Selon son label, HONEYMOON DISEASE appartient au mouvement « Modern Retro Rock » qui semble connaître une vigueur sans cesse renouvelée depuis quelques années désormais. Et la Scandinavie semble être un nid particulièrement actif. Quelque soit le talent des musiciens impliqués, il est un peu triste de constater ce recyclage souvent stérile des sons et gimmicks des années soixante-dix. On dit que la vie est un éternel recommencement mais cet adage se voit ici poussé dans ses derniers retranchements.
La spécificité des suédois est à chercher plus sur le forme que sur le fond. Beaucoup se plaisent à mettre en avant la présence de deux femmes, Jenna et Acid, aux commandes du navire HONEYMOON DISEASE. Les deux jouent de la guitare et la première assure en plus le chant. Et reconnaissons qu’elles assurent franchement, les guitares virevoltent, le feeling est évident. Côté chant rien d’extraordinaire, cela manque de caractère et de conviction, mais cela reste dans la moyenne et ne porte pas préjudice au groupe. En onze chansons directes et compactes le quatuor montre son savoir-faire, sa maîtrise technique et son talent de composition. The Transcendance s’avère être un disque sérieux, propre mais d’un intérêt discutable. Tout un chacun aura l’aura l’impression d’avoir déjà écouté ces chansons et leurs ersatz des dizaines de fois. Elles s’enchainent sans fausse note ni erreur évidente mais peinent à véritablement convaincre sur la longueur. La faute à un manque d’originalité et d’identité criante. Cette scène retro rock tourne en rond et se mord la queue.
Donc pour résumer, HONEYMOON DISEASE livre un premier album appliqué avec son lot de titres heavy rock accrocheurs. Les influences sont évidentes et si vous aimez DEEP PURPLE, THIN LIZZY ou encore RAINBOW vous serez comme un poisson dans l’eau. Les indécrottables nostalgiques trouveront peut-être leur bonheur, les autres resteront fidèles aux classiques.
Tracklist (38:27 mn) 01. Higher 02. Stargazer 03. Imperial Mind 04. Gotta Move 05. You're Too Late 06. Break Up 07. Bellevue Groove 08. Fast Love 09. Rock N Roll Shock 10. Brand New Ending 11. Keep Me Spinning
Dans la galaxie AMBERIAN DAWN, il seule vérité s’impose à tous. Tuomas Seppälä, le fondateur, compositeur, claviériste / guitariste mène les débats et reste le seul maître à bord. Autour de lui, tout change mais il tient fermement la barre, un peu à l’image d’Holopainen au sein de NIGHTWISH. Donc pour ce sixième opus, le groupe a perdu l’un de ses guitaristes avec le départ de Kimmo Korhonen et a changé de bassiste avec l’intégration de Jukka Hoffren. Ce dernier n’est pas un inconnu puisqu’il avait déjà assuré les lignes de basse en tant que musicien de session sur Magic Forest (chronique ici).
Dans les documents promos, le groupe/son label indique qu’AMBERIAN DAWN a encore une fois su innover et apporter de la nouveauté dans sa musique. Sans vouloir être mauvaise langue, nous avons beau chercher et écouter, cela ne saute pas immédiatement aux oreilles. Comme sur les cinq opus précédents, les finlandais déploient un métal symphonique canonique, très mélodique avec les ingrédients habituels: refrains accrocheurs, omniprésence des claviers, soli de guitares… Une certaine routine s’est installée et Seppälä peine à surprendre son auditoire. Les mêmes ficelles et les mêmes gimmicks apparaissent encore et encore et une certaine lassitude finira par s’installer. Ce n’est jamais désagréable à écouter, les titres restent courts et formatés autour des quatre minutes. Les musiciens sont tous très expérimentés et savent y faire. Sur la majorité des disques d’AMBERIAN DAWN quelques titres parvenaient à émerger du lot et frappaient l’auditeur par une mélodie, un refrain, un arbre masquant la forêt. Ce n’est malheureusement pas le cas de cet Innuendo prévisible du début à la fin et qui fleurte même parfois avec une évidente facilité (paresse ?). Une chanson comme « The Court Of Mirror Hall » s’avère être d’un cliché désarmant et d’une faiblesse coupable. Capri derrière le micro offre une nouvelle belle performance mais ne peut compenser l’intérêt limité de la majorité des titres mis à sa disposition.
Beaucoup considèrent AMBERIAN DAWN comme un groupe de seconde division et force est de constater que ce sixième album donne raison aux détracteurs du groupe. Chaque écoute d’Innuendo finit par provoquer un certain ennui et ne pousse pas vraiment à s’y remettre. Le label mentionné la référence de disque culte de QUEEN, il fallait oser. Un abîme sépare les deux groupes dans l’ambition et surtout le talent. Dans une veine assez proche, préférez largement le dernier STRATOVARIUS.
Tracklist (45:13 mn) 01. Fame & Gloria 02. Ladyhawk 03. Innuendo 04. The Court Of Mirror Hall 05. Angelique 06. Rise Of The Evil 07. Chamber Of Dreadful Dreams 08. Knock Knock Who’s There 09. Symphony Nr 1, Part 1- The Witchcraft 10. Your Time – My Time
Pour un premier EP, nos compatriotes n'ont pas mégoté sur la quantité. Alors que certaines publications se trainent avec quinze malheureuses minutes dont trois quart de live dispensables et déjà entendus, TOXIC LILY blinde sa galette avec plus de vingt-cinq minutes de musique originale. Pour ce tarif, vous aurez six chansons à vous mettre sous la dent. Le quintet joue clairement la carte de l’originalité sur la forme via ce personnage de Lily et une approche résolument détendue. Cela n’empêche de travailler avec sérieux et application comme le prouve ce disque.
Evoluant dans un genre rock alternatif original, touffu et éclectique (électrique aussi), TOXIC LILY fait ce qui lui plait s’en trop s’intéresser aux usages. A chaque nouvelle chanson l’auditeur peut s’attendre à être surpris par le mélange des genres et l’approche anticonformiste généralement adoptée. Les titres composés sonnent frais, on sent un groupe motivé et soucieux de bien faire. Calibrés autour des quatre minutes ces chansons vont à l’essentiel sans se perdre en conjectures musicales stériles. Le quintet maîtrise son sujet et donnera du grain à moudre aux amateurs de rock mêlant accroche mélodique et énergie communicative. Derrière le micro, Mü offre une belle performance de sa voix assez grave et rock, même si elle en fait un peu trop parfois (et un accent assez prononcé), et s’avère être au diapason de ses camarades de jeux, Vassago (guitares), Polo (guitares), Grrreg à la basse et enfin Nicow à la batterie.
Les six chansons de Trick or Treat s’écoulent avec naturel, sans anicroches. « Don’t Cry » émerge nettement du lot ainsi que « Supercharger ». Les autres apparaissent un ton en dessous. Le son manque de lustre et d’impact mais reste tout à fait honorable tenant compte des moyens limités. Avec cet EP, TOXIC LILY ouvre avec talent sa carrière discographique et ouvre de jolies promesses. A eux maintenant de transformer l’essai sur la longueur d’un album complet.