Author Archive

Ill Nino – Epidemia

Le sixième album du groupe originaire du New Jersey reprend les hostilités dans la veine de l'opus précédent Dead New World. Pas de surprise, Ill Nino conserve intacte sa volonté de frapper son metal latino de manière agressive. Et faut bien le dire ça cogne d'entrée, The Depression entame l'album sur des chapeaux de roues. Bien sûr, Cristian Machado n'a pas jeté aux oubliettes le chant clair (et les textes qui frolent le parfois le ridicule), mais les vocalises agressives prennent une plus grande part dans l'arsenal sonore du groupe. C'est en soi une bonne nouvelle d'entendre le groupe lâcher ses coups plus franchement. Ill Nino conserve un peu de percus latines, mais à mis de côté les ballades langoureuses d'antan, mais on trouvera un Forgive Me father , Death Wants More et Time Won't Save You qui se trainent un peu dans l'album, sans que cela soit insupportable, mais qui provoquent tout de même une impression de baisse de régime au fil de l'écoute. 
On retient surtout des titres accrocheurs qui déroulent, assénés par une section rythmique au taquet et des riffs de guitares encore une fois bien épicés. On retrouve encore quelques traces de l'influence de Soulfly sur certains riffs et gimmicks. L'absence de ballades pur jus n'a pas provoqué de manque particulier, par contre. Et il y a le sommet metalique que représente La Epidemia, sans doute le titre le plus massif et brutal composé par le groupe. Accompagné aux vocalises par Frankie Palmeri d'Emmure, le titre détonne franchement et agréablement. Il va de soi que les amateurs du groupe qui appréciaient son côté guimauve en seront pour leurs frais, ils pourront se raccrocher aux branches et se consoler sur les titres poussifs. Pour les passages acoustiques, il faut se contenter du minimum, le titre Escape en recèle un peu, en intro et sur les couplets, ailleurs c'est en voie de quasi totale disparition. C'est un fait avéré, Ill Nino n'a pas durci le tempo et le ton pour amuser la galerie, c'est un choix délibéré et assumé, une confirmation plaisante et accrocheuse, pour peu que l'on ne soit pas agacé par le chant clair parfois mielleux de Machado, ni trop exigeant sur la formule, qui au fond, n'a pas fondamentalement changé. c'est avant tout plus épicé, avec une production actuelle. Ill Nino est toujours vivant en 2012, c'est toujours surprenant de le constater, mais ce n'est pas une mauvaise nouvelle à l'écoute d'Epidemia. 

Hamster (07/10)

www.facebook.com/OfficialIllNino

Victory Records – AFM records / 2012 tracklist (37 minutes)

01. The Depression 02. Only the Unloved 03. La Epidemia 04. Eva 05. Demi-God 06. Death Wants More 07. Escape 08. Time Won't Save You 09. Forgive Me Father 10. Invisible People

La Epidemia video :

 

 

The Arrs – Soleil Noir

Je vois déjà certains lecteurs se lécher les babines, pensez donc, une chronique sur le site à propos de la dernière livraison d'un groupe français de metalcore (et parisien en prime!) ? Hé bien, ça sent la boucherie, l'équarrissage injuste, la chronique qui fleure bon la frite et la bière belge et les vannes odieuses. 

Hé bien non. The Arrs, je le concède, joue une mixture empruntant au Metal et au Hardcore, c'est vrai, du metalcore en somme… Mais eux, contrairement à une masse phénonénale et semble t'il inépuisable de groupes Outre Atlantique, ils le font bien et à leur sauce. Et c'est là toute la différence, il n'est pas question d'aligner des clichés convenus dans cet album.

Le groupe n'a pas fondamentalement modifié sa recette qui a toujours fait mouche au sein de la rédaction. Depuis Condition Humaine, le groupe est loin d'avoir mis de l'eau dans son vin au fil des années. Et là on est rassuré d'emblée, « Du Berceau à la Tombe » frappe fort, la suite de de l'album s'avère aussi passionnante, sur des tempos variés, sans temps mort ou remplissage. Et on constate une nouvelle fois que The Arrs apporte un soin particulier à poser une ambiance glauque et sombre qui donne une tonalité particulière aux assauts des guitares et d'une section ryhtmique implacable. On aime aussi un chant en français assumé, le plus souvent agressif et compréhensible (avec quelques incursions brèves en chant clair, notamment sur « Farhenheit »), sans oublier des textes encore une fois bien ficelés. Et cette hargne toujours présente et percutante !  On retient aussi le gros son dont dispose le groupe sur cet album. Le changement s'est avant tout fait ressentir du côté du label, le line up voit le départ de Paskual et de Jérome, sans pour autant modifier l'identité sonore du groupe. The ARRS devrait combler les amateurs du groupe qui le suivent depuis un bail devrait élargir son audience avec Verycords / Warner, et ce grâce à un travail acharné et sans concession. Chapeau bas.

Hamster (08/10)

 

http://www.thearrsmetal.com/

https://www.facebook.com/THEARRS

Verycords – Warner / 2012

Tracklist (42 minutes) : 1. Du Berceau à la Tombe 2. L' Ame la Plus Noire 3. Mon Epitaphe 4. Le Triomphe de la Mort 5. 1781 6. Amants damnés 7. Paranoïa 8. Fahrenheit 9. Décembre Acide 10. Invincibles 11. Authentiques/Indignés

 
 

Tiamat – The Scarred People

Dixième album studio du groupe, désormais sous l'égide de Napalm Records, The Scarred People ne déroge pas à la ligne de conduite adoptée depuis quelques temps par le groupe. Loin, très loin du Death Metal d'antan, résolument tourné vers un rock sombre et atmosphérique. Un rock gothique et classieux. Atmosphère pesante de rigueur, tempo tournant au ralenti, dominé par le chant grave de Johan Edlund.  Comme à l'accoutumée, certains passages mélodiques et atmosphériques à la guitare évoqueront une ambiance digne d'un ténébreux Pink Floyd au sommet de sa forme.
 
À l'instar d'Amanethes le son est puissant, mais cette fois les morceaux atmosphériques prennent le dessus. Pour autant le groupe n'a pas jeté aux oubliettes le rock plus énergique, le très accrocheur « The Scarred People », mais aussi « Love Terrorists » et son rythme percutant sont là pour en témoigner. Le tempo soutenu est aussi de rigueur sur « Thunder & Lightning » (titre exhumé de la dernière demo de Lucyfire) pourtant un poil moins rock. Au rang des curiosités qui peuvent paraitre un brin incongrues dans la tonalité générale de l'album, on peut signaler les morceaux instrumentaux à la guitare accoustique « Tiznit », et le plus bref chaos organisé et bruitiste de « Before Another Wilbury Dies ». On garde cependant une bonne impression générale de cet album varié qui devraient interpeller favorablement les fans du groupe qui ont apprécié les derniers albums du groupe.
 
Hamster (08/10)
 
 
 
Napalm Records / 2012

Tracklist (49 minutes) : 01. The Scarred People 02. Winter Dawn 03. 384 – Kteis 04. Radiant Star 05. The Sun Also Rises 06. Before Another Wilbury Dies 07. Love Terrorists 08. Messinian Letter 09. Thunder & Lightning 10. Tiznit 11. The Red Of The Morning Sun