Author Archive

Def Leppard – X

L'écoute du dernier album de Def Leppard m'a fait tomber d'autant plus haut que je jugeais tout à fait honnête le parcours du groupe durant les années Slang avait démontré que le Léopard Sourd avait encore les capacités de se renouveler et Euphoria, malgré son échec relatif (1,7 millions d'album vendus au compteur toutefois), témoignait d'une certaine probité puisque Def Leppard enregistrait là un disque de fort bonne facture typiquement années 80'. 
 
Ceci explique peut-être cela et manifestement Joe Elliot et ses comparses ont voulu négocier avec soin le tournant de leur huitième album studio. D'où l'appel aux compositeurs extérieurs sur les premiers titres de X manifestement envisagés comme des futurs tubes. D'où aussi la consternation à l'écoute du terriblement mollasson « Now » en ouverture du disque. Puis les larmes lorsque le second titre – l'insoutenable « Unbelievable » – en vient à tourner sur le lecteur CD. Et quand la ballade mièvre au possible « Long Long Way To Go » achève ses dernières notes, la torpeur commence à peu près à se dissiper à l'entame de la seconde partie de l'album.
 
D'abord, les compositeurs extérieurs en sont absents. De plus les morceaux secouent un peu plus : « Four Letter Word » n'aurait juré sur aucun des albums précédents du groupe tout comme « Gravity » ou « Scar ». Je ne juge personnellement pas malvenus les loops et le rythme très électroniques de « Love Don't Lie » car il semble bien ici que le groupe y ait mis un peu de son âme au lieu de tenter de décrocher le jack-pot à peu de frais. Pour finir, en toute fin d'album, Collen et Campbell témoignent largement de leur savoir-faire sur le titre bonus bienvenu « Kiss The Day », laissant un certain sentiment de soulagement. 
 
Il n'empêche qu'on ne décroche jamais la lune : que Def Leppard s'essaye à la soupe commerciale avec l'aide de quelques professionnels du tube calibré ou assure le minimum pour rassurer les vieux fans et ne pas finir comme Bon Jovi, dans les deux cas l'inspiration manque cruellement. L'ensemble est sans doute trop bien pensé pour sonner de manière convaincante. De toute façon, on souhaite que Def Leppard, se plante, pour les punir de ce faux-pas, et les retrouver repentis un peu plus tard. 
 
Baptiste (05,5/10)
 
 
Island records / 2002
 
Tracklist : 01. Now 02. Unbelievable 03. Your'e So Beautiful 04. Everyday 05. Long long way to go  06. Four Letters Word  07. Torn to Shreds 08. Love Don't Lie 09. Gravity 10. Cry 11. Girl Like You 12. Let Me Be The One 13. Scar 14. Kiss The Day 15. Long Long Way to Go (Acoustique)

 

Entretien par e-mail avec Erkka Korhonen, guitariste d’Urban tale

 

Tout d’abord, peux-tu nous retracer les grands traits de l’histoire d’Urban tale jusqu’à ce jour ?

Il nous a fallu du temps pour réunir le groupe. C’était pourtant une chose dont nous parlions avec Timo (notre claviériste) depuis le printemps 1996. Nous avons essayé de mettre sur pied quelque chose d’original à la fin 1997, mais cela ne déboucha sur rien jusqu’à ce que j’eusse l’idée du Tribute à Journey. C’était au printemps 1998. Nous décidâmes de le lancer et on peut dire ce fut une grande réussite. Aussitôt après nous, nous nous sommes posé la question de la composition d’un matériel original, et nos premières chansons virent le jour au début 1999.

Tout d’abord nous pensions chanter notre musique en finlandais, pour le marché local en quelque sorte. Le groupe fut donc nommé « Tarina », ce qui signifie « conte » en finlandais. Puis nous avons opté pour l’anglais, et avons changé le nom en « Tale ». Mais malheureusement un groupe de progressif en Angleterre s’appelait déjà « Tale », donc un changement s’avéra nécessaire. Un ami mutuel nous suggéra d’ajouter « urban » comme adjectif devant « Tale », puisque nous étions tous des « rats des villes », pour ainsi dire. Non seulement cela sonnait bien à l’oreille, mais en plus revêtait une signification intéressante. Après tout notre histoire prenait bien la forme d’un « Urban tale » !

En 2000, nous réalisâmes un single promo, auto-financé, « One day (I’ll Make You Mine) », que nous avons aussitôt envoyé un peu partout, et nous avons été ainsi contacté par plusieurs maisons de disques. Finalement, en septembre 2000, nous avons décidé d’accepter la proposition d’une maison suédoise nommée Roasting House. Leurs productions sonnaient bien et se révélaient diversifiées. En Novembre, nous entrions dans leur studio et commencions à enregistrer notre premier album éponyme.

Notre album fut enfin distribué après une attente assez frustrante de 7 mois, en Europe par Frontiers Records et au Japon et en Corée par Marquee Avalon. Aussitôt nous eûmes de très bonnes revues de presse dans les magazines et sur les sites web de rock. La sortie fut célébrée par une soirée à Helsinki –  la ville dont le groupe est originaire –, après laquelle nous nous sommes parti en Roumanie, pour le Golden Stag Festival, où nous avons gagné le prix pour la prestation rock. Puis nous avons joué en 2001 à Wigan, en Angleterre, au Gods festival, où notre CD devint la meilleure vente au niveau du merchandizing de tout le festival.

Nous avons continué à tourner dans notre propre pays, jouant dans des clubs ou dans des soirées privées. L’été 2002, a vu par contre notre premier passage en Espagne, où nous avons effectué deux shows pour un public totalement nouveau au festival Nemelrock de Madrid.

Le commencement de l’année 2001 avait été une période noire pour nous puisque c’est à ce moment que j’ai contracté une blessure au niveau du nerf de mon bras gauche. Heureusement, le dommage n’était pas définitif et j’ai commencé, lentement, à regagner mes capacités de jeu. Finalement, mon bras a été opéré par chirurgie en juin dernier et l’opération a été un succès à 100 %. Quelques deux mois après l’opération, nous enregistrions Sign Of Times aux Roasting House Studios, en pouvant nous donner complètement.

Vous êtes le premier groupe de rock mélodique finlandais d’envergure. Cela s’expliquerait-il par la rareté du public en Finlande ? Cherchez-vous avant tout un succès dans des pays plus « méridionaux » ?

Nous sommes vraiment le seul groupe à jouer ce type de musique en Finlande, mais je pense toutefois qu’il y a un public pour le rock mélodique en Finlande. Bien sûr, un succès international nous satisferait largement, mais je crois qu’avec une promotion bien effectuée, nous avons une chance de parfaitement percer dans notre propre pays. Avec les concerts de reprises que nous avons effectués, nous avons pu constater qu’il y avait des gens qui se souvenaient très bien des grands hits de AOR des années 80 et à chaque fois cela a été un grand plaisir – réciproque –, de faire revivre ces morceaux.

À l’écoute attentive de votre album, je ne juge pas l’influence de Journey si présente, sauf peut-être sur certaines parties solo, notamment sur « Still Strong ». Peux-tu d’expliquer sur la manière par laquelle cette influence peut se manifester dans votre musique, et tout particulièrement dans ton jeu de guitare ?

Je pense que maintenant, à la différence de notre premier album, l’influence de Journey est beaucoup plus latente que patente et c’est clairement mieux ainsi. Cela peut ainsi prendre la forme d’une réelle influence et pas d’un banal décalque. Nous conservons toujours des grilles et des enchaînements d’accords qui ont des résonances « très classiques », mais nous tentons de nous inscrire de plain-pied dans le XXIe siècle tant au niveau du son qu’avec des rythmes plus novateurs.

Sur la question des parties guitare solo ou mélodiques, les réminiscences de Journey et tout spécialement de Neal Schon sont plus nettes. Je pense qu’une des qualités de ce Schon a toujours le sens de la mélodie que chacun peut chanter. Et c’est un des objectifs que devrait conserver tout improvisateur et en fait toute intervention guitaristique.

Oui, en t’écoutant, j’ai le sentiment que tu cherches la mélodie et, par-dessus tout, la place juste pour une partie solo dans chaque morceau. Ne serait-ce pas là le vrai apport de Neal Schon à ton style ?

Manifestement, l’écoute de Neal et le travail sur ses plans et ses parties m’ont beaucoup apporté. Mais mes autres influences ne sont pas pour rien non plus. Je peux te citer Blackmore, Eric Johnson, Brett Garsed ou Steve Morse. En fait, je conçois le jeu de guitare comme une conversation. On ne peut pas crier à la face des gens en permanence et il faut bien aussi écouter ce que les autres personnes ont à dire. Dans ce dialogue, chaque « phrase » prononcée doit avoir sa signification et ne doit pas se borner à prendre la forme d’un assemblage de mots…

Une des qualités de l’album est sa variété : son ouverture contient surtout des titres typiquement AOR comme « Starship of Giants » ou « Son of a Gun » puis il se diversifie. On peut même trouver un titre quasiment « alternatif » dans ses sonorités comme « Monsters ». S’agit-il d’un choix ?

En fait il nous a semblé plutôt naturel d’élargir et de diversifier les sonorités du groupe, et nous nous sommes volontairement laissé entraîner dans cette direction. Car, nous sommes influencés par toutes sortes de styles. « Monsters » a débuté comme une expérimentation faite par Timo, que nous avons décidé d’élargir avec tout le groupe. Voilà notre démarche.

Je suis très content de ce choix et de cette direction, car l’album y prend un intérêt supplémentaire et gagne en variété, au détriment de la monotonie. On parle souvent de la nécessité de faire avancer le rock mélodique dans d’autres directions, et c’est ce que nous faisons. Nous savons parfaitement que cela créer des opinions contrastées, contre ou pour nous, mais c’est en fait une bonne chose.

D’où le souhait de refuser la plupart des gimmicks propres à l’AOR, tout particulièrement quant aux lyrics. Les deux ballades mises de côtés, il n’y a pas vraiment de « love songs » sur Sign of times. Il y aurait là le choix de donner une connotation plus sérieuse à votre musique, en évitant cette légèreté spécifique aux années 80’ ?

Tu as vu juste à propos des paroles et plus généralement de notre attitude par rapport aux gimmicks propres au genre. Kimmo a fait de gros progrès au niveau des lyrics : les thèmes se sont recentrés sur des choses beaucoup plus sérieuses. Notre premier album décrivait surtout des histoires de couple et regorgeait de chansons d’amour, mais celui-ci s’est tourné vers d’autres sujets : on y aborde les questions de guerre, de religion, les formes de dépits voir de déchirures qui peuvent traverser la vie des gens et des sociétés. Ce n’est plus vraiment notre truc de chanter la fête et l’amour hédoniste et physique à tout bout de champ !

Quel sont vos projets succédant à la sortie de Sign Of Times ? Vous programmez la sortie d’un single, une tournée ?

Il est très vraisemblable que nous sortions un morceau en single pour les radios finlandaises. Nous envisageons également une tournée avec d’autres artistes de rock mélodique. Si les choses vont comme nous le souhaitons, nous devrions tourner durant plusieurs semaines ce qui serait une grande satisfaction. Nous finirions peut-être notre tournée par une apparition au festival annuel des Gods. Ce serait un beau point d’orgue ! 

Entretien mené par Baptiste

Mes impressions étaient et restent mitigées, au souvenir du dernier concert de Manowar. Il faut dire que le cadre de la salle Marcel Cerdan ne se prêtait pas à l'enthousiasme : non seulement elle reste glaciale, mais c'est aussi la salle dans laquelle joua Manowar pour sa tournée Kings of Metal, il y a treize ans ans de cela. On alors bien l'impression que le groupe stagne, au moins dans son impact, plus que dans sa musique, qui peut encore receler quelques surprises. La présence d'un public abondant, mais pas au point de faire craquer la salle, écarte d'ailleurs l'idée que Manowar ait pu envisager de jouer au Zénith. Il faut dire que le prix de 34 euros – dans le cadre de la crise rampante du système mondial – jouait en défaveur du groupe.

Conscient ou non du handicap, le groupe a soigné son show, pour être à la hauteur des exigences : le son, toujours massif, restait clair et distinct – mais noyant peut-être un peu Eric Adams –, la scène fut choisie sobre et élégante avec les amplis disposés juste derrière des cages métalliques, aux barreaux incurvées vers le public et soutenant les lights.

Les Harley étaient évidemment au rendez-vous, et le track-listing étoffé. Les musiciens ont en outre évité les bavardages incessants, enchaînant les morceaux ; Joe De Maio resta plutôt discret (même s'il ne put s'empêcher de se livrer à quelques envolées philosophiques de haute tenue en fin de concert) alors qu'Eric Adams affichait sa bonne humeur coutumière. Le plus inattendu fut peut-être le premier rappel joué intégralement unplugged, égrenant, le début de " Son of Odin ", puis in extenso, « Master of the Wind » et « Courage », chantée intégralement en Français. Ces trois morceaux passèrent bien dans l'ensemble. Par contre il me semble que les concerts de Manowar souffrent de redite : on pense aux soli maintes fois entendues, pour ne pas dire redondants. Celui de Karl Logan était particulièrement indigeste : ni mélodique, ni intéressant d'un point de vue technique, développant des plans auparavant cent fois alignés. Mais c'est plus le son du groupe dans son ensemble qui finit par poser problème. Il était si fort qu'il condamna certains aux boules-quies ce qui en débouchait donc sur un résultat inverse à celui souhaité. De plus le volume sonore empêcha le public de se faire entendre sur un certain nombre de morceaux, les deux incontournables de l'album Kings of Metal, (« Hail and Kill » et le titre éponyme) mis à part. L'ambiance générale s'en ressentit sans sombrer non plus dans l'apathie.

Car, il faut bien reconnaître que le public ne fut pas d'une énergie folle, manifestant sa présence par intermittence. Outre le problème sonore, j'en inférerai aux choix des morceaux, tout sauf judicieux : 8 morceaux en tout et pour tout issus des deux derniers albums (dont cinq de Louder than Hell, leur opus le plus faible) avec en deuxième rappel "Outlaw" et "Power". Il n'y avait là pas de quoi galvaniser les foules alors que quelques incontournables furent laissés de côté : « Battle Hymns », « Blood of My Enemies », « Fighting The World » ou « Wheels of Fire ». On comprend que Manowar se lasse de jouer ses classiques, mais quitte à interpréter quelques raretés, comme ils le font depuis peu, d'autres choix auraient pu être faits.

C'est donc un regard contrasté que je porte sur un concert qu'il ne faut toutefois pas sous-estimer. Manowar reste impressionnant sur scène, et le show dût être très satisfaisant aux fans les plus récents, mais les plus vieux (le vénérable Papy en tête) ressasseront avec nostalgie les autres concerts du groupe, qui cette fois avaient fait date.

Baptiste

Taux de remplissage : un millier de personnes
Son : Manowar en concert… 
Lights : des lights Manowar…
Ambiance : écrasée par le son


Setlist :

1. Manowar
2. Warriors of the World United
3. Spirit ot the Wind
4. Brother of Metal
5. Army of the Immortals
6. King of metal
7. Kill with Power
8. Gods Made Heavy Metal
9. Sign of the Hammer
10. Call to Arms

11. Hail and kill

Rappel :
12. Son of Odin
13. Master of the Wind
14. Courage (en Français)
15. Outlaw
16. Power
17. House of Dead
18. Black Wind, Fire and Steel