Pas simple de savoir ce que les suisses de MONKEY3 fument ou boivent avoir de composer mais j’en voudrais une grosse quantité tant les effets semblent puissants. Leur précédent opus, The 5th Sun (chronique ici) nous avait déjà fait un effet bœuf et Astra Symmetry est bien parti pour donner le même résultat. Le quatuor de Lausanne a pu faire ses armes et encore aiguiser sa démarche dans les plus grands festivals comme les Roadburn, Hellfest et autres Desertfest. La livrée 2016 laisse présager du meilleur.
Forcément, l’amateur de krautrock, de mélodies électro et planantes ne peut se lécher les babines devant ce disque qui tente de synthétiser tout ce que l’on aime. Les guitares se mêlent à des envolées cosmiques et donne une gravité à l’ensemble. Chaque chanson ouvre un nouveau champ des possible, ce son cosmique vous envahit, vous prend par la main et va vous guider sur des années-lumière. « Moon » s’avère être une petite merveille, une mélodie hypnotique se déploie sous nos yeux et ne vous lâchera plus pendant longtemps. MONKEY3 possède le talent fou de composer une musique extrêmement visuelle, les images se multiplient dans l’esprit de l’auditeur que se voit entrainer vers l’immensité du ciel pour son plus grand bonheur. Il est rapidement ramené sur terre par ces passages très rock/stoner des années 70 mais les deux visages du groupe se marient à merveille. Cette approche finalement très prog dans l’esprit donne un charme fou à l’ensemble et chacune de ces chansons recèlent de petits trésors. Tous les titres s’enchainent sans temps mort, avec grâce. L’auditeur se trouve ainsi immergé pour plus d’une heure dans un rêve éveillé. Chaque chapitre laisse apparaître un autre prisme qui dévie la lumière d’une autre façon et laisse apparaître une autre réalité musicale. Quasiment totalement instrumental, Astra Symmetry nous caresse et nous protège dans un cocon rassurant.
Avec Astra Symmetry, MONKEY3 enfonce le clou et prouve à tous que The 5th Sun n’était pas qu’un accident heureux. Les suisses prennent leur temps mais à l’écoute du résultat, on leu pardonne aisément. Avec leur rock planant et psychédélique, ils réhabilitent un genre un peu tombé en désuétude et cela fait un bien fou. Astra Symmetry se savoure avec douceur et ne dévoile ses merveilles que progressivement. Quel pied !
Oshyrya (08/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (72:32 mn) 01. Abyss 02. Moon 03. Endless Ocean 04. The Water Bearer 05. Crossroad 06. Mirrors 07. Dead Planet's Eyes 08. Seeds 09. Astraea 10. Arch 11. The Guardian 12. Realms Of Lights
Ces dernières années, DELAIN a été une déception. Les hollandais l’ont joué trop facile et se sont un peu perdus en chemin. Ils sont rentrés dans le rang et ont perdu leur statut de challenger prometteur avec un The Human Contradiction (chronique ici) ratant la cible. Mais tout n’est pas perdu et les bataves peuvent retrouver de leur éclat avec ce cinquième album, Moonbathers.
Ce disque débute en douceur avec un « Hands Of Gold » assez classique selon les standards de DELAIN. Ils n’hésitent plus à en faire beaucoup et à multiplier les orchestrations à tout va. Cela donne bien sûr une emphase et une épaisseur appréciable à la chanson mais encore faut-il que cela tienne la route. Le refrain reste accrocheur mais pas non plus exceptionnel. Il n’y a pas de quoi hurler au loup, cette ouverture reste très correcte et finalement le seul élément vraiment énervant se niche dans la contribution d’Alissa White-Gluz. Il semble de bon ton désormais d’ajouter ici et là une touche plus extrême mais à force cela devient fatiguant. La canadienne multiplie les apparitions en dehors d’ARCH ENEMY et semble devenir la préposée au chant growlé pour les groupes symphoniques. KAMELOT en use et en abuse déjà largement et elle faisait déjà une pige sur The Human Contradiction. Et la valeur ajoutée de cette intervention extrême reste encore sujette à caution.
Les titres suivants sont et de DELAIN montre un visage bien plus positif sur les titres plus courts et directs comme « Suckerpunch » ou « Fire With Fire ». Les pseudo-ballades comme « Chrysalis – The Last Breath » apportent une respiration nécessaire mais ne casse quand même pas trois pattes à un canard. « Danse macabre » relève quand même le niveau avec une ligne mélodique plus affirmée et convaincante. Les minutes de Moonbathers s’égrènent sans déplaisir ni faute de goût mais on cherche encore des raisons de s’enthousiasmer devant telle ou telle chanson ou mélodie. La reprise « Scandal » de QUEEN tombe comme un cheveu sur la soupe. On se demande l’intérêt de cette reprise si ce n’est de donner un peu plus de consistance à l’album en lui permettant de frôler les cinquante minutes.
Moonbathers reste assez sage et livre la marchandise attendue, ni plus, ni moins. DELAIN a fait un boulot sérieux mais le potentiel des bataves ne trouve pas ici la latitude nécessaire pour s’exprimer au maximum. On nous parle de nom clinquant comme celui en charge du mastering qui a gagné un Grammy award mais un retour à une certaine simplicité serait salvateur. DELAIN bénéficie de bien plus de moyens pour s’exprimer mais semble ne pas savoir quoi en faire. Difficile de ne pas avoir l’impression qu’ils font du surplace.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (49:12 mn) 01. Hands Of Gold – Featuring Alissa White-Gluz 02. The Glory and the Scum 03. Suckerpunch 04. The Hurricane 05. Chrysalis – The Last Breath 06. Fire With Fire 07. Pendulum 08. Danse Macabre 09. Scandal 10. Turn the Lights Out 11. The Monarch
Ah chouette un nouvel album live de DIRKSCHENEIDER. Cela faisait longtemps et tout le monde vous dira qu’une année sans album ou live du chanteur à la voix nasillarde perd de son charme. Difficile de savoir si cela vient vraiment de la demande du public. Il y a de quoi douter tant cela ressemble à un bon moyen pour le chanteur (et son label) de générer des revenus réguliers. Il n’y a pas de mal à cela et ils doivent s'y retrouver pour qu’ils continuent ainsi.
Petite différence avec les lives habituels d’U.D.O., il s’agit du groupe sous la forme DIRKSCHNEIDER, un bon moyen pour lui de revisiter sa très longue discographie, en solo ou avec ACCEPT. Enfin il le faisait déjà largement même en solo mais passons. Cet album est la reproduction sonore du concert donné le 2 avril dernier au Kaminwerk de Memmingen. Le show était sold-out, tant mieux et faisait partie du Back To The Roots Tour. Le deal était clair, ce concert consiste à reprendre que des titres d’ACCEPT pour la toute dernière fois sur scène. Nous avons un doute sur la véracité de cette affirmation mais l’avenir nous donnera tort ou raison. Les fans seront sans doute heureux de retrouver tous les classiques des allemands chantés par le chanteur original mais il ne faut pas demander plus. Les hits sont là mais plus de surprises ou de vieilleries auraient été bienvenues. Certains albums n’apparaissent pas comme le tout premier, le disque éponyme du 1979. Sinon vous pourrez secouer la tête au son de « Metal Heart », « Balls to the Wall » ou encore « Fast As a Shark ». Pour terminer signalons la présence de Sven Dirkschneider derrière les fûts et la qualité de la prise de son.
Ce LIVE – Back To The Roots peut faire office de souvenir pour les fans qui auraient assisté à cette tournée ou de best-of contemporain pour découvrir les tubes d’ACCEPT. Je serai prêt à parier un petit billet que ce ne sera pas la dernière fois que Dirkschneider interprète certaines de ces chansons. Les concerts d’U.D.O. risqueraient de perdre sinon un partie de leur saveur.
Oshyrya (07/10)
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AFM Records / 2016
Tracklist (65:48 mn & 64:01 mn)
CD1: 01. Intro 02. Starlight 03. Living For Tonite 04. Flash Rockin‘ Man 05. London Leatherboys 06. Midnight Mover 07. Breaker 08. Head Over Heels 09. Neon Night 10. Princess Of The Dawn 11. Winterdreams 12. Restless And Wild 13. Son Of A Bitch
CD2: 14. Up To The Limit 15. Wrong Is Right 16. Midnight Highway 17. Screaming For A Love-Bite 18. Monsterman 19. T.V. War 20. Losers And Winners 21. Metal Heart 22. I’m A Rebel 23. Fast As A Shark 24. Balls To The Wall 25. Burning