Joli petit syndrome “Madeleine de Proust” à l’écoute de ce nouvel opus des californiens d’UGLY KID JOE. Bien que nos amis aient reformé le groupe En mai 2010 et publié un EP, Stairway To Hell en 2012, Uglier Than They Used to Be est le premier véritable album depuis Motel California (1996). Et pour bon nombre d’entre nous, ils ont disparus des radars depuis leur succès en 1992 d’America's Least Wanted (« Everything about You »). Mais depuis vingt ans, chaque musicien a évolué de son côté. Whitfield Crane au sein de LIFE OF AGONY, a intégré LIFE OF AGONY puis ANOTHER ANIMAL, Dave Fortman s’est mué en producteur pour de nombreux albums métal, Shannon Larkin s’est investi dans GODSMACK…
Saluons le fait que les américains continuent de ne pas se prendre trop au sérieux. Il suffit de voir la pochette de l’album, souvenir du passé et les illustrations du livret. Partisan du « plus il y a de fous, plus on rit », l’UGLY KID JOE version 2015 compte bien des membres. Ils sont sept sur ce disque sans compter la présence de guests de prestige, Phil Campbell de MOTÖRHEAD sur trois titres et Dallas Fresca sur une chanson. Terminons en signalant que ce disque a été financer via un campagne de crowfunding sur Pledge Music.
Peu de choses ont changé depuis le début des années 90. UGLY KID JOE remet le couvert sans changer son fusil d’épaule, distillant des titres rock mélodiques et accrocheurs. L’ensemble n’est pas très origianl et apparait même déjà entendu parfois (« Hell Ain't Hard to Find » ressemble souvent à « Learn to Fly » des FOO FIGHTERS) et les reprises sont nombreuses. Mais à part cela, le groupe n’a pas perdu de son talent et propose des chansons très agréables qui ne manqueront pas de faire taper du pied et secouer la tête les fans de rock US. « Let the Record Play » possède un joli groove, « Bad Seed » martèle son message avec force et conviction alors que « Nothing Ever Changes » nous permet de redécouvrir la face la plus calme du groupe. Les reprises restent fidèles et donc impulsent un supplément d’énergie sympathique.
Après dix-neuf années de silence, Uglier Than They Used to Be signe un retour convaincant et laisse quelques regrets sur ces deux décennies de silence. Mais il fallait peut-être cela pour que le groupe ne se déchire pas après avoir connu rapidement un énorme succès suivi d’un certain déclin. Un joli comeback.
Tracklist (48:27 mn) 01. Hell Ain't Hard to Find 02. Let the Record Play 03. Bad Seed 04. Mirror the Man 05. She's Already Gone 06. Nothing Ever Changes 07. My Old Man 08. Under the Bottom 09. Ace of Spades (MOTÖRHEAD cover) 10. The Enemy 11. Papa Was a Rolling Stone (TEMPTATIONS cover)
Sans vraiment savoir pourquoi, tout donne envie d’écouter et d’apprécier ce nouvel album des australiens de TERAMAZE. Cette très belle pochette, à la fois sombre et mystérieuse n’est forcément pas pour rien dans cet état de fait. Et la très bonne impression laissée par son prédécesseur, Esoteric Symbolism, sorti l’année dernière enfonce le clou. Pourtant tout ne fut pas simple et l’accouchement de ce cinquième opus s’est fait dans la douleur avec un profond changement de line-up. Exit Brett Rerekura derrière le micro, il est remplacé par Nathan Peachey. TERAMAZE prend désormais la forme d’un quartet et compte bien, sous cette forme, en impressionner plus d’un.
Et ils commencent sur les chapeaux de roue avec un titre fleuve de plus de douze minutes, « An Ordinary Dream (Enla Momento) ». D’entrée TERAMAZE montre de quel bois il est fait avec cette longue composition de pur métal progressif technique, à la fois super accrocheuse et ultra mélodique. Le feeling passe avant tout et il prend toujours le premier rôle face à la simple démonstration technique. On se rend rapidement compte que Dean Wells n’est pas un manchot et qu’il possède une belle maîtrise de son instrument. Difficile de ne pas penser à cette école du métal progressif américain avec des formations comme REDEMPTION surtout mais aussi DREAM THEATER ou SYMPHONY X. La patte australienne se ressent aussi au niveau du chant et des chœurs sur les refrains. Les comparaisons avec leurs compatriotes de KARNIVOOL risquent d’aller bon train. Pas vraiment enclin à faciliter le travail de l’auditeur, Her Halo compte trois gros morceaux avec deux autres chansons de presque respectivement huit et dix minutes.
Tout un chacun sent bien que cette nouvelle génération de groupe intègre de nouveaux éléments à sa musique, ce côté fédérateur et accrocheur comme leurs camarades du rock alternatif. Nous retrouvons cette même démarche chez ALTER BRIDGE par exemple. Bien sûr un TERAMAZE ajoute une certaine complexité et maestria à travers certaines compositions longues, à tiroir, pas spécialement radio-friendly mais les philosophies musicales comptent bien des points communs. Le single et titre éponyme « Her Halo » est taillé pour rencontrer et plaire à un large public. Le disque ne dure pas loin d’une heure et pourtant on ne sent pas le temps passer, tout s’enchaîne avec naturel et grâce. Le plaisir est au rendez-vous même si quelques longueurs ici et là laisse encore une belle marge de progression aux australiens.
Avec Her Halo, TERAMAZE frappe fort sur la scène métal progressive et se positionne rapidement parmi les outsiders à suivre de très près. SYMPHONY X a fait des merveilles cette année et nous attendons de pied ferme le nouvel opus de DREAM THEATER début 2016. Si l’un des parrains montrent des signes de faiblesses, ils pourraient se faire rapidement subtiliser leur place au profit d’un jeune loup talentueux et ambitieux.
Tracklist (56:35 mn) 01. An Ordinary Dream (Enla Momento) 02. To Love, a Tyrant 03. Her Halo 04. Out of Subconscious 05. For the Innocent 06. Trapeze 07. Broken 08. Delusions of Grandeur
Avec une grande régularité, tous les deux/trois ans en moyenne, Zak Stevens se rappelle à notre bon souvenir à travers son groupe CIRCLE II CIRCLE. Et ne nous voyons pas la face, nous n’avons jamais été vraiment enthousiastes face à ces albums corrects mais sans génie ni âme. Pourtant, il semble que le groupe trouve son public et continuent à sortir des albums, d’abord chez AFM Records et désormais chez earMUSIC depuis Seasons Will Fall (chronique ici). Espérons que les aventures récentes de Stevens avec SAVATAGE et TSO aient rallumé la flamme inspiratrice en lui et qu’il nous surprenne agréablement cette fois-ci.
Le temps passe et Reign Of Darkness s’avère déjà être le septième opus des Américains. Comme d’habitude Stevens et ses camarades se plaisent à mélanger différents styles entre heavy metal classique, power et métal progressif. Le line-up de CIRCLE II CIRCLE a toujours beaucoup varié et seul Paul Michael "Mitch" Stewart, présent à la basse depuis 2003, résiste aux années. Au niveau musical pas de chambardement en vue. Après une introduction instrumentale évoquant lourdement SAVATAGE, les hostilités débutent par un « Victim of the Night » aux premières mesures accrocheuses avant que le soufflé ne retombe. On passe ensuite dans un power métal très convenu et déjà entendu des milliers de fois. Stevens reste un chanteur talentueux mais il est fait souvent beaucoup et surtout les mélodies vocales proposées ou encore les refrains manquent de force et d’impact. Les dix nouvelles chansons proposées oscillent entre quatre et cinq minutes, bien formatées pour passer en radio outre-Atlantique ou en Allemagne. Bien sûr les musiciens ne sont pas des manchots et tiennent leur rang mais dans l’ensemble Reign Of Darkness aurait plutôt tendance à susciter l’ennui que l’adhésion. Aucun titre ne surnage vraiment et tous échouent à maintenir un quelconque intérêt.
Encore une fois CIRCLE II CIRCLE déçoit en restant désespérément prisonnier d’un seul schéma. Stevens vit sur son passé et peine à prouver qu’il existe un vie en dehors de SAVATAGE. Jon Oliva y arrive alors pourquoi pas Zak Stevens et CIRCLE II CIRCLE ?
Tracklist (46:43 mn) 01. Over-Underture 02. Victim Of The Night 03. Untold Dreams 04. It's All Over 05. One More Day 06. Ghost Of The Devil 07. Somewhere 08. Deep Within 09. Taken Away 10. Sinister Love 11. Solitary Rain