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Majestic Downfall – The Blood Dance

Jacobo Cordova est une figure culte de la scène Metal Mexicaine, dont l'activité est pour le moins intense. Bassiste pendant une décennie pour le compte du groupe de Doom Antiqua, qui a splitté après une démo et un album, il se lance dans un projet Majestic Downfall avec le batteur Alfonso Sanchez. Jacobo est du genre musicien multicartes très impliqué, on le retrouve depuis 2011 dans un groupe de Death mélodique (The Ill Over Death), dans un autre groupe de Thrash Death -Ticket To Hell- et ce toujours en compagne d'Alfonso Sanchez. Mais aussi dans le groupe de Death Metal Zombiefication. Quant on connait le background de Jacobo, on n'est pas surpris de voir un album quasi solo (seule intervention extérieure, l'aide d'Alfonso Sanchez à la batterie) aussi abouti.
Le multi instrumentiste affiche sa détermination à toute épreuve. Après une démo en 2007, The First Abyss, en 2009 il sort  via le label My Kingdom Music le premier album Temple of Guilt. Voici le deuxième opus qui sort en 2011 une nouvelle fois sur le label italien. D'emblée il fleure bon le Doom Death qui prend le temps d'étendre toute sa noirceur jusqu'aux tréfonds des conduits auditifs. 7 Titres pour près d'une heure de musique, les amateurs de speed et de grind sont prévenus, qu'ils abandonnent tout espoir.
Oubliez les clichés convenus sur cette destination ensoleillée qu'est le Mexique, ici il n'en pas question. La brève intro acoustique atmosphèrique ne laisse guère de doute, Jacobo met d'emblée en oeuvre un implacable rouleau compresseur à coup de guitare saturée au son cru qui devrait titiller agréablement les amateurs de Doom death du début des années 90 (avec une prédilection pour Paradise Lost, comme on peut l'entendre sur le morceau Cronos). Son cru de rigueur, section rythmique pachydermique et mélancholie absolue sont au programme. Parfois le sursaut est permis, on note bien une accélération musclée du tempo sur "Dimension Plague" ou un solo de guitare très mélodique sur  "An Untraveled Road" , mais c'est pour nous enfoncer plus bas encore par la suite.  Jacobo alterne cris torturés et vocalises d'outre tombe et ne laisse guère de répit à l'auditeur. Juste de quoi reprendre son soufle, quelques passages atmosphérique et lugubres sont disséminés pour aérer un poil le propos (parfois trop linéaire). "The Blood Dance" est une lente agonie mise solidement en musique et Jacobo n'est pas loin de nous persuader que l'enfer est au Mexique. A découvrir.
 
Hamster (07.5/10)
 
 
 
My Kingdom Music – Chaos Records  / 2011
 
Tracklist (58 minutes)
01. The Blood Dance 02. From Black To Dead 03. Majestic Embrace 04. Dimension Plague 05. Army Of Salvation 06. An Untraveled Road 07. Cronos
 

Rage – 21

"21", simple et efficace comme titre d'album, comme le 21ème album du groupe (en tenant compte des compilations et une sortie sous le nom d'Avenger en 1984). Un peu court pour les mauvaises langues, mais vu le nombre d'albums au compteur, le trio à le droit d'aller au plus simple de temps en temps. "21", comme la variante du Poker version "Black Jack Parisian style" dont il est question dans l'intro et le morceau éponyme. 
Passée l'intro, le groupe entame les hostilités ! En comptant l'intro vous avez deux minutes pour vous préparer au choc, on retrouve un Rage qui tabasse, terminé les cordes et les violons, aux oubliettes l'orchestre, on revient aux fondamentaux, la volée de baffes. Le metal tout en puissance qui vous saute à la gorge est de retour. Le trio revient au sommet de sa forme, de quoi faire palir d'envie nombre de jeunes pousses.
L'entame de l'album n'a rien d'un ultime sursaut d'orgeuil, le titre suivant "Forever Dead" est une démonstration de puissance implacable. Pas de quartier, mais en respectant la griffe de Rage. Si la tonalité de l'ensemble de l'album est délibérément plus sombre et agressive, le trio n'en oublie pas sa recette, en maintenant l'équilibre entre les envolées mélodiques de Victor Smolski et le pilonnage intensif d'une section rythmique au sommet de son art. Quant au son il dépote, c'est devenu une habitude avec Rage. C'est le fruit de 10 années de collaboration réussies de ce point de vue avec Charlie Bauerfeind. Rage n'a pas perdu la main. A tel point que les titres un poil moins intenses ("Feel My Pain", plus classique), arrivent à maintenir l'auditeur scotché. 
Et puis surgit "Serial Killer", Peavy se prend au jeu et se lâche sur le chant. Interprétant un tueur en série, il s'en donne à coeur joie dans le registre agressif (les amateurs de Death Metal apprécieront l'incursion).  C'est le titre le plus brutal de l'album, mais le trio encore une fois manie habilement les arrangements mélodiques. "Psycho Terror", seul titre composé par André Hilgers sonne un tantinet différement . Seule ombre au tableau, quelques longueurs sur ce titre qui s'étire un peu inutilement, achevé par le groupe en sifflant et en se marrant. Une fin en queue de poisson qui tranche avec l'ambiance générale. 
En revanche la suite de l'album revient dans la veine agressive et défile sans temps mort, jusqu' à la ballade…  L'album s'achève avec "Eternally", une ballade un  poil incongrue après cette avalanche sonique, logique dans la mesure ou ce titre à été composé en 2007 (et s'est retrouvé dans une compilation – Into The Light), néanmoins elle se situe tout de même dans un registre lourd. 
Rage dément avec classe l'adage qui veut que les groupes vieillissent mal et sétiolent au fil des albums. Voilà un excellent cru 2012, 21 devrait combler les fans et au delà. 
 
Hamster (09/10)
 
 
 
Nuclear Blast / 2012
 
Tracklist (57:59)
01. House Wins 02. Twenty-one 03. Forever Dead 04. Feel My Pain 05. Serial Killer 06. Psycho Terror 07. Destiny 08. Death Romantic 09. Black And White 10. Concrete Wall 11. Eternally

Envy The Fallen – Hoist The Colours

Vous connaissez Newquay ? Un charmant port de pêche situé en Cornouailles, qui serait la capitale britannique du surf. Rien que ça. Et au beau mileu des quelques 20.000 habitants (100.000 en période touristique dit-on), un quintet de metalcore mélodique.
Dans la rédaction, le metalcore mélodique n'a pas vraiment bonne presse. Et en écoutant nos à prioris, on pouvait parier que le groupe Envy The Fallen était plutôt mal barré avec une telle présentation. Pour autant, pas question de crucifier un groupe sans entendre la moindre note de leur part. Ce n'est pas la tasse de thé de la maison ! 
Hoist the Colours est le premier EP du groupe, qui s'est constitué en 2009. 6 titres pour se faire idée, une carte de visite pour présenter son savoir faire. Les titres ne manquent pas d'energie, et se révèlent plutôt accrocheurs. En prime pas de dérapage dégoulinant à signaler au chant clair comme on l'a trop souvent entendu dans ce genre bien encombré. Envy The Fallen décoche une bonne série d'uppercuts, soutenus par une production massive. Seul le titre "The Ending" laisse plus de place à passages aux claviers à la fin du morceau, histoire de finir en douceur.
Au delà de ça, absolument rien de neuf, le groupe démontre avant tout qu'il sait manier les codes inhérents au metalcore, tout en affichant une préférence pour l'agressivité. Ce qui n'est pas plus mal. Les amateurs de gros riffs qui tâchent alliés à une rythmique plombée devraient s'en satisfaire. Seulement voilà, on peut aussi se dire qu'il s'agit juste d'un nouveau venu de plus dans ce style, dont le savoir faire indéniable laisse entrevoir un réel potentiel. Prometteur, mais il appartient au groupe de ne pas le gâcher en affirmant sa personnalité à l'avenir.
 
Hamster (06,5/10)
 
 
 
Autoproduit / 2011
 
Tracklist (22:44)
1. The Brave One 2. Hoist the Colours 3. The Is Not Goodbye 4. I Will Prevail 5. Until Lambs Become Lions 6. The Ending