Author Archive

Corbeaux – Kind Words

La scène noise-rock française se porte bien. Si Pneu, Brume Retina, Marvin, Papier Tigre ou encore les vétérans de Kill the thrill ont donné leurs lettres de noblesse au genre, une nouvelle génération de groupes débarque pour inscrire son nom au tableau. Avec Kind words, les Quimpérois de Corbeaux incarnent le renouveau.

Kind words est un album exigeant ; qui demande beaucoup d’investissement de la part de l’auditeur.Quelques écoutes sont nécessaires pour en saisir toutes les nuances. Si les influences sont évidentes (Refused, Neurosis, Cult of Luna), Corbeaux se fiche des genres ; metal, noise, hardcore et post-rock s’entre-choquent avec bonheur. Il est difficile de qualifier cette musique abrasive. Pourtant, ce troisième album est un bloc qui s’enfile d’une traite. Corbeaux nous entraîne dans un maelström musical infernal. Des digressions post-metal de « The light has voice » à la furie tellurique du diptyque « Old tired horse/Old dying horse » en passant par les grands espaces du final « Twig », impossible de stopper l’écoute.

Les sept titres de Kind words placent Corbeaux en pôle position de cette scène post-hardcore-noise hexagonale. Bluffant, Kind words est un brûlot incandescent qui ne mérite qu’une chose : qu’on le porte au pinacle en se le passant en boucle. Album de l’année ?

Nico (9/10)

Site Officiel : https://corbeauxrock.bandcamp.com/

Blue Wave / 2017

01. Corpse pose 02. Old tired horse 03. Old dying horse 04. The light has voice 05. Helena Markos 06. Mouth shut 07. Twig

Toutes les photos cliquer ici.

Prong monte sur scène, il fait chaud, le soleil est à son zénith. Les premiers accords raisonnent, la fosse bouillonne. Tommy Victor est tout sourire ; ses acolytes tabassent un thrash/indus sans concession. « Unconditional » retourne les agités des premiers rangs et les tubes s’enchaînent jusqu’à la doublette « Snap your fingers, snap your neck/Whose this fist is anyway ? ». Bon boulot.

Regarde les hommes tomber se produit dans une Temple remplie à ras bord. Mine de rien, la notoriété du quintet devient de plus en plus énorme. A l’instar d’un Svart Crown, les Français donnent tout lors de leurs prestations apocalyptiques (cf. Netherland Deathfest 2017). Le groupe se porte garant d’un black metal pur. Il le démontre encore lors de ce concert impeccable.

C’est au tour de Crippled Black Phoenix d’investir la Valley. Fort d’un album (Bronze) encensé dans nos colonnes, le collectif nous délivre une prestation intense. Rien n’est laissé au hasard ; le niveau musical est élevé, les musiciens concernés. Les morceaux s’enchaînent, on se laisse emporter par la mélancolie émanant de ces délicieuses mélodies. C’est un doux moment de flottement dans ce torrent de décibel qu’est le Hellfest. Presque magique.

Pentagram débarque en trio sur la scène de la Valley ; dans une configuration inédite car Bobby Liebling (chant) séjourne actuellement en prison. Mené par Victor Griffin, le groupe monte au créneau et délivre une prestation époustouflante. Riffs d’acier, batterie plombante et basse qui cogne sont au rendez-vous. C’est un vrai tour de force : les trois hommes nous font oublier l’absence et le côté décalé de Liebling. Pentagram nous offre un show surprenant. L’occasion de repartir sur de nouvelles bases ?

On enchaîne avec les Canadiens de Alter Bridge. La foule devant la Mainstage est considérable. Elle accueille avec ferveur le rock/metal alternatif de Myles Kennedy and co. La prestation est carrée, rien ne déborde, c’est maîtrisé. C’est indéniablement bon, mais facilement oubliable.

La Valley est bondée. Quand Blue Öyster Cult arrive sur scène, c’est l’ovation. Le groupe de Eric Bloom et de Buck Dharma est en grande forme. Ravis d’être là, les New-Yorkais déroulent une ribambelle de tubes (« The red and the black », « ME 262 », « Tattoo vampire »…) et font encore parler la poudre, avec le gigantesque « Godzilla ». Des frissons parcourent l’échine pendant le merveilleux « (Don’t fear) The reaper ». L’affaire se finit sur « Cities on flame with rock and roll ».

La chaleur ne baisse pas, les peaux crament, la fatigue pointe le bout de son nez ; pourtant l’affluence, devant la Mainstage, atteint des records. Prophets of rage est attendu au tournant. La patience est récompensé ; le super groupe explose tout. Au programme, que des tubes : si Public Enemy et Cypress Hill sont rapidement évoqués, la majorité du set se compose de reprises de R.A.T.M. Morceaux indispensables (« Guerilla radio », « Bulls on parade »…) qui rappellent l’époque rebelle de l’adolescence. Soutenus par B-Real et Chuck D, Morello, Wilk et Commerford n’ont rien perdu de leur pertinence musicale. Ils retrouvent l’urgence de leurs plus belles années. L’affaire se termine avec le séminal « Killing in the name ». Hymne de la journée.

Linkin Park est un groupe courageux ; se mesurer au public du Hellfest n’est pas chose facile (cf l’affaire Slipknot). Si la production est impressionnante (son puissant, lumières parfaites), le groupe foire son entrée : commencer son concert avec un titre faible (« Talking to myself ») est un choix peu judicieux. Il faut attendre QUATRE longs morceaux avant que Bennington et Shinoda lâchent la bride avec « One step closer ». Mais l’affaire semble pliée avec « Lost in the echo ». Chester Bennington semble souffrir… Direction la Temple pour oublier ce douloureux moment.

Emperor a déjà bien entamé son set, mais la magie opère. Samoth, Ihshan et Trym subliment le genre en quelques riffs. Le trio sonne juste. Emperor, cador du genre, offre la version parfaite du black-metal. Le public se laisse emporter, ivre de fatigue et de soleil, par cette musique noire sans concession. Pour finir le concert, Ihshan dégaine de sa besace une triplette de morceaux sublimes (« Curse you all men ! », « I am the black wizards », « Inno a Satana »). Emperor fait partie des plus grands groupes de black-metal. Il l’a prouvé encore ce soir.

Le Hellfest est un des meilleurs festivals du moment. Ambiance, organisation, infrastructures : tout y est imparable. C’est un sacerdoce à faire au moins une fois dans sa vie de metalleux…

Le moment de s’en aller est venu, avec pour fond musical les volutes psychédéliques de Hawkwind…

A l’année prochaine…

Nico.

Ps : Je tiens à remercier chaleureusement Anita et à Julien sans qui ce report n’aurait pas été possible. MERCI à vous deux ! On se voit en 2018.

Toutes les photos cliquer ici.

Débarquer au milieu d’une fête, c’est étrange. L’ambiance est déjà installée, les convives sont au taquet, on se sent en décalage. Cette impression s’estompe vite. Ici commence mon Hellfest.

Arrivé en plein milieu du concert d’Ugly Kid Joe, la température est au maximum. Whitfield Crane n’a rien perdu de sa superbe. Son orchestre se débrouille très bien avec les vieux tubes « Milkman son » et le définitif « Everything about you », repris en chœur par la foule.

Les choses sérieuses commencent avec Blood Ceremony. Le groupe de la belle Alia O’Brien nous délivre un occult rock de qualité. Les zicos sont en place et se donnent au maximum. La set-list donne la priorité aux excellents The Eldritch dark et Lord of Misrule. Le quatuor rafle la mise avec des tubes solides (« Goodbye Gemini », « The magician »). L’utilisation de la flûte traversière fait planer l’influence de Jethro Tull tout au long du show. Preuve du bon goût des Canadiens.

Changement d’univers, les trublions de Steel Panther investissent la Mainstage principale. Comme à la grande époque glam 80’s, les quatre membres surjouent. Extravagant et paillard (« 17 girls in a row »), le heavy glam de Steel Panther reste réjouissant. Assez pour chanter leurs hymnes (« Community property », « Glory hole ») et passer un bon moment.

Dee Snider a remplacé au pied levé un W.A.S.P démissionnaire. Hélas, le public y perd au change : les titres solos n’emballent pas vraiment. Hormis une reprise réussie de Nine Inch Nails (« Head like a hole ») et un sincère hommage à Chris Cornell (« Outshined »), c’est le calme plat. Dee Snider fait quand même l’unanimité avec les hits de Twisted Sister (« The kids are back », « I wanna rock »), malgré une abominable intro piano/voix sur « We’re gonna take it ».

Trust, sera de meilleure qualité. Après l’échauffement, le concert commence avec « Marche ou crève ». Norbert Krief est incroyable. Le vieux rockeur enchaîne riffs et solos avec ferveur. Bernie Bonvoisin ne change pas malgré les années. Si le chant n’est pas toujours parfait, la conviction et le charisme du bonhomme font l’affaire. La set-list n’est pas évidente, certains indispensables manquent à l’appel, mais la leçon de rock est donnée. Le récital se finit avec le nécessaire « Antisocial ». Bernie quitte la scène en lançant « Restez en colère ! ». Classieux. Ces mecs imposent une chose : le respect.

Arrivent les vieux briscards de Saxon sur la seconde Mainstage. Concert impeccable. C’est un véritable best-of : « Motorcycle man », « Power and the glory », « Heavy metal thunder », « 747 (strangers in the night) », « Crusader » et « Wheels of steel » s’écoutent toujours avec ferveur.

Primus, groupe rare dans nos contrées, est maintenant attendu. La Valley est pleine comme un œuf. Les fans patientent, la bave aux lèvres. D’autant plus que c’est le Primus « canal historique » (Claypool/Lalonde/Alexander) qui se produit ce soir. La lumière s’éteint et le trio embraye, sans attendre avec « Those Damned Blue-Collar Tweekers » d’anthologie. Les Claypool donne ce qu’on attend d’un show de Primus : musique indescriptible, interprétation sans faille, attitude dingo et voix de canard. S’ensuit une flopée de tubes frappadingues : « Too many puppies », « Wynona’s big brown beaver », « Frizzle fry », « Mr. Krinkle ». Le set se clôt sur un « My name is Mud » étiré au possible. C’est sans équivoque le concert de la journée.

En route pour la Mainstage et la légende Aerosmith. Pour sa tournée d’adieu, le groupe de Joe Perry et Steven Tyler affiche complet. Mais, ça commence mal. Le groupe a la mauvaise idée de commencer avec le très nul « Let the music do the talking ». Pire, la voix du père Tyler peine beaucoup. Dernière chance avec « Young Lust », taillé en pièces. Le calvaire continue avec le massacre de « Living on the edge ». C’en est trop, les oreilles saignent, il faut partir.

A la Valley, nous retrouvons nos esprits. Au programme, une grosse déflagration stoner-rock. Habitué des lieux, John Garcia s’est embarqué avec Slo Burn sur une mini tournée de festivals. L’ambiance reste chaude malgré l’heure tardive. Le public ressort en sueur, heureux d’avoir assisté à une prestation rare, voire unique.

La journée se finit sur cette bonne impression. Tant pis pour les excellents Deafheaven, la fatigue aura eu raison de nous.

(To be Continued…)

Nico.