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oshy_11022016_Saili_t_NowheL’énergie débordante et l’enthousiasme de la jeunesse font toujours plaisir à voir. SAILING TO NOWHERE est un jeune groupe transalpin né en 2013 et qui se lance dans le grand bain avec un premier album sous le bras, To the Unknown publié par Bakerteam Records. Sur le papier le projet reste simple, parvenir à mélanger efficacement guitares agressives, mélodies élaborées et de multiples atmosphères. On leur souhaite bon courage…

Le premier contact avec ce disque s’avère assez décevant puisque le fond et la forme semblent en retrait. La forme d’abord avec une production faiblarde qui manque nettement d’impact. Pour ne donner qu’un exemple, le son de batterie sur « No Dreams in my Sight » risque d’en faire tiquer plus d’un et nous sommes loin des standards européens. Mis en boite par Matteo Gabbianelli (KUTSO) et Marco Cinghio Mastrobuono (HOUR OF PENANCE) au Kick Recording Studio de Rome, la production de To the Unknow dessert le groupe au lieu de le renforcer. Surtout que les chansons pêchent aussi par un manque criant d’originalité mais surtout d’attrait. A l’exception de quelques sursauts, un chant ici ou une mélodie là, l’auditeur, même fan invétéré de Power métal mélodique, risque de rapidement s’ennuyer. Les italiens sont jeunes, ils essaient et persévèrent mais le résultat n’est pas vraiment à la hauteur de nos attentes. Tous les ingrédients sont pourtant bien là, comme le montre une chanson plutôt réussie comme « You Won’t Dare », mais la mayonnaise ne prend que trop rarement. Marco Palazzi s’en sort avec les honneurs derrière le micro avec cette petite patte à la Ronnie James Dio. Il n’est pas le seul puisque le groupe compte aussi une chanteuse, Federica Garenna qui ne démérite pas non plus. La pléthore d’invité italiens s’avèrent sympathiques mais n’apportent finalement pas grand-chose. Et nous jetterons un voile pudique sur la reprise d’Anastacia.

SAILING TO NOWHERE affiche une naïveté assez confondante à travers sa musique. Ils manquent encore d’expérience et de bouteille pour éviter tous les pièges de l’exercice. Il faudra à l’auditeur accepter d’affronter une production faible, des chansons souvent peu attrayantes et bien des choix assez discutables pour écouter dans sa totalité To the Unknown. Les bonnes idées et les rares moments sympathiques ne peuvent compenser le reste. Restons indulgents pour un premier cd mais SAILING TO NOWHERE ne manque pas de travail pour atteindre au moins le ventre mou européen. En l’état, ils sous plutôt sous la menace d’une relégation au niveau inférieur.

Oshyrya (05/10)

 

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Bakerteam Records / 2015

Tracklist (45:45 mn) 01. No Dreams In My Night 02. Fallen Angel 03. Big Fire 04. Lovers On Planet Earth 05. You Won’t Dare 06. Strange Dimension 07. Sailing To Nowhere 08. Sweet Rain 09. Left Outside Alone (Anastasia Cover)

 

Sadist – Hyaena

oshy_30012016_SadiAvoir le statut de groupe culte s’avère souvent être une arme à double tranchant qui mêle une grosse dose de nostalgie pour les artistes par rapport à leur jeunesse et leur créativité d’antan et pour l’auditeur. Ce dernier établit forcément une connexion entre les albums devenus des incontournables et ses bons souvenirs de l’époque.

Et SADIST mérite-t-il un tel qualificatif ? Culte pourquoi ? Oui bien sûr ils peuvent afficher une respectable carrière et leur démarche musicale est assez originale mais pas sûr que cela suffise. En vingt-cing années de carrière (dont un hiatus de cinq années au début des années 2000 ok) Hyaena n’est que leur septième album. Les italiens conservent cette patte et cette identité si particulière. Ils distillent un Death Métal assez étrange avec ses touches progressives, jazzy et ethniques. Ce mélange des genres surprend au premier abord avant de séduire ou de rebuter. Ainsi, « The Lonely Mountain » qui ouvre le bal se présente comme une chanson classique, entre thrash et heavy métal relativement accessible. Trevor Nadir, derrière le micro, n’offre pas une prestation exceptionnelle mais cela reste dans la moyenne. Et puis d’un coup, après quatre minutes, l’ambiance change du tout au tout et le groupe se fait un petit délire jazzy à la guitare sèche. Oui cela interroge, c’est amusant, presque incongru mais sans que cela apporte une valeur ajoutée délirante. La touche Death reste franchement légère en dehors du chant hurlé. Avec « Bouki » nous sommes même carrément dans du rock prog sans éléments extrêmes. Même chose pour « Gadawan Kura », un titre instrumental très marqué musique ethnique.

Cette oscillation sans cesse entre différents styles constitue la marque de fabrique de SADIST mais cela ne conviendra pas à tout le monde. Tout comme la pochette de ce disque, vous adorerez ou vous détesterez ce mélange des genres, cette hétérogénéité intrinsèque. Il faut bien reconnaître que Hyaena s’apparente souvent à un patchwork difficile à digérer, avec un fil conducteur mélodique ténu ou absent. L’expérimentation peut avoir du bon mais le risque est de perdre beaucoup d’auditeur au passage. L’écoute vaut le coup mais pas sûr que vous serez nombreux à y revenir.

Oshyrya (06/10)

 

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Scarlet Records / 2015

Tracklist (46:23 mn) 01. The Lonely Mountain 02. Pachycrocuta 03. Bouki 04. The Devil Riding the Evil Steed 05. Scavenger and Thief 06. Gadawan Kura 07. Eternal Enemies 08. African Devourers 09. Scratcing Rocks 10. Genital Mask

Eldritch – Underlying Issues

oshy_30012016_EldritBeaucoup en rêves et ils ne sont finalement pas si nombreux à atteindre la barre symbolique des dix albums studio en carrière. Sans faire beaucoup de bruit, avec le soutien de fans fidèles, les transalpins d’ELDRITCH viennent d’atteindre ce pallier avec Underlying Issues à sortir chez Scarlet Records. Personne n’attend de feu d’artifice particulier mais reconnaissons que le groupe a presque systématiquement proposé des albums solides et appliqués.

Tasting the Tears (chronique ici), le précédent opus, affichait une ambiance assez sombre qui perdure encore une fois ici. Le power métal tendance progressive des italiens reste toujours très rythmé et assez technique mais ce sentiment d’urgence et cette inquiétude latente rôdent en permanence. Les guitares mènent la danse même si les claviers apportent ici et là un peu de légèreté et de lumière. Finalement assez classique, ELDRITCH continue son bonhomme de chemin après deux décennies d’existence et continue d’arpenter le chemin qu’il maîtrise le mieux. Les différentes compositions tournent autour des quatre ou cinq minutes et vont à l’essentiel sans cacher la misère par des artifices stériles. Rien à redire du côté de la production, le son s’avère propre et dynamique. Underlying Issues a été mis en boite dans deux studio différents sous la houlette de Eugene Simone, guitariste du groupe, qui s’est également chargé de la production. Pour le reste, ELDRITCH a joué la sécurité en confiant son bébé à l’incontournable Simone Mularoni (DGM) et ses Domination studios à San Marino.

Nous ne sommes pas en présence d’un groupe de virtuoses mais chacun sait que qu’il doit faire et tient efficacement sa place. Les titres s’enchaînent et aucun ne provoque particulièrement de saignements d’oreilles. Ce dixième chapitre ne marquera pas les esprits pour des décennies mais il ne jurera certainement pas dans la discographie très respectable d’ELDRITCH. Pas sûr qu’ils puissent atteindre de nouveaux sommets mais leurs fans seront ravis de retrouver rapidement leurs marques.

Oshyrya (07/10)

 

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Scarlet Records / 2015

Tracklist (57:25 mn) 01. Changing Blood 02. Danger Zone 03. Broken 04. All and More 05. The Face I Wear 06. To the Moon and Back 07. Bringers of Hate 08. The Light 09. Piece of Clarity 10. Before I Die 11. Slowmotion K Us