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Nihilism – Twelve Thousand

Après deux ans passés à stabiliser le line-up, Nihilism nous propose son premier effort, Twelve Thousand. Formé sur les cendres de Funeral Holocaust, ce projet puise ses racines dans le Death de ses illustres aînés que sont Death, Obituary, Entombed, etc. Alléchant, me direz-vous ? Beh oui, Louis, aligner une liste de grands noms, ça fait toujours joli sur un CV… mais qu’en est-il sur cette démo ? 

La première écoute fait l’effet d’une douche froide, soyons honnêtes. Vous vous attendez à un groupe qui a les crocs et on se retrouve avec une démo qui peine à décoller. Les références précitées, notamment à Entombed, m’échappent relativement : pas assez de punch, pas assez de groove, je retiendrais à la limite la capacité du groupe à poser une ambiance glauque… enfin, glauquette plutôt, on est loin du sentiment d’oppression que certains combos parviennent à dégager. Le même constat s’applique à l’énergie dégagée par les compos : c’est laborieux, et les quelques rares accélérations sont atténuées par une production vraiment cheap. Désolé, mais l’excuse de l’« autoproduction » n’en est pas une, certainement quand j’entends ce que certains groupes parviennent à sortir sans l’aide du moindre label. 
 
Avec cette première démo, Nihilism pose le premier jalon de sa carrière. Cependant, si l’on veut vraiment faire carrière, il faut des bases solides, et elles font défaut ici. Pour l’instant, je reste sceptique. 
 
[3/10] Mister Patate
 
Site officiel : xxx
 
Autoproduction – 2011
Tracklist 1. War Of Blind 2. Twelve Thousand 3. Death And Hades 4. Seven Thunders 5. Fucking Prophecy 6. Way Of Dust
 

Nekromantheon – Rise, Vulcan Spectre

Au vu de la pochette et du pays d’origine (la Norvège), j’avoue que, malgré la description donnée par le label, je m’attendais à une galette qui fleurerait bon le Black primitif, vous savez, ce Black aux touches de Thrash, qui bourrine tout du long. Raté ! Comme le disait Indie Recordings, Nekromantheon officie dans le Thrash, le vrai, le passéiste, réfractaire à toute évolution et à tout compromis. Accrochez vos ceintures, en une demi-heure, ces Norvégiens vous nous renvoyer 25 ans en arrière.

Tout au long de l’album, une ombre plane sur cet album, celle du grand Slayer des débuts, quand le Thrash en était à ses balbutiements et que la bande à Tom prenait un malin plaisir à coller les miquettes aux mélomanes bien-pensants. Le riffing est hystérique, la batterie cavale à toute allure et le chanteur hurle ses lignes de chant avec une conviction peu commune : en somme, Nekromantheon avoine sans relâche, comme le faisait Slayer en des temps immémoriaux.

En somme, Nekromantheon n’est qu’un clone doué du Slayer des débuts et qui, en ajoutant une légère touche de Black (légère, la touche), salit un peu le rendu final. D’aucuns préfèreront se replonger avec joie dans les premiers efforts de Tom et ses amis, et je peux les comprendre. Toutefois, dans cet océan de groupes surfant sur la vague du Revival Thrash, Nekromantheon fait office de requin aux dents longues, prêt à surgir pour boulotter les arpions de ses concurrents. À tenir à l’œil !

[7/10] Mister Patate

Site officiel : xxx
Myspace officiel : www.myspace.com/nekromantheon

Indie Recordings – 2012
Tracklist (32:06) 1. Cast Down to the Void 2. Blood Wisdom 3. Embrace the Oracle 4. Coven of the Minotaur 5. The Usurper Command 6. Rise, Vulcan Spectre 7. Twelve Depths of Hades 8. Raised by Dogs

Caliban – I Am Nemesis

Autre particularité, le lapin est un coprophage…

Il détache des petits bouts de nourriture avec ses incisives, mâche avec ses prémolaires et molaires. La nourriture passe dans l'estomac et dans les intestins, mais une partie reste stockée dans le caecum où, grâce à l'action de bactéries, des vitamines et des matières azotées sont produites. Ensuite, le contenu du caecum passe dans le gros intestin d'où il sort en forme de crottes molles par l'anus. Elles sont sucées à leur sortie par le lapin, et passent dans l'estomac sans être mâchées.
Le lapin produit donc deux sortes de crottes :
– molles, celles qu'il suce dès la sortie de son anus et qui lui apporte un complément de nutrition.
– dures en forme de petites billes, qui sont ses excréments.
 
Incroyable, me direz-vous, ouvrir une chronique par une citation relative à la coprophagie des lapins. Ca change des traditionnels « et un xe album pour la bande à Machin », convenez-en. En plus, vous irez vous pieuter en étant moins cons. Vous devriez me remercier, bande d’ingrats. Mais venons-en aux faits, avec cette nouvelle offrande de Caliban, I Am Nemesis. Pour tout vous avouer, nous avons failli passer à côté de cette sortie, trop occupés que nous étions à notre traditionnelle fête du slip marquant la sortie d’un album de Napalm Death ou d’Aborted. Coïncidence heureuse, ces deux groupes avaient décidé de sortir un album à la même époque. Je vous dis pas l’état des calebuttes. Heureusement, nos concurrents s’en sont donné à cœur joie, et un 9/10 par ci, et un 19,5/20 par là, et des superlatifs dans tous les coins. Ça cachait quelque chose. Alors, après voir tiré à la courte paille, votre serviteur a écopé de la dure tâche de traiter ce nouvel album du groupe condamné à vivoter dans l’ombre d’Heaven Shall Burn.
 
Vu le niveau de qualité de l’album précédent (ne parlons pas de l’infâme EP de reprises), j’avais des doutes quant à ces notes dithyrambiques. Pas étonnant : après avoir fait illusion sur deux morceaux, Caliban retombe dans son travers « chant clair attrape-grognasse sur fond de riffs en béton allemand ». Les gars, le béton allemand, tout le monde sait que ça tient un temps, mais ça finit toujours par s’écrouler, regardez la qualité de votre maçonnerie berlinoise…  Pis encore : plus l’album avance et moins la sauce prend. Certains peinent au démarrage avant de décoller les tapisseries, Caliban nous la joue « éjaculateur précoce », balance la purée dès le début avant de se ramollir franchement… avant de nous proposer la nausée finale, « This Oath », la « core ballad » dans toute sa splendeur, chant écorché sur fond de piano et quelques poussées de violence pour exprimer le mal-être. Putain, c’est si déprimant que ça, de vivre en Allemagne ? Le constat final, quant à lui, l’est bel et bien : I Am Nemesis me servira, en 2012, de mètre-étalon de la médiocrité du Metalcore mondial. Rien que ça. Et avant de me jeter la première bière, relisez mes chroniques d’Heaven Shall Burn, je ne suis pas hermétique au Metalcore allemand, loin de là, mais à condition qu’il apporte un plus au genre et ne soit pas une resucée de resucée de resucée…

Et maintenant, vous commencez à comprendre cette intro. Caliban est un lapin, chiant un album pour mieux le redigérer, encore et encore, et il arrive un jour où il pond une petite crotte toute ronde, toute dure, où il ne reste qu’une seule substance : de la merde. Ce jour est venu.

Mister Patate (1/10 – parce que la pochette me fait penser à King Diamond, et j’aime bien King Diamond)

 

Site officiel : www.calibanmetal.com

Myspace officiel : www.myspace.com/caliban

 

Century Media Records / 2012

Tracklist : 1. We Are The Many 2. The Bogeyman 3. Memorial 4. No Tomorrow 5. Edge Of Black 6. Davy Jones 7. Deadly Dream 8. Open Letter 9. Dein R3.ich 10. Broadcast To Damnation 11. This Oath 12. Modern Warfare