en 2004 ou 2005 je crois. Ce projet n'a pas duré très longtemps, nous avons fait un seul album pour lequel nous n'avons pas fait la moindre tournée. Et Koritni s'est développé à partir de là.

M.: Et pourquoi est-ce que le groupe a été baptisé à partir de -ton- nom?
L. K.: Parce que je suis le meilleur! Non, sérieusement: dans la tradition de groupes comme Van Hallen, Bon Jovi… je pense que c'était une progression naturelle? Parce qu'il y avait eu une petite couverture médiatique pour Green Dollar Colour, si bien que mon nom avait été cité ici et là. Et puis pour des raisons légales, quand Green Dollar Colour s'est séparé je ne pouvais plus utiliser ce nom, donc autant continuer avec quelque chose que légalement personne ne pourrait m'enlever… à savoir mon nom!

M.: Si je ne me trompe pas, sur votre premier album, une personne était chargée du mixage, sur le deuxième album, ils étaient deux… et sur le troisième ils sont trois? Est-ce que vous en prendrez quatre pour le quatrième album?
L. K.: Peut-être! Non, sérieusement, ça n'avait rien d'intentionnel, les choses ont juste tourné comme ça. Dan Leffler a mixé quelques chansons du deuxième album [Game Of Fools], et le résultat était très bon donc il n'était pas nécessaire de demander à Mike [Fraser, qui avait déjà mixé le premier album, et une partie du deuxième] de remixer. Pour le nouvel album nous avons voulu essayer Dean Maher, qui avait déjà travaillé sur Lady Luck comme assistant: Mike Fraser mixait et Dean était son assistant. Nous avons voulu voir ce qu'il ferait pour nous, parce qu'entre-temps il avait fait des mixages pour Nickelback, Bryan Adams… et des groupes plus heavy dont j'ai oublié le nom: nous nous sommes dit qu'il serait bien pour les chansons les plus heavy de l'album, et nous avions raison! Parce que mixer est quelque chose de très personnel, certaines chansons conviennent mieux à certains types: dans le fond nous avons juste confié les chansons appropriées aux personnes appropriées. Mon ami Dan Leffler a enregistré la batterie, il a aussi été chargé des mixages les plus compliqués, parce que je pouvais aller chez lui pendant qu'il travaillait, alors que les autres ont été envoyés à Vancouver… et je me vois mal prendre l'avion pour Vancouver juste pour une histoire de mixage!

M.: Vous avez également trois musiciens invités sur cet album, alors pourquoi s'embêter à inviter qui que ce soit, et pourquoi ces trois-là?
L. K.: J'ai toujours voulu avoir des invités, même sur les albums précédents, mais nous n'avions pas le temps. Les albums précédents ont été enregistrés en studio, et en général quand on travaille en studio on regarde son projet et on en déduit: « il me faut… deux mois en studio ». Et au final, il te faudra trois mois, c'est garanti. Parce que tu as réservé pour deux mois, très bien, mais tout à coup tu manques affreusement de temps, et tu dois demander plus de temps, plus de temps… plus d'argent, plus d'argent! Ca s'est passé comme ça pour Game Of Fools: nous avons passé beaucoup de temps en studio, et il n'était plus possible de faire quoi que ce soit avec des invités. Parce que quand tout le planning a été bouclé et qu'il ne reste plus que trois semaines, si l'invité n'est pas disponible dans ces trois semaines… tant pis, raté! C'est le premier problème. Pour ce nouvel album, j'ai installé un studio chez moi pour l'enregistrer. Grâce à ça, nous n'avons eu aucune limite de temps pour le faire, parce que ma maison est toujours ouverte! C'est donc beaucoup plus facile de travailler avec des invités comme ça.
Et pourquoi ces invités en particulier? Eh bien, il y a d'abord Rusty Brown, parce que nous le connaissons, c'est un copain qui joue dans Electric Mary [autre groupe australien]. Nous sommes amis avec le groupe, et c'est un type sympa, en plus il a une très bonne voix alors j'ai pensé que ça serait bien de l'avoir sur l'album. Pour Jeff Scott Soto c'est un peu la même chose, nous nous sommes rencontrés il y a 5 ou 6 ans. J'ai toujours été un de ses fans, il est une grande source d'inspiration pour moi, c'est un chanteur incroyable. Je lui ai simplement chanté la chanson et demandé s'il accepterait de chanter sur le disque, et il a accepté! Tout simplement. Je lui ai envoyé le titre, il l'a enregistré chez lui à L.A. [pour Los Angeles] et il me l'a renvoyé. Jeff Waters par contre je ne l'ai jamais rencontré, j'y suis simplement allé au culot. Mike Fraser m'avait donné son adresse email et je lui ai envoyé le titre, en disant: « j'adore Annihilator, King Of The Kill est un de mes albums préférés de tous les temps, j'adorerais que tu fasses un solo sur notre chanson. » Et nous avons eu la chance qu'il nous réponde: « Ouais, bien sûr mon pote, ça sera génial! » [dit en anglais, forcément, mais avec un Australien imitant l’accent américain en bonus] A l'avenir j'aimerais avoir encore plus d'invités sur nos albums. Ca n'est plus aussi habituel que ça a pu l'être, je ne sais pas pourquoi, mais j'aime vraiment participer à des collaborations, c'est toujours intéressant.

M.: C'est peut-être la même idée, mais vous jouez aussi très souvent des reprises en concert. Alors peut-être que ça fait juste partie de votre mentalité, rendre hommage etc.?
L. K.: Oui, nous faisons souvent des reprises parce que ça rend les choses intéressantes pour nous. Elles représentent quelque chose de nouveau pour nous, en tant que groupe, nous pouvons expérimenter avec, jouer avec. Nos propres chansons, nous les avons répétées, enregistrées… nous les connaissons! Alors qu'avec quelque chose de nouveau et de frais pour la tournée, nous pouvons faire des concert géniaux.

M.: Si je me souviens bien, tu as composé la majorité de Lady Luck, puis d'autres membres du groupe ont participé à la composition de Game Of Fools: comment ça s'est passé cette fois?
L. K.: Sur Lady Luck c'était déjà 50-50. Luke et moi avions fait 4 chansons peut-être, j'ai fait 3 chansons avec Eddy, et pour les 5 autres c'était moi tout seul. Sur Game Of Fools il y en a 3 de Luke et moi, 4 d'Eddy et moi et 3 de moi uniquement. Pour Welcome To The Crossroads, il y a 4 chansons que j'ai écrit seul, 5 ou 6 d'Eddy et moi, et une de Luke.
M.: Justement, vous participez au moins à la composition de la grande majorité des chansons: est-ce que ça n'est pas compliqué parfois, maintenant que vous avez changé de pays, et même échangé avec Eddy?
L. K.: Non, parce que quand j'écris avec Eddy, ou n'importe qui d'autre, nous ne nous asseyons jamais ensemble à essayer quelques trucs puis écrire. Ce système ne marche pas avec moi, à chaque fois que j'ai essayé de faire ça avec quelqu'un, ça ne ressemble à rien d'autre: ça ressemble à des types qui se sont assis et essaient des trucs ensemble. Ca peut aller, mais ça n'a rien d'exceptionnel. Je préfère prendre mon temps, y réfléchir, rester patient, laisser les choses évoluer comme elles le devraient. Eddy aussi est comme ça. En général quand il travaille sur une chanson, il me l'envoie, j'en fais quelque chose que je lui renvoie, etc. Et de nos jours, avec Internet, vous pouvez vivre dans deux pays différents et avoir l'impression que vous êtes voisins. Il y a Skype, les limites d'envoi et de réception [« upload » et « download » en anglais, mais les anglicismes me donnent de l’urticaire] sont tellement élevées que je peux lui envoyer un giga de fichiers musicaux et il les récupère en cinq minutes, pendant que je lui explique sur Skype que tel titre est comme ça, tel autre comme ça. Il n'y a plus réellement de barrière par rapport aux frontières entre les pays aujourd'hui.

M.: Qu'est-ce que vous avez voulu faire avec « Now A Word From Our Sponsors » [chanson de Welcome To The Crossroads, littéralement « et maintenant un mot de nos sponsors »]? Un délire pour inspirer des questions à des rédacteurs peu inspirés?
L. K.: En fait c'est marrant que tu parles de ça, parce que tu es la première personne aujourd'hui à le mentionner! A la base, c'est juste l'introduction à « TV's Just A Medium », qui décrit à quelque point la télé est une machine débile et stupide, qui anesthésie le cerveau en médusant les gens. C'est la même chanson en fait, en un sens, nous les avons séparées en deux pistes pour que quand vous allumez votre [balladeur numérique] vous puissiez passer les 36 premières secondes: c'est marrant à entendre une fois, mais pas sans arrêt! Ce sont des publicités télé, sérieuses, que j'ai inventé, pour prouver à quel point la télévision est stupide.

M.: Comment décririez-vous l'évolution entre Game Of Fools et Welcome To The Crossroads?
L. K.: Je dirais -la patience-. Il y a beaucoup plus de travail sur le nouvel album que sur le précédent. Comme je l'ai dit, nous avons enregistré le précédent en studio, et quand j'ai commencé à le produire j'avais un rêve comme ça [grand mouvement des bras]. J'avais des idées en tête et je voulais qu'elles soient retranscrites sur l'album. Mais quand l'horloge a commencé à tourner, le rêve a commencer à devenir de plus en plus petit. C'est là que l'on réalise que tous les rêves doivent être laissés à la porte et il ne reste que les os du squelette. Le temps que vous avez ne vous permet pas d'en faire plus. Et pourtant c'était un squelette plutôt cher!
Donc ce nouvel album est beaucoup plus satisfaisant pour moi, j'ai pu beaucoup plus m'impliquer dans cet album… parce que nous avions le temps! J'ai pu le faire comme je le voulais, plutôt que le produire faute de mieux.
M.: Là tu me décris une évolution dans votre manière de travailler, mais musicalement est-ce qu'il y a une évolution selon toi?
L. K.: Je ne suis pas sûr? Je ne suis pas dans la position la plus objective pour en parler. Je ne pense pas écrire des chansons de manière différente que ce que j'avais l'habitude de faire après tout, et pourtant quand je réécoute les chansons de Lady Luck et que je les compare au dernier album… il y a une grosse différence! Disons que dans mon esprit, les choses n'ont pas changé, il n'y a pas de différence. Mais quand de manière évidente, quand on compare, il y a une grande différence. La seule réponse que je puisse donner c'est l'expérience, la maturité… je ne sais pas, le contrôle? C'est le premier album où j'ai fait les choses exactement comme je veux les faire, et je pense que ça marche mieux?
M.: Est-ce que tu serais d'accord si je disais que, d'une certaine manière, Welcome To The Crossroads est plus « bluesy »?
L. K.: Oui, je pense. C'était intentionnel sur certains titres, parce que nous voulions des « parfums » différents sur cet album. Maintenant il y a des groupes comme Airbourne, de nouveaux groupes qui font dans le hard-rock, et je voulais faire quelque chose qui soit un peu éloigné de tout ça. Evidemment nous sonnons toujours comme les fans peuvent s'y attendre, si vous m'écoutez chanter une chanson ma voix ne va pas ressembler à celle de Céline Dion. C'est une des choses bien avec ma voix d'ailleurs, ma manière de chanter: je peux changer de style. Nous pouvons faire une chanson un peu plus « ballade », et il y aura toujours ce côté agressif. Nous avons acquis une certaine liberté de mouvement en fait, je pense, par rapport à beaucoup d'autres groupes. Alors pourquoi pas l'explorer, pourquoi pas l'utiliser? Ca nous permet de faire quelque chose qui reste intéressant pour nous.

M.: Vous jouez souvent dans… les endroits les plus improbables pour un groupe comme le votre: est-ce que le public n'est pas un peu surpris parfois?
L. K.: Non, je pense que ça vient plutôt comme une bouffée d'air frais bienvenue, en général? Je ne sais pas pour toi, mais quand je vais dans des festivals metal et qu'il n'y a rien d'autre que ce constant « BAM BAM BAM BAM » [puis bruit d’avion en train de décoller avec la bouche, très fort… dans les deux sens du terme] qui sort des enceintes pendant des heures entières… On a l'impression d'être dans le coma, ça finit vraiment par créer un malaise. Et tout à coup, un groupe de rock'n'roll arrive sur scène, et on entend des « tac-tac-boum tac-tac-tchin », ça vous fait un peu: « Ah! Ah! Attendez! C'est sympa! » Je pense que c'est un des trucs sympa quand des groupes de rock'n'roll ou de hard-rock à des festivals de heavy. Au final, ces groupes apportent quelque chose d'un peu plus organique, de rafraîchissant. Un peu comme le verre d'eau après un shot énorme.
M.: Oui, je vois ce que tu veux dire, mais là tu parles de festival [où justement j’estime qu’ils ont tout à fait leur place], mais je parlais plutôt des petites villes [/trous paumés]. Par exemple vous allez commencer votre tournée par Fontenay-le-Comte, où j'ai vécu 4 ans, et même si c'est la ville où j'ai le plus évolué musicalement parlant… c'est bien la dernière ville où je m'attendais à voir jouer un groupe de ce style!
L. K.: Oui, je vois… mais je ne sais pas, nous allons là où nous sommes engagés? S'il y a l'argent pour poser nos amplis, nous poser à l'hôtel, alors on ira certainement! Parfois c'est dans les petites villes que l'on retrouve le plus de monde, et les meilleurs publics. Il nous est déjà arriver de débarquer dans une ville et d'avoir l'impression d'être en plein western: personne autour, l'herbe sauvage qui pousse à travers la route etc. On se demandait vraiment ce que l'on faisait là! C'était vraiment le trou-du-cul du monde. Et on arrive sur scène, dans une petite salle pourrie, avec un bar qui n'a qu'une seule bière pression… et le soir, à 11h30, 400 ou 500 personnes débarquent: mais d'où est-ce qu'elles viennent? Tu regardes dehors, et il n'y a pas de voiture! Comme si elles étaient apparues du néant! Parfois ça arrive, et c'est génial. C'est ce qu'il y a de mystique dans les tournées.

M.: Mais même en général, les concerts semblent importants pour vous, dans la manière avec laquelle vous considérez la musique?
L. K.: Bien sûr. Je pense que tous les groupes de nos jours devraient prendre les concerts au sérieux. Les tournées, le moment où tu es sur scène. Puisque plus personne ne gagne autant qu'avant avec les ventes de disques, il faut regarder du côté de ce que l'on donne sur scène pour récupérer de l'argent. Traditionnellement, beaucoup d'argent était mis dans les enregistrement, les albums: beaucoup d'argent était dépensé pour qu'un album sonne bien. Mais maintenant, les artistes doivent faire attention à être dans les bonnes conditions pour se donner sur scène. Je ne pense pas que les groupes puissent encore se permettre de s'enfiler drogues et bières à longueur de journée: peu importe que les gens trouvent ça très rock'n'roll, ou à quel point l'artiste se sent bien grâce à ça, tu ne peux pas te donner au mieux sur scène si tu es défoncé, c'est un fait! Et réaliser une performance musicale, spécialement pour un chanteur ou un batteur, c'est comme un sport: tu ne peux pas courir un 1000 mètres ou un 800 mètres si tu es énervé! Tu peux trébucher et te rattraper, mais il y a plus de chances pour que tu te fasses mal et que tu ne sois plus capable de courir le soir suivant. Je pense qu'il est important que les groupes le réalisent. Par exemple, à l'époque, ça n'était pas important si Mötley Crüe ratait un concert, de toute manière ils vendaient 8 millions d'albums. Mais ça n'est plus le cas: si tu ne peux pas faire un concert correct, tu vas énerver les gens dans le public, et ils ne reviendront plus te voir. Donc oui, je pense que le concert est quelque chose d'important pour les groupes actuels.

M.: Il y a quelques temps, tu as dit que « Stab In The Back » [chanson de Game Of Fools] est, entre autres, une chanson au sujet d'un ancien ami devenu accroc aux drogues et que tu as rayé de ta vie depuis. Tu avais fini en disant: « Les drogués, c'est nul. » Pourtant, on te voit régulièrement avec une bière, et tu ne caches pas ton affection pour l'alcool?
L. K.: Oh oui, j'adore boire! Mais je ne suis pas un alcoolique, même si je plaisante ou mens souvent en disant que c'est le cas. Mais je ne le suis définitivement pas. D'un autre côté, évidemment, j'adore l'alcool. Ca fait partie de notre culture, je n'ai pas grandi en Turquie mais en Australie après tout. Une partie de la culture australienne est de boire, regarder du sport et s'amuser! Malgré tout, je ne vais pas boire au point où j'irai voler de l'argent à mon meilleur ami. Je ne bois pas au point où je vais entrer par effraction chez quelqu'un ou poignarder un enfant juste pour récupérer son sac à dos. Je pense qu'il y a un lien très ténu entre l'alcool et l'héroïne, mais ça reste deux choses très différentes. Je pense que tout est bon tant que l'on reste dans la modération, et pour moi l'alcool est quelque chose de relaxant: on en boit avec des amis, ça va définitivement bien avec la nourriture…
M.: Oh, pas tous les alcools, c'est surtout le vin!
L. K.: Oui, mais si c'est du vin, tout ira bien! S'il y a bien une chose que j'ai apprise en France, c'est que… s'il y a bien une chose que l'immigration en France va me demander, c'est:
« Avec du rumsteak, vous prenez du vin de quelle couleur? » [avec un poil d’accent français dans son anglais]
– « Euh, quel vin… »
– « Sortez de ce pays! »
M.: D'ailleurs, est-ce que ça fait partie des raisons pour lesquelles tu as emménagé près de Cognac? [on mange et on boit trop bien dans cette région… j’ai faim rien qu’en y pensant! Et puis Cognac… inutile de vous dire quel alcool est la spécialité locale.]
L. K.: Oui! Pour moi, la Charente est ma région préférée pour la nourriture et l'alcool. Entre le confit de canard, le foie gras… [en fait tout ça c’est périgourdin, le premier qui me dit que c’est charentais je lui en colle trois avec bonus aller-retour, mais Cognac est dans le Périgord historique, c’est juste que c’est rattaché à la Charente aujourd’hui, administrativement… et puis il est australien, alors pardonnons-lui!]

M.: Dans une des chansons du dernier album, « Better Off Dead », on a l'impression que tu imagines être traqué [/suivi à la trace, « stalk » en anglais] par une fille sur Internet… et le moins que l'on puisse dire, c'est que tu réagis plutôt négativement envers elle!
L. K.: Oui, au fil des ans j'ai eu quelques expériences intéressantes avec des gens sur Internet, qui me traquaient comme ça. Et même en dehors du net! C'est quelque chose qui n'est pas agréable, pour moi ou pour qui que ce soit d'autre. C'est une chanson vraiment directe, évidente. Dire à quelqu'un « you're better off dead » [dans le refrain de la chanson, littéralement: « tu serais mieux crevée/morte », une adaptation possible étant « mais vas crever! »] est… plutôt direct! Mais ça n'est pas vraiment que c'était un problème pour moi, mais hélas beaucoup de tout ça a rejailli sur ma femme aussi. Quand ma vie publique a des conséquences sur quelqu'un qui n'a aucun choix dans toutes ces histoires, ça me met en colère. Mais je pense que tu as très bien compris le sens de cette chanson.
M.: Ah ça, entre les paroles et l'atmosphère, je crois que c'est facile à comprendre!
L. K.: C'est vrai, c'est vrai.

M.: Tu trouveras peut-être que c'est une question stupide, mais tu sembles être un grand fan d'Axl Rose…
L. K.: Comment ne pas l'être? [Ah, moi je sais très bien ça!] Je trouve ce type fantastique, et même aujourd'hui! Quand j'ai vu Guns'n'Roses il y a quelques années en Australie, c'était… électrisant. Un des meilleurs concerts que j'ai jamais vu. Donc oui, je trouve que c'est quelqu'un d'incroyable, tout comme je trouve que Chinese Democracy est fabuleux. Les gens se plaignent que ça ne soit pas Guns'n'Roses, et… oui, ça n'est pas Guns'n'Roses en un sens. De la même manière, si tu écoutes The Razor's Edge d'AC/DC et leur premier album High Voltage, ça n'est pas la même chose non plus! Réveillez-vous les gars, l'album Chinese Democracy est sorti après 20 ans, il sera différent, c'est évident! Prenez-le pour ce qu'il est, et si vous ne l'aimez pas vous pouvez le jeter, ou mieux: comme sous-verre!

M.: Un dernier mot pour nos lecteurs, ou quelque chose que tu veux dire mais que je n'ai pas demandé?
L. K.: Je ne sais pas, venez voir un concert de Koritni, ou venez voir un concert de rock. C'est une des raisons pour lesquelles j'aime venir en France, vous avez un public qui aime la musique [sous-entendu (en anglais): et s’amuse dessus], vous aimez sortir.
M.: C'est plutôt rare d'entendre dire ça sur les français!
L. K.: Mais c'est vrai, réellement! Je discutais avec Joel d'Airbourne juste avant de quitter l'Australie, et il disait la même chose, qu'ils reçoivent le meilleur accueil en France par rapport aux autres pays.
M.: Ma foi, peut-être parce que c'est parce que tu as l'habitude de tourner un peu partout en France, donc tu connais mieux le public français que beaucoup d'autres.
L. K.: Oui, c'est vrai.

-Propos recueillis par Polochon en mars 2012.
Photos piquées sur le site officiel.
Chronique de Welcome To The Crossroads (Koritni).-

Entretien avec Laurent James (Lord Of Mushrooms)

Le truc marrant avec les groupes de prog, c'est que la discussion a de fortes chances de partir en cacahuètes. Et pourquoi déroger à la tradition quand le représentant du groupe de prog est en plus un français, soit pas de barrière de la langue (il faut dire qu'au départ c'est un groupe français)?  Aucune raison, en effet… et dans le fond, ça permet d'apporter un peu d'animation à ce texte-fleuve: bonne lecture et bon café!

Metalchroniques: Pour commencer: sérieusement, c'est quoi ce nom de « Seigneur des Champignons » [traduction de « Lord Of Mushrooms »]?
Laurent James: Je ne sais pas, désolé! C'est vieux, à l'époque où nous ne jouions même pas encore dans des pubs. Comme quoi quand tu fais une ânerie [censure powered] ça peut te poursuivre toute ta vie!
M.: Oui, enfin au début on a encore le temps de changer de nom de groupe!
L. J.: Oui mais non, parce qu'après, au fur et à mesure, on s'y est fait. Et puis j'aime bien! Evidemment il y a des gens qui nous disent que nous sommes malades…
M.: Au moins c'est original!
L. J.: Oui voilà, au moins tout le monde s'en souvient! Aux Etats-Unis comme au Japon, ça passe. Et puis c'est français de chercher quelque chose de bizarroïde comme ça. Donc au final… ben on garde, désolé!

M.: Il y a eu beaucoup de remue-ménage dans les membres du groupe depuis le dernier album: que s'est-il passé exactement?
L. J.: En fait les anciens ont voulu faire un autre style de musique, pour essayer de faire de la télé.
M.: Ah! C'est sûr que vu ce que vous faites… c'était pas gagné!
L. J.: Eh non, surtout à la télé française! Mais j'ai préféré faire ne pas passer à la télé et faire vraiment ce qui me tient à coeur. J'ai essayé quand même, pendant 2-3 mois, mais ça a commencé à me rendre malade.
M.: Et c'est quoi ce genre musical tellement télévisuel?
L. J.: De la pop française. Après je ne veux pas cracher sur ce qu'ils font, ça peut passer à la télé oui… mais c'est un autre métier! Je préfère rester là-dedans, le groupe avait déjà sorti deux albums, les gens commençaient déjà à nous connaître, les fans de ce style au moins. Les anciens voulaient que l'on garde le nom en restant avec la maison de disques [pendant les quelques mois où ils jouaient encore tous dans le même groupe je suppose, avec juste quelques uns qui voulaient continuer à faire du prog à côté], en disant que ça n'allait pas nous servir à nous. Mais là… j'ai décidé de garder le nom du groupe, c'était un peu compliqué mais on s'en est sortis!
M.: Chacun fait ce qu'il aime après tout comme ça!
L. J.: Voilà, d'autant plus que maintenant j'ai une équipe de gens qui aiment ça, vraiment: autant faire les choses de manière claire dès le départ.

M.: Et finalement, comment en êtes-vous arrivés à recruter deux italiens et un brésilien?
L. J.: J'ai cherché en France… et j'ai eu du mal! Pour le batteur et le claviériste, j'ai essayé d'auditioner un chanteur en Italie: il n'a pas fait l'affaire, mais il avait un ami claviériste et un ami batteur… et avec eux ça le faisait.
M.: « Ca tombe bien, on cherche aussi! »
L. J.: Oui, en fait je cherchais tout! Et étant donné que j'habite à côté de la frontière et que j'ai habité en Italie quand j'étais petit donc c'est ma première langue: ça ne me posait pas de problème [d’avoir des italiens dans le groupe]. Et puis je ne sais pas, les italiens sont un peu plus rock'n'roll disons. Un français, quand il commencent à être bons dans leur instrument, surtout dans le sud et surtout un claviériste, il va faire de la variété, du jazz, du piano-bar. Les italiens vont plus facilement vers ce qu'ils aiment.
M.: Et le brésilien?
L. J.: Nous l'avons recruté en 2009: ça commençait à être vraiment difficile, nous avions cherché en France, en Italie, rien… alors nous avons pensé chercher un peu plus loin. Et en fait, notre chanteur actuel habite à Montpellier 6 mois par an, alors pourquoi pas lui? Nous avons essayé d'autres chanteurs, mais c'est avec lui que ça collait le mieux.

M.: Toutes ces histoires n'ont pas dû aider l'enregistrement de l'album, le précédent date quand même de 2005 après tout?
L. J.: Tu imagines? Il a fallu re-fabriquer un groupe, avec de nouveaux membres, refaire des morceaux… ça prend du temps! L'album lui-même était fini en 2009, plus ou moins. Je compose avec Luca [Mariotti], le claviériste, nous faisons les structures, après il suffit de les mettre sur ordinateur et ça permet déjà de se faire une idée. Après comme le chanteur était au Brésil il a dû venir, il a fallu faire un pre-mix, trouver un ingénieur du son pour faire le mixage, pour lequel je suis allé au Canada avec Luca, ensuite le mastering à New-York… ça prend du temps! Mais ça n'est pas qu'il a fallu du temps pour composer l'album, c'est plutôt toute l'organisation qui va autour.

M.: Musicalement, il y a beaucoup moins de « musique pour musiciens » sur cet album, vous avez rendu votre musique bien plus accessible…
L. J.: De plus digeste.
M.: Ou plus digeste oui, même s'il ne s'agissait pas de passer à la télé pour autant?
L. J.: Disons qu'à force de voir ce qui se faisait dans les groupes de prog-metal ou prog-rock, nous avons essayé d'éviter de répéter les mêmes erreurs. C'est à dire que beaucoup de groupes ont tendance à tourner un peu dans les mêmes trucs, avec des instrumentaux de trois heures, les solos à fond la caisse… au bout d'un moment, c'est toujours un peu indigeste.
M.: Avec un changement de rythme toutes les deux mesures, ou encore mieux de mode après deux mesures et demi, parce que c'est beaucoup plus compliqué quand c'est deux mesures et demi.
L. J.: Mais oui, et quand tu fais de la musique il ne faut pas essayer de trop la diriger. J'ai toujour l'idée que nous sommes juste des capteurs, la musique passe par nous et il ne faut pas essayer de lui dire « rah, tu vas aller comme ça! » Tu laisses faire. Certaines personnes nous demandent pourquoi nous ne faisons pas des morceaux de 15 minutes… je ne sais pas? Ca n'est pas forcément mieux?
M.: Oui, si un jour vous êtes inspirés par un morceau de 15 minutes pour le ferez sans doute.
L. J.: En fait le morceau va venir tout seul, après tu te rends compte qu'il fait 15 minutes, mais si tu commences à trop vouloir diriger les choses ça finit par devenir un peu chimique, un peu hermétique. Donc là nous avons voulu faire quelque chose de… pas forcément simple, mais abordable. Un amateur de heavy peut s'y retrouver, il y a des gros riffs etc., et puis un peu cachés derrière il y a des petits machins qui peuvent être intéressants.
M.: Pas toujours si cachés que ça! Par exemple dans le sixième morceau, « Red Queen's Race », dans la partie instrumentale… je joue du piano depuis 20 ans, et autant la partie au clavier seule je pourrais la jouer sans problème, autant avec les trucs autour complètement à l'opposé… c'est tout simplement impossible!
L. J.: Bah, non! Franchement, c'est pas si compliqué que ça. C'est juste… voilà, il faut comprendre le rythme. Une fois que tu as compris le truc, tu rentres dedans et… ça va.
M.: Oui, je suis sûre que quand on a participé à la composition c'est tout de suite beaucoup plus facile!
L. J.: Ouais… non, franchement c'est pas si compliqué.

M.: Bon, en même temps il y a certains passages qui sont… peut-être pas injouables, mais au moins compliqués à jouer sur scène?
L. J.: Oui, c'est vrai, surtout pour moi qui ne suis pas très bon à la guitare… Non, c'est vrai! Quand on me parle de Petrucci ou ce genre de types… pour moi, c'est des monstres! J'ai vraiment fait ce que je peux faire, sans en faire plus.
M.: Alors ça va être plutôt quoi plutôt ton style…
L. J.: Eh bien ça fait quelques années que je côtoie le malade suédois là… Mattias Eklundh.
M.: De Freak Kitchen.
L. J.: Voilà. Et je suis allé au Freak Guitar Camp deux fois, et il m'a pas mal ouvert l'esprit. Il est vraiment impressionant, par son intelligence. Je m'imaginais un type avec son métronome qui travaille toute la journée, mais en fait non, il est super créatif. Par exemple il va faire un petit bruit avec son ampli, trouver ça marrant, il va partir là-dessus, et il en fait un morceau. C'est ça que je trouve génial, quand des types créent pas obligatoirement avec de la technique mais grâce à leur ouverture d'esprit. Au niveau des rythmes aussi il m'a apporté pas mal de petits trucs. Il y a aussi mon prof de guitare avec qui j'ai travaillé, et avec qui je joue maintenant dans d'autres projets; il est sur Paris, et voilà, il m'a apporté énormément aussi.

M.: Pour ne pas changer, votre troisième album est votre troisième album-concept: peux-tu raconter un peu de quoi il s'agit? Je me doute que tu ne peux pas trop rentrer dans le détail mais bon…
L. J.: Ah si je peux, je l'ai fait avec tout le monde! De toute manière ça n'est pas moi qui l'ai écrit, c'est le bassiste [Julien Negro], donc bon il va me casser la tête à la fin… mais tant pis! En fait c'est basé sur une nouvelle de Terry Pratchett… tu connais?
M.: Oui.
L. J.: Tu es bien la première, bravo!
M.: Quand même! [C’est vrai quoi, le Disque-Monde, tout ça? Depuis quand le metalleux ne s’intéresse plus à la science-fiction/fantasy granguignolesque! Ahlalala, ces jeunes qui manquent de curiosité…]
L. J.: Moi je ne connaissais pas! Mais bon… c'est lui qui connaît, nous, nous sommes bêtes.
M.: C'est l'intellectuel du groupe.
L. J.: Voilà, c'est l'intello. Nous on fait « crountch » à la guitare. Donc il m'a fait lire le passage en question, j'ai bien aimé, c'est dans The Reaper Man [ou Le Faucheur en français]. Je n'ai pas tout lu, trop de pages, mais il y a un petit passage qui parle d'un insecte qui vit 24h. Tu l'as lu?
M.: Non, mais Pratchett de toute manière c'est du grand n'importe quoi en général.
L. J.: Justement, ça colle bien avec ce qu'on fait! Et lui [le bassiste] a écrit cette histoire comme si c'était des êtres humains qui voyaient le temps passer à une vitesse…
M.: Très rapide.
L. J.: Voilà, sauf que pour eux c'est très lent. Donc il a tourné le truc comme si c'était la vie d'un homme: en fait sur tout l'album, si tu lis les paroles, tu ne sais pas qu'on parle d'un insecte. Mais à la fin, quand il se fait manger par son soi-disant Dieu, qui est en fait un poisson, tu te dis: « ah d'accord, c'était donc ça! » Et voilà, désolé Julien de le dire encore une fois aujourd'hui! Mais rien de grave, je vais avoir un oeil au beurre noir, c'est tout. Et du coup, ce concept nous a permis de traiter de plusieurs sujets qui lient l'humanité. Par exemple il y a la religion, la nature donc la pollution, l'amour, l'évolution des espèces, etc.
M.: Quand même, pour un insecte, il réfléchit beaucoup ce petit insecte!
L. J.: Ah oui! Mais de toute manière, nous sommes partis sur un insecte très intelligent qui parle avec ses congénères etc.!
M.: D'accord, donc complètement fidèles à l'esprit de Pratchett avec du grand n'importe quoi.
L. J.: Voilà, de toute façon. Et puis ça n'est pas moi qui l'ai lu ce livre!

M.: Quand même, et même si je dois avouer que je n'ai pas écouté 30 000 fois l'album pour préparer l'interview, sur la dernière chanson [« Awaken », là où Petit Insecte découvre La Vérité… et Le Poisson] je n'avais pas du tout compris qu'il mourrait le petit personnage. Malgré tout, j'avais bien compris qu'il trouvait la grande réponse de sa vie… et que ça finissait sur quelque chose d'assez négatif, ce qui est toujours dommage pour une fin d'album? Non?
L. J.: En fait je dirais que l'album lui-même est assez sombre. L'album était plus bling-bling, avec des petites clochettes dans tous les sens, plus joyeux. Là nous avons voulu faire quelque chose d'un peu plus dramatique. D'où une fin où ça se passe plus ou moins mal.
M.: D'accord, il fallait qu'il finisse trucidé, presque dans d'atroces souffrances.
L. J.: Ouais, après c'est un moucheron hein, c'est pas bien grave.
M.: Oui voilà, ça ne souffre pas beaucoup un moucheron. C'est bien ça d'ailleurs: il réfléchit beaucoup mais il n'a pas trop la possibilité de souffrir, c'est sympa pour lui!

M.: De manière générale, quelles sons vos inspirations musicales? Parce que bon, je ne dirais certes pas que vous faites du rock progressif parce que c'est plus que « juste » du rock, mais ça n'est pas du « gros méchant metal » disons…
L. J.: Non, c'est du… « nous progressif ».
M.: Du gentil metal!
L. J.: Oui, par exemple! Comme je te l'ai dit j'ai composé avec Luca, et nous sommes tous les deux issus du monde de la musique classique. Nous avons forcément envie de transmettre des choses qui nous passionnent dans le rock, du coup ça fait « rock progressif ». Après tout c'est comme ça qu'est né le rock progressif, c'était des gens qui faisait du jazz et de la musique classique et qui ont voulu transmettre ça avec l'énergie du rock. Si bien que dans notre musique, tu ne retrouveras peut-être pas trop d'influences à la Dream Theater, par contre il y aura des harmonies à la Debussy ou même Ravel, nous sommes extrêmement fans de Ravel. Par exemple il y a un morceau pour lequel nous avons voulu mélanger un gros riff à la Messhuggah avec du Ravel. Et ça le fait je trouve! C'est dans « Nyx's Robe », sur le refrain. Ca donne des grosses guitares avec une rythmique qui ressemble à un engrenage qui tourne, avec par-dessus un piano qui fait vraiment des harmonies Raveliennes. Après il y a aussi plein d'affinités avec Stravinsky ou Steve Reich si tu connais un peu [un pionnier dans la musique minimaliste]: je suis un grand fan de Steve Reich et la musique minimaliste en général. Et en même temps j'aime bien le rock progressif! Donc plutôt que de parler de dragons et de flammes dans tous les sens, autant mettre des trucs que j'aime bien moi… et c'est vrai que ça donne quelque chose d'un peu bizarre, mais au moins c'est original!

M.: Justement les noms des musiciens que tu donnes m'y font penser, mais vous avez un style très visuel musicalement. Par exemple… souvent dans ces chansons, et même sans comprendre le détail des paroles etc., on peut plus ou moins voir une sorte de tableau [un peu plus tôt dans l’interview, même si c’était une apparté donc non retranscrite ici, j’avais aussi dit que cet album a un côté très aqueux… d’un autre côté si le Dieu est un poisson c’est normal.]
L. J.: Oui, je vois ce que tu veux dire. Ca respire, disons. De nos jours, les gens ne se donnent plus trop le temps de se poser. Ca s'entend dans le type metal où ils sont très [bruit de type égosillé].
M.: « Gros méchants ».
L. J.: Oui, et au bout d'un moment trop de « gros méchant », ça tue le « gros méchant »! Ca annule un peu l'effet. J'aimais bien cet aspect de montagnes russes justement, de temps en temps ça se calme, et puis hop ça repart, etc.
M.: Oui, mais même en dehors de ça…
L. J.: Toi tu voyais vraiment le truc visuel, les images…
M.: Oui, par exemple la « course de la reine » [ou « Red Queen’s Race » pour le titre exact]: on peut vraiment la voir en train de parcourir les mers [pour être honnête, avant même de jeter un coup d’oeil aux titres de l’album je m’étais dit: « ah, là, ça parle d’un poisson qui nage, et qui s’éclate dans la vaste mer! ».]
L. J.: C'est vrai, c'est vrai. En l'occurence c'est un instrumental… et même la musique avait été faite avant même de décider du concept, mais peut-être que ça a inspiré Julien notre écrivain? Je ne sais pas. Mais c'est vrai qu'à la base, je ne connaissais pas le concept, de toute manière je ne connaissais pas Terry Pratchett, je faisais juste de la musique et: « ouais, cool, j'aime bien, montagnes russes, ouaiiis! » Mais du coup, ça donne un peu ça, ces images, on peut vraiment imaginer… je vois ce que tu veux dire.

M.: Pourquoi est-ce que l'on voit deux couvertures différentes pour cet album? [même celle sur le site officiel est différente de celle sur le site de la Fnac, par exemple!]
L. J.: Parce que la maison de disques s'est plantée!
M.: D'accord!
L. J.: En fait, ça c'est la vraie couverture [= celle du site officiel, où un poisson s’apprête à gober un moucheron], et quand tu achètes l'album, ça se déplie et ça donne un grand poster, tu l'as vu?
M.: Juste la mini-version sur le site de la Fnac…
L. J.: Ah non, ça ça n'est qu'un petit bout, attends [il se déplace pour me montrer une image du poster en question sur son ordinateur] Je me suis dit que comme de nos jours presque tout le monde télécharge, pour ceux qui prennent la peine d'acheter l'album autant leur faire un petit poster! Et il a vraiment bien réussi le truc, et puis ça change du metal, donc il a réussi son truc. Voilà [l’image apparaît sur l’écran]: ça se plie en 5, et ça donne un joli poster, avec toute une histoire. Ils [la maison de disques] ont coupé un coin, du coup ça ne dévoile pas tout le reste. Celui qui s'occupe de ça chez Lion Music [la dite maison de disques] n'a pas imaginé que c'était un pliage quand il a reçu ça.
M.: Même, entre « le petit bout découpé » et les tous petits morceaux que l'on aperçoit sur votre site officiel, ça donne une idée, ça représente bien l'univers de l'album.
L. J.: Oui, je trouve que celui qui nous a fait la pochette, Travis Smith, s'est vraiment bien débrouillé.
M.: J'allais justement demander qui c'était!
L. J.: Travis Smith! Il fait les pochettes pour Opeth et Nevermore, que je ne connais pas, Devin Townsend, que j'aime beaucoup… et d'autres trucs que je ne connais pas. Mais voilà, il travaille surtout sur les pochettes d'Opeth. D'ailleurs juste avant de faire celle-là il avait fait la pochette pour le dernier Opeth avec l'arbre [pour l'album Heritage]. C'est vraiment un super artiste, très créatif.
M.: Et au final, qu'est-ce que vous lui avez donné pour qu'il s'insipire: le concept de votre histoire, ou la nouvelle de Pratchett?
L. J.: Non, nous lui avons donné notre concept, en lui expliquant un peu qu'à la fin de l'histoire le petit personnage meurt mangé par son propre Dieu… comme souvent les être humains aussi meurent « bouffés » par leur propre Dieu! Nous avons essayé de lui donner quelques pistes, mais quand j'ai vu ses premières planches ça n'est pas du tout ce que j'avais imaginé… et j'étais très content! J'aime bien justement qu'on m'étonne et qu'on me sorte des trucs… sans dragons ou flammes etc.
M.: Déjà, avec ce concept, ça aurait peut-être été compliqué de mettre un dragon… à la rigueur des flammes pourquoi pas, mais le dragon…
L. J.: C'est surtout que tous ces clichés… je n'en peux plus! Déjà c'est une musique que je n'écoute pas plus que ça, mais alors toute cette imagerie qu'il y a derrière… ça n'a jamais été mon truc.
M.: Donc, par exemple, autant tu peux être dans le classique, autant Rhapsody ça ne va pas du tout être ton truc…
L. J.: Ah non! Rhapsody, c'est… non! J'ai du mal, vraiment. A la fin ça en devient presque un peu comique, c'est toujours pareil. Le premier album je veux bien, mais après… Moi, tout ce qui est heroic-fantasy…
M.: Ca te saoule.
L. J.: Oui, voilà.

M.: En général, qu'est-ce qui vous souffle une idée pour un nouveau concept? Quelqu'un arrive et: « pouf, tiens, j'ai une idée! »
L. J.: Pour cet album, c'est Julien qui est venu et qui a fait: « pouf, tiens, j'ai une idée! » Moi je ne savais pas du tout de quoi on pourrait parler. Dans le fond je fais avant tout de la musique.
M.: Et à la rigueur s'il était venu sans concept, vous auriez pu faire un album sans concept particulier?
L. J.: A la base j'étais partant pour faire un album avec des chansons qui se suivent, normal. Après j'aime bien traiter de sujets qui ne sont pas souvent abordés dans le metal progressif, ou au moins éviter de parler de dragons et tout ça! Mais comme il est arrivé avec un très bon concept… tout le monde était partant!
M.: Justement parce que la musique colle beaucoup au concept, j'étais persuadée que vous aviez commencé à composer après avoir trouvé le concept, mais apparemment ça n'est pas du tout le cas?
L. J.: Pas du tout en effet. Plein de mélodies même ont été faites en yaourt-one-again-wanna-fly.
M.: Si c'est juste grosso modo après ça peut être arrangé, pour que ça corresponde au concept…
L. J.: Bah, Julien s'est bien débrouillé, très vite en plus! Ca cadre, il n'y a pas de coupures bizarres. Alors que sur le deuxième album… si tu regardes un peu le texte, tu remarques que ça passe vraiment du coq à l'âne, il y a des fins de phrases bancales au niveau rythmique, etc. D'ailleurs c'est aussi pour ça que l'on a pris un chanteur qui parle bien anglais.

M.: Faire du metal, certes pas le plus agressif mais metal quand même + progressif + en France + de nos jours… est-ce que ça n'est pas un petit peu du masochisme, quelque part?
L. J.: De toute façon faire de la musique de nos jours c'est masochiste!
M.: Faire de la musique -de tout temps- c'est masochiste!
L. J.: Oui, mais disons que dans les années 70 ça allait mieux.
M.: Oui, il y a eu 20 ans où c'était bien.
L. J.: Oui, enfin dans les années 80 déjà il fallait être habillé en fluo etc.
M.: Oh, même sans ça on pouvait se débrouiller pour vivre à peu près de sa musique, c'est juste que l'on n'étais pas supra connu! [et les musiciens avant les années 60, ils vivaient bien de leur musique peut-être, hein, hein? Je ne parle même pas d’il y a un siècle et au-delà!]
L. J.: C'est sûr… mais nous sommes tous un peu masochistes, à force de faire des choix sans savoir pourquoi. Si j'avais fait de la pop française, peut-être que… mais non, je ne peux pas! C'est comme ça.

M.: Tu disais aussi qu'à l'origine tu viens plutôt du milieu classique, donc c'est quoi ta formation musicale?
L. J.: Mes parents étaient chanteurs d'opéra. Donc très classique! Depuis tout petit j'entendais des répétitions, des trucs d'orchestres, des trucs faits au piano. C'est là que je me suis dit que tout ce qui est avant le XXème siècle ça me gave un petit peu, alors que Stravinsky, Bartok…
M.: Même pas un peu de XIXème, carrément que du XXème et au-delà?
L. J.: Oui, quand même un peu de XIXème, il y a des trucs. J'adore Puccini par exemple, ça me rend dingue. Après j'ai eu ma période: « non, la musique c'est nul! Je ne veux pas en faire, je veux jouer aux jeux vidéo! »
M.: Ah, ça, c'est l'adolescence!
L. J.: Exactement, et à 17 ans j'ai commencé la guitare, tout repris, je suis allé un peu au conservatoire, à Berkeley aux Etats-Unis [sorte de conservatoire/école de musique -très- connue], et j'ai fait musicologie à Nice. Et là j'ai eu de très bons profs, des gens qui te font découvrir ce qui s'est passé au XXème siècle, c'est ce que tu travailles en licence après tout. Schöneberg, le dodécaphonisme… et j'ai trouvé quelque chose là-dedans, voilà. Après il faut en sortir, quand même, et c'est là que j'ai découvert la musique minimaliste, répétitive, avec Philip Glass ou Steve Reich. D'ailleurs j'ai joué avec un ensemble de guitares Electric Counterpoint [du dit Steve Reich] il y a quelques années, et c'est… Tu as une guitare électrique, tu joues dans un théâtre, devant des gens type « soirée de l'ambassadeur »: du coup tu te dis que tu peux faire autre chose que du rock! Et après quand tu reviens dans le rock tu essaies d'apporter quelques petits trucs. Il y a pas mal de petites allusions à Steve Reich dans cet album, d'entrelacements guitare-piano. On ne s'en rend pas forcément compte, parce que nous avons vraiment fait en sorte de mélanger ça. Mais si tu vois les partitions tu remarques des petites notes qui alternent, ça donne des petites mélodies que personne ne joue mais le mélange des deux instruments donne une mélodie qui n'est jouée par personne… une mélodie résultante. J'adore les petits mirages comme ça, les mirages auditifs, quand quelqu'un dit: « ah, je vais essayer de relever ça! », mais en fait personne ne l'a joué. On s'embête un peu hein…
M.: Ah on fait du prog ou non hein, il faut assumer! C'est un peu ce que je disais tout à l'heure: vous avez fait plus abordable, mais en fait ça n'est pas si abordable que ça…
L. J.: A écouter c'est abordable… mais après, ceux qui voudront le jouer vont se dire: « woaaaah d'accord c'était ça! » Mais franchement non, par rapport à du Dragonforce c'est 50 000 fois plus abordable.
M.: Oui mais là c'est pas du tout pareil, quand même… Dragonforce quand même au niveau de la structure c'est beaucoup plus abordable! [par expérience de prof de piano, il est beaucoup plus facile d’acquérir la dextérité/rapidité que la complexité d’une structure hypra tarabiscotée!]
L. J.: Au niveau de la structure, oui. Mais pour ce qui est de jouer, je préfère jouer 50 fois cet album! Dragonforce, si tu me ralentis le tempo de 300 ça peut être faisable, mais sinon… je ne bois pas le même café! Comme m'a toujours dit mon prof: « tu ne peux pas mélanger sport et musique ». Donc pour faire de la musique, c'est pas compliqué: on se calme. Mais ils le font très bien eux, donc je leur laisse faire ça.
M.: Oh même eux s'en sont peut-être un peu lassés, parce que sur leur dernier album ils se calment un peu, il y a même un peu de mid-tempo etc.

M.: Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment?
L. J.: Dernièrement j'ai téléchargé, légalement!, le Dillinger Escape Plan avec Mike Patton [EP de 2002], mon chanteur préféré. C'était vraiment pour voir dans quel délire il était parti, mais c'est un vieil album en fait. J'ai aussi commencé à écouter Shylock, un vieux groupe de progressif français qui avait bien marché, et mon prof était leur guitariste à l'époque. Ils viennent de se reformer pour faire une tournée aux Etats-Unis, mais ils n'ont pas de bassiste: moi je leur ai dit que je ne suis pas bassiste, donc justement je vais jouer avec vous! Du coup je me suis mis à la basse.
M.: Il faut savoir improviser dans la vie!
L. J.: J'adore les challenges, partir sur des trucs un peu différents. Du coup c'est ce que j'écoute en ce moment, c'est un peu mes devoirs à la maison: il faut que je relève les parties pour les jouer à la basse.

M.: Est-ce que vous avez beaucoup l'occasion de jouer des concerts? Vu que, comme déjà évoqué, prog + metal + France…
J. L.: Et surtout Brésil + Italie + France…
M.: Oui, enfin, l'Italie n'est pas très loin de chez vous [les français du groupe sont à Nice], et le Brésilien est près de chez vous 6 mois par an!
J. L.: C'est sûr, mais ils sont quand même à 600 km de chez moi! Il faut qu'on organise ça, mais on ne peut pas l'improviser justement: il faut trouver le moyen de faire une petite tournée, partir avec un autre groupe. Donc il faut que l'on trouve déjà un groupe avec qui ça peut coller… pas Dragonforce!
M.: Oui, c'est pas tout à fait le même style, je crois que vous vous feriez un tout petit peu descendre par le public…
L. J.: Ca va faire mal! On aimerait bien être avec Opeth, parce que leur dernier album est vraiment bien, ça fait partie des derniers albums que j'ai écouté d'ailleurs. Pain Of Salvation aussi j'aimerais beaucoup, je suis vraiment fan du chanteur, il a un grand charisme, une grande voix. Porcupine Tree pourquoi pas… je ne sais pas?
M.: Selon les occasions, en gros.

M.: Un dernier mot pour nos lecteurs, ou quelque chose que tu voulais dire mais que je n'ai pas demandé?
L. J.: J'ai dit beaucoup de choses! Du coup… n'hésitez pas à goûter au nouveau champignon de Lord of Mushrooms, il ne cause aucun problème pour les neurones, au contraire même je pense que ça peut appaiser ceux qui sont trop énervés. C'est assez digeste, ça peut faire du bien!

-Propos receuillis par Polochon en mars 2012.
Chronique de Perspectives (Lord Of Mushrooms).-

Mercyless revient aux affaires, pour notre plus grand plaisir. On s'est, évidement précipité sur son sympathique leader pour lui poser quelques questions.

 

 

01. Mercyless est de retour pour la sortie de "In Memory Of Agrazabeth". Quelles ont été tes motivations pour revenir sur le devant de la scène après autant de temps ?

Max : Eh bien ,nous sommes de retour tout simplement car nous avions un réel besoin de revenir aux sources de ce qui nous a toujours le plus motivés : le Death-metal de nos débuts. Et  revenir après tellement d’années, c’était un vrai défi comme on les aime. Au delà,on a toujours gardé une certaine rage en nous et il était temps qu’elle ressorte… Et faire du Death-metal après 25 ans c’est du sport de haut niveau pour nous !

02.Peux-tu nous dire qui t'accompagne sur scène et où les as-tu dénichés ?

Max : Il y a toujours mon éternel compère Steph Viard à la guitare (on joue ensemble depuis bientôt plus de 25 ans !) ; il y a Laurent Michalak à la batterie (on joue avec lui depuis quelque temps sur un autre projet. Comme il correspondait bien au style de Mercyless il était évident qu’il prenne le rôle derrière les fûts. En plus, il nous fait énormément penser à notre tout premier batteur. Nerveux, rapide et sans concessions) ; et Matthieu Merklen à la Basse (qui est arrivé tout à la fin mais qui travaille très vite et possède un bagage technique énorme. Ca nous facilite la vie. Humainement, il est génial.

03."In Memory Of Agrazabeth" est une petite mine de démos, live et autres enregistrements. Un boulot incroyable a été réalisé. Combien de temps as-tu mis pour collecter tout ces documents ?

Max : J’ai du fouiller dans nos archives pendant 3 à 4 mois pour trouver les bons trucs. J’aurais pu encore trouver mieux mais bon, il faut savoir qu’à l’époque il n’y avait pas le numérique comme maintenant ; aujourd’hui tout le monde peut filmer et enregistrer tout et n’importe quoi dans une bonne qualité. Et il n'était pas aussi facile d’avoir des live de bonne qualité ; beaucoup de concerts et démos étaient en K7 audio… Il y avait un petit travail de restauration à faire… Pas évident !!

04. Que penses-tu de la scène française d'aujourd'hui ? Un certain nombre de reformations me semblent assez opportunistes et ont, à mon avis, perdu l'esprit qui les animait à la grande époque…

Max : Il est évident qu’une reformation nécessite au minimum 2 personnes (et souvent le chant!) ayant fait partie du projet initial. Sinon, on peut perdre facilement l’essence musicale du groupe. C’est pourquoi on voit souvent des reformations arriver avec un style et une image bien différents des débuts. Et donc pour moi, il n’y a aucun intérêt. Souvent les groupes gardent le même nom juste histoire de récupérer leur notoriété sans avoir à tout recommencer. Mais cela peut être à double tranchant. Souvent labels et médias se précipitent dessus sans trop réfléchir et c’est dommage. Combien de reformations voit-on arriver de nos jours qui jouent un morceau sur scène qui ressemble à une reprise d'un autre groupe ? Dans Mercyless on a toujours voulu éviter cela et même après toutes ces années il est évident que notre musique doit être comme à nos débuts sinon on aurait fait un autre groupe avec un autre nom. Pour nous il faut toujours faire ses preuves même si on a eu un peu de succès il y a quelques années, sinon quel intérêt?….Maintenant, en France, il y quelques retours qui me font plaisir comme celui de Loudblast, Seth, etc.

05. Dans le livret de "In memory…", on parle explicitement d'un retour discographique de Mercyless dans la veine de "Abject offerings". Alors, c'est pour quand ?

Max : On fait encore quelques dates et on attaque l’enregistrement en avril!

 

 

06. Aura-t-on le droit à une réédition, un jour, de "Abject offerings" et de "Coloured funeral" ? Ils se revendent à des prix indécents sur le net et je me disais qu'une petite ressortie serait la bienvenue. Ces albums sont considérés comme des classiques symboles de votre domination de l'époque.

Max : On y travaille depuis un moment (depuis trop longtemps d’ailleurs!) pour aboutir à la réédition de « Abject offerings » en vinyle et Cd car, comme tu le dis, il y a de l’abus en termes de ventes sur Internet concernant les prix …C'est exagéré, surtout que beaucoup de monde n’a pas pu se procurer cet album à l’époque. Donc il est temps. Et c’est vrai, ces deux albums sont cultes!!