Voilà une question qui est soulevée d'emblée par cet album et que souligne le label : le black metal expérimental est il plus abordable sans vocalises ? Celle ci risque de ne pas être tranchée dans le vif, dans le mesure ou le duo parisien propose une musique dont l'atmosphère sombre et oppressante ne la rend pas accessible au plus grand nombre.
Absence de chant typiquement Black Metal ne veut pas dire compromis. On y trouve des sons indus, une ambiance glauque une guitare qui fera penser au voisinage que vous aimez le son de la scie sauteuse. Ajoutez quelques passages parlés. Un poil hermétique l'univers de Spektr, qui ne s'en tient pas à élaborer une toile de fond apocalyptique. Le duo s'aventure aussi sur des chemins plus traditionnels, tel le début The Singularity. Il va de soi que si vous cherchez quelque chose qui sonne un poil différement d'un groupe de Black Metal traditionnel, du pur et dur à la sauce Darkthorne avant leur revival punk, ou Mayhem, vous serez servis. Vous y trouverez des ingrédients communs (la production rude, quelques passages à la guitare, ou de la section rythmique), mais aussi des éléments d'ailleurs, du jazz, à l'électro en passant par la pop. Aride et un poil perturbant, étonnement on reste un poil sur sa faim à l'issue de cette expérience. Coup de génie ou escroquerie du rock'n roll, à vous de voir. Qu'en diront les amateurs de Black Metal hallucinogène ?
Lord Belial, pionnier du Black Metal suédois, n'est plus depuis 2008. Je sais c'est loin d'être scoop d'annoncer cela en 2013… Separation provisoire ou définitive, elle dure, et se confirme depuis un tweet -forcément- laconique datant du mois d'août 2011. En attendant certains de ses membres ne sont pas restés inactifs. Dès 2009, Bloodlord (basse) et Dark (guitare et vocalises) s'embarquent avec Joakim Antonsson (Trident) et Dennis Antonsson (guitare) dans un nouveau projet. La même année, le groupe sort une démo, " The Dark Abyss " dont les 4 titres ("Baphomet", "Tenebrae", "Pandemonium" et "The end") se retrouvent sur l'album " Opus De Tyranis " qui émerge des ténèbres en 2013. Un poil de claviers en guise d'intro, tonalité funèbre de rigueur, et puis Death Tyrant prend son élan et se jette sur nos oreilles avec furie. N'importe quel amateur de Black metal un tantinet blasé n'y verra là que de la routine inspirée par Dissection. Sans doute, mais ce serait aller un peu vite en besogne à l'égard du boulot de ces vieux briscards qui ont l'art de tabasser les esgourdes avec conviction et efficacité. Le groupe n'est pas animé d'intentions pacifiques, il tranche dans le vif méthodiquement, sans se soucier d'un son léché et propre sur lui. Death Tyrant accorde un poil de place à la guitare mélodique entre deux vagues de blasts. Les suédois connaissent leurs classiques, comme le souligne l'apocalyptique "Baphomet" et ses variations de tempo. Pas de place pour du metal linéaire et ennuyeux à mourir, Death Tyrant propose des compos solides et variées. Tout en ayant pour colonne vertébrale une sauvagerie sonique décuplée par la section rythmique qui se démène pour lacher ses coup (le final de "The End " entre autres) Le bruit et la fureur teintée de noirceur à la sauce scandinave, sauvage et brut de décoffrage. Avis aux amateurs.
1. The Awakening of the Sleeping Gods 2. Pandemonium 3. Ixion – The Fallen King of the Laphits 4. Baphometh 5. The End 6. Impending Day of Wrath 7. Tenebrae 8. A Greater Alliance 9. Wrath and Disgust
Lausanne, la Suisse, ses comptes en banque occultes, et surtout pour ce qui nous concerne sa scène metal culte. Darkise qui sévit depuis 1998, reste un groupe relativement peu connu en dépit d'un savoir faire qui claque aux oreilles. Realeyes est une démonstration de force, voilà un groupe au talent indéniable pour envoyer la raclée dans les conduits auditifs, avec un death brutal et technique de haute volée. Et pourtant dans le genre la concurrence est rude. On se prend un son au poil (enregistré au studio Hertz qui a vu passer toute la crème de la scène Death metal polonaise), des riffs qui tranchent, une section ryhtmique qui mouline avec Kevin Talley en batteur de session qui ne fait pas les choses à moitié. Une alternance chant Death et hurlements grind à l'instar de Napalm Death, un poil d'air de famille avec Nile, sans le folklore lourdingue d'égyptologue amateur.
Non, du death metal qui cogne, direct et percutant dans les esgourdes. Le groupe déroule et lâches ses coups, et surprend avec l'intro acoustique de « Foeticide ». On retiendra, au delà de la maitrise technique et de l'interprétation, que le groupe évite le piège du rouleau compresseur linéaire et monotone, non Darkrise ne déboulonne pas les esgourdes avec deux riffs en continu pendant 45 minutes. On peut en revanche s'interroger sur le fait que le groupe privilégie l'efficacité à l'orginalité. On peut aussi se contenter d'apprécier un album solide.
Tracklist (41:00) : 1. Realeyes 2. I'm Here 3. Etre ou ne paraître 4. God Perversion 5. No Help in Hell 6. Foeticide 7. Law of Liar 8. End of Talk 9. Debt of Blood 10. Realize