Author Archive

An Elegy – Embrace The Rain (EP)

oshy_21082015_A_ElegLe quintet AN ELEGY est né en 2014 entre Coventry et Birmingham sous la forme d’un groupe de metalcore britannique ambitieux et passionné. Afin de mener bien ce projet de pouvoir un jour vivre de leur passion et quitter leurs boulots alimentaires du quotidien, les anglais se sont enfermés un an dans leur studio de répétition afin de peaufiner leur identité musicale et leur son. Il publie en autoproduction un EP, Embrace the Rain, qui va leur faire office de carte de visite pour se présenter au fan et ils comptent faire fructifier ces premiers pas discographiques.

Comment souvent dans ce genre metalcore/deathcore, les compositions sont courtes et de veulent directes, sans fioriture ni chichi. Les deux guitaristes installent un mur de son massif, rythmé par une basse et une batterie rapide avant que le hurleur de service n’apporte la touche finale au plat. Sam Appleyard growle à s’en faire péter les cordes vocales en dehors des refrains assurés en chant clair. Et ce cocktail habituel entre musique massive et chant bourrin fait son effet et agresse d’entrée l’auditeur. Le groupe use et abuse des breaks ce qui complique inutilement leur propos et fini par lasser. Ce disque est mener du début à la fin pied au plancher et laisse un sentiment assez mitigé. Quelques bonnes idées parsèment ici et là les compositions mais elles sont malheureusement noyées dans le maelstrom ambiant. Après chaque écoute l’envie de s’y remettre est loin d’être évidente. A part quelques refrains qui claquent plutôt bien le reste aurait plutôt tendance à donner rapidement la migraine. Le groupe lui-même mentionne des accointances avec BURY TOMORROW et EMMURE. Si vous aimez des groupes là, jetez une oreille sur AN ELEGY. Sinon passer votre chemin

Oshyrya (04/10)

 

Facebook Officiel

 

Autoproduction / 2015
Tracklist (19:28 mn) 01. Ghost 02. Hidebound 03. Chailleann Tú Mé 04. VII 05. Ghost pt. II 06. Embrace The Rain

Northlane – Node

oshy_20082015_NorthlanPendant la phase de préparation avant la rédaction d’une chronique, la bonne ou la mauvaise disposition (ou à priori) du chroniqueur devant un nouvel album, même avant d’en avoir écouté la moindre note, ne tiens vraiment pas à grand-chose. Une photo promo avec de bonnes bouilles souriantes et amicales ou encore une belle pochette de disque. C’est bien ce dernier élément qui me poussait à l’optimisme à l’aune de découvrir ce disque, j’apprécie cette pochette simple et colorée, sans chichi mais d’une rare efficacité géométrique. Ce fut la même chose avec le dernier DØDHEIMSGARD au visuel hypnotisant avant que je ne déchante devant la brutalité du propos.

Node est le troisième album du groupe australien de metalcore NORTHLANE. Pour la première fois apparaît le nouveau chanteur, Marcus Bridge, suite au départ d’Adrian Fitipaldes en 2014. Originaires de Sydney en Nouvelle Galles du Sud, le quintet fait ses premiers pas en 2009 leur nom fait référence à la chanson « North Lane » d’ARCHITECTS. Ils comptent à leur tableau de chasse un EP, Hollow Existence sorti en 2010 et deux albums, Discoveries (2011) et Singularity (2013).

Les espoirs nés de la pochette signée Patrick Galvin se voient confortés dès les premières écoutes. Pas forcément très simple d’accès, Node affiche une vraie complexité mais impressionne tout de même par l’intelligence et l’éclectisme du propos. Oui les australiens adoptent assez souvent une démarche assez brutale via des riffs rugueux et un chant majoritairement hurlé mais ils savent aussi manier la douceur et la subtilité dans un jeu de miroir entre les deux. Les amateurs de la nouvelle scène progressive, à la fois technique et audacieuse, devraient pouvoir trouver bien des charmes aux complexes arabesques sonores de nos amis de NORTHLANE. Il n’est pas toujours aisé de suivre le quintet dans son parcours sinueux et la surprise s’avère bien souvent au rendez-vous. Bien que les compostions soient, dans l’ensemble, calibrées autour des quatre minutes, les expérimentations et les chemins de traverses mélodiques foisonnent. Un peu à l’image de ce que proposent dans un genre plus doux leurs compatriotes de KARNIVOOL. Tout n’est pas absolument génial mais NORTHLANE laisse quand même une impression très positive à chaque écoute. Node apprend la patience tant son apprentissage s’avère long et tortueux. Le groupe affirme que ce disque a été nourri par la passion et la colère.

Avec le recul, autant l’écrasante majorité de la scène metalcore nord-américaine me donne des boutons, autant l’approche plus colorée et éclectique des australiens de NORTHLANE recèle une richesse et un intérêt sans commune mesure avec leurs concurrents. Dégagés du formatage et des carcans du music business étatsunien, les artistes peuvent laisser libre court à leur talent et leur créativité pour notre plus grand plaisir. Pas simple d’accès, Node vous donnera du fil à retordre mais vous serez récompensé de votre persévérance. Un bel album à tout point de vue.

Oshyrya (7,5/10)

 

Site Officiel
Facebook Officiel

 

UNFD Records / 2015
Tracklist (46:25 mn) 01. Soma 02. Obelisk 03. Node 04. Ohm 05. Nameless 06. Rot 07. Leech 08. Impulse 09. Weightless 10. Ra 11. Animate

oshy_20082015_CounterparFranchement, parfois la vie du chroniqueur amateur n’est pas facile. Par les effets du hasard, votre serviteur enchaine les albums de groups nord-américains qui évoluent tous dans une veine metalcore, hardcore, post-hardcore ou encore pop punk et qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Oui bien sûr vous trouverez ici et là des différences stylistiques mais avec un peu de recul, ils appartiennent quand même tous à la même école et reproduisent tous les mêmes gimmicks. Entre une musique brutale, rarement subtile et un chant hurlé lassant au possible, ma résistance se voit pousser dans ses derniers retranchements.

Notre victime du jour se nomme COUNTERPARTS et est originaire d’Hamilton, Ontario au Canada. Pour ça, Etats-Unis ou son voisin du nord, même combat. Né en 2007, le quintet a su progressivement fourbir ses armes et développer une solide discographie composée d’un EP et de trois albums studios. Ils ont connu leur moment de gloire lors de la sortie de leur précédent opus, The Difference Between Hell and Home, qui est entré directement à la quarante-neuvième place du Billboard Top 200. Reste à transformer l’essai avec ce quatrième chapitre, Tragedy Will Find Us. Seuls le chanteur Brendan Murphy et le guitariste Jesse Doreen sont fidèles à leur poste depuis le début. Pour les autres, c’est une valse très régulière.

A l’écoute, pas de miracle. La même soupe si populaire outre-Atlantique nous est resservie encore une fois. Les compositions sont courtes, les guitaristes créent un mur de guitare avec quelques riffs basiques, la section rythmique envoie la sauce et le chanteur beugle là-dessus. Oui je sais cette description fait rêver et pourtant le succès de semble pas se démentir en Amérique du Nord. La règle d’or s’appelle calibrage et formatage pour maximiser les chances d’être diffuser sur toutes les radios locales dans le pays. Pas plus de deux ou trois minutes, ensuite cela énerve, et une musique ainsi qu’un propos direct et sans fioritures. Et c’est naze… Cela ne possède aucun charme et les compositions s’enchainent comme à l’usine, en pilotage automatique. COUNTERPARTS n’est ni pire ni meilleur que les autres, seulement profondément inintéressant et ennuyeux. Quelques rares rayons de lumière parviennent à s’extirper du néant comme sur « Threads » mais n’en espérez pas beaucoup plus.

Avec la multitude des sorties et de nouveaux groupes qui émergent chaque semaine, que restera-t-il de tout cela dans une décennie ? Et même l’année prochaine pour toutes ces formations nord-américaines qui se servent qu’à proposer la bande-son énervée et faussement rebelle de l’été des teenagers outre-Atlantique ? Nous avons tous dans notre discographie des achats improbables, oubliés depuis longtemps, tant ils semblent appartenir à une époque depuis longtemps révolue. Des milliers d’américains et de canadiens se réveilleront un jour en se demandant ce qui avait bien pu leur passer par la tête pour acheter cet album de COUNTERPARTS qui prend la poussière depuis des années.

Oshyrya (04/10)

 

Site Officiel
Facebook Officiel

 

Pure Noise Records / 2015
Tracklist (34:06 mn) 01. Stillborn 02.Thread 03. Resonate 04. Stranger 05. Burn 06. Tragedy 07. Withdrawal 08. Choke 09. Collapse 10. Drown 11. Solace