Deux années après la parution de sixième album, A Century in the Curse of Time, les allemands de PYOGENESIS remettent le couvert et s’inscrivent dans la complète continuité de leur œuvre précédent avec A Kingdom to Disappear. Ce n’est pas si courant de tomber ainsi si un visuel très orienté Steampunk et le quatuor a su marquer les fans avec son univers inspiré et original. Son leader, Flo V. Schwarz continue de creuser son sillon et propose huit nouvelles compositions plus lourdes et épiques que jamais.
La structure de ce nouvel opus se calque sur A Century in the Curse of Time avec une intro puis une série de titres plus courts et ramassés avant de terminer en apothéose avec un titre fleuve de plus de treize minutes cette fois. PYOGENESIS prône l’éclectisme et applique religieusement cette méthode à sa musique. L’intensité, la violence, les rythmes, tout varie au sein même des différentes compositions. « Every Man For Himself And God Against All » est une preuve de cette schizophrénie créatrice avec un chant tôt clair et mélodique tantôt hurlé, des rythmes tantôt infernaux, presque extrêmes, tantôt plus posés… Il est parfois périlleux de suivre les allemands tant le fil directeur apparaît parfois ténu mais disons que cela fait partie du charme du PYOGENESIS moderne.
Schwartz mène d’une main de maître la deuxième volet de sa trilogie victorienne, il assure une partie des guitares et le chant sur ce disque. Il souffle le chaud et le froid, parfois doux et presque charmeur, il sait aussi devenir venimeux avec une voix hurlée très râpeuse, pas forcément extrêmement agréable à écouter. Les chansons s’enchaînent à vive allure avec quelques sommets comme ce « I Have Seen My Soul » franchement accrocheur. « It’s Too Late (A Kingdom To Disappear) » sonne presque rock US et l’usage de chœurs à la fin en surprendra plus d’un. « We (1848) » sonne punk et « Blaze, My Northern Flame » évoque l’école death métal mélodique suédoise. PYOGENESIS reste très difficile à classer tant il mêle les genres dans un joyeux fourre-tout. A Kingdom to Disappear se conclue par un « Everlasting Pain » très riche et touffu, une belle réussite comme sur l’album précédent.
Avec deux albums en dix-huit mois et un concept commun, il ne fallait pas être grand clair pour deviner que A Century in the Curse of Time et A Kingdom to Disappear allaient afficher bien des caractéristiques communes. Il est à parier que les deux opus sont nés lors des mêmes sessions d’écriture. Autant le disque ressemble à un patchwork d’influence, de rythmes et de genre sur le fond autant la forme est simple et immaculée. La production s’avère être d’un très bon niveau et rend honneur au travail des allemands. Cet album s’adresse aux fans à l’esprit très ouvert mais il constitue une belle progression par rapport à A Century in the Curse of Time. Le troisième volet de cette trilogie pourrait atteindre des sommets.
Oshyrya (7,5/10)
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AFM Records / 2017
Tracklist (45:49 mn) 01. Sleep Is Good (Intro) 02. Every Man For Himself And God Against All 03. I Have Seen My Soul 04. It’s Too Late (A Kingdom To Disappear) 05. New Helvetia 06. That’s When Everybody Gets Hurt 07. We (1848) 08. Blaze, My Northern Flame 09. Everlasting Pain
Tous ceux qui n’ont jamais écouté DANKO JONES et qui découvrent le groupe, idéalement sur scène, ne peuvent qu’être impressionnés par l’énergie et le groove dégagé par le trio. En plus de cela la personnalité de Danko s’avère éminemment attachante et sympathique, le monsieur ayant des idées bien arrêtées et n’hésitant jamais à les exprimer. Mais tout cela a un prix, une fois les premières bonnes vibrations passées, avoir bien tapé du pied et secoué la tête en rythme, la lassitude s’empare rapidement de l’auditeur et l’ennui finit par s’imposer devant cet enchaînement de titres assez bien foutus mais tous construits sur le même moule. Au bout de quatre ou cinq compositions, le tout commence franchement à se ressembler et entre deux albums, c’est encore pire. DANKO JONES s’apprécie par petites sessions, histoire de bénéficier de toute l’énergie du trio canadien et de s’arrêter juste avant l’écœurement.
Depuis la séparation de Rhapsody en deux entités distinctes, la balance penche nettement du côté de Luca Turilli. La comparaison ne laisse aucun doute, le guitariste transalpin possède à la fois le talent et les musiciens pour poursuivre son chemin. De son côté Staropoli voit toutes les forces vives de son groupe s’en aller et, au niveau musical, il peine nettement à atteindre la qualité et la maestria de son camarade. Le départ de Fabio Lione reste un énorme revers et laisse en suspens l’avenir de RHAPSODY OF FIRE. Cerise sur le gâteau, la tournée « 20th Anniversary Farewell Tour » sans Staropoli n’arrangeait en rien ses affaires.