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Nile – What Should Not Be Unearthed

Avec son premier single, "Call To Destruction", Nile aura beaucoup fait parler de lui. Mais pas musicalement. En effet, certains ont accusé de recruter pour les djihadistes en raison du clip et des paroles du morceau (alors que le disclaimer en ouverture du morceau était pourtant clair). Oui. Nous sommes en 2015 et certains suranalysent tout et font part de leur opinion sur internet. Une polémique stérile qui masque la force d'impact de ce morceau efficace en diable. C'est basique, on est loin de certains morceaux plus alambiqués, mais Nile rentre dans le lard avec un opener imparable.

Et le reste de l'album est du même tonneau. Sans pour autant abandonner totalement le son qui a fait la renommée du groupe, Nile livre un album qui me semble plus simple. J'ai moins l'impression d'être plongé dans une ambiance orientalo-égyptienne et ce n'est pas forcément pour me déplaire. What Should Not Be Unearthed est plus épuré, plus to the point. Les compos sont certes toujours aussi recherchées, je ne retrouve plus vraiment le Nile que j'avais découvert il y a des années avec les premiers albums.

Et ça ne me dérange pas du tout. Parce que What Should Not Be Unearthed frappe toujours aussi fort. La composante Death Metal du groupe n'a pas été adoucie, au contraire. George Kollias, par exemple, livre une prestation à nouveau ébouriffante, et ses deux compères parviennent toujours autant à en mettre plein les dents avec un barrage guitare/basse dévastateur.

2015 est un grand cru pour le Death Metal. Pour l'heure, Nile fait partie des gros morceaux déjà sortis, avec Rivers Of Nihil et Cattle Decapitation (même si ce dernier n'est pas un groupe de Death pur et dur), sans oublier Krisiun. Malevolent Creation, Hate Eternal, Bodyfarm… La concurrence est rude. Nile est-il meilleur que tous ces groupes cette année ? Difficile à dire, mais je ne peux pas leur reprocher grand-chose sur ce nouvel album.

Mister Brute Force (8,5/10)

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Nuclear Blast Records / 2015
Tracklist (50:03) 1. Call to Destruction 2. Negating the Abominable Coils of Apep 3. Liber Stellae – Rubaeae 4. In the Name of Amun 5. What Should Not Be Unearthed 6. Evil to Cast Out Evil 7. Age of Famine 8. Ushabti Reanimator 9. Rape of the Black Earth 10. To Walk Forth from Flames Unscathed

 

Skinless – Only The Ruthless Remain

Skinless, encore un de ces noms qui fleurent bon la “bonne vieille époque”, une de ces formations qui avaient tout doucement disparu après un dernier album qui m’avait laissé une excellente impression. Et, comme beaucoup (trop) de groupes, l’annonce du retour, d’abord en live dans quelques festivals triés sur le volet, et maintenant avec un nouvel album. Vous connaissez à me connaître, je ne saute pas de joie à l’idée de me farcir un énième comeback moisi. J’ai déjà eu suffisamment de déceptions.

Bon, on ne va pas traîner : Only The Ruthless Remain n’est pas la déception que je craignais. Mais Only The Ruthless Remain n’est pas non plus l’éclatante réussite que j’espérais secrètement. À l’instar du dernier bébé d’At The Gates, cette nouvelle offrande de Skinless est simplement bon. Malgré les années d’absence, le groupe n’a pas perdu de sa force de frappe et assène 7 morceaux d’un Death Metal qui fleure bon la brutalité. Le riff casse des nuques, la section rythmique cogne sans relâche (on regrettera juste, comme sur tout bon album de brutal qui se respecte, une basse trop en retrait) et le beugleur de service officie dans le registre ours en rut que tout fan qui se respecte affectionne tant. C’est plutôt bateau. Je réécoutais récemment Dechristianize de Vital Remains, dans un petit accès de nostalgie, et Skinless fait plutôt pâle figure en matière de songwriting et de complexité face à un Vital Remains qui sait se montrer audacieux sans pour autant en perdre en brutalité. Skinless, lui, perd justement de son efficacité quand il s’écarte du registre bourrin. Vous me direz que je fais une fixette sur Vital Remains, mais les passages en lead guitar ou les soli sur Dechristianize, sils ne sont pas brutaux, parviennent à poser une atmosphère sinistre. C’est Skinless, ça tombe à plat.

Au final, mis à part quelques petits coups de mou, Skinless s’en sort plutôt pas mal. Mais comment le noter ? Je ne peux pas faire abstraction des précédents efforts du groupe. Only The Ruthless Remain a beau être correct, sa place dans mon classement de mes albums favoris de Skinless m’incite (m’oblige ?) à être sévère. Sur Trample The Weak, Hurdle The Dead, Skinless me faisait vibrer. Ici, j’ai un album qui fait passer le temps avec une efficacité certaine, mais sans qu’un lien affectif ne se crée. Je ne ressens pas de vrai plaisir à l’écouter. Dommage.

Mister Brute Force (6,5/10)

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Relapse Records / 2015
Tracklist (35:39) 1. Serpenticide 2. Only the Ruthless Remain 3. Skinless 4. Flamethrower 5. The Beast Smells Blood 6. Funeral Curse 7. Barbaric Proclivity

 

Rivers Of Nihil – Monarchy

Un jour, vous perdrez de votre superbe. Et puis vous mourrez. Nous mourrons tous. Et à notre place viendront d’autres personnes, avec leurs qualités et leurs défauts. Ce constat s’applique aussi à nos groupes favoris, avec une cohorte de grands noms qui, au fil des ans, perdent des plumes et finissent par ne plus être qu’une caricature d’eux-mêmes. Heureusement, ici aussi, il y a une relève, des jeunes prêts  reprendre le flambeau. En Death Metal, un des plus sérieux candidats s’appellent Rivers Of Nihil, dont le premier effort avait déjà séduit notre regretté Mass.

Dès la première écoute, on sent que le groupe a su mettre à profit le temps écoulé depuis The Conscious Seed of Light. Le groupe n’a pas fait un pas en avant. Il a fait un bon de géant. Les morceaux sont encore plus ambitieux qu’autrefois, plus sombres, plus prenants (le principal compositeur explique d’ailleurs que la perte de plusieurs de ses amis proches ont eu un impact marqué sur sa façon de composer, et le résultat est en effet frappant). Plutôt que de se contenter de faire du Death Metal très « plan-plan », Rivers Of Nihil intègre un énorme travail au niveau des ambiances, de la structure des morceaux, sans pour autant tomber dans l’excès oppressant (mais ô combien délicieux) d’un Gorguts ou d’un Ulcerate. Toutefois, les traiter de « Gorguts/Ulcerate light » serait une insulte, tant Monarchy me séduit autant que Colored Sands et Vermis.

Des morceaux ambitieux, un album bien équilibré, le tout magnifié par une production aux petits oignons… Monarchy fait figure d’épouvantail dans le monde du Death technico-progressif, à tel point que je pense que seul Obscura pourra faire mieux cette année. Rivers Of Nihil a su combiner l’ambition avec une certaine retenue. Ce groupe a tout pour réussir. En deux albums, ils deviennent à mes yeux une valeur sûre. The Conscious Seed of Light portait sur le printemps ; Monarchy, sur l’été… Je pense que je n’ai encore jamais attendu l’automne avec autant d’impatience.

Mister Brute Force (9/10)

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Metal Blade Records / 2015
Tracklist (49:26) 1. Heirless 2. Perpetual Growth Machine 3. Reign of Dreams 4. Sand Baptism 5. Ancestral, I 6. Dehydrate 7. Monarchy 8. Terrestria II Thrive 9. Circles in the Sky 10. Suntold