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Misanthrope – Ænigma Mystica

Misanthrope-aegnima_mysticaMalgré la crise, et ce marché du disque qui n'en finit pas de dépérir, Misanthrope est toujours vivant. Non, ils ne se sont pas résignés à l'exil, et n'en déplaise à ses détracteurs, SAS de L'Argilière n'a pas fait voeu de silence. SAS de l'Argilière et ses frères d'armes ont pris le temps d'élaborer leur nouvel album dans l'ombre. Pas question pour le groupe vétéran et ses 24 années au compteur de bacler le retour discographique. 66 minutes de Death Metal mélodique teinté de Thrash, d'un soupçon de Black et du Heavy, un poil baroque et grandiloquent, voilà le neuvième album de Misanthrope, pile poil 5 ans après le conceptuel IrremeDIABLE. Le groupe déploie toutes ses facettes.

D'emblée le son élaboré aux studios Davout (avec de nouveau Fernando Pereira Lopes aux manettes) sonne bien dans les conduits auditifs. « L'Art Chorégraphique de la Transe » et sa tonalité rock entament en douceur ce nouveau chapitre. Dans la même veine, rock, mid tempo, on retrouve « La Bonté du Roi Pour Son Peuple ». Dans la catégorie rock, et un supplément de groove, « L'arborescence du Lys » se distingue avec  la basse qui claque. Un quart de l'album dans cette veine que certains pourraient trouver un poil mou du genou. Mais qu'ils se rassurent, Misanthrope n'a pas oublié la manière forte. « Desponsation », « Suis-Je Misandre ? » soufflent magistralement le chaud et le froid. « Gigantomachie » varie aussi le tempo, ainsi que « Nouvelle Parole » et le final « Ænigma Mystica ».

Misanthrope ne néglige pas non plus l'agressivité pure et dure, ou Gaël Féret (batteur) donne toute sa mesure quand il blaste, comme en témoignent « Forces Conspiratrices », « Lycaon (Omophagie Communiante) » et « L'Ombre de Dante ». Voilà de quoi ravir les amateurs de metal extrème et survolté. Misanthrope demeure un défenseur acharné de la langue de Molière, cet attachement à ses racines est une des marques de fabrique du groupe. Une fois encore il est recommandé de suivre l'album livret en main. Une expérience à faire, compte tenu du soin apportés aux textes, du parcours d'Alceste, en passant par la nostalgie (« Forces Conspiratrices », « La Bonté du Roi Pour Son Peuple »). Ænigma Mystica est un opus varié et solide, s'il est plus direct, il réclame tout de même un poil d'attention pour dévoiler ses nombreuses facettes.

Hamster (08/10)

 

Site Officiel : www.misanthrope-metal.com

MySpace Officiel : www.myspace.com/misanthropeofficial

Facebook : www.facebook.com/misanthrope.official

Holy Records – Warner / 2013

Tracklist (66 minutes) : 01. L'art Chorégraphique de la Transe 02. Forces Conspiratrices 03. La Bonté du Roi Pour Son Peuple 04. Les Ombres de Dantes 05. L'arborescence du Lys (basse slappée MIAM !) 06. Desponsation 07. Gigantomachie 08. Nouvelle Parole 09. Charmantes Castratrices 10. Suis-Je Misandre? 11. Lycaon (Omophagie Communiante) 12. Ænigma Mystica

 

 

The Amenta – The Flesh Is Heir

theamenta-thefleshLe troisième album de The Amenta était attendu de pied ferme dans la rédaction, il faut dire que les remarquables prestations sur scène du groupe auxquelles nous avions assisté en 2012 (Mass Deathtruction, Eindhoven Metal Meeting), sonnaient pour nous comme des avertissements. Annoncé depuis 2011, " The Flesh Is Heir " voit enfin le jour, quelques 5 années après " n0n ". Entretemps nous aurons eu de quoi patienter avec VO1D (distribué gratuitement via le site du groupe) et le EP Chokehold en 2012.
Amateurs d'étiquettes en tous genres, sachez que cantonner les australiens à la case Death Metal Industriel, ne saurait suffire à décrire l'intégralité de l'arsenal dont use et abuse le groupe. Comme le groupe l'affirme au risque de paraitre un poil prétentieux, c'est de la musique extrème, pas de l'industriel, ni du Death ou du Black, c'est The Amenta. "Flesh Is Heir" ne tarde pas à dévoiler toutes ses facettes, d'un riff agressif en guise d'intro nous voilà pris à la gorge par une section rythmique implacable qui livre un pilonnage en règle. Mais ne vous y trompez pas, on ne parle pas d'un bestial groupe nord américain binaire qui enclenche le rouleau compresseur jusqu'a la mort des conduits auditifs.The Amenta a plus d'un tour dans son sac, cantonner le groupe dans une case ce serait un poil négliger tout le travail accompli pour instaurer une atmosphère oppressante développée dans l'album à coups de guitares torturées, de claviers et de samples (les interludes instrumentaux " A Womb Ton "," A Palimpsest ", l'intro de " Cel l").

Premier album composé par le line up actuel, The Amenta n'en est pas au stade de prouver qu'il résiste aux changements de personnel, il fait un pas en avant dans sa démarche en proposant un metal extrème qui ne sera pas destiné aux oreilles chastes, du début à la fin de l'album. Les démonstrations de force sont multiples tout au long de l'opus, l'entame agressive, le morceau " Teeth ", " Sewer ", l'un des sommets de la brutalité du groupe est atteint avec "Disintegrate" qui porte bien son nom et le final Tabula Rasa. Une fin en apothéose brutale. Un déluge de coups et un cauchemar pour les âmes sensibles. L'album aligne les compos aux tempos variés, sans s'essoufler (combien d'albums démarrent fort pour sombrer dans l'ennui en milieu de parcours ?). C'est une bande sonore apocalyptique dont on retient un son au poil, puissant sans être crade, ni trop propre sur lui, concocté par le groupe lui même qui a assuré le production et le mixage de l'album. A l'image de la faune locale australienne réputée pour être une des plus venimeuses de la planète, en voici un équivalent sonore et metallique qui s'affirme de plus en en plus redoutable.

Hamster (09/10) 

www.facebook.com/theamenta

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Listenable records / 2013

Tracklist (45 minutes) 1. Flesh Is Heir 2. Ego Ergo Sum 3. Teeth 4. A Womb Tone 5. Obliterate’s Prayer 6. Sewer 7.The Argument 8. Cell 9. Disintegrate 10. A Palimpesest 11. Tabula Rasa

 

Soilwork – The Living Infinite

soilwork2013Trois ans après un album (The Panic Broadcast) qui signait le retour en forme du groupe, bien des choses ont changé du côté de Soilwork. Peter Witchers s'est de nouveau fait la malle, laissant la place à David Andersson (The Night Flight Orchestra). Björn « Speed » Strid pas rancunier voulait parait-il relever le gant après le nouveau départ de Peter et prouver avec un double album que le groupe pourrait s'en relever sans problème aucun. Un double album. Boulette. On s'est rendus à l'évidence dans la rédaction : les double albums réussis dans l'histoire du rock et du metal ne se ramassent pas à la pelle loin de là. Rien de marquant pour ma part ces dernières années à part le dernier Esoteric, hors concours, hé oui, comment voulez vous qu'un groupe de doom puisse placer deux compos sur un seul disque ? Bref. 

À l'entame de l'album, on retrouve le groupe au sommet de son art, « Spectrum Of Eternity » est une merveille d'entame. Un poil moins percutants les deux titres suivants tiennent la rampe, et là surgi un « Tongue », avec une section rythmique au sommet. L'ensemble du groupe du point de vue de l'interprétation tient la route, avec en prime un production au poil.

Sauf que cette fois, Soilwork a les yeux plus gros que le ventre et les 84 minutes sont loin d'afficher la perfection. Le titre éponyme sonne la première alerte, un tantinet poussif. « Vesta » n'a rien d'inoubliable non plus, et « The Windstep Mercy » dans lequel apparaît Justin Sullivan de New Model Army ne fait pas grimper aux rideaux. Les moments de faiblesse de la fin du premier CD font ressurgir les interrogations sur l'intérêt d'un double album.

Et la suite ne va pas dissiper les doutes. L'instrumental « Entering Aeons » touche un poil sans bouger les autres. En revanche on retrouve Soilwork percutant avec « Long Live The Misanthrope ». La power ballad « Antidotes In Passing » est dispensable. « Leech » sonne une chute de studio de Figure Number Five. La deuxième partie du titre éponyme s'étire en longueur. L'instrumental « Loyal Shadows » n'a rien non plus de transcendant. « Rise Above the Sentiment » nous ressort de la léthargie, où le groupe livre tous ses points forts : chant (hurlé et chanté), section ryhtmique et guitares agressives et mélodiques. Un titre au poil. « Parasite Blues » très mélodique accroche aussi les conduits auditifs.

Le final en revanche laisse le sentiment que Soilwork démarre en force mais finit sa course un poil à bout de souffle. Malheureusement le sentiment de « trop plein » surnage, il y a des moments de faiblesse, qui donnent l'impression de remplissage. On regrette que le groupe n'ait pas tranché dans le vif en se cantonnant à un album simple qui aurait gagné en puissance et conservé l'intensité de The Panic Broadcast. Soilwork n'a pas réussi à échapper au piège du double album, mais possède encore de solides arguments, avec une douzaine de titres accrocheurs sur 20.

Hamster (07.5/10)

 

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Nuclear Blast / 2013

Tracklist (84 minutes – 39:59 – 44:01): CD 1 : 01. Spectrum Of Eternity 02. Memories Confined 03. This Momentary Bliss 04. Tongue 05. The Living Infinite I 06. Let The First Wave Rise 07. Vesta 08. Realm Of The Wasted 09. The Windswept Mercy 10. Whispers And Lights

CD 2 01. Entering Aeons 02. Long Live The Misanthrope 03. Drowning With Silence 04. Antidotes In Passing 05. Leech 06. The Living Infinite II 07. Loyal Shadow 08. Rise Above The Sentiment 09. Parasite Blues 10. Owls Predict, Oracles Stand Guard