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The Apocalypse Blues Revue

oshy_28082016_Th_Apocaly_Blu_RevLeur groupe principal, GODSMACK, prenant son temps entre chaque album (plus de quatre ans à chaque fois pour les rois derniers), le batteur Shannon Larkin et le guitariste Tony Rombola ont décidé en 2014 de fondé un nouveau groupe de blues-rock, BLUE CROSS BAND. Deux ans plus tard, les voici de retour sous le nom de THE APOCALYPSE BLUES REVUE avec un premier album sous le bras signé chez Provogue. Le nom du groupe annonce la couleur et vous ne serez pas surpris à l’écoute de ces douze nouvelles chansons.

Avec plus de vingt millions d’albums vendus avec GODSMACK, on peut sans risque affirmer que nos amis possèdent un joli savoir-faire quand vient le temps de composer des titres forts et enlevés. Enfin tout portait à le croire. On verra que la suite nous fera déchanter. Accompagnés dans ce projet du chanteur Ray Cerbone et du bassiste Brian Carpenter, THE APOCALYPSE BLUES REVUE déploie rapidement tout son savoir-faire. Tony Rombola en particulier a été à la fête et il peut faire admirer toutes les facettes de son jeu. Pas de révolution à l’horizon, le quatuor est resté sur un chemin bien balisé, en suivant les règles canoniques du blues. Le rythme est lent, la guitare est tout aussi expressive que le chant et mène franchement les débats. L’ambiance générale reste un mélange de recueillement et d’apitoiement, les sujets abordés ne sont pas franchement très positifs ni fédérateurs. La majorité des compositions tournent autour des cinq à six minutes et trainent un peu en longueur. Il est toujours légitime pour des musiciens de sortir de leur zone de confort et de leur traintrain pour s’adonner à d’autres styles mais tout un chacun est alors en droit d’attendre une touche d’originalité, un petit plus à même de forger l’identité du groupe. A chaque écoute, nous avons cherché ce graal, sans succès.

Extrêmement classique sur le fond comme sur la forme, THE APOCALYPSE BLUES REVUE plonge l’auditeur dans une sorte de torpeur et la lassitude finit par s’imposer au bout de quelques titres. Les musiciens ne déméritent pas mais leur musique manque de souffle et d’accroche. A l’exception des fans invétérés de blues, beaucoup risque de s’ennuyer.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Provogue – Mascot Label Group / 2016

Tracklist (57:22 mn) 01. Evil Is As Evil Does, 02. Junkie Hell, 03. Devil Plays A Strat, 04. I Think Not, 05. Whiskey In My Coffee, 06. The Tower, 07. Crossed Over, 08. Blues Are Fallin' From The Sky, 09. Work In Progress, 10. The Devil In Me, 11. Blue Cross, 12. Music's Over (bonus track)

Nervosa – Agony

oshy_28082016_NervoSi vous aviez un jour un doute quant à l’intérêt que porte la gente féminine pour notre genre musical préféré, les brésiliennes de NERVOSA vont rapidement remettre les pendules à l’heure. En effet, elles ne font pas dans le doux et subtil, chacun de leur album apporte son lot de brûlots trash à même de faire palpiter le cœur des plus bourrins d’entre nous. Victim of Yourself (chronique ici) en 2014 avait ouvert les hostilités et installé le groupe en position de solide outsider.

Agony présente douze nouvelles chansons assez courtes, directes et sans filtre. Dans la continuité de Victim of Yourself, les brésiliennes continuent de distiller un trash old-school très orienté années 80, dans l’ombre des maîtres du genre KREATOR ou SLAYER pour n’en citer que deux. Le propos se veut plus violent et plus tranchant qu’en 2014 mais sans révolution sur le fond. Prika Amaral s’avère être une machine à riff particulièrement efficace, elle parvient à mêler technique et agressivité. Ses courts soli confirment son talent et montre une jeune femme en pleine possession de ses moyens. Chaque membre de ce trio assure ses parties avec sérieux et application. Pitchu Ferraz en impressionnera plus d’un derrière ses fûts. Dommage que le son de batterie apparaissent parfois un peu trop brut. Enfin Fernanda Lira apporte un supplément d’âme à la musique de NERVOSA par ses lignes de basses et surtout son chant. Incroyable de constater l’intensité des hurlements qu’elle parvient à produire. Les titres d’Agony s’enchainent à vive allure, sans temps mort, et il faudra attendre « Wayfarer », très bluesy avec un chant majoritairement clair, qui clôt le disque pour découvrir un autre aspect de l’identité musicale du trio, plus posé et inattendu. Pour le reste, cela reste du grand classique, bien foutu, solide et appliqué mais sans grande surprise ni prise de risque.

Si vous avez apprécié leur premier disque, vous devriez à nouveau tomber sous le charme de NERVOSA avec Agony. La démarche n’a pas vraiment changé, du rétro thrash encore et toujours. L’expérience aidant, NERVOSA affine son propos sans parvenir pourtant à prendre de la distance avec ses influences, toujours aussi évidentes à chaque écoute. Pour durer, NERVOSA devra s’affirmer et trouver sa propre voie.

Oshyrya (06/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (48:05 mn) 01. Arrogance 02. Theory Of Conspiracy 03. Deception 04. Intolerance Means War 05. Guerra Santa 06. Failed System 07. Hostages 08. Surrounded By Serpents 09. CyberWar 10. Hypocrisy 11. Devastation 12. Wayfarer (Bonus Track)

IamtheMorning – Lighthouse

oshy_28082016_IamtheMoLa scène musicale reste assez méconnue en Europe occidentale alors je ne vous parle pas de la branche progressive locale qui évolue totalement sous les radars. Et pourtant certains labels parviennent à sortir parfois des petites pépites à même de plaire à nos publics blasés. C’est en tout cas le pari de Kscope avec la publication du deuxième album de IAMTHEMORNING. Né en 2010 à St Petersbourg en Russie, IAMTHEMORNING se présente sous la forme d’un duo, le pianiste Gleb Kolyadin et la chanteuse Marjana Semkina. Ils comptent déjà un premier opus autoproduit à son actif, Belighted, en 2012. Kscope. Afin de mettre le pied à l’étrier et se faire un nom, ils furent également emmenés en tournée avec GAZPACHO en 2015.

Le style musical des russes se veut très libre et éclectique. Ils se moquent des barrières et n’hésitent à expérimenter, mélangeant musique classique, touches folks, jazz et sonorités électroniques. Comme d’autres artistes du même label, mettre des étiquettes reste un exercice périlleux. On parlera de rock progressif histoire de trouver mieux. L’éclectisme est en tout cas de rigueur. Lighthouse présente douze nouvelles compositions assez courtes, elles oscillent entre deux et six minutes. Assez calme et atmosphérique en général, l’ambiance qui se dégage de ce disque pousse à la réflexion et à l’introspection. La démarche se veut douce et subtile, des paysages musicaux se mettent en place et se voient complétés, enrichis de touches délicates ici et là, une mélodie au piano, une touche électro… La voix de Marjana Semkina finit de compléter le tableau et apporte la touche finale au style IAMTHEMORNING.

Lighthouse s’apprécie avec le temps, l’immersion n’est pas toujours facile car les russes se plaisent à troubler le jeu et rabattent souvent les cartes. Les univers s’enchainent et aucun fil rouge n’émerge aisément. Cependant les chansons proposées ne manquent pas de charme et sauront en séduire plus d’un. Histoire de mettre tous les atouts de leur côté et grâce au carnet d’adresse fourni de leur label, après Belighted, IAMTHEMORNING a su encore une fois faire appel à Marcel van Limbeek (Tori Amos) pour assurer l’enregistrement et le mixage. En plus Gavin Harrison (PORCUPINE TREE, KING CRIMSON) a donné un coup de main pour les rares parties de batterie. Signalons aussi la présence de deux autres invités de marque, Colin Edwin (PORCUPINE TREE) & Mariusz Duda (RIVERSIDE, LUNATIC SOUL).

Enregistré entre Londres, Moscou et St Petersbourg, Lighthouse affiche une richesse et une inventivité remarquable. Un vent de fraicheur souffle sur la scène progressive grâce aux russes et à leur musique à la fois subtile et virevoltante. Il suffit d’écoute l’instrumental « Harmony » pour s’en convaincre et tomber sous le charme. Pas facile d’accès, IAMTHEMORNING saura parler au cœur et à l’âme des plus persévérants. Lighthouse constitue une vraie découverte et surtout une belle surprise.

Oshyrya (08/10)

 

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Kscope / 2016

Tracklist (47:23 mn) 01. I Came Before the Water (pt. I) 02. Too Many Years 03. Clear Clearer 04. Sleeping Pills 05. Libretto Horror 06. Lighthouse (feat. Mariusz Duda) 07. Harmony 08. Matches 09. Belighted 10. Chalk And Coal 11. I Came Before the Water (pt. II) 12. Post Scriptum