Trois ans après At the Dawn of Twilight (chronique ici) les rémois d’AMPHETAMIN se rappellent à notre bon plaisir avec un deuxième album sous le bras, A Flood of Strange Sensations. Sebastian reste plus que jamais le capitaine de ce navire et même parfois le seul membre de l’équipage. Ce musicien complet s’est occupé de tout (composition à l'enregistrement et du mixage au mastering, jusqu'à la création de la pochette) et livre, comme sur ses disques précédents, une œuvre très personnelle.
Notre ami n’a pas trouvé le bonheur et continue de s’épanouir (créativement parlant en tout cas) dans une atmosphère lourde et mélancolique. Au lieu de jeter un voile pudique sur les peurs et les angoisses ancrées dans son inconscient, il les explore méthodiquement et nous invite à faire avec lui un bout de ce voyage. Les traits de lumière seront rares et précieux. Dans un genre rock progressif / post rock, chaque chanson laisse entrevoir un nouveau paysage sonore. Le ton est majoritairement empreint de tristesse et de gravité avec ici et là des sursauts d’intensité variable. La guitare peut tantôt se faire plaintive tantôt brutale et tranchante. Un « Endless Nights » trsè rock n’est pas sans rappeler un MUSE, mais cela tient beaucoup au chant de Sébastian qui évoquera à certains Matthew Bellamy pour cette façon assez lancinante d’aborder la voix et les montées dans les aigus. Malgré l’ambiance générale, A Flood of Strange Sensations apparait plus positif, plus chaud que son prédécesseur. Cela tient peut-être à une moindre utilisation de cuivres, une musique plus fluide et moins heurtée. Le chanteur semble continuer à prendre confiance au niveau de chant et s’affirme encore plus. L’ombre d’un Jeff Buckley apparait ici et là. Difficile d’extraire deux ou trois titres en particulier de cet album, tous ont leur place et forment un tout riche et cohérent. Les deux plus longues compositions, « The Haunted One » et « Different Colours of Tears » émergent un peu du lot malgré tout par leur foisonnement de mélodies, de rythmes et d’intensités. AMPHETAMIN se montre-là à son meilleur.
Les ténèbres, froids et obscures possèdent une force d’attraction et de séduction impressionnante. Ce qui est vrai pour un CULT OF LUNA s’applique aussi ici mais si le propos est moins violent et extrême musicalement parlant. A l’image de la pochette, le voyage ne s’annonce pas doux et joyeux mais la vie est faite ainsi. Pour mettre la main sur ce petit bijou, qui sortira en version physique grâce à une campagne Ulule couronnée de succès, rendez-vous sur le site internet ou la page Facebook du groupe !
Tracklist (59:52 mn) 01. Devotion 02. The Threshold 03. Once Upon a Tree 04. Stranger on an Island 05. Endless Nights 06. The Haunted One 07. Neverland 08. Favourite Doll 09. Thoughts in the Water 10. Ghostly Place 11. Different Colours of Tears
Les américains se réclament de l’école métal progressive. Pourquoi pas même si la signification de cette étiquette semble avoir bien changé depuis quelques années. N’imaginez surtout pas un clone de DREAM THEATER ou QUEENSRYCHE, le quatuor du New-Jersey apprécie peut-être ses groupes mais leur propre cocktail possède bien plus d’agressivité et d’acidité. Nous sommes ici plus proche d’un Death mélodique à la SOILWORK et consorts ou du mouvement djent.
TOOTHGRINDER est né en 2010 à Asbury Park dans le New Jersey. L’année suivante, ils font leurs premiers pas discographiques avec Turning of the Tides, en EP enregistré à The Hang Zone. Fin 2012, la suite logique arrive sous d’un second EP, Vibration/Colour/Frequency. Les voici prend à faire le grand saut et à nous montrer de quoi ils sont vraiment capable sur la longueur d’un album complet.
Les chansons proposées se veulent directes et concises, en grande majorité autour des trois minutes. Dès les premières secondes de « The House (That Fear Built) » le ton est donné avec une offensive en règle avec guitares tranchantes, section rythmique furieuse et chant hurlé rempli de rage et de conviction. Reconnaissons que les américains affichent un belle force de frappe et on tout compris quant à la façon d’accrocher l’auditeur. Les compositions possèdent un joli caractère et un charme certain. Le schéma se répète titre après titre, que nouveau coup de boutoir enfonce le clou un point plus loin. La multiplication des breaks n’est pas sans rappeler l’école djent chère à leurs petits camarades de PERIPHERY. Ces deux groupes se ressemblent d’ailleurs beaucoup et les fans des uns devraient apprécier sans modération les autres. Il faudra attendre « I Lie in Rain » pour que TOOTHGRINDER calme (légèrement) le jeu histoire de laisser à l’auditeur l’opportunité de reprendre son souffle. Les hostilités reprennent par la suite jusqu’au titre final, un « Waltz of Madmen » plus posé mais pas moins riche d’émotions et d’énergie.
Avec Nocturnal Masquerade, les américains de TOOTHGRINDER affichent de belles dispositions et montrent de quel bois ils se chauffent. Ils ne manquent pas d’arguments pour se faire plus largement connaître et multiplier les dates de concert dans nos contrées. Contrairement à leurs compatriotes de PERIPHERY, ils ont fait le choix de la concision en ne multipliant pas les chemins de traverse. Leurs chansons deviennent ainsi beaucoup plus digestes et agréables sans dénaturer ni leut technicité ni leur complexité.
Tracklist (42:05 mn) 01. The House (That Fear Built) 02. Lace & Anchor 03. Coeur d'Alene 04. I Lie in Rain 05. Blue 06. The Hour Angle 07. Dance of Damsels 08. Diamonds for Gold 09. Nocturnal Masquerade 10. Dejection/Despondency 11. Schizophrenic Jubilee 12. Waltz of Madmen
Cette tendance Post Hardcore semble faire bien des émules un peu partout et particulièrement en France. Le genre reste assez flou et vous y trouverez des groupes très différents les uns des autres une large palette entre ANNISOKAY et SLEEPING WITH SIRENS. Le genre lui-même reste assez flou dans ses contours, entre touches ultra-techniques type math-rock et brutalité deathcore. Wikipédia définit cela comme « la fusion voix mélodique de l'emo, du style vocal screamo et du breakdown metalcore ». Nous ramassons les copies dans quatre heures… Nouveaux venus sur cette scène Post-Hardcore hexagonale, voici A TIME TO HOPE. Originaire de Montpellier, le quintet a émergé en septembre 2014 et fait ici ses premiers pas discographiques avec un EP cinq titres, Full of Doubts.
La pochette de ce disque est très belle, simple mais d’une grande beauté visuelle dans son dénuement. Cela donne franchement envie d’écouter de quoi son capable nos camarades. En quatre titre complété d’un instrumental (« VII »), A TIME TO HOPE impressionne par sa maîtrise technique et fait naître de jolis espoir autour de lui. Les montpelliérains ne réinventent pas la poudre et appliquent contentieusement la recette des chansons Post-Hardcore de qualité. Bourrées d’énergie et de conviction, les compositions proposées ici font plaisir à entendre. Les rythmiques et les riffs alambiqués sont bien de la partie avec les multiples breaks de rigueur. Derrière le micro, l’alternance chant clair et hurlé s’avère équilibré et maîtrisé. La production reste dans les bons standards, rien à redire de ce côté-là.
A TIME TO HOPE fait le boulot et possède désormais avec Full of Doubts une solide carte de visite pour se faire connaître plus largement du public mais aussi des organisateurs pour décrocher le plus de concerts possible. Pour la suite, nous attendons des montpelliérains qu’ils sortent des sentiers battus et qu’ils nous montrent plus de créativité et de caractère. Sinon, ils seront condamnés à évoluer dans l’ombre des autres.