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Legion Of the Damned – Ravenous Plague

389368Y'a des jours, comme ça, où je me demande pourquoi je me casse encore le cul à prendre la plume et à chroniquer. Bon, j'avoue, c'est souvent passager, mais il faut reconnaître qu'entre les grands noms du genre qui se sont franchement engagés sur la pente savonneuse de la médiocrité (Megadeth, Morbid Angel sur son dernier album, Maiden, Manowar… et je crains que Slayer ne les rejoigne d'ici peu), le raz-de-marée Metalcore/Deathcore (je l'appelle le Tsunamerde) et tous ces suiveurs sans âme, il y a de quoi désespérer.
 
D'ailleurs, en parlant de suiveurs, Legion Of The Damned est de retour. Oui, les Hollandais qui nous avaient collé quatre albums pour ainsi dire identiques en 3 ans entre 2006 et 2008 avant de violemment lever le pied et de prendre un rythme de sortie plus raisonnable. Trois ans se sont donc écoulés depuis le précédent opus, mais les mauvaises langues diront que la seule différence entre ces deux efforts est le label, Massacre Records ayant été remplacé par Napalm Records. Et honnêtement, qui suis-je pour leur donner tort ? Depuis 2006 et en l'espace de 6 albums (enfin, 5 albums et demi, le sixième étant un réenregistrement d'un album d'Occult), les bataves envoient la purée dans un registre Thrash européen à tendance énervée. Bien exécuté, mais ça reste quand même violemment dans l'ombre de ses illustres confrères allemands, Kreator en tête (à une époque, j'aurais dit Sodom, mais vu le coup de mou sur le dernier album…).

Les fans du groupe y trouveront leur compte. Un peu comme moi quand je passais chez mon ami turc qui fait de superbes kebabs et qui, avec le temps, m'accueillait dans son snack avec un joyeux "comme d'hab, chef ?". Beh ouais, Mehmet, comme d'hab, tu me connais. LoTD, c'est le vendeur de kebabs du Thrash Metal européen : c'est pas raffiné, mais si tu y a pris goût, tu y reviendras toujours. Par contre, si t'as le palais un poil raffiné, tu risques de passer ton chemin.

Mister Patate (6/10)

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Napalm Records / 2014
Tracklist (45:01) 1. The Apocalyptic Surge 2. Howling for Armageddon 3. Black Baron 4. Mountain Wolves Under a Crescent Moon 5. Ravenous Abominations 6. Doom Priest 7. Summon All Hate 8. Morbid Death 9. Bury Me in a Nameless Grave 10. Armalite Assassin 11. Strike of the Apocalypse

Winds Of Plague – Resistance

387824Et pourtant, Against The World m'avait plutôt plu. Pas l'album de la décennie, hein, ni même celui de l'année ou  du mois, mais suffisamment original dans l'océan de merde Deathcore de l'époque pour attirer mon attention, la capter suffisamment longtemps et me séduire un peu… Et non, quoi qu'en disent les mauvaises langues, mon intérêt ne portait pas uniquement sur les formes avantageuses de la claviériste. Resistance, le successeur d'Against The World, partait donc avec un a priori favorable.

Malheureusement, après quelques écoutes, le château de cartes de mes espoirs s'écroule. Resistance n'est en effet qu'une simple redite de l'effort précédent, avec un poil moins de touches symphoniques (ce qui permettait justement à WoP de se démarquer) et une orientation Deathcore exacerbée. Plus de rythmiques pesantes, plus de breakdowns déjà entendus mille fois, plus d'ours en rut au micro : Winds Of Plague était une fille en mini-jupe au milieu d'un groupe de bonnes sœurs, et voilà maintenant prend le voile. 

En renonçant quelque peu à son originalité, WoP perd clairement de son intérêt et rejoint le rang des groupes de Deathcore "traditionnel". Et qui dit "Deathcore traditionnel" dit "intérêt tout relatif". Voire "genre de merde". Resistance se situe entre les deux : pas complètement merdique, mais bien trop faible pour susciter davantage qu'un bâillement ou deux.  

Mister Patate (3/10)

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Century Media Records / 2013
Tracklist (34:07) 1. Open the Gates 2. Say Hello to the Undertaker 3. Sewer Mouth 4. Left for Dead 5. One Foot in the Grave 6. Time to Reap 7. United Through Hatred 8. Good Ol' Fashion Bloodbath 9. No Man Is My Master 10. Snake Eyes

 

We All Die (Laughing) – Thoughtscanning

Le débat sur l’objectivité, cette éternelle peau de banane, s’est à nouveau invité récemment à la suite d’une de mes chroniques. Encensez un album et vous n’aurez aucun reproche. Descendez-le et on vous reprochera votre subjectivité crasse. Et pourtant, même si certains ne veulent pas le reconnaître, l’objectivité n’existe pas lorsque l’on parle musique, et Thoughtscanning, le premier effort de We All Die (Laughing) en est un parfait exemple.

WADL (aucun lien de parenté avec Chris, bien entendu) est donc la rencontre entre Déhà, multi-instrumentaliste de talent, et la voix d’Arno Strobl (qu’on ne présente plus). Sur le papier, ça s’annonce déjà plus que bien. Une plage, 33 minutes, une étiquette Metal progressif et extrême : Thoughtscanning intrigue avant même de débuter. À quoi pouvons-nous nous attendre ? Après plusieurs écoutes, j’ai un peu le sentiment d’avoir été trompé. Progressif et extrême ? À mes yeux, le seul élément progressif est la durée du morceau, et je cherche encore ce qui pourrait justifier le qualificatif d’extrême (si ce n’est un passage plus énervé, rien à l’horizon).

Toutefois, d’un point de vue purement objectif et mis à part ce problème d’étiquette, je n’ai rien à reprocher à Thoughtscanning. La prestation d’Arno Strobl, quel que soit le registre, est parfaite : pas un passage faible, pas un registre moins bien maîtrisé, il n’y a tout simplement rien à redire. Au niveau musical, le même constat s’applique à la musique composée par Déhà. C’est beau, suffisamment travaillé pour ne pas lasser et sans pour autant tomber dans le progressif radical qui laisse l’auditeur avec une migraine. En toute objectivité, cet album est une réussite.

Et pourtant, il ne suscite chez moi aucune émotion. Les bouses Deathcore me collent des envies de meurtre et d’incendies criminels, Hatebreed me redonne la pêche et l’envie d’avancer en collant des beignes à tout ce qui se mettre dans mon chemin, NOFX me donne le sourire toute la journée… et WADL me laisse indifférent. Tout à fait indifférent. Comme quoi, on peut être en présence d’un album de qualité supérieure et n’avoir aucune envie de l’acheter parce qu’au fond de soi-même, il n’allume aucune passion.

Mister Patate (objectivement 9/10, mais je ne l’achèterai pas)

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Kaotoxin Records / 2014
Tracklist (33 minutes) 1. Thoughtscan