Archive for the ‘ Live Reports ’ Category

Suikerrock 2012 (Tirlemont – Belgique)

Le Suikerrock, festival de Tirlemont, a vu le jour en 1987. Depuis lors, ce festival a grandi et vu défiler de nombreux artistes internationaux. Cette année, l'affiche comportait quelques noms qui m'ont convaincu de retourner à Tirlemont. 

 
À l'affiche : 'that little ol' band from Texas', ZZ Top, Status Quo, Alice Cooper et plein d'autres… Mais j'étais là pour les vieux ! 
 
Le Jeudi était le jour des ZZ Top, bien entendu accompagnés d'autres groupes. Étant donné que je n'avais pas congé ces jours-là, j'ai raté le premier groupe, Mojostar. The Union, quant à lui, passait en deuxième place et nous a proposé un bon set de Blues Rock. Pas mémorable, mais correct si vous aimez le genre. 
 
Triggerfinger, ensuite, une formation belge qui arpente les scènes depuis 1998 et fait fureur en Belgique et aux Pays-Bas. Plusieurs mags locaux les comparent à AC/DC, Led Zeppelin ou même T Rex… mais je me demande d'où viennent ces comparaison. Selon moi, Triggerfinger fait plutôt du stoner… et c'est pas mon truc ! 
 
Enfin, la tête d'affiche prend possession de la scène : les barbus de Texas ! Pour ceux qui ne connaissent pas ZZ Top (les habitants des caves et des grottes, par exemple), ce groupe du Texas joue depuis 1969 du Blues Rock avec une sauce de rock Tex-mex. Les deux icônes du groupe sont les deux barbus, Billy Gibbons et Dusty Hill. Accompagnés par le batteur Frank Beard (le seul sans barbe, malgré son nom), ils nous proposent un set de classe supérieure, reprenant la plupart de leurs tubes "Gimme All Your Lovin'" ou "Sharp Dressed Man", le tout avec une touche d'humour, comme lorsque Billy joue de la guitare à une main ou renverse sa guitare pour révéler un autocollant "beer!" (bière). Un concert génial avec une setlist géniale !
 
Set list:
– Thunderbird
– I Thank You
– Waitin' for the Bus
– Jesus Just Left Chicago
– Pincushion
– I'm Bad, I'm Nationwide
– I Gotsta Get Paid
– Heard It On The X
– Gimme All Your Lovin'
– Vincent Price Blues
– Heaven, Hell or Houston
– My Head's in Mississippi
– Beer Drinkers & Hell Raisers
– Stages
– Sharp Dressed Man
– Legs
Encore:
– Tube Snake Boogie
– La Grange
– Tush 
 
Vendredi, retour à Tirlemont. Au programme : Sweet Savage, Channel Zero, Status Quo et Alice Cooper ! Là aussi, pas congé, donc pas de Sweet Savage… 
 
Channel Zero, donc, qui ont fêté leur reformation en 2010 et nous propose du Thrash. Là non plus, je ne suis pas fan. Bon, j'aime certains morceaux, comme "Black Fuel", mais Franky n'a jamais réussi à me convaincre. De toute façon, j'étais là pour les groupes suivants. 
 
Status Quo, les papys rockeurs british emmenés par Alan Lancaster et Francis Rossi depuis 1962 ! Avec plus de 40 ans au compteur, ce groupe a accumulé un assortiment de hits assez impressionnant et c'est toujours un plaisir d'assister à leurs concerts ! Leur Rock influencé par le Boogie est captivant et invite tout le monde à se secouer… 
 
Setlist:
– Caroline
– Something 'bout You Baby I Like
– Rain
– Rock 'n' Roll 'n' You
– Mean Girl
– Beginning of the End
– Medly: What You're Proposing / Down The Dustpipe / Little Lady / Red Sky / Dear John
– Big Fat Mama
– The Oriental
– In the Army Now
– Roll Over Lay Down
– Down Down
– Whatever You Want
– Rockin' All Over the World
Encore:
– Junior's Wailing
– Rock and Roll Music / Bye Bye Johnny 
 
Enfin, pour clôturer la soirée, le Shock Rock d'Alice Cooper et son répertoire énorme ! "School's Out", "Poison", "Eighteen"… Je pourrais continuer pendant des heures, mais la musique n'est pas le seul truc qui rend ses shows mémorables. Un concert d'Alice Cooper, c'est théâtral : la mise en scène, la présence d'Alice Cooper, les détails sur scènes… tout est conçu minutieusement et ça ce voit !
 
Setlist:
– The Black Widow
– Brutal Planet
– I'm Eighteen
– Under My Wheels
– Billion Dollar Babies
– No More Mr. Nice Guy
– Hey Stoopid
– Is It My Body
– Halo of Flies
– I'll Bite Your Face Off
– Muscle of Love
– Only Women Bleed
– Cold Ethyl
– Feed My Frankenstein
– Caffeine
– Poison
– Wicked Young Man
– Killer
– I Love the Dead
– School's Out
 
Encore:
– Elected

Wacken Open Air 2012 (Wacken, Allemagne)

Le Wacken Open Air, probablement le plus gros festival Metal en Europe, fêtait cette année ses 23 ans. Ce qui a débuté comme un tout petit festival dans le petit village de Wacken a su évoluer pour predre des dimensions gigantesques !

 
Cette année, Wacken, qui compte à peine 2000 habitants, a accueilli 75000 metalheads… En fait, se rendre au Wacken, c'est découvrir un village qui vit pour et par le metal : les rues sont décorées, les maisons et magazines portent des affiches de Wacken, les locaux portent des T-shirts du festival… Même la piscine est accessible aux Metalleux par le biais d'une navette ! 
 
Cependant, je n'avais pas fait le déplacement pour la piscine, mais plutôt pour le festival, ses 5 scènes, ses combats de catch, ses shows de pompiers, son village Viking… et surtout son affiche géniale ! 
 
Étant donné les conditions climatiques, le camping n'a ouvert ses portes que le mardi et l'aventure commençait par la traversée d'une mare de boue… Une fois sur place, on ouvre les tentes, on sort les bières et en avant pour le festival ! Mercredi, petite exploration du terrain, du 'Wackener Village' et du village. Le temps s'améliore et la boue redevient petit à petit dure. Le festival ne débute officiellement que le jeudi, mais la Metal Battle débutait déjà la veille… Au final, et vu le nombre de choses à faire, je n'ai pas vu beaucoup de groupes ce jour-là. 
 
Jeudi, les choses sérieuses commencent, avec Skyline, le groupe 'Wacken' rejoint par Doro en 'Special Guest', U.D.O, le formidable Saxon et Volbeat ! Le soleil était de la partie… une excellente journée ! 
 
Udo Dirkschneider célébrait son anniversaire avec deux guests sur scène : Doro Pesch et Lordi ! Voir Jim Breuer live était aussi une excellente surprise, mais le meilleur groupe du jour était… SAXON : l’enthousiasme de Biff Byford reste intact et ils ont joué le fabuleux "The Eagle Has Landed" !
 
Le vendredi était la journée la moins intéressante pour moi, avec seulement trois groupes que je voulais voir : Kamelot, Hammerfall et In Extremo. Toutefois, pendant Kamelot, un gros orage a éclaté, marquant le retour de la boue… Après quelques minutes, on pataugeait jusqu'aux chevilles. Résultat : après Kamelot, retour au camping pour me réchauffer et boire quelques bières. 
 
Déjà le samedi, encore de pluie, mais aussi et surtout d'excellents concerts de Gamma Ray, Axel Rudi Pell, Testament, Scorpions et pleins d'autres. Cependant, après Axel Rudi Pell (qui était génial), j'étais tellement crevé par la boue que je suis rentré sur le camping pour fêter le dernier soir du fest avec mes potes.
 
Ok, le temps était pourri et la boue omniprésente… mais c'était excellent ! Wacken, see you next year… d'autant plus que les premiers noms ont déjà été annoncés : Amorphis, Anthrax, Arch Enemy, Deep Purple, Doro, Nightwish, Rage (avec orchestre), Sabaton et Subway To Sally 
 
Toutes les photos d'ambiance sont ici

Son : top, rien à redire (si ce n’est un ou deux larsens par moments)
Lumières : très bonnes
Affluence : sans doute pas sold-out mais très fourni, dès le matin.
Ambiance : excellente ! Très « fête entre potes ».
Moments forts : Krisiun
Photos : ici

Proposant une affiche avec Krisiun, Immolation, Nile ou encore Taake, le Metal Mean avait de gros atouts pour nous attirer dans les Ardennes cette année. Retour sur une longue journée au soleil.

Pour entamer les hostilités, Ackros, emmené par un nouveau frontman (le même qu’Orion’s Night), semble visiblement à l’aise sur scène et nous offrit un show très carré et très énergique (qui ne sera malheureusement pas trop suivi par le public encore très calme vu l’heure). Le metal du gorupe fit pourtant mouche parmi les personnes présentes.  Dommage pour le groupe que le public n’ait pas plus suivi mais vivement le nouvel album.
Après une courte pause pour changer la scène (félicitations d’ailleurs à toute la logistique du fest car les enchainements de scène était très rapide- les soundcheck de certains groupes beaucoup moins…), Chaos Invocation monte sur scène. (faux) Sang sur le visage et le corps, clous, chandeliers, encens, pas de doute, le groupe joue du black metal. Est-ce parce qu’il était tôt ou que la chaleur écrasait déjà les festivaliers mais le set, pourtant très bon, sembla avoir un accueil un poil en retenue du public. Dommage car le groupe, au vu de ce qu’il a proposé, mérite d’être plus connu. À approfondir sur cd.
Après une pause méritée au bar (qui aura tourné à mort vu la chaleur et le soleil de plomb régnant toute la journée), retour dans le chapiteau pour voir Farsot. Et là, je dois dire, le groupe ne m’a laissé un souvenir impérissable. C’était certes pas mal mais voilà, sans plus. Le groupe jouant plus sur les ambiances, cela n’a sans doute pas aidé à vraiment mettre l’ambiance et le grain de folie nécessaire dans la fosse.
Nouvelle pause bar avant d’aller voir le dernier show en Wallonie de Gorath. Aller voir un groupe en sachant que c’est sans doute la dernière fois qu’on va les voir sur scène est assez particulier comme sentiment. Pourtant, même si le metal du groupe n’a pas réussi à mettre le feu dans la fosse, le contrat de nous faire passer un bon moment est réussi. Cependant, sachant qu’il s’agissait là du dernier show du groupe, on aura pu attendre un poil plus de folie (comme un Mystica l’avait fait il y a quelques années au Mass Deathtruction).
Celestial Season, groupe inconnu pour moi, monta ensuite sur scène. Les quelques crevards de la plaine devant pour bien voir la violoniste, le set ne m’aura vraiment pas attiré, le groupe jouant plus sur les mélodies, les ambiances que sur l’énergie. Ce qui malheureusement donna un concert peu entrainant selon moi. Typiquement le genre de musique à écouter sur cd mais dispensable en live.
Mais bien vite, Krisiun monta sur scène et nous en mit tellement sur la gueule que toute la déception que les groupes précédents avaient pu nous donner s’envola en un riff. Krisiun en concert, c’est un peu comme être un pantin de crash test. On se prend un mur dans la gueule à pleine vitesse et on en ressort cassé. Pourtant, à chaque fois, on en redemande. Il est loin le temps où le groupe m’avait laissé une impression un peu brouillonne. Le groupe maitrise son sujet sur le bout des doigts et mis la meilleure ambiance du fest dans la fosse selon moi. Les compos s’enchainait comme les balles d’un fusil mitrailleur mais trop vite, le groupe dut laisser sa place aux canadiens de Gorguts.
Après une telle charge de Krisiun, Gorguts, pourtant très en forme et très content de l’accueil que le public lui fit, parut un poil faiblard. Ça reste très très bon mais pourtant en dessous de Krisiun. Dommage aussi que le public suivit un peu moins mais la chaleur ne faisant que monter au cours de la journée, il est vrai qu’il devenait parfois dur de suivre.
Après deux groupes death, il fallait bien un peu de Black et Taake pour se changer les idées. Le groupe est certes connu aussi pour les débordements du chanteur mais je dois avouer qu’ils ont fait soft dans la provoc et le côté destructeur du black pour livrer un très bon concert. Hoest était visiblement très content d’être là, allant régulièrement dans la zone photo pour arranger le public ou même lui passer le micro. Le set parut très court, malheureusement dirais-je car un groupe en forme, qui maitrise son metal de main de maitre, qui met une bonne ambiance dans la fosse, on en aurait voulu plus.
Pour la fin du fest, les organisateurs avaient prévu du très lourd avec Immolation. Immolation en live, c’est un peu comme la scène du baffle gigantesque dans Retour vers le futur : ça vous envoie une telle puissance, un tel mur de riffs, un tel mur de growls que ça vous envoie dans le mur en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. À l’instar d’un Asphyx, c’était même parfois limite contre-productif tellement c’était intense. Mais au final, quand le groupe quitte la scène, on reste déçus de ne pas les avoir vu plus longtemps.
Mais Nile allait bien vite dissiper cette déception. Enfin, je l’espérais. Et là, je dois dire que je suis mitigé. Le groupe était visiblement très content d’être là (ils n’ont pas arrêté de sourire) mais est-ce la fatigue ou la chaleur, toujours est-il que je n’ai pas réussi à accrocher. Nile a pourtant bien joué, balayant toute sa carrière mais il manquait un petit quelque chose. À tel point qu’au final, le set m’a paru trop long…
Après cela, ce fut l’erreur du jour : rester un peu pour voir The Devil’s Blood (surtout pour faire plaisir aux personnes venues avec moi en voiture). Pourquoi une erreur ? Simplement parce que le groupe semble plus préoccupé par sa mise en scène « mystique » que par sa musique. Parce que le groupe semble vouloir se donner un genre dont il n’a pas les moyens selon moi. Mais surtout parce que le groupe a non seulement déçu mais aussi choqué pas mal de monde (même si beaucoup de gens était déjà repartis après Nile). Lorsqu’un spectateur visiblement plus que bourré arrive à monter sur scène (seul couac de la sécu de toute la journée), quel est le but de le jeter à terre de toute ses forces, visiblement pour lui faire mal, de lui donner des coups et lorsque la sécu arrive pour l’évacuer de scène, continuer à vouloir le tabasser ? Une telle mentalité ne mérite aucun respect.
Alors au final, ce metal mean 2012 ? Bien ou pas ? Cela dépend un peu de quel point de vue on se place. Si vous cherchez un petit festival « familial », alors, c’est top. Si vous cherchez un festival ou la musique vous importe peu, tant que vous faites la fête avec vos potes, alors c’est top (pour cet aspect, le mean, c’est un peu « un barbecue » entre potes metalleux, avec des groupes qui jouent plutôt qu’un cd qui tourne). Si vous cherchez un fest où la musique importe, alors, cette année, la programmation était peut-être un poil short. Mais il ne s’agit pas ici d’une faute de l’organisation (très pro malgré la « petitesse » du fest)je pense, mais plus des groupes (certains du moins)qui n’ont pas donné tout leur potentiel. Mais il s’agit à nul doute d’un fest que je vous conseille de faire, ne fut-ce que pour l’ambiance festive parmi les spectateurs. 

Supercastor