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Son : Bon.

Lumières : Pas mauvaises.

Affluence : Bonne.

Ambiance : Attentive (Fiend), remuante (Brume) puis impatiente (KGC).

Moment fort : La prestation de Fiend.

 

Entrons dans l'underground parisien. Loin du grand public plébiscitant les mastodontes de la musique, il existe un autre monde. Celui des concerts organisés par de petites structures passionnées. Sélection pointue et prix modeste sont en général l'usage. C'est ici le cas.

Rejuvenation Rec, label dont on reparlera dans nos pages, organise cette soirée au Rigoletto. Un restaurant qui est une histoire à lui tout seul. Beaucoup de concerts y sont programmés et on ne peut qu'encourager le public parisien à s'y intéresser.

Fiend commence les hostilités. Ce concert permet au groupe de Heytham Al Sayed (Senser) de donner signe de vie. Après un silence prolongé, il est plaisant de retrouver ce sludge/doom/core poisseux qui nous a tant manqué. Fiend est lourd, écrasant et terriblement efficace. Les musiciens ont de la bouteille (ex Treponem Pal, Senser, 13 Zealot) et ça s'entend. Al Sayed est visiblement heureux de jouer et transmet son enthousiasme au public qui le lui rend bien. Bonne prestation qui nous fait espérer qu'ils n'en resteront pas là. Un nouvel album, vite !

« Salut ! On est les Tina Turner ! » C'est sur cette intro détonante que Brume Retina débute un set bref mais d'une intensité ébouriffante. Noise, hardcore et surtout sans concession, Brume Retina concasse violemment son auditoire. On en ressort épuisé, bringuebalant mais heureux. Le tout donne envie de se plonger dans leurs deux albums (« Linéaire des libres » & « Agresse gueule »). On a assisté au gig « In your face » de la soirée.

Enfin, arrivent les Kabul Golf Club pour leur première visite en France. A Metalchroniques, on adore. A tel point que les Belges et leur « Bal du Rat Mort » font partie des grandes découvertes 2012. Malheureusement, le quatuor n'a pas de chance. Problèmes techniques à gogo et grands silences mettent à mal ce concert dont on attendait beaucoup. Un jour compliqué, sauvé par la qualité des chansons de leur unique E.P.

« 5 minutes 2 Midnight » et le fabuleux « Demon Days » restent d'efficaces brûlots. Le combo belge nous gratifie d'un inédit (« Moudjahidin ») efficace qui laisse espérer le meilleur. Dommage donc que la technique ait entaché ce moment. On les retrouvera lors de leur prochain passage.

On rate ChooChooShoesShoot pour une histoire de dernier métro mais on ressort revigoré par ce package.

Ces « petits » concerts permettent de découvrir, de s'abreuver et de vivre vraiment la musique. Underground ? Souterrain ? Peut-être. En tous cas, Rejuvenation Rec est un organisateur (et un label) à part qui sait se démarquer.

Alors, soutenez ce genre d'initiatives. Ça vaut vraiment le coup.

Nico.

Liens:

Rejuvenation Rec: http://www.rejuvenationrecords.com/

Photos: Fiend, Brume Retina, Kabul Golf Club   

Kadavar – Kadavar

Depuis un an ou deux, plusieurs jeunes groupes effectuent un bond dans le passé en affirmant : « oui, c'était mieux avant ». Les yeux rivés sur les glorieuses 70's, ces formations proposent une production fournie qui engendre moultes réussites. Ghost nous la rejoue Blue Öyster Cult, Royal Thunder mixe Led Zep avec Black Sabbath tandis que In Solitude replonge avec délice dans des ambiances occultes que n'aurait pas reniées Anton Lavey. Derniers arrivés sur ce marché florissant, les Allemands de Kadavar risquent, à leur tour, de marquer ce sympathique revival.

Principalement influencés par Black Sabbath, Cactus ou Bang!, mais loin d'être passéiste, ce power trio fait le job. Ici, on ne s’embarrasse pas de fioritures. Et en l'espace de sept titres, Kadavar dévoile un sacré potentiel. C'est rock, psychédélique et roots au possible. On vous conseillera de commencer par les deux sommets de l'album : « Living in your head », une épopée de sept minutes qui marquera l'auditeur grâce à ses envolées « space rock » ; « Creature of the demon », un morceau plus basique qui montre le côté plus brut de Kadavar. C'est bougrement efficace. Les barbus teutons délivrent un album qui saisit son auditeur.

Direct, net et sans bavures, ce premier Lp laisse présager un futur radieux. Il s'agit d'un gros coup de cœur pour cette année 2012.

Nico [8/10]

Facebook : http://www.facebook.com/pages/KADAVAR/108072095944589

Myspace : http://www.myspace.com/kadavar1969

This Charming Man Rec / 2012

01. All Our Thoughts 02. Black Sun 03. Forgotten Past 04. Goddess Of Dawn 05. Creature Of The Demon 06. Purple Sage 07. Living in your head

Depuis presque 30 ans, Tankard nous propose une formule immuable : fun, thrash, et rigolade à tous les étages. Réputée pour son obsession compulsive pour la bière, cette petite institution germanique n'a jamais été reconnue à sa juste valeur. Pourtant, à l'origine de quelques brillants albums (Chemical invasion, Zombie Attack), la bande de Gerre a souvent flirté avec des productions de seconde zone (Thirst, Disco Destroyer). De fait, mis à l'écart du fameux brelan Kreator, Sodom et Destruction, Tankard a toujours été considéré comme l'outsider de ce qui aurait pu être un « big Four » allemand.

Pour son seizième album, cette bande de soûlards continue sur sa lancée avec A Girl called Cerveza. Hélas, dès le premier morceau, on déchante. Cette formule qui marchait encore il y a peu (remember « B-Day ») donne l'impression de tourner à vide. Les morceaux sont poussifs, trop longs (« Son Of A Fridge ») et l'ennui terrasse l'auditeur. Tout n'est pas négatif. On se surprend à y croire l'espace d'un instant avec « Metal lady boy ». Pêchu et complètement dynamité par la présence d'une Doro Pesch des grands jours, cette drôle de bluette fera headbanguer dans les chaumières. Certes, ça n'est pas du grand Tankard à la Zombie Attack, mais après quatre morceaux pesants, ce titre réveille la ferveur du métalleux.

L’enthousiasme retombe comme un soufflé. Et ce, malgré la poussée d'adrénaline de « Not One Day Dead ». Restent quelques tristes morceaux qui ne prouvent qu'une chose : Tankard est aujourd'hui l'ombre de lui même.

Le quatuor se laisse aller, cet album inutile a la saveur d'une bière sans alcool. Dommage de la part d'un groupe qui a su, dans le passé, nous proposer un houblon de meilleure qualité.

Nico [02/10]

 

Site Officiel: http://www.tankard.info/

Nuclear Blast /2012

01. Rapid Fire (A Tyrant's Elegy) 02. A Girl Called Cerveza 03. Witchhunt 04. Masters of Farces 05. The Metal Lady Boy 06. Not One Day Dead (But One Day Mad) 07. Son of a Fridge 08. Fandom at Random 09. Metal Magnolia 10. Running On Fumes