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Sinner – Tequila Suicide

Ça pour une surprise ! Voici le retour des allemands de SINNER avec un nouvel album sous le bras ! One Bullet Left date quand même de 2011 et Touch Of Sin 2 en 2013 n’avait franchement pas de quoi enthousiasmer les foules. Très occupé par ses multiples projets, PRIMAL FEAR, VOODOO CIRCLE et surtout les Rock meets Classic, Matt Sinner semblait avoir d’autres chats à fouetter que de remettre le couvert avec son propre groupe. Et bien non, il se rappelle à notre bon souvenir avec Tequila Suicide.

Beaucoup l’oublie mais l’aventure a débuté en 1982 et la carrière discographique des allemands s’avère être longue comme le bras. Mais sans vouloir être désagréable, déjà au début des années 2000, SINNER était devenu le symbole d’un heavy metal allemand assez ennuyeux, cliché au possible et sans aucune innovation. Le groupe a toujours fait office de seconds couteaux dans l’ombre des GAMMA RAY ou HELLOWEEN, beaucoup plus talentueux et accrocheurs. Curieux de voir ce que le cru 2017 peut donner.

Et bien la première écoute s’avère assez surprenante tant les allemands prennent tout le monde à contre-pied et se la joue heavy-rock américain. La pochette annonçait déjà ce virage mais ces dix nouvelles compositions confirment ce changement de philosophie. Les bases heavy metal restent bien présentes mais tout cela se veut plus accessible, mélodique et entraînant. SINNER devient la musique d’ambiance idéale d’un bar de bikers, Sans doute inspiré par ses autres projets, Matt Sinner a joué ici la simplicité, un rythme soutenu, des lignes mélodiques simples et des refrains accrocheurs. C’est lui qui assure le chant et il s’en sort très bien, sa voix très rock et viril se marrie naturellement avec cette approche hard rock plus légère. Les titres s’enchaînent et sont leur petit effet en fond sonore. Oui n’espérez quand même pas des miracles, Tequila Suicide s’avère être un travail sérieux et professionnel mais vous n’y trouverez pas de quoi monter aux rideaux.

On attendait SINNER au tournant avec une musique ennuyeuse, nostalgique et rétrograde et on se surprend finalement à taper du pied en rythme sur « Go Down Fighting » ou « Tequila Suicide ». Tout se perd ma bonne dame, nos certitudes disparaissent les unes après les autres. Si vous avez une âme de rocker ce disque est pour vous.
Oshyrya (06/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (39:21 mn) 01. Go Down Fighting 02. Tequila Suicide 03. Road To Hell 04. Dragons 05. Battle Hill 06. Sinner Blues 07. Why 08. Gypsy Rebels 09. Loud & Clear 10. Dying On A Broken Heart

 

 

Bloodbound – War of Dragons

Difficile de ne pas paraître péremptoire et condescendant au moment d’aborder le cas des suédois de BLOODBOUND. Nous pourrions rapidement être taxés d’élitisme en nous moquant du groupe. Et pourtant, nos amis ne nous aident pas à les prendre au sérieux en multipliant les clichés un peu kitsch, que ce soit les photos promos de ce disque (mention spéciale à Patrik J Selleby, le chanteur), ou la thématique abordée. Mais laissons sa chance au produit, nous avons tous, après tout, nos plaisirs coupables.

Cela peut en surprendre certains mais BLOODBOUND poursuit son petit bonhomme de chemin depuis plus d’une décennie maintenant sous la houlette de Tomas Olsson et Fredrik Bergh. War of Dragons est la septième offrande des suédois qui maintiennent un rythme assez dingue depuis leurs débuts. Et tout cela avec des changements de line-up innombrables (avec les allers retours d’Urban Breed en particulier). De groupe de heavy metal traditionnel, le sextet quintet a progressivement évolué vers des rivages plus mélodiques, accessibles et fédérateurs. A l’écoute de War of Dragons, on se dit que les dates communes en compagnie de SABATON ont été fécondes car les ressemblances ne manquent pas.

Les claviers se font plus présents et BLOODBOUND se positionne dans le sillage des nombreux groupes évoluant dans le même genre (ORDEN OGAN…). C’est assez évident et même un peu dérangeant sur « Battle In The Sky » ou « Tears Of A Dragonheart » qui reprennent tous les codes d’un SABATON dans un univers fantastique canonique. Pas de longueur sur ce septième opus, tous les titres se veulent courts et directs, à même en trois ou quatre minutes de charmer l’auditeur (ou pas). Les titres s’enchaînent avec naturel sans faute de goût mais sans passion non plus. Les suédois savent y faire mais pas de tubes à l’horizon comme ils avaient sur le faire dans le passé avec « Moria » ou « Nightmares from the Grave ».

Aucune surprise avec ce nouvel opus de BLOODBOUND, ils suivent les tendances et glissent petit à petit vers un son plus fédérateur et accessible. Les claviers sont bien présents depuis leurs débuts au milieu des années 2000 mais Fredrik Bergh semble prendre de plus en plus de place. Malgré un professionnalisme sans tâche difficile de ne pas considérer nos candidats du jour comme des seconds couteaux puis génère une certaine sympathie mais pas vraiment une adhésion pleine et entière.
Oshyrya (06/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (45:11 mn) 01. A New Era Begins 02. Battle In The Sky 03. Tears Of A Dragonheart 04. War Of Dragons 05. Silver Wings 06. Stand And Fight 07. King Of Swords 08. Fallen Heroes 09. Guardians At Heaven’s Gate 10. Symphony Satana 11. Starfall 12. Dragons Are Forever

 

 

Nous allons encore passer pour d’affreux chroniqueurs, blasés et irrespectueux mais votre serviteur doit bien avouer qu’il n’avait pas remarqué l’absence des polonais de CRYSTAL VIPER. Groupe sympathique et appliqué, les GRAVE DIGGER d’Europe Centrale n’avait pas laissé de souvenir impérissable dans notre mémoire. Les voici de retour avec un nouvel album à leur tableau de chasse, le sixième, avec Queen of the Witches. Ces quatre années de silence s’explique par les problèmes de santé rencontrés par la chanteuse et véritable capitaine de ce navire, Marta Gabriel. Sans anticiper le plaisir le déception que constituera ce disque, nous ne pouvons que nous réjouir de la santé apparemment retrouvée par la front-woman.

En quatre années, pas grand de grand changement à signaler du côté de nos amis polonais. Ils tiennent le cap avec dix nouveaux brûlots heavy métal très traditionnel, école teutonne. Difficile en effet de ne pas penser à GRAVE DIGGER, nous l’avons déjà dit, et à WARLOCK pour la présence écrasante de sa chanteuse à la personnalité trempée dans l’acier. Ce petit bout de bonne femme a l’air particulièrement sympathique mais une fois sur scène, derrière son micro, c’est une bête sauvage entièrement dédiée à son art. Saluons la motivation et le persévérance affichée mais musicalement parlant, cela reste très basique et franchement attendu. Les riffs se veulent lourds, puissants et gras, les mélodies ne vont pas chercher midi à quatorze heure et la section rythmique fait feu de tout bois.

Gabriel chante avec un voix rock grave et directe, c’est râpeux et sans fioriture ni guimauve. Ces pâtures ont déjà été labourées des centaines et des centaines de fois et même si les polonais affichent un talent certain pour pondre des salves à haute vélocité, à part un ou deux riffs ou refrains plus accrocheurs, l’ennui s’installe rapidement. CRYSTAL VIPER tente bien de varier les rythmes et les ambiances mais le déjà entendu revient vite au galop. L’attrait pour le chant féminin s’estompe lui aussi rapidement, ce n’est plus aussi inhabituel et Gabriel reste dans un registre rock assez commun.

Cet état des lieux avait déjà été fait en 2013 pour la sortie de Possession. Difficile pour les polonais de changer de direction en cours de route mais si cela peut être vraiment sympa sur scène lors d’un festival, l’écoute du disque ne parvient pas vraiment à susciter un intérêt prolongé. D’autres groupes parviennent à tenir assez longtemps en appliquant encore et encore la même recette mais il doivent alors faire preuve d’une efficacité qui dépasse de la tête et des épaules le savoir-faire de CRYSTAL VIPER.
Oshyrya (5,5/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (43:25 mn) 01. The Witch Is Back 02. I Fear No Evil 03. When the Sun Goes Down 04. Trapped Behind 05. Do Or Die 06. Burn My Fire Burn 07. Flames and Blood 08. We Will Make It Last Forever 09. Rise of the Witch Queen 10. See You in Hell