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Machine Head – Machine Fucking Head Live

Si les albums studio de Machine Head n'ont pas toujours été du meilleur cru, le groupe à toujours su se transcender sur scène et gagner une réputation de machine de guerre redoutable en l'espace de 18 ans de carrière. Ce deuxième opus live arrive 9 ans après Hellalive et comporte logiquement une forte majorité de titres (10 sur 15) issus des derniers albums de Machine Head. Il reste de la place pour 5 vieux titres incontournables exhumés des débuts, et qui figuraient déjà sur le premier album live, en l'occurrence les rescapés sont : « The Blood, the Sweat, the Tears », « Old », « Bulldozer », « Ten Ton Hammer » et « Davidian ». 

Avis aux râleurs un poil frustrés qui trouveront qu'il manque tout de même une pelletée d'anciens titres qui retournent les conduits auditifs, ils sont priés d'aller se reporter sur le live précédent. Et puis la présence des nouveaux titres percutants des derniers albums n'a rien de rédhibitoire.

L'album live, on le sait, est souvent un exercice expédié, associé à une fin de contrat entre un groupe et un label. Fort heureusement en dépit de ce contexte avec Roadrunner, l'essentiel n'a pas été baclé. Au delà d'une pochette assez classique et d'un livret réduit au strict minimum, les compos, enregistrées lors de la tournée mondiale du groupe en 2011, claquent avec un son énorme. Pas de surprise pour les fans, le rouleau compresseur est en marche, les errances néo metal sont reléguées depuis des lustres aux oubliettes, et on ne va pas leur en tenir rigueur.  Les amateurs les moins familiers du répertoire du groupe y découvriront un groupe bien rodé qui livre une performance implacable. Un double album live tout à fait recommandable, en dépit de l'absence d'un DVD qui aurait pu avoir sa place avec les clips vidéos du groupe. 

Hamster (08/10)

 

 
 
Tracklisting (100:36)
Disque 1:
1. I Am Hell (Sonata In C#) 2. Be Still and Know 3. Imperium 4. Beautiful Mourning 5. The Blood, the Sweat, the Tears 6. Locust 7. This is the End 8. Aesthetics of Hate 9. Old
Disque 2:
1. Darkness Within 2. Bulldozer 3. Ten Ton Hammer 4. Who We Are 5.Halo 6. Davidian

 

  • Taux de remplissage : plutôt bon
  • Son: un son au poil à l'exception de Psycroptic.
  • Lights: très bons
  • Ambiance: avis de tempête sur Leng Tch'e, apocalyptique sur Obituary
  • Moments forts: Slaughtery, Leng Tch'e, The Amenta, Obituary
  • Photos : cliquez ici.

Hamster & Patate

Jamais, ne prenez jamais les prophéties à la légère ! Tenez par exemple, en refusant de prendre en compte la légende du rongeur géant égaré dans le grand nord, croyez-le ou non, mais mon GPS s'est subitement déréglé en me rendant au Mass Deathtruction, me retrouvant à Flénu, alors que j'avais indiqué la grand place de la gare de Mons. Plus troublant, des terrils avaient été érigés par les autochtones, des répliques saisissantes de notre bassin minier du Nord de la France. A n'en pas douter encore une tentative de nous paumer dans un coin sans antenne relais pour nos téléphones portables. Après avoir vécu cette expérience troublante, je comprends d'autant mieux comment des groupes ont pu s'égarer, ou renoncer à venir ! Après maintes péripéties, nous voilà rassemblés, bières à la main devant une ferme.

Non, mais c'était la neige, pour ceux qui ont renoncé à venir

Oh les gars vous vous êtes un poil foutus de ma tronche là non ? Hé bien non, c'est bien dans un ancien corps de ferme que la fin du monde va se produire. Car je peux vous le jurer elle s'est produite. 

Je n'en étais qu'à ma sixième bière, après avoir découvert les merveilles culinaires locales, frites et fricadelle nappées abondamment de sauce andalouse (si tu n'y as pas goûté avant 50 ans tu as : raté ta vie ou tu es un cardiologue un poil trop strict) que les portes du Mass Deathtruction s'ouvrent. Il est temps d'y aller et de cesser de deviser sur ces organisateurs fourbes de festivals qui n'hésitent pas à organiser des concours de mulets mouillés pour faire oublier la médiocrité de leur affiche.

Devant quelques dizaines de personnes, le premier groupe arrive sur scène, Exuviated. Contrairement à la précédente édition du festival où Ithilien, chargé d'essuyer les plâtres n'avait pas laissé une bonne impression, le groupe de Death Metal belge a réalisé une prestation solide et convaincante, qui ne fait pas regretter d'être arrivé tôt ! 

Tout à fait, Hamster : le temps passe et Exuviated gagne en assurance et en efficacité. Le passage en première partie de Dark Tranquillity et sur les planches du Wacken ne sont certainement que les premières étapes d'une grande carrière. Un tout bon show, un groupe qui donne tout malgré le public clairsemé. J'ai presque envie de dire qu'Exuviated méritait sa place sur l'affiche et n'aurait pas dû jouer le remplaçant de luxe.

Sekhmet arpente à son tour la scène, un poil plus de monde dans la salle, et un peu plus d'ambiance, le groupe avoine et paie son tribut aux dieux égyptiens, après tout ça ne mange pas de pain avant la fin du monde. On se rassure comme on peut hein.

Là aussi, tout bon show de Sekhmet, Pedro lâchant sa casquette d'organisateur pour se défouler derrière ses fûts. Dommage que les soucis de gratte de Brieuc aient un peu plombé le début du set, parce que le groupe était aussi bien décidé à tout donner pour les spectateurs déjà présents.

Slaughtery vient battre le fer tant qu'il est chaud, la salle se remplit encore, c'est bon signe pour la suite des évènements, et là sans prévenir une première claque. Un logo à faire baver d'envie un opticien en mal de torture, et surtout du death grind qui claque. Quand on voit que le castor est resté scotché devant le groupe pendant l'intégralité du set (malgré les promesses de burgers), c'est vous dire le niveau ! Aktarum ? le peu que nous en avons vu, avait l'air un poil trop folklorique à notre goût et nous n'avons pu résister à l'appel du Zanzibar dont les burgers ont fait sensation à défaut de caler tous les estomacs. 

Serial Butcher, difficile de se prononcer nous en étions encore aux Serial Burger, et n'avons vu que la fin. 

La SLAUGHTUERIE ouais ! Déjà au soundcheck, quand ils ont entamé "Wrath Of Vishnu", je sentais qu'on en prendrait plein la face, et on n'a pas été déçus. Dommage qu'ils aient dû jouer si tôt, ils méritent clairement une place plus élevée sur l'affiche… La place d'Aktarum, par exemple. 

Leng Tch'e arrive et c'est la deuxième baffe qui arrive, le public est présent et les pits sont plus nombreux et agités, agrémentés de confettis, c'est vrai que ce set musclé manquait d'une petite touche de romantisme. Au delà de ça, le groupe à mis un bordel monstre et à fait sensation. Serge n'a pas manqué de descendre dans la fosse et de remercier chaleureusement un public qui était vraiment réveillé. 

Là aussi, le remplaçant de luxe aura fait sensation. Je regrettais l'absence de Begging For Incest, mais bordel, Serge et sa bande les ont rapidement fait oublier. Quelle claque, quelle énergie ! On en redemande, le set est passé ridiculement vite. Mention spéciale au public qui s'est alors souvenu comment foutre le bordel.

Suit Sublime Cadaveric Decomposition, une prestation massive mais qui paraissait un poil plus fade que l'uppercut de Leng Tch'e, le public à apprécié, mais semblait se remettre avant tout du choc de la baffe précédente, manifestement ça piquait encore. A moins que l'arrivée de la neige en ait refroidi plus d'un ?

The Amenta, sa mise en scène, ses samples, et son rouleau compresseur, une prestation qui prend à la gorge un lightshow et un son au poil, on regrette que le groupe n'ai pas eu un temps de jeu supérieur vu la déception qui allait suivre.

L'intensité n'était pas au rendez vous contrairement au groupe précédent, Psycroptic nous a déçu, une fois de plus. Pourtant sur album le groupe est presque parfait, mais là le son au fond de la salle, et ailleurs nous semblait un poil brouillon et le vocaliste du jour moins imposant. On a fini par décrocher, l'appel de la fricadelle sauce andalouse neige, plus convaincant. Un bref retour pour constater que Macabre est toujours aussi pénible et ennuyeux. 

Troisième show de Psycroptic pour moi, et clairement le moins bon. Quel son de merde à l'arrière ! La batterie bouffait le tout, la guitare était paumée dans le fond à gauche et le chanteur… Comment dire… Son remplaçant tchèque (qui fera un petit guest pendant le set d'ailleurs) l'enterre quand il veut. Grosse grosse déception, on verra s'ils bénéficient d'un meilleur son à Eindhoven.

Puis la fin du monde est arrivée. A 22h36, Obituary est venu. Et a tout écrabouillu. Armé d'un son énorme, de jolis lights et d'une set list ne comportant que des "classiques", le Death de Floride à fait l'unanimité parmi nous. Une conclusion majeure pour un festival qui devrait revenir l'année prochaine, et nous y serons, fin du monde ou pas. Bravo à Pedro et toute son équipe pour ce retour en forme dont nous avons apprécié l'organisation, l'essentiel de l'affiche et la bière.

Ce soir, j'ai découvert un truc : Ralph Santolla n'avait aucune utilité au sein d'Obituary, à part d'avoir la tête d'un Lemmy avec la gueule de bois. Quand Obituary se la joue old school, il ne fait pas semblant. Son gras, déluge de hits, un John Tardy en voix : je suis réconcilié avec les Floridiens !

Un tout grand merci à Pedro pour cette 5e édition, et on n'attend qu'une seule chose : la sixième édition en 2013 !

Set list Obituary : Stinkupuss – Intoxicated – Bloodsoaked – Immortal Visions – Gates to Hell – Infected – Cause of Death – Chopped in Half – Turned Inside Out – Body Bag – Killing Time – The End Complete – Dead Silence – I'm in Pain – Rappel : Drum Solo – Slowly We Rot

 

Zuul Fx – Unleashed

Quatrième album studio de Zuul Fx, Unleashed sort 18 mois après The Torture Never Stops, qui avait marqué un tournant dans l'histoire du groupe. Cet album s'annonce d'entrée comme une suite logique de l'opus précédent, avec la même méthode de travail, le groupe produit lui même sa musique, suffisamment sur de lui pour obtenir ce qu'il cherche en guise de son. Et de ce côté là, pas d'inquiétude à avoir, le groupe conserve sa force de frappe. En guise de matière première, Zuul FX exhume des morceaux travaillés initialement pour l'album précédent, faute de place et de cohérence, ils n'avaient pas eu leur chance. 

Retravaillés, remis au gout du jour, les voilà en bonne place. Au delà des changements de line up, de maison de disque, c'est avant tout l'occasion d'entendre de la part d'un groupe bien ancré dans la scène metal hexagonale, une nouvelle facette. La trame reste la même, du Thrash / Death qui claque, le lien avec le metal industriel inspiré par Fear factory est toujours là (notamment sur « Soul Seeker »). Mais on décèle d'autres influences qui sont plus marquantes, notamment dans les solis de Karim dignes de Pantera. On note aussi une place plus importante accordée à l'équilibre entre vocalises brutales et chant clair, tendance sombre, faut pas déconner non plus, ici on ne parle pas d'un groupe US de metalcore prépubère en pleine mue… Avec une ambiance de fin du monde, la thématique morts vivants, n'allez pas imaginer pour autant que le groupe se contente de lacher des riffs gras, et binaires à toute vitesse. Zuul Fx à pris de l'épaisseur et quelques années, mais c'est aussi un poil plus technique. Les amateurs de brutalité et de solis de guitare à la sauce texane apprécieront le sommet de l'album Zombie Followers, d'autres seront plus sensibles au charme mid tempo et l'ambiance glauque de « Betrayed ». Et vous retrouverez en fin d'album une ballade acoustique, oui c'est joliment exécuté, Steeve maîtrise le chant clair, on peut chanter au coin du feu… mais c'est un générique de fin en somme, on peut la zapper sans regret si l'on n'est pas amateur… Au delà de cette fin anecdotique, on retiendra tout le reste, à savoir un album varié et solide, au son qui dépote.  Zuul Fx trace sa route, elle vaut le détour.

Hamster (08/10)
 
 
 
 
 
Verycords – Warner / 2012
 
Tracklist (53:31) : 01. First Interlude 02. In The Light Of Darkness  03. Break  04. Under The Mask 05. Second Interlude 06. Unleashed 07. Betrayed 08. The Fight 09. Zombie Followers 10. Soul Seeker 11. Fuck Thee 12. Resist To Persist 13. Battlefield14. Third Interlude15. Life In Me