Author Archive

oshy_19082015_HumanglVoilà, la boulette, c’est fait et c’est déjà trop tard… Je viens de faire une énorme connerie à la lecture de la tracklist de cet album des italiens d’HUMANGLED. Voyant le titre « To Mega Therion », je me dis chouette une reprise de la chanson culte de THERION. Et bien précisons-le d’entrée, les transalpins auraient mieux fait de laisser ce titre tranquille tant il est joyeusement massacré ici. A oui, forcément, vu la complexité de la mise en place du chant lyrique chez les Suédois, il en fallait pas se rater. Et bien HUMANGLED s’est largement pris les pieds dans le tapis et le chant pseudo-lytique proposé sonne ultra cheap et finit par tout gâcher. La connerie c’est d’avoir commencé par la fin de cet album et avoir désormais forcément un énorme à priooir pour le reste. Mais laissons sa chance au produit.

Pour remettre les choses dans l’ordre, rappelons qu’HUMANGLED est un groupe de Death metal originaire de Pise, de l’autre côté des Alpes né des cendres du projet cyber-grind PUTRID SEQUENCE (des poètes sans aucun doute). Après un premier départ en 1996 via une démo, le groupe se sépare avant de remettre le couvert à partir de fin 2006. Deux EPs voient ainsi le jour les deux années suivantes: Refoetalize (2007) et Edge of Beyond en 2008. En 2010 HUMANGLED signe avec le label américain Abyss Records from Indianapolis et publie par ce biais un premier album, Fractal en 2010 puis un EP, Odd Ethics en 2012. Après trois années de silence discographique, ils reviennent cette année avec un second opus, Prodromes Of A Flatline, cette fois-ci chez Bakerteam Records.

Donc si je résume ma situation face à cet album: un groupe de Death Métal, ils décident de faire une reprise d’une de mes chansons préférées et il la massacre joyeusement. Mon comprenez mon manque d’enthousiasme à l’aune de la rédaction de cette chronique. Les choses sésireuses devraient commencer dès les premières secondes avec l’amusant “ Libertè, Egalitè, Brutalitè » (fautes d’orthographes d’origine) et pourtant l’auditeur se voir accueillir par une minute d’une mélodie aux claviers avant que la nature Death du groupe ne reprenne le dessus et que HUMANGLED n’envoie la sauce. Musicalement, les transalpins tabassent sec mais cela reste plutôt accessible. Soit votre serviteur s’habitue à cette violence à force de côtoyer une rédaction de sauvages soit le groupe est resté presque sage et n’est pas tomber dans des extrêmes sonores. Alors oui bien sûr le chant est bourrin à souhait, c’est la moindre chose pour un groupe de Death quand même. Sinon vous trouverez ici du grand classique, les guitaristes se font une joie de tronçonner tout ce qui bouge, la section rythmique basse/batterie ne ménage pas sa peine et le chanteur beugle. Les musiciens font preuve d’une solide maîtrise technique et les quelques breaks et soli envoyés ici et là s’avèrent tout à fait convenable.

En dehors de la faute de goût majeure avec cette reprise ratée de THERION, il me semble que les italiens rendent ici une copie propre et solide. Pas de quoi tomber en extase devant Prodromes Of A Flatline, la musique proposée n’est pas d’une folle originalité mais le boulot a été fait. Les fans pur et dur d’un métal puissant et agressif tendance Death pourront trouver ici quelques satisfactions.

Oshyrya (06/10)

 

Facebook Officiel: https://www.facebook.com/Humangled

 

Bakerteam Records / 2015
Tracklist (42:45 mn) 01. Libertè, Egalitè, Brutalitè 02. 4:03 03. Men Of Straw 04. Foretasted In Flesh 05. Intimacy Curse 06. Untastable Fear 07. Fragments 08. Cauterized 09. Vegan Realm 10. To Mega Therion

oshy_19082015_Virgi_SteelChaque nouvelle sortie des américains de VIRGIN STEELE est accueillie dans cette rédaction par un subtil mélange de crainte et d’excitation. David DeFeis reste sans conteste un artiste extrêmement doué mais il fait bien trop souvent preuve d’un ego et d’une démesure qui fini par nuire à son groupe. Chaque album comporte souvent quelques jolies pépites mais également des pensums particulièrement éprouvants. Comme d’habitude, les américains ne font pas les choses à moitié et cinq ans après The Black Light Bacchanalia (2010) les voici de retour avec un album copieux sous le bras.

Ayant bien tous ces éléments en tête la première écoute de ce nouvel opus recèle bien des surprises. Nous sommes ici loin du groupe "larger than life" des House of Atreus. Il semble que DeFeis et ses petits camarades soient revenus vers des rivages plus simples et directs à nouveau clairement ancré dans cette veine Power Métal. Les fioritures sont bien toujours là mais elles s’avèrent beaucoup plus discrètes. Entourés des mêmes camarades de jeux depuis plusieurs années maintenant, en particulier le fidèle Edward Pursino, VIRGIN STEELE aura, au cours de ces dernières années, appris à optimiser son propos pour ne garder que l’essentiel. Ils reviennent à leurs premières amours même si les divers chœurs et quelques orchestrations pointent ici et là leur bout du nez. Une des marques de fabrique des américains reste le chant très particulier de DeFeis, on aime ou on déteste mais cela ne laisse forcément personne indifférent. Il continue à en faire des tonnes, on ne peut pas pas lui reprocher de croire en ce qu’il fait en incarnant ainsi chaque chanson. De façon assez surprenante, il semble prendre un malin plaisir sur ces nouvelles compositions à utiliser un chant très aigu. C’est assez frappant sur « Lucifer's Hammer » et « Queen Of The Dead ». Notre ami est coutumier du fait mais rarement de façon aussi marqué. Alors que beaucoup de chanteur utilise un registre plus grave en vieillissant, DeFeis s’en moque et fait tout le contraire. Sur la forme, sans être un album concept au sens canonique, les chansons de Nocturnes Of Hellfire & Damnation gardent toute des thématiques communes. La production est soignée rien à redire de ce côté-là.

En se présentant sous un jour presque plus simple et racé qu’à l’habitude, VIRGIN STEELE laisse découvrir une autre facette de son talent. Les amateurs de Power Métal à l’américaine seront ravis de ce retour au source, une musique plus directe, largement débarrassée de tous ces couches de guimauve qui, sans manquer de charme, alourdissait considérablement le propos du groupe. Les détracteurs des gimmicks de DeFeis continueront à la vouer aux gémonies, les autres feraient bien de s’intéresser à nouveau au travail des new-yorkais, ils pourraient être agréablement surpris.

Oshyrya (07/10)

 

Site Officiel
Facebook Officiel

 

Steamhammer – SPV / 2015
Tracklist (79:38 mn) 01. Lucifer's Hammer 02. Queen Of The Dead 03. To Darkness Eternal 04. Black Sun-Black Mass 05. Persephone 06. Devilhead 07. Demolition Queen 08. The Plague And The Fire 09. We Disappear 10. A Damned Apparition 11. Glamour 12. Delirium 13. Hymns To Damnation14. Fallen Angels

Dagoba – Tales of the Black Dawn

oshy_19082015_DagobLes Marseillais de DAGOBA continuent leur petit bonhomme de chemin et se rappellent à notre bon souvenir avec un sixième opus, Tales of the Black Dawn. Ils roulent leur bosse depuis maintenant presque vingt ans sur les routes d’Europe et de Navarre et se constituent petit à petit une base de fan solide et dévouée. Ils profitent de toutes les opportunités qui se présentent à eux pour se faire connaître du plus grand nombre. Sa première tournée américaine avec DIR EN GREY en 2013 cristallise bien cette volonté implacable d’avancer. Malgré bien des qualités, le précédent album studio Post Mortem Nihil Est (chronique ici) nous avait déçus par son manque d’épaisseur et finissait par rapidement lasser. Espérons que Tales of the Black Dawn tienne la route de ce côté-là.

Le constat de Mister Patate en 2013 s’impose dès les premières écoutes de ce disque. Sans que ce soit forcément une tare, Tales of the Black Dawn s’avère direct et immédiatement accessible. Les chansons sont assez courtes, calibrées autour des quatre minutes pour avoir d’emblée le maximum d’impact et s’instiller en un clin d’œil dans l’esprit de l’auditeur. Les groupes enchainent offensives à vive allure sans temps mort ni respiration. Les guitares mènent bien entendu les débats à coup de riffs et de rythmiques rapides et tranchants. La section rythmique s’en sonne à cœur joie et la batterie en particulier ne ménage pas ses efforts. Ajoutez sur cette base un chant hurlé plutôt convaincant et tout un chacun secouera assez rapidement la tête en rythme.

DAGOBA sait se faire subtil et presque mélodique malgré l’énergie et l’agressivité distillées tout au long de l’album. En dehors du chant qui pourrait en rebuter certain, la musique reste finalement assez accessible pour tout fan de métal qui se respecte. L’album déploie ses ailes de façon assez naturelle, sans faute de goût ni erreur grossière. Les Marseillais ont su accumulé beaucoup d’expérience et ont désormais assez de bouteille pour éviter les principaux écueils. Il faut également constater qu’une certaine langueur s’installe petit à petit malgré les coups de boutoir de DAGOBA. Avec du recul, il manque deux ou trois chansons imparables permettant de maintenir un intérêt élevé tout au long de l’album. Après chaque écoute, une impression positive continue de planer sans qu’aucun titre ne surnage particulièrement.

Après avoir également longuement réécouté Post Mortem Nihil Est, Tales of the Black Dawn me semble être plus solide, plus abouti, sans parvenir cependant à faire des merveilles. Bien que très facilement accessibles et directes, les dix nouvelles chansons proposées peinent à donner leur plein potentiel et s’enfuient rapidement sans laisser beaucoup de trace. La forme est comme toujours sans reproche mais le fond laisse bien des questions ouvertes. Nous sommes loin de ressentir le même enthousiasme qu’à l’époque de Face the Colossus. Depuis DAGOBA semble s’être assagi, passé en pilote automatique. Leur planche de salut reste évidemment la scène où nous pourrons peut-être redécouvrir Tales of the Black Dawn sous un jour plus favorable.

Oshyrya (6,5/10)

 

Facebook Officiel

 

Verycords / 2015
Tracklist (40:36 mn) 01. Epilogue 02. The Sunset Curse 03. Half Damn Life 04. Eclipsed 05. Born Twice 06. The Loss 07. Sorcery 08. O, Inverted World 09. The Dawn 10. Morning Light