Que faire quand votre groupe est en perte de vitesse, sans nouvel album (Novum Initium en 2013) depuis plus de quatre ans et sans dynamisme collectif ? Autant essayer de rallumer la flamme en faisant appel à un glorieux passé histoire de rappeler que son groupe bouge (encore) un peu. C’est la stratégie adoptée par Roland Grapow et ses camarades de MASTERPLAN avec un PumpKings consistant en une série de reprises de chansons composées par le guitariste allemand pour HELLOWEEN.
Ce disque retrace la période de Pink Bubbles Go Ape (1991) à The Dark Ride (2000) et fait l’effet d’une patchwork nostalgique. Grapow a su apporter sa contribution à l’édifice HELLOWEEN mais, à quelques exceptions près, il n’a pas été le compositeur ni le plus doué ni le plus prolifique des power métalleux allemands. Et le voir presque vingt ans plus tard devoir retaper dans ses archives pour avoir une actualité avec MASTERPLAN a de quoi rendre triste.
Dans le détail, tout un chacun prendra du plaisir à réécouter certains de ces titres. Sans conteste, la petite merveille de Grapow dans HELLOWEEN reste « The Time Of The Oath », un long titre à la fois puissant et majestueux. Comme toutes les chansons de PumpKings, cette version est très très très fidèle à l’originale avec quelques nappes de claviers en plus peut-être ici et là. Le guitariste annonce avoir durci le ton sur ces chansons mais ce n’est pas évident partout. Andi Deris a bien des détracteurs et il est intéressant de comparer sa prestation avec elle de Rick Altzi qui officie ici. Ce dernier reste un professionnel accompli et il offre ici une solide prestation. Deris met plus de cœur et de conviction dans son chant mais cette version 2017 est loin d’être ridicule. « The Dark Ride » reste une autre pépite de Grapow et prend naturellement sa place sur ce disque. L’intro s’avère être très légèrement modifiée (avec le All aboard de « Crazy Train » d’Ozzy Osbourne en bonus). Encore une fois Altzi fait le boulot mais son chant plus grave et monotone tranche avec la patte Deris.
À part ces deux joyaux, le reste est déjà beaucoup moins intéressant et ne figure pas dans les inoubliables d’HELLOWEEN. « Mr Ego », « The Chance » et « Escalation 666 » tirent leur épingle du jeu quand même, mais ne resteront quand même pas dans les annales. Les reprises sont très fidèles et peinent à apporter une valeur ajoutée évidente. C’est sans doute un peu plus lourd ici et là mais pas de quoi casser trois pattes à un canard.
MASTERPLAN et son leader Roland Grapow ont d’évidence perdu le feu sacré créatif. Ses activités de production doivent lui suffire tant l’envie de sortir un nouvel album du groupe semble ne pas exister. Les heures lumineuses et prometteuses avec Jorn Lande semblent lointaines à présent et l’avenir du groupe s’inscrit en pointillé. Pumpkins apparaît être un recyclage sans grand intérêt et ne passionnera ni les fans de MASTERPLAN ni ceux d’HELLOWEEN. Un joli gâchis.
AFM Records / 2017 Tracklist (63:25 mn) 01. The Chance 02. Someone’s Crying 03. Mankind 04. Step Out Of Hell 05. Mr. Ego 06. Still We Go 07. Escalation 666 08. The Time Of The Oath 09. Music 10. The Dark Ride 11. Take Me Home
Les finlandais de WINTERSUN semblent prendre un malin plaisir à se compliquer la vie. Le premier album éponyme sort en 2004 et fait son petit effet sans non plus déchaîné la passion des foules. Après de multiples péripéties, la suite arrive en 2012 sous la forme de l’album Time I (chronique ici). Ce dernier s’avère être une totale surprise, une petite merveille death metal mélodique / symphonique inspirée comme jamais. On dit que la musique se bonifie comme le bon vin et c’est le cas de cet album que votre serviteur continue encore et encore d’écouter avec un plaisir non dissimulé. On se dit que la carrière du groupe est enfin lancée et que la deuxième partie Time II doit arriver rapidement.
Ce serait mal connaître Jari Mäenpää & co qui multiplient les erreurs et se mettent un paquet de monde à dos. Ils se brouillent avec leur label Nuclear Blast et les échanges acides par presse interposée s’enchaînent, ils créent la polémique en lançant une campagne de financement participatif osée pour se construire un studio particulier, bref la recette du désastre. On en vient à se demander si la groupe va survivre alors que Kai Hahto fait une longue pige chez NIGHTWISH. Finalement le groupe annonce un nouvel album mais pas Time II. Le nouvel opus arrive près de cinq ans après le précédent et se comme The Forest Seasons.
WINTERSUN semble être adepte de l’expression « plus c’est long, plus c’est bon » avec quatre titres consacrés à l’une des saisons et oscillant entre douze et quatorze minutes. C’était déjà le cas sur Time I mais la maestria et l’inventivité affichée rendait l’expérience très agréable. Autant Time I se positionnait sur un segment musique de film, très mélodique et symphonique, autant The Forest Seasons se veut plus classique et affiche un retour à des bases plus sombres, folk, une touche d’agressivité en plus. La marque de fabrique de Mäenpää et son talent évident surgissent à nouveau immédiatement mais WINTERSUN rappelle ici que cela reste un groupe extrême et qu’ils savent y faire dans le sombre et le violent malgré les orchestrations et toutes les fioritures disponibles. « Eternal Darkness (Autumn) » en particulier remet les pendules à l’heure entre les rythmiques très typées et le chant extrême à tous les étages. Mais la majorité des mélodies font mouche, les chœurs se mêlent à merveille avec la musique, WINTERSUN reste une horlogerie fine et complexe. A chaque nouvelle écoute, de nouvelles dimensions se dévoilent et l’auditeur ne peut être qu’impressionné face au travail de composition et de mise en place réalisé. Rien à redire concernant la production de The Forest Seasons, elle est excellente avec un son à la fois puissant et limpide.
Avec ce troisième album, WINTERSUN rentre dans le rang et revient à ses racines. Les ressemblances avec ENSIFERUM sont beaucoup plus évidentes qu’avec Time I. Printemps et été sont de petites merveilles qui nécessiteront du temps pour dévoiler tous leurs charmes. Automne et Hiver sont un peu moins convaincants, soit très bourrin (on croirait alors entendre CRADLE OF FILTH) soit un peu trop lent et presque ennuyeux. The Forest Seasons reste un disque de très grande qualité mais renouveler l’exploit de Time I était presque impossible. Rendez-vous dans de nombreuses années pour la suite des aventures des finlandais, Time II ou un autre album, impossible de faire des plans sur la comète.
Après une première annonce du très informé site américain TMZ, le médecin légiste du comté de Los Angeles a confirmé le décès de Chester Bennington, chanteur du groupe LINKIN PARK.
L’hypothèse d’un suicide, relayée par bien des média, n’est pas encore confirmée par le service médico-légal de la ville de Los Angeles.
Bennington était agé de 41 ans et laisse derrière lui six enfants.
LINKIN PARK a publié son septième album, One More Light, le 19 mai 2017.
Le groupe Linkin Park, tête de gondole du néo metal dont il s’est peu à peu éloigné vers un style plus pop rock était sorti de l’ombre en 2000 avec l’album « Hybrid Theory », qui s’est écoulé à plus de 25 millions d’exemplaires à ce jour.
Discographie
2000 : Hybrid Theory
2003 : Meteora
2007 : Minutes to Midnight
2010 : A Thousand Suns
2012 : Living Things
2014 : The Hunting Party
2017 : One More Light