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Pretty Maids tient une forme inespérée en ce début de décennie. Les soucis financiers de l'année 2003 semblent bien loin aujourd'hui. Après un formidable dernier album qui a fait l'effet d'une cure de jouvence à beaucoup, le groupe de Ronnie Atkins enfonce le clou en proposant un live colossal, résumé parfait d'une carrière assez exemplaire. Les Danois n'ont pourtant pas enregistré ce disque dans leur fief du Danemark mais en Suisse, un pays il est vrai très accueillant pour les groupes de hard rock classique. Et bien leur a pris car ce It Comes Alive est une réussite totale, tant au niveau du son – très puissant tout en restant clair et naturel – que de l'interprétation sans faille et du choix d'une excellente set-list. Tout juste fera-t-on remarquer que Ronnie Atkins a perdu un peu de sa superbe, notamment dans les aigus, mais c'est une chose à laquelle on pouvait s'attendre…

Pretty Maids avait enregistré deux live auparavant, Screamin' Live (1995) et Alive At Least (2003), et il fallait donc produire autre chose qu'un banal best of live. La chose est accomplie par une profusion de titres qui remplit copieusement deux CDs et par un choix de morceaux difficilement contestable. En effet, tout en mettant d'emblée en valeur leur dernier album par deux titres exemplaires – « Pandemonium » et le très puissant « I.N.V.U » – et en faisant une place de choix aux incontournables Red, Hot And Heavy (« Back To Back », « Queen Of Dreams ») et Future World (« Love Games », « Future World », « Rodeo »), le groupe n'a absolument pas négligé les moments moins connus de sa carrière. Anything Worth Doing Is Worth OverdoingScream ou Wake Up To The Real World ont donc aussi une large place ici, ce qui permettra de constater à quel point l'inspiration de Pretty Maids s'est maintenue à un bon niveau au cours des années. 

Si l'on met de coté le fait que – contexte musical oblige – le groupe a choisi d'allourdir son propos en mettant en avant des guitares très saturées et en lorgnant clairement du côté « heavy » de sa musique plutôt que du côté « mélodique », on a donc un résumé parfait de sa carrière. Il s'agit donc d'une très bonne synthèse pour un parcours exemplaire. À quand une remasterisation du catalogue du groupe et notamment de ses trois premiers opus ?   

Baptiste [8,5/10]

 

Frontiers / 2012

Tracklist (113: 15) : 01. Pandemonium 02. I.N.V.U 03. Hell on High Heels 04. Wake up to the Real World 05. Destination paradise 06. Another Shot of your Love 07. Scream 08. Walk Away 09. It comes at Night 10. Queen of Dreams 11. Savage heart 12 . Clay 13. Yellow Rain 14. Rock the House 15. Back to Back 16. Rodeo 17. Lovegames 18. Future World 19. Little Drops of Heaven 20. Please don't Leave Me 21. Red Hot and Heavy

Mekong Delta – Intersections

Les réenregistrements d'album ou – pire – de morceaux, dix à quinze ans après les faits, ne font pas rêver grand monde. Dans le cas d'un album réenregistré in extenso on a parfois la chance d'entendre un disque clairement mieux interprété et mieux produit, ce qui n'est pas toujours fâcheux tant certains disques patissaient de conditions sonores précaires à une époque. Lorsqu'il s'agit d'un choix de morceaux, on lorgne alors souvent vers le best of de luxe ce qui rend la chose encore moins intéressante à mes yeux. 

Ici Mekong Delta a choisi la deuxième optique en réenregistrant une dizaine de chanson issues de tous ses albums jusqu'au fort moyen Lurking Fear (2007), l'interprétation du classique Pictures at an Exhibition (1996) étant mise de côté. Le prétexte en est la mise sur pied d'un nouveau line up depuis 2008 par l'inamovible bassiste/compositeur Ralph Hubert. Ce prétexte est d'ailleurs plutôt valable car on a pu longtemps reprocher à Mekong Delta de ne pas profiter d'un line up à la hauteur de ses ambitions musicales de groupe phare de ce qu'on appela à une époque le « techno-thrash ». 

L'interprétation et la production sont ici globalement bien meilleures que les versions originales et – admettons-le malgré les réticences initiales – ce sera un plaisir d'écouter des titres issues du culte Principles of Doubt avec cette qualité nouvelle. Les deux nouveaux guitaristes sont excellents et franchement à la hauteur alors que le nouveau venu au chant Martin Lemar n'a aucune peine à écrabouiller ses malheureux prédécesseurs (la chose est facile il est vrai). Il suffit d'écouter les variations qu'il introduit sur « Transgressor » par rapport à la version de Dances Of Death, ponctuée alors de cris suraigus fort pénibles, pour adopter son approche. Voici donc une occasion de redécouvrir des compos à la qualité évidente (« Memories Of Tomorrow » ou « Heroes Grief »). On se plairait même d'ailleurs à réécouter un disque réenregistré en entier pour l'occasion par ce Mekong Delta 2012'. 

On n'en regrettera que plus, le fait que le choix des titres soit si discutable. En effet, le cultissime Dances Of Death passe quasiment à la trappe et n'est représenté que par un titre tout à fait mineur alors que le morceau titre eût assurément mérité une nouvelle version relookée. Par ailleurs aucune des pièces classiques du groupe n'est proposée ici, ni l'excellente reprise de Genesis « Dance On A Volcano », qui m'a fait d'ailleurs découvrir le groupe. On a donc un best of extrêmemement imparfait et plutôt court (cinquante minutes au compteur). D'où malgré tout une certaine déception au finale. Déception relative toutefois.

Baptiste (8/10 pour l'interprétation)

 

SPV–Steamhammer / 2012

Tracklist (52:00) : 1. The Cure (Mekong Delta) 2. Shades Of Doom (The Principle Of Doubt) 3. Sphere Eclipse (Kaleidoscope) 4. The Healer (Visions Fugitives) 5. Innocent (Kaleidoscope) 6. Memories Of Tomorrow (The Music Of Erich Zann) 7. Heroes Grief (Mekong Delta) 8. Heartbeat (Kaleidoscope) 9. Transgressor (Dances Of Death) 10. Prophecy (The Music of Erich Zann)

La pochette annonce donc la couleur : Jeff Scott Soto sert le poing. Et accessoirrement donne un coup d’adrénaline à sa musique singulièrement ramollie depuis le fort poussif, Beautiful Mess. Le gros riff ouvrant le colossal titre d’ouverture « Give A Little » est à l’avenant : nous sommes en plein hard rock, à la fois mélodique, moderne et puissant. L’excellent « Damage Control » enfonce le coul dans la même optique. Les lignes de chant soutenues par la voix toujours aussi superbe de Jeff s’associent à des guitares très musclées pour élaborer un équilibre musical persque parfait entre agressivité et mélodie. Preuve en est que Soto, bien que toujours accaparé par mille et un projets (dont un nouveau disque de W.E.T. à venir) et mille et unes collaborations (récemment Michael Schenker ou Last Autumn’s Dream), sait toujours il va.

Et il le montre en équilibrant ces directions agressives avec quelques appartées moins hard rock et plus orientée AOR, dont le plus calme mais tout aussi réussi « Look Inside Your Heart » qui a donné lieu à une vidéo que l’on peut voir ici. Les tout à fait irrésistibles « Die A Little » et surtout « Never Let Her Go » aux chœurs à la Journey poursuivent dans cette voie avant qu’une nouvelle alternance s’impose pour relancer la vapeur. Comme, selon moi, la carrière de Soto a bien cette dimension de « Janus », le voyant chanter tour à tour pour Yngwie Malmsteen ou pour Journey, respecter cette diversité était très bienvenu. Nous avons donc un parfait résumé des deux visages du chanteur d’origine portoricaine (les influences funk étant évidemment à chercher ailleurs cette fois… sur Beautiful Mess justement).

S’il s’agit d’un disque solo, Soto n’en a pas été le maître d’œuvre omnipotent et a profité de plusieurs soutiens bienvenus, notamment par une foule d’excellents guitaristes, dont l’inattendu Davec Meniketti (Y&T) sur le plutôt apaisé « Bonafide » ou l’artiste bulgare quasiment inconnu Emo Markov sur un très puissant « Afterworld » parfait dans un genre heavy rock hargneux. La présence aux fûts de l’ex-batteur de Talisman, Jamie Borger, satisfera la partie la plus nostalgiques des fans dont manifestement Jeff est à la reconquête.

Cessons les louanges car chacun aura compris de Soto vient de se rappeler à nos bons souvenirs en frappant très fort et en signant un album de hard mélodique bien placé pour être un des meilleurs de cette année. Espérons que nous puissions le voir au plus vite en France sur scène, tant l’homme sait se donner totalement en concert, pour ce qui est à chaque fois le meilleur.

Baptiste (8,5/10)

PS : la version CD + DVD de l’album est assez alléchante puisqu’elle propose quelques clips sur le DVD et trois titres bonus. Ces derniers sont globalement réussis même s’ils s’avèrent qualitativement en-deçà des autres morceaux. Leur principal défaut est d’avoir été intégrés directement au sein de l’album, au milieu des morceaux et non à la fin du disque, comme si cela avait été leur place à l’origine et qu’ils en avaient été extraits ultérieurement. Cette version est donc à conseiller aux fans avant tout.

 

Frontiers / 2012

Tracklist : 01. Give A Little More 02. Damage Control 03. Look Inside Your Heart 04. Die A Little 05. If I Never Let Her Go 06. Tears That I Cry 07. BonaFide 08. Krazy World 09. How to Love Again 10. AfterWorld 11. Neverending War