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Stahlmann – Bastard

Certains phénomènes restent inexplicables, les géoglyphes de Nazca, les sphères mégalithiques du Costa Rica, la capacité d’absorption de bières de nos amis belges et surtout le succès des allemands de STAHLMANN. Dans le genre naze et formaté, les teutons font forts années après années. Et ils trustent joyeusement, à chaque fois, les charts outre-Rhin, franchement, il y a de quoi perdre son latin. Donc voici Bastard, le cinquième depuis leurs débuts en 2010. Tout un chacun pourrait être impressionné par la créativité de nos amis mais non c’est une illusion vue la qualité et la pauvreté artistique de ce qui est ici proposé.

Les plus cyniques me diraient que STAHLMANN a trouvé sa formule gagnante et qu’ils seraient idiots de ne pas en profiter. C’est vrai mais cela ne justifie pas notre adhésion à cette démarche racoleuse. Donc si vous aimez la Neue Deutsche Härte ou plus simplement RAMMSTEIN, OOMPH ! ou MEGAHERZ, vous êtes directement ciblés par nos amis argentés (un de leur gimmick). Prenez des grosses rythmiques de guitares, des claviers, des boucles électro, une voix grave et des mélodies simplissimes et vous avez votre carton. Et nos amis teutons recyclent et déclinent ces quelques éléments encore et encore sur dix chansons à chaque nouvel album. C’est du facilement consommé, immédiatement mémorisable et certaines mélodies risquent de vous rentrer dans la tête que vous le vouliez ou non.

Mais une fois la première impression sympathique passée, on se rend vite compte de tout cela reste bien vide, sans aucune créativité ni originalité. Ce sont des professionnels et ils savent y faire. Maîtrisant leur sujet, ils sont capables de nous sortir un nouvel opus tous les ans, modifiant une mélodie ici, les paroles là et variant les rythmes et les sonorités. Votre serviteur est un grand fan de cette scène et tombe à chaque fois dans le panneau. Mais le rêve ne dure pas et dès la deuxième ou la troisième écoute, les ressemblances sautent aux oreilles et provoquent un ennui immédiat.

Quitte à s’amuser avec les clichés et le gimmicks de ce genre, ULTRA VOMIT l’a fait récemment avec plus de talent même si la plaisanterie tombait elle-aussi rapidement à plat. STAHLMANN a toutes les raisons de continuer sur sa lancée puisqu’il trouve à chaque fois un public intéressé. Leurs albums disparaîtront tous bien vite des mémoires mais ils auront, une fois de plus, générés les retours (pécuniaires) attendus.
Oshyrya (03/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (36:45 mn) 01. Leitwolf 02. Judas 03. Bastard 04. Nichts Spricht Wahre Liebe Frei 05. Wächter 06. Von Glut Zu Asche 07. Alptraum 08. Dein Gott 09. Schwarz Und Weiss 10. Supernova

 

 

Wolfpakk – Wolves Reign

Eh m… déjà un nouvel album du projet WOLFPAKK. Franchement, Mark Sweeney (ex-CRYSTAL BALL) et Michael Voss (MAD MAX, MICHAEL SCHENKER) pourraient prendre leur temps car chaque fois cela c’est la croix et la bannière pour chroniquer leurs albums. Oui, vous avez raison, la vie de chroniquer est difficile et cruelle. Donc après un album éponyme en 2011, Cry Wolf en 2013, Rise Of The Animal en 2015, voici Wolves Reign. Sortez gâteaux et cotillons, c’est la fête…

Le concept n’a pas évolué, nos deux amis composent des titres hard-rock/métal mélodique au kilomètre et ils trouvent ensuite des figures du milieu pour les interpréter. C’est un peu l’AVANTASIA du pauvre mais ils doivent s’y retrouver financièrement car ils continuent l’aventure depuis plus de six ans. Reconnaissons un vrai savoir-faire aux deux acteurs de cette tragédie, ils savent composer à la chaine des chansons au standard correct, très formatée et facilement assimilable histoire de plaire au plus large public (surtout germanique) possible. Saluons la performance car Sweeney et Voss réussissent l’exploit de recycler encore et encore les mêmes ingrédients sans que cela n’apparaissent trop honteusement. La liste des musiciens contributeurs reste comme d’habitude longue comme le bras et compte, à quelques exceptions près, surtout d’anciennes gloires ou des seconds-couteaux. Ce n’est pas une tare et ils s’acquittent tous de la tâche attendue. Point positif, la liste des contributeurs se voit régulièrement renouvelée d’un disque à l’autre.

 

Chant: Biff Byford (SAXON), Ronnie Atkins (PRETTY MAIDS), Michael Vescera (ex-MALMSTEEN), Tony Harnell (TNT), Oliver Hartmann (AVANTASIA), Jioti Parcharidis (VICTORY), Steve Grimmett (GRIM REAPER), Pasi Rantanen (THUNDERSTONE), Claus Lessmann (PHANTOM V), Danny Vaughn (TYKETTO), Andy Lickford (LICKFORD)

Guitares: Timo Somers (DELAIN), Brad Gillis (NIGHT RANGER), George Lynch (ex-DOKKEN), Alen Brentini (A. Gabalier), Jen Majura (EVANESCENCE), Chris Holmes (ex-W.A.S.P.)

Basse: Rudi Sarzo (Ozzy Osbourne), Marc Lynn (GOTTHARD), Volker Krawczak (Axel Rudi Pell), Michael Müller (Herman Frank)

Batterie: Alex Holzwarth (AVANTASIA), Gereon Homan

 

WOLFPAKK continue de contribuer à la pratique vertueuse du recyclage en proposant tous les deux un nouvel album, clone légèrement remaquillé de son prédécesseur. Si vous aimez le hard-rock/métal mélodique vous trouverez sans doute votre compte dans ce patchwork de chansons et cette jungle de contributeurs. Vous trouverez un savoir-faire indéniable mais le déclinaison ad nauseam du même concept s’avère épuisant à la longue. Et si, cerise sur le gâteau, la pochette s’avère aussi vilaine, Wolves Reign s’apparente presque à du masochisme.
Oshyrya (05/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (57:01 mn) 01. Falling 02. Run All Night 03. Blood Brothers 04. Wolves Reign 05. No Remorse 06. Inside The Animal Mind 07. Spirit Of The Hawk 08. The 10 Commandments 09. Mother Earth 10. Tomorrowland 11. I’m Onto You

 

 

Helion Prime – s/t

Les américains d’HELION PRIME n’ont que quelques années d’existence et un album sous le bras et c’est déjà un sac de nœud absolu au niveau de son line-up. Né en 2014 de la rencontre entre le guitariste Jason Ashcraft (OF DIRE PERIL) et la chanteuse Heather Michele (GRAVESHADOW), le groupe progressivement de l’ampleur en enregistrant en duo une première démo et en se produisant sur scène en Californie. En 2015 sort un premier EP et le line-up prend forme avec l’intégration de de deux nouveaux musiciens. S’en suit une tournée dans quatre états américains et la sortie en autoproduction de ce premier opus éponyme. Mais depuis cette parution, c’est le bérézina. Ashcraft a fait le vide en recrutant un nouveau batteur, un guitariste et Heather Michele quitte le navire. Elle est remplacée par Kayla Dixon qui n’aura finalement tenu qu’une année. Exit Kayla et on attend la suite des aventures.

Donc cet album nous fait faire un retour dans le passé puisque sur les quatre musiciens présents, deux ne sont déjà plus d’actualité. HELION PRIME propose un power métal US dans un univers de science-fiction. Cela se veut puissant et mélodique, l’auditeur se doit d’être immédiatement ferré et ne plus être lâché. Rien de révolutionnaire au programme mais des musiciens appliqués qui affiche un joli savoir-faire et semblent déjà connaître toutes les ficelles du métier malgré leur manque d’expérience. Chaque composition oscille entre quatre et cinq minutes et veut aller à l’essentiel sans fioritures et guimauve. Quelques nappes de claviers ici et là et quelques effets électro rappellent le concept science-fiction du disque mais cela reste finalement assez anecdotique (en dehors du solo de claviers sur « Oceans of Time »).

Heather Michele offre une belle performance, elle évolue dans un registre rock, et sa prestation affiche force et conviction. Elle apporte un vrai plus et insuffle un supplément d’âme à ces chansons. Dans son ensemble, ce disque est mené pied au plancher même si les américains ont su intelligemment intercalé régulièrement quelques plages plus calmes permettant de reprendre son souffle et d’apprécier une autre facette de leur talent. Les guests sont très nombreux sur ce disque, surtout pour assurer des soli de guitares sur une majorité de chanson. Signalons simplement la présence de Niklas Isfeldt (DREAM EVIL) sur « Live And Die On This Day ».

HELION PRIME laisse une impression très positive avec ce premier album. Le son est correct et ne dénature pas les compositions des américains. Le travail accompli reste sérieux et appliqué tout au long de l’album. Dommage que le tout manque de caractère et peine à sortir des sentiers battus. Cet album reste gentiment dans les clous et ne fait preuve d’aucune audace. Espérons que la nouvelle chanteuse à venir saura insuffler un souffle nouveau dans la démarche des américains.
Oshyrya (6,5/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (48:10 mn) 01. Into The Alien Terrain 02. The Drake Equation 03. Life Finds A Way 04. Into The Black Hole 05. A Place I Thought I Knew 06. You Keep What You Kill 07. Oceans Of Time 08. Moon-Watcher 09. Apollo (The Eagle Has Landed) 10. Live And Die On This Day