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oshy_13072015_Las_AvenuSans doute l’effet du hasard mais trois albums mélangeant allégrement métal et électro me sont récemment tombés dans mon escarcelle. Alors la démarche d’un PAVILLON ROUGE, d’un HERRSCHAFT et d’un LAST AVENUE présente bien des similitudes sur le fond mais la forme reste quand même bien différente. Ces derniers ne sont pas là pour amuser la galerie mais restent quand même un poil plus accessible que leurs camarades. Le chant clair aide forcément à toucher un plus grand public potentiel.

Mais revenons à nos moutons et à LAST AVENUE. Le groupe, originaire d’Orléans, est né en 2009 sur l’idée de proposer un mélange original entre influences indus, métal et électro, le tout dans écrin coloré et bourré de puissance et d’énergie. Un premier single voir le jour en octobre 2013 et permet à LAST AVENUE de faire ses grands débuts discographiques. Le quintet franchit finalement le Rubicon en février 2014 et sort un premier album, Analog 1.1. Après un an de labeur, les voici déjà de retour avec un second album sous le bras, Integration Protocol toujours chez Tinplho Records.

Histoire de mieux cerner leur musique, nos compatriotes citent eux-mêmes un vaste pot-pourri fait de nombreuses influences allant de RAMMSTEIN à NICKELBACK en passant par PRODIGY ou encore DAFT PUNK. La grand écart est certain et pourtant effectivement des bribes de ces groupes émergent ici et là. Les rythmiques et l’agressivité martiale d’es allemands se mêlent avec le sens du refrain et de la mélodique qui claque des canadiens, le tout enrobé de touches électros que ne renieraient pas les britanniques. LAST AVENUE va à l’essentiel à travers douze titres courts et calibrés histoire de frapper fort du premier coup. Pas le peine de diluer à l’excès le propos. Difficile de se sortir de la tête des petits brûlots hypnotiques comme « The Factory » ou encore « Fear to Stay ». Les orléanais n’ont pas réinventé la roue mais il serait malhonnête de ne pas trouver ici un talent certain pour accoucher de petites pépites électro-métal. LAST AVENUE a poursuivit ses expérimentations inaugurées sur Analog 1.1, une fusion tantôt froide puis chaude entre des ingrédients à priori opposés. Pour enfoncer le clou, ils ont invité deux camarades sur ce disque, Roman Rouzine (THE TRIA) et Devy Diadema (THE MARS CHRONICLES) viennent ainsi apporter leur petite pierre à cet édifice. Cerise sur le gateau, le son est plutôt bon, clair et puissant. Grâce en soit rendu à Christian CARVIN (PSYKUP, THE MARS CHRONICLES) qui a su donner insuffler cette chaleur et cette énergie à travers son mixage et son mastering.

L’éclectisme de cet Integration Protocol est assez impressionnant mais il constitue à la fois la force et la faiblesse de la démarche de LAST AVENUE. Pas sûr que nombreux seront ceux qui gouteront au caractère protéiforme de l’album. On passe ainsi d’un métal lourd au chant rappé (« Heroes of Today ») à un titre électro que ne renierait pas AIR ou KAVINSKY (« This Is Personal ») jusqu’à une chanson typée DEATHSTARS comme « Spying from the Future » ou « Self Made Drone ». Votre serviteur applaudit des deux mains mais craint qu’une partie du public ne partage pas l’ouverture d’esprit nécessaire.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Marmelade Production – Tinplho Records / 2015

Tracklist (45:42 mn) 01. Fear to Stay 02. Wait 03. Reverse 04. Wireless Ghost 05. Kill the Past 06. Spying from the Future 07. The Factory 08. Self Made Drone 09. This Is Personal 10. Lacks Reah 11. Heroes of Today 12. Pieces of Metal Planet

Gyze – Black Bride

oshy_13072015_GyzDeux courtes années après Fascinating Violence (chronique ici), voici de retour le trio nippon de GYZE. Au cours de ces quelques mois, les japonais ont du développer le groupe et sa réputation dans son pays mais aussi plus largement en Asie (Corée du Sud et Taïwan) ainsi qu’en Europe. Il était tant de battre le fer tant qu’il est chaud et de donner un nouveau chapitre à leurs aventures via ce Black Bride.

Premier gros changement en dehors des habituelles évolutions du line-up, exit Claudio Ravinale de DISARMONIA MUNDI, Ryoji et Aruta prenant désormais en charge les lignes de chant, dans un registre extrême. Mentionnons simplement l’apparition d’Ettore Rigotti sur un titre, “Honesty”, en tant qu’invité. Ce dernier a également assuré la production de l’album. En dehors de cela, on reprend les mêmes et on recommence, des chansons hyper mélodiques menées à fond de train à la vitesse de l’éclair. La marque de fabrique de GYZE reste le décalage entre un musique super technique, virevoltante et la touche extrême apportée par le chant hurlé. Au petit jeu des comparaisons, nous pourrions décrire cette démarche comme étant l’accouplement contre nature entre un DRAGONFORCE et un groupe quelconque de death métal. Et d’ailleurs, hasard amusant, GYZE ouvrira justement pour les britanniques à Taiwan en septembre prochain. En quatre ou cinq minutes à chaque fois, tout est dit à une vitesse supersonique. Les japonais ne laissant pas souffler l’auditeur qui se voit emporter dans un sacré maelstrom pour trois quart d’heure environ. Saluons la maîtrise technique affichée par le trio, Ryoji fait de tout bois avec sa guitare et ses deux comparses ne sont pas en reste. Cela risque d’en fatigué plus d’un mais l’amateur de beautés néo-classiques devraient y trouver son compte.

Ceux qui avaient apprécié Fascinating Violence devraient être aux anges en écoutant Black Bride. GYZE a su encore optimiser son propos même si les longueurs et le sentiment de lassitude n’ont pas entièrement disparus. Je confirme et répète la conclusion de ma chronique précédente, Les japonais devront évoluer pour continuer à progresser. Sinon, ils seront condamnés à la stagnation.

Oshyrya (07/10)

 

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Coroner Records / 2015

Tracklist (60:00 mn) 01. Black Bride 02. In Grief 03. Honesty 04. Insane Brain 05. Black Shadow 06. Winter Breath 07. Twilight 08. Satanic Loop 09. Nanohana 10. Julius 11. Asuhenohikari 12. Surface Tears (Exclusive Bonus Track)

Naïve – Altra

oshy_110725015_NaivAh qu’il est agréable de voir un groupe qui soigne autant la forme que le fond. Vous pouvez consulter toute la discographie des toulousains de NAIVE et vous vous rendrez compte que leur visuels d’albums réalisés à partir de montage photo s’avère à chaque fois profond et superbe. Ce quatrième opus, Altra, ne déroge pas à cette règle et s’avère tout aussi réussi que les pochettes de The End et Illuminatis.

Nourri par des influences aussi diverses que Rock, Metal, Trip-Hop ou encore Electro, le trio forge son identité en brassant divers courants jusqu’à obtenir une identité artistique propre et originale. Ils qualifient eux-mêmes leur musique de “Trip-Hop Metal” et effectivement cette étiquette colle bien à la peau de nos compatriotes. Il faut dire qu’ils ont beaucoup travaillé pour obtenir le subtil dosage désiré. Jouch et Mox fondent le groupe il y a quinze ans mais NAIVE ne trouvera sa forme définitive qu’en 2007, à l’arrivée de Rico. Le trio prend ses marques et enchaînent les sorties depuis avec MOX à la batterie et aux programmations, JOUCH gérant guitares, chant et programmations et enfin RICO supervisant les parties de basse ainsi que le chant.

Nico nous en avait dit le plus grand bien après leur concert au Motocultor Open Air 2014 (live report ici) et effectivement, le métal atmosphérique des toulousains ne manquent pas de charmes et de subtilité. Les atmosphères se construisent par couche, pas après pas, NAIVE joue à merveille du feu et de la glace, de la brutalité typiquement métal des guitares mêlée à la mélodie, la douceur des nappes de claviers denses d’intensité et d’émotions. Les toulousains ne se fixent pas de limite et se plaisent à brouiller les pistes, du métal à l'électro, des arrangements de cordes au trip-hop tout y passe en parfaite cohérence et harmonie. Certains esprits chagrins rétorqueront que le groupe navigue en permanence entre deux eaux et reste désespérément le cul entre deux chaises mais c’est bien ce choix, ou son absence qui constitue l’originalité et l’identité de NAÏVE. Ensuite le reste n’est affaire que de sensibilité, vous succomberez et vous laisserez entraines par ces mélodies ou vous resterez de marbre malgré les efforts du trio. Votre serviteur s’est immergé avec délice dans cet univers et n’a rouvert les yeux qu’à la fin d’Altra, chanson éponyme de douze minutes. Sans les grosses rythmiques de guitares nous ne serions pas très loin d’un TRICKY ou d’un MASSIVE ATTACK.

En une heure la messe est dite et repositionne NAÏVE comme un des groupes novateurs et hyper intéressant de la scène française. Quand on vous dit que l’hexagone regorge de formations intéressantes qui tranchent avec la soupe formatée qui est déversée toute la journée par nos radios nationales. Il reste encore bien du chemin à parcourir avant d’espérer voir changer ce triste état de fait.

Oshyrya (08/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (60:00 mn) 01. Elevate / Levitate 02. Yshbel 03. Mother Russia 04. Monument Size 05. Surge 06. Waves Will Come 07. Altra