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Carach Angren – This Is No Fairytale

Voilà une bonne surprise, le genre de surprises qui n’arrivent que trop rarement, malheureusement, le genre d’albums que l’on ne peut simplement pas ne pas aimer si on est amateur du genre. Cette fois, il est question de Black symphonique, et l’heureux élu, celui qui m’a pris en traître n’est autre que Carach Angren, dont le dernier album, This Is No Fairytale, n’a rien à envier à d’autres grands noms à la renommée bien mieux établie.

Tout d’abord, il y a cette intro purement symphonique. Je ne me souviens pas avoir déjà entendu une intro sympho aussi réussie. C’est sombre, mystérieux, maîtrisé de bout en bout, une mise en bouche excellente avant « There’s No Place Like Home ». Voilà, les choses sérieuses commencent, la machine s’emballe et les arrangements symphoniques viennent se marier parfaitement avec le Black pratiqué par les Hollandais. Un peu comme Saille, Carach Angren vient marcher sur les plate-bandes des deux monstres du genre, j’ai nommé Dimmu et Cradle. Mieux encore : là où ces deux géants n’ont plus grand-chose à proposer et ont quelque peu perdu de leur éclat, Carach Angren se veut à la fois efficace et ambitieux. Les apports symphoniques sont bien intégrés et ne sonnent pas cheap (« Dreaming Of A Nightmare In Eden » fait partie, aussi, des interludes sympho les mieux maîtrisés depuis quelques années), la base Black Metal est efficace… et que dire de la prestation du frontman, si ce n’est qu’elle est tout aussi convaincante que celle d’un Shagrath ?

This Is No Fairytale est un album ambitieux. Chaque morceau est une histoire, passionnante, narrée par un frontman possédé par sa prestation. En l’espace de quelques sorties, Carach Angren a su se faire un nom, se forger un son et, surtout, progresser à un rythme soutenu. This Is No Fairytale est une des excellentes surprises de l’année. Dimmu Borgir a pris du recul ? Pas grave, les plats pays nous ont servis deux remplaçants moins réputés mais sacrément réputés avec Saille et Carach Angren.

Mister Porn (8,5/10)

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Season Of Mist Records – 2015
Tracklist (44:13) 1. Once upon a Time 2. There's No Place like Home 3. When Crows Tick on Windows 4. Two Flies Flew into a Black Sugar Cobweb 5. Dreaming of a Nightmare in Eden 6. Possessed by a Craft of Witchery 7. Killed and Served by the Devil 8. The Witch Perished in Flames 9. Tragedy Ever After

 

Fallujah – The Flesh Prevails

C’est moche. Vraiment, vraiment moche. Parce que là, à un élément près, je tenais une galette qui me hérissait le poil dans le bon sens du terme, qui me filait des frissons de contentement et me bluffait par sa maîtrise et son sens de la mélodie. The Flesh Prevails avait tout pour me combler. Et il aura fallu que la batterie vienne tout gâcher.

Parce que le problème est bel et bien là : je ne comprends pas quelle mouche a bien pu piquer les gars de Fallujah pour venir coller une batterie aussi omniprésente sur cet album. En tendant bien l’oreille, on entend, derrière un feu nourri de coups de caisse claire, une performance guitare/basse à tomber à terre. C’est beau, c’est aérien, avec quelques envolées supersoniques et un sens de la mélodie poussé à l’extrême, sans oublier, bien entendu, quelques passages plus pesants. Mais voilà, il faut tendre l’oreille et faire abstraction d’un batteur envahissant. Le mix est mal équilibré, à tel point qu’on frise rapidement le mal de crâne vu qu’on est tenté de pousser le son pour entendre les autres instruments. Au final, ce sont donc les quelques passages où la guitare se fait moins aérienne qui s’apprécient le plus, parce que la dentelle de riffs se transforme alors en complément idéal au tabassage de la section rythmique.

Avec un meilleur mix et/ou une prestation moins exubérante à la batterie, The Flesh Prevails aurait vraisemblablement été une réussite éclatante. Ici, on se retrouve au final avec un album qui colle la migraine. Vraiment dommage…

Mister Porn (4,5/10)

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Unique Leader Records / 2014
Tracklist (41:32) 1. Starlit Path 2. Carved from Stone 3. The Night Reveals 4. The Flesh Prevails 5. Levitation 6. Alone with You 7. Allure 8. Sapphire 9. Chemical Cave

 

Acrania – Totalitarian Dystopia

Angleterre, son de batterie en plastoc, growl ultra guttural et pig squeals, riffs lourds et saccadés… Vous l’aurez compris, on ne va pas faire dans la dentelle avec Acrania. Dès « Hollow », on sent que l’écoute peut rapidement tourner au calvaire si le Deathcore est du genre à vous coller des boutons sur le gland. Et pourtant, récemment, je vous parlais en bien d’une autre formation typée Deathcore en provenance de la perfide Albion, à savoir Ingested… Mais ici, la sauce ne prend simplement pas.

Tout d’abord, il y a le chant, qui aligne les clichés avec entrain. Le growl guttural est particulièrement guttural, les passages en chant criard me font penser à un Mitch avec un bout de gingembre pelé enfoncé dans l’anus, sans oublier le pig squeal artificiel en diable. Après 4 morceaux, le frontman me donne déjà envie d’appuyer sur Eject. Pas bon signe.

Et la musique ? J’ai bien peur qu’elle soit tirée du même tonneau, à croire qu’il doit exister un générateur de morceaux Deathcore et qu’il suffit d’y mettre une pièce et d’ajouter sur « Random » pour se voir proposer un break pataud, un riff saccadé et un growl rectal. Plutôt que d’écrire des chroniques, je devrais développer cette machine. Je me ferais des burnes en or.

Totalitarian Dystopia ne laisse pas d’impression durable. Même après quelques écoutes, je ne serais pas en mesure de pointer un passage qui m’a marqué. À ce petit jeu, Ingested était bien plus efficace. Acrania aligne simplement les mêmes poncifs éculés, sans réflexion.

Mister Porn (2/10)

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Unique Leader Records / 2014
Tracklist (36:42) 1. Hollow 2. Festering with Dishonesty 3. Totalitarian Dystopia 4. Servants of Hypocrisy 5. Survival Sequence 6. A Gluttonous Abomination 7. Susceptible to Retinal Reprogrammability 8. Lobotomise, Dehumanise, Negate. [LDN] 9. Messiah of Manipulation 10. Disillusion in a Discordant System