Depuis une décennie, après la fin de leur bataille judiciaire, les finlandais de BURNING POINT se rappellent à notre bon souvenir tous les trois ans. Après Empyre (chronique là) en 2009 et The Ignitor (chronique ici) en 2012, voici leur nouvel album éponyme. Sur le papier la vie du groupe peut sembler être un long fleuve tranquille et pourtant bien des évènements ont émaillés la vie du sextet depuis la publication du précédent opus. Changements de personnel aux claviers, à la basse et surtout au chant avec l’intégration de Nitte Valo, déjà connue des spécialistes pour sa présence quelques années au sein de BATTLE BEAST. L’arrivée d’une chanteuse, même si celle-ci évolue dans un registre métal grave et puissant, change forcément l’identité artistique des finlandais. Et après avoir travaillé avec le label italien Scarlet Records, le groupe était à la recherche d’un nouveau deal. Ils font désormais partie de l’écurie AFM Records.
L’intégration de Valo et la signature avec un label phare européen laisse penser que ce sixième disque nait sous les meilleurs auspices. Nous aurions aimé pouvoir nous mettre sous la dent un album complet mais cet opus s’apparente plutôt à un EP compléter de divers bonus. Vous trouverez donc ici cinq nouvelles chansons ainsi que six classiques réenregistrés. Cela permettra au moins de tester la nouvelle chanteuse sur des titres plus anciens. Dans le fond la recette des finlandais n’a pas vraiment changé, nous retrouvons ce heavy métal racé à la fois puissant et mélodique qui fait leur marque de fabrique depuis longtemps. Les titres se doivent d’être assez simples et directs, accrocheurs et facilement mémorisables. Les guitares mènent bien entendues les débats épaulées par des nappes de claviers ici et là. Ces derniers sont tantôt très discrets tantôt omniprésents selon les compositions. Si on ne prend que les cinq nouvelles compositions, le résultat reste sympathique sans plus. Rien de bien nouveau sous le soleil, nous nageons dans un classicisme complet. La présence de Valo change un peu la donne et montre un groupe plus direct et brut de décoffrage. Difficile de ne pas penser à justement BATTLE BEAST à l’écoute de ces chansons. On sent les finlandais très appliqués, sans doute trop même, et à force de jouer la sécurité, ils ont perdu une partie de leur charme. Les cinq titres inédits s’écoutent sans déplaisir mais manque nettement d’accroche et de lustre. Au petit jeu des comparaisons, nous sommes par exemple à des années lumières de l’efficacité d’un SABATON. Quant aux classiques revisités, les fans seront contents et Nitte Valo prouve qu’elle peut sans problème se confronter au répertoire de ses nouveaux camarades. Difficile d’en tirer d’autres conclusions.
Sans vouloir tomber dans un symbolisme de café de commerce, il n’est jamais anodin de ne pas donner de titre à son album et de laisser uniquement le nom du groupe. Cela n’est pas neutre. Nous pourrions aisément interpréter cela comme la volonté du groupe d’ouvrir un nouveau chapitre dans sa carrière et de laisser les écueils du passé derrière eux. Dommage alors de la jouer ainsi petit bras et de ne proposer qu’un demi nouvel album d’un intérêt assez moyen. Les classiques dépoussiérés ne font office que de bonus de remplissage. Signalons pour finir qu’AFM a republié au passage les quatre premiers disques des finlandais.
Oshyrya (5,5/10)
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AFM Records / 2015
Tracklist (45:30 mn) 01. In The Shadows 02. All The Madness (2015) 03. Signs Of Danger (2015) 04. Find Your Soul 05. Heart Of Gold (2015) 06. My Darkest Times 07. Dawn Of The Ancient War (2015) 08. Into The Fire (2015) 09. Queen Of Fire 10. Blackened The Sun (2015) 11. I’ve Had Enough (Into The Fire) KISS Cover
Heureusement que des groups orphelins d’un chanteur comme HOLLOW HAZE font appel à des mercenaires comme Mats Levén car sinon ce dernier serait au chômage. On ne compte plus les albums sur lesquels chante le Suédois. Il est très doué c’est sûr mais cela fini quand même par agacer. Après un Poison in Black (chronique ici) pas désagréable en 2012 et un Countdown to Revenge (chronique là) plutôt réussi l’année suivante, le trio transalpin revient nous voir cette année avec Memories of an Ancient Time. Espérons qu’ils continuent de progresser et que nous soyons désormais enchantés par leurs nouvelles chansons. On ne change pas les bonnes traditions et donc comme évoqué ci-dessus, exit Fabio Lione bien trop occupé par RHAPSODY OF FIRE et ANGRA qui tenait le micro sur le précédent album et voici Mats Levén. Signalons en aparté qu’à la lecture de la page Facebook du groupe, ils semblent enfin avoir trouvé une chanteuse italienne en la personne de Giorgia Colleluori. Nous verrons bien dans les mois à venir la pertinence et la durabilité de cette association.
Donc sixième album, un nouveau chanteur et pour le reste cela reste du grand classique HOLLOW HAZE. Nick Savio continue de mener les débats à la guitare accompagné par ses camarades Camillo Colleluori (batterie) et Dave Cestaro (basse). Les transalpins distillent comme d’habitude un heavy métal accessible et mélodique, mélangeant à la fois force et finesse. Les différentes compositions se veulent calibrées autour des quatre à cinq minutes permettant au groupe se développer son style sans tomber dans le piège des développements stériles à rallonge. Les riffs se veulent tranchants, inspirés, soutenus par une solide section rythmique basse / batterie et de nombreuses nappes de claviers destinées à renforcer les ambiances. Les chanteurs invités font le reste…. En plus de Levén, HOLLOW HAZE a fait appel à d’autres intervenants venus leur prêter main forte: Rick Altzi (MASTERPLAN, AT VANCE), Amanda Somerville (AVANTASIA, EPICA…), Ivan Giannini (DERDIAN) et Claudia Layline (SERENADE).
Dans la continuité de Countdown to Revenge, HOLLOW HAZE ne démérite pas sur Memories of an Ancient Time et fait mouche à plusieurs reprises comme sur « Created to Live » ou « An Ancient Story » pour ne citer que quelques exemples. Avec un peu de recul, dans son ensemble, ce disque s’avère être agréable, le fruit d’un travail sérieux et solide. Mais devant le nombre de groupe important évoluant dans un registre similaire, les transalpins risquent d’avoir du mal à faire leur trou. Ils progressent c’est indéniable et ce dernier album est supérieur à son prédécesseur. HOLLOW HAZE laisse encore l’impression de jouer parfois petit bras alors qu’ils sont bien meilleurs quand ils font preuve d’une belle ambition, laissant passer un souffle épique au sein de leurs chansons. Pour passer un cap, ils doivent trouver de la stabilité au chant. Nous croisons les doigts pour Giorgia Colleluori.
Oshyrya (7,5/10)
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Scarlet Records / 2015
Tracklist (53:49 mn) 01. Out In The Darkness (intro) 02. Rain Of Fire Lights 03. Created To Live 04. An Ancient Story 05. A New Era 06. Night Is Calling 07. Angeli Di Fuoco 08. Silvertown 09. Eyes Of The Sphinx 10. Lance Of Destiny 11. Demon 12. Gate To The Eternity
Alors que NIGHTWISH change de chanteuse avec une grande régularité, son ancienne égérie, Tarja Turunen continue tranquillement son petit bonhomme de chemin de son côté. Vu de France, nous pourrions avoir l’impression que la carrière de la jolie finlandaise marque le pas et pourtant celle-ci écume les scènes du monde entier et semble avoir su fidéliser une solide base de fan. Comme son titre le suggère, ce concert a été enregistré le 27 mars 2011 au cours du What Lies Beneath World Tour au Luna Park de Buenos Aires en Argentine. Récemment les américains de DREAM THEATER ont également profité de la ferveur du public local immortaliser au même endroit un de leur concert.
Le disque est le troisième opus live de la finlandaise. Ce concert a eu lieu avant la publication de Colours in the Dark et contient donc presque essentiellement des extraits des albums My Winter Storm et What Lies Beneath. Bien sûr les interprétations s’avèrent solides et assez fidèles, aucune raison ici d’être déçus ou dépaysés si vous aimez ces chansons. Tarja est en voix et assure avec talent toutes les parties de chant. Elle bénéficie également d’une grosse production et donc sur le fond pas grand-chose à redire. Malheureusement pour elle, les deux points d’orgue de ce concert restent les deux reprises de tube de son précédent groupe « Stargazer » et « Wishmaster ». Les compositions solo de la chanteuse ne sont quand même pas du même niveau même si un titre comme « I Walk Alone » tient bien la route. Un medley de tubes internationaux s’avère assez amusant même si BON JOVI en version lyrique laisse perplexe. Côté son, rien à redire si ce n’est souvent un public trop présent. Beaucoup penseront avoir affaire à un bootleg de très bonne qualité. Cela vient peut-être de la drôle de démarche adoptée pour accoucher de ce disque. En effet Luna Park Ride a été filmé par les fans au stade avant que la piste son ne soit mixée par Tim Palmer à partir des enregistrements réalisés par le Luna Park. Votre serviteur n’a pas vu les images mais nous avons de quoi nous inquiéter du côté patchwork de vidéos non-professionnelles.
En dehors de ces défauts loin d’être anodins, le timing même de la sortie de ce live est bizarre, il renvoie à une époque désormais révolue et s’inscrit avant la sortie du meilleur opus de la finlandaise, Colours in the Dark. Comprenne qui pourra en dehors du besoin d’occuper le terrain avant les prochaines sorties discographiques. La version DVD et Blu-ray se justifie sans doute, plus ne serait-ce que pour les 70 minutes de bonus présentant différentes performances certaines plus récentes. Cela sent d’ailleurs comme une stratégie pour éviter les critiques sur le fond. La démarche s’avère quand même être bizarre… N’ayant pas vu les images ne feront pas de commentaire. Pour la partie audio uniquement, seuls les fans transis trouveront ici leur bonheur.
Oshyrya (06/10)
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earMUSIC / 2015 Tracklist (68:23 mn) 01. Dark Star 02. My Little Phoenix 03. The Crying Moon 04. I Walk Alone 05. Falling Awake 06. Signos (Soda Stereo cover) 07. Little Lies 08. Underneath 09. Stargazers 10. Ciaran’s Well 11. In For A Kill 12. Where Were You Last Night – Heaven Is A Place On Earth – Livin’On A Prayer 13. Die Alive 14. Until My Last Breath 15. Wishmaster