Archive for juillet, 2012

Helioss – The Forthcoming Darkness

Après un premier EP prometteur, Helioss, duo composé de Nico aux instruments et de Pierre (ex-Dividead, Scornforger et Unchained) au chant, est de retour avec son premier véritable album, The Forthcoming Darkness. Alors, sont-ils parvenus à confirmer leur potentiel déjà dévoilé sur leur premier effort ou rejoignent-ils la longue cohorte de ces groupes « feu de paille » qui n’auront brillé que l’espace d’un EP / album ?

Il m’aura fallu pas mal de temps et d’écoutes pour pouvoir me prononcer sur les qualités de cet album, ce qui est plutôt rassurant. En effet, j’ai la plume facile lorsqu’un album ne me plaît pas et j’ai paradoxalement toutes les peines du monde à expliquer pourquoi certains groupes font mouche à mes yeux sans pour autant donner l’impression de tomber dans le fanboyisme basique.

Tout d’abord, il y a la musique : à lui seul, Nico est parvenu à composer 13 morceaux de qualité supérieure. Chaque instrument, qu’il soit enregistré ou programmé, vient se joindre aux autres pour donner, au final, un résultat cohérent et, surtout, agréable à écouter. La production est claire et équilibrée, le tout sonne très professionnel (preuve, s’il en fallait encore une, qu’il ne faut pas forcément être signé pour sortir un produit de qualité). Par ailleurs, au niveau des ambiances, l’ajout d’instruments classiques apporte cette petite touche originale qui rend l’album encore plus intéressant à écouter.

Au niveau du chant, Pierre a une nouvelle fois réalisé une belle prestation : ses lignes de chant s’intègrent parfaitement aux compos, et il nous dévoile toute l’étendue de son registre (qui n’est pas sans rappeler celui d’un Peter Tägtgren) tout au long de l’album. L’artwork, enfin, est la cerise sur le gâteau : sobre, très pro, il vient parachever un opus déjà très alléchant.

Avec ce premier album, Helioss marque des points. Ce projet ne foulera certes jamais les planches de vos salles de concerts préférées (même si on ne peut jamais dire jamais), mais il mérite néanmoins toute votre attention. À surveiller de près, je suis déjà très curieux quant à la suite de leur carrière !

[8,5/10] Mister Patate

Myspace officiel

Autoproduction – 2012
Tracklist 1. Era of Rain 2. The Worm Inside 3. From the Buddha to the Cross 4. Genocide 5. De Occulta 6. The Last Glow of the Universe 7. Architects 8. The Legion of Pariahs 9. At the Center of Infinites 10. Demiange 11. The Burning Eyes 12. The Dance of the Vampire 13. Among the Dead

 

Mantas – Death By Metal

 

Chuck Schuldiner évoque chez nous tous un nom, celui de Death, pionnier du genre du même nom. Ce génie, disparu bien trop tôt, a marqué de son empreinte le Death Metal… mais avant Death, il y avait Mantas, le premier projet de Chuck, accompagné par Kam Lee et Rick Rozz. En l’espace d’un an, Mantas avait sorti quelques démos avant de prendre le nom de Death, et c’est précisément cette période qui est désormais regroupée sur cette réédition sortie par Relapse Records.
 
Death By Metal nous propose une plongée dans le passé, lorsque le Death n’en était qu’à ses premiers balbutiements, et Mantas est certainement, avec Possessed, l’un de ces groupes qui a mis le feu aux poudres. Le son est brut, la prod’ dégueulasse (on est en 84, ne l’oublions pas) et, pour l’époque, le niveau de brutalité est particulièrement élevé : ça cogne, ça tabasse, les fans auront dû faire une drôle de tête en découvrant pour la première fois cette sortie.
 
On peut reprocher à Relapse Records une certaine tendance à profiter de la « vache à lait » Schuldiner en rééditant successivement des albums de Death, de Control Denied et maintenant de Mantas… mais réfléchissons un instant : pour l’heure, trouver une version physique de ces sorties de Mantas est pour le moins compliqué, si pas impossible. À moins de passer par des voies illégales, il est donc impossible pour les plus jeunes d’entre nous de découvrir un de ces pères fondateurs du Death… Au final, j’aurais presque envie de remercier Relapse Records de rééditer ces pépites tirées d’un passé lointain : sans ces rééditions, nombreux seraient ceux qui passeraient à côté de cette « genèse du Death »…
 
[réédition] Mister Patate
 
Relapse Records – 2012
Tracklist 1. Legion of Doom 2. Evil Dead 3. Mantas 4. Death by Metal 5. Power of Darkness 6. Legion of Doom 7. Power of Darkness 8. Death by Metal 9. Evil Dead 10. Legion of Doom 11. Mantas 12. Death by Metal 13. Evil Dead 14. Rise of Satan
 

Morgoth – Cursed To Live

Après avoir sorti deux albums dévastateurs en 1991 et 1993, Morgoth nous avait fait ce que l’on appelle aujourd’hui « une Morbid Angel », un suicide musical collectif, en proposant Feel Sorry For The Fanatic, album bancal et en rupture totale avec ses prédécesseurs. Les réactions avaient fusé, le groupe avait pris l’eau, le rideau se baisse et adieu Morgoth. Nous sommes alors en 1996, et le groupe va entrer dans une longue hibernation, jusqu’en 2011 et son retour remarqué sur les scènes de plusieurs festivals européens (dont un Death Feast Open Air d’anthologie). Nous voici en présence d’un témoignage de cette tournée avec Cursed To Live, premier live officiel du groupe.

Premier constat, et non des moindres : aucune trace de Feel Sorry For The Fanatic. Pas étonnant, certes, mais nous sommes donc assurés de nous prendre un set 100 % old school dans les dents.  Au total, ce sont pas moins de 15 pistes (pour une durée totale d’un peu plus d’une heure) qui figurent au menu, et le résultat est pour le moins intéressant. En effet, malgré ce hiatus prolongé, on sent parfaitement que Morgoth a minutieusement préparé ce comeback : peu ou pas d’approximations, un groupe bien carré sur scène et, surtout, l’impression que le temps s’est arrêté pour eux pendant cette pause. Mister Grewe, par exemple, livre une prestation très convaincante au chant, malgré sa linéarité d’ours en rut (un registre passe-partout en Death, et qui n’est pas pour me déplaire), et on peut en dire autant de ses acolytes qui, eux aussi, n’ont pas perdu de leur talent et de leur énergie sur scène. Au niveau du son, pas grand-chose à ajouter, si ce n’est que les guitares, sur certains passages, se noient quelque peu derrière la batterie… et surtout que le public est bien silencieux !

On peut se poser des questions quant aux raisons du comeback de Morgoth, quant aux motivations du groupe et quant à la pertinence de ce live, 15 ans après la séparation du groupe… mais on peut aussi simplement y prêter une oreille attentive, déguster ce live avec un sourire aux lèvres et faire fi de toutes ces interrogations. Morgoth est de retour, ce live en est la preuve… profitons-en !

[8,5/10] Mister Patate

Site officiel www.morgoth-band.com
Myspace officiel

Century Media Records – 2012
Tracklist 1. Cursed 2. Body Count 3. Exit to Temptation 4. Unreal Imagination 5. The Travel 6. Resistance 7. Suffer Life 8. Pits of Utumno 9. Sold Baptism 10. Lies of Distrust 11. Under the Surface 12. Selected Killing 13. Burnt Identity 14. Isolated 15. White Gallery