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Archspire – Relentless Mutation

Il est plutôt amusant de voir à quel point les goûts peuvent évoluer chez une seule et même personne sur un laps de temps assez court. Il y a trois ans, je ne tarissais pas d’éloges à l’écoute de The Lucid Collective. Véloce, racé, technico-technique, il représentait, à ce moment T, le summum du Death technique à mes yeux, une démonstration insolente d’un talent illimité sur le plan de l’exécution. Puis, de l’eau a coulé sous les ponts et, il y a quelques semaines, j’ai appris avec une certaine joie le retour des Australiens d’Archspire. J’étais tout emballé à l’idée de voir ce qu’ils me réservaient.

Et Relentless Mutation est tellement « parfait » qu’il en devient repoussant. Tout est réglé au millimètre près, chirurgical, artificiel. En termes de composition et d’exécution, Archspire a encore su repousser ses limites : toujours plus vite, plus ambitieux, toujours plus de notes à la seconde, de mots à la minute. La batterie et le flow du chant tournent à la rafale de kalach, les soli et les riffs semblent encore plus compliqués et maîtrisés qu’auparavant… Ce n’est plus de la musique, c’est de la physique nucléaire. Mais cette beauté est artificielle.

En fait, ce qui manque le plus à Archspire, c’est de l’émotion. Relentless Mutation n’accélère à aucun moment mon rythme cardiaque. Comme le disait récemment Nicolas de Xenokorp (ex-Kaotoxin) au sujet d’un groupe dont il ne cite pas le nom : « it’s impressive… and yet I’ll know I’ll never listen to it again in my whole life : it’s boring as fuck, showing-off and pointless ». Et c’est tout à fait mon ressenti actuel face à Archspire. What’s the point ? À trop vouloir repousser ses limites, Archspire a oublié un point fondamental : la musique n’est pas une démonstration. La musique est un vecteur d’émotions, et Relentless Mutation en manque cruellement. Less brain, more guts please !

Mister Patate (4/10)

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Season Of Mist Records / 2017
Tracklist (30:37) 1. Involuntary Doppelganger 2. Human Murmuration 3. Remote Tumour Seeker 4. Relentless Mutation 5. The Mimic Well 6. Calamus Will Animate 7. A Dark Horizontal 

Le Evil or Die Fest approche à grands pas ! Au programme, 17 groupes sur deux jours pour 25 EUR en prévente (jusqu’au 02/10). Pour plus d’infos, cliquez ici

VENDREDI 13/10
ARKANGEL _____________ 00:00 – 01:00
ANGEL CREW ___________ 23:00 – 23:40
L’ESPRIT DU CLAN ______ 22:00 – 22:40
BUN DEM OUT __________ 21:00 – 21:30
50 CALIBER ____________ 20:15 – 20:45
CROWSVIEW ___________ 19:30 – 20:00
MINDED FURY __________ 18:45 – 19:15
HOLD THE CROWN ______ 18:00 – 18:30

SAMEDI 14/10
PRIMAL FEAR ___________ 23:30 – 00:30
OSTROGOTH ___________ 22:00 – 23:00
THURISAZ ______________ 20:50 – 21:30
REJECT THE SICKNES ___ 19:40 – 20:20
FIELDS OF TROY ________ 18:30 – 19:10
FRACTURED INSANITY __17:30 – 18:00
Mr MYST _______________ 16:30 – 17:00
DECONSECRATE ________ 15:30 – 16:00
NIL MISERANS __________ 14:30 – 15:00

 

Thy Art Is Murder – Dear Desolation

J’avais chié copieusement sur Hate lors de sa sortie (ou devrais-je dire réédition) par Nuclear Blast. Puis, j’avais découvert une facette plus « atmosphérique » de Thy Art Is Murder sur l’album précédent (atmosphérique signifiant ici que le groupe parvient à créer une ambiance, une atmosphère, rien à voir avec le Black Atmo), puis sa capacité à oser en se prêtant au jeu de la reprise sur le split avec The Acacia Strain et Fit For An Autopsy. Malgré un a priori tenace, les Australiens avaient donc su, petit à petit, m’amadouer, me séduire. Après une petite pause, CJ, le frontman du groupe, est de retour parmi les siens, et Dear Desolation déboule dans les bacs.

Et il y a de nouveau à boire et à manger.

Deathcore oblige, Dear Desolation compte son lot de passages très typés Deathcore, pour ne pas dire cliché. Cela a beau être bien exécuté, et bien amené (aucun break ne semble tomber comme un cheveu dans la soupe), cela reste le genre de gimmicks qui me hérisse le poil, à plus forte raison quand le groupe parvient, sur la même compo, à placer un solo qui parvient à faire tourner l’ambiance du morceau ou à créer le genre d’atmosphère que seule une poignée de groupes parvient à générer dans leurs albums.

La question mérite d’être posée : pourquoi Thy Art Is Murder s’obstine-t-il à faire du Deathcore ? Certes, il le fait bien (et pour autant que l’on aime le Deathcore, on en prend plein les mirettes), mais ne gâche-t-il pas un potentiel ? Le groupe ne serait-il pas encore plus efficace s’il s’affranchissait de ses racines purement Deathcore ? Pour l’heure, malgré l’évolution positive (à mes yeux) du groupe, il subsiste toujours cette base « Deathcore générique » qui me déçoit un peu. En réduisant encore cette part de leur musique au profit des atmosphères comme sur « Death Dealer » et ses lignes de gratte, TAIM deviendrait à mes yeux plus efficace. Cependant, et il faut le reconnaître aussi, dans la myriade de groupes fades que compte le Deathcore, TAIM fait figure de valeur sûre qui domine la scène de la tête et des épaules.

Mister Patate (7/10)

Facebook officiel

Nuclear Blast Records / 2017
Tracklist (38:17) 1. Slaves Beyond Death 2. The Son of Misery 3. Puppet Master 4. Dear Desolation 5. Death Dealer 6. Man Is the Enemy 7. The Skin of the Serpent 8. Fire in the Sky 9. Into Chaos We Climb 10. The Final Curtain