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dEMOTIONAL – Tarassis

oshy_31122014_demotioLes suédois de dEMOTIONAL n’ont pas laissé attendu longtemps pour nous donner de leurs nouvelles, la peur peut-être de laisser retomber le soufflé. Un an à peine après la sortie d’un premier album, State: In Denial (chronique ici), voici la suite: Tarassis. Vous lirez notre chronique ci-dessus mais il serait exagéré de dire que le groupe nous avait vraiment impressionnés l’année dernière. Oui il s’agissait d’un travail sérieux mais sans magie ni originalité, le sentiment d’un groupe en pilote automatique sui livrait ce que l’air du temps demandait. Il reste à espérer que l’expérience tirée des nombreux concerts en Scandinavie ait porté ses fruits et que nos amis ait su se construire une identité propre. Saluons le visuel très réussi de ce disque, une image simple et ouverte à l’interprétation signée comme pour le premier album Daniel Eek (site web ici).

L’ombre d’un SOILWORK frappe dès les première secondes d’écoute avec une touche de LINKIN PARK pour le côté accessible et électro. Il n’est jamais extraordinaire pour une groupe de voir sa musique décrite d’entrée par des influences très présentes. Malheureusement, dans la lignée de State: In Denial, dEMOTIONAL labourent opportunément des champs déjà retournés dans tous les sens des dizaines de fois. Alors oui le travail est soigné, il n’y a pas à douter que les suédois ont ici donné le meilleur, mais comment ne pas être gêné aux entournures devant ce mimétisme face aux autres groupes célèbres made in Göteborg. Vous trouverez ces mêmes guitares mordantes, ces rythmiques à la fois puissantes et très rapides, ces claviers et ces boucles électroniques omniprésentes et ce chant alterné entre hurlements et voix claires. Les riffs d’un « Illusions » pour ne citer qu’un titre font quand même très IN FLAMES… Très bon point par contre au niveau de la production, le son est impressionnant d’énergie, d’impact et de clarté. Grâces en soient rendues à Pontus Hjelm (DEAD BY APRIL) qui a produit, mixé et masterisé Tarassis au Studio PH en Suède.

Si vous aimez les ersatz de bonnes qualités et que vous n’êtes pas encore rassasiés en cette fin d’année de Death métal mélodique made in Göteborg, l’investissement dans ce second album de dEMOTIONAL. « Quod abundat non vitiat » disaient les romains, et pourtant l’écœurement et la lassitude pointent sérieusement le bout de leur nez.

Oshyrya (06/10)

 

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Dead End Exit Records / 2014

Tracklist (56:51 mn) 01. Hero In Me 02. Illusions 03. Follow 04. To The Gallows 05. Neverland 06. Initialize The Calm 07. Broken Dreams 08. Star Without Fame 09. Two Tales From Tarassis 10. Miracles (feat. Pontus Hjelm)

Ten – Albion

oshy_31122014_TeJe dois bien avouer avoir lâché l’affaire TEN depuis bien des années maintenant. Les errements de son indiscutable leader, Gary Hughes, avaient fini par me fatiguer et j’étais allé voir ailleurs alors que des albums comme The Robe (1997) surtout mais aussi le suivant Spellbound (1998) voir même Babylon (2000) restent encore très chers à mon cœur. Depuis, l’anglais souffle le chaud et le froid avec son groupe ou en solo. Je vous encourage à lire les toujours excellentes chroniques de mon camarade Baptiste pour vous faire une idée plus précise: The Twilight Chronicles (chronique ici), Stormwarning (chronique ) et Heresy And Creed (chronique encore ici). Vous comprendrez que ce dernier album qui voyait un groupe et son leader tourner en rond à nous resservir encore et encore le même plat de moins en moins gouteux ne créait pas un enthousiasme débordant à l’aune de la chronique de ce nouvel opus.

Un début sous de bons auspices

Au niveau du business TEN quitte les rivages italiens de Frontiers pour être la première signature d’un tout nouveau label, Rocktopia Records. Et pour faire perdurer une solide tradition, la valse des musiciens se poursuit avec la présence de près de quatre guitaristes sur Albion, exit Dan Mitchell pour des soucis de santé et arrivée de deux petits nouveaux. Seul John Halliwell, présent depuis 1996, semble être insubmersible. Avant d’entrer dans le cœur du sujet, un mot sur la pochette. TEN nous a habitué au meilleur (Spellbound, Stormwarning et Babylon signées Luis Royo) et tombe ici dans le « pas extraordinaire » avec cette guerrière peu vêtue, à la poitrine généreuse. Bof comme dirait l’autre, un poil racoleur je trouve…

Les albums du groupe ont toujours été assez hétérogènes avec des chansons parfois merveilleuses et une bonne moitié de titres plus passe-partout histoire de faire un album complet. Et je rêve de retrouver ici des pépites comme « Arcadia » et « Fear the Force ». Albion commence sous de bons auspices avec un « Alone In The Dark Tonight » accrocheur dans la grande tradition du groupe. Toutes les marques de fabrique du style Hugues sont là, joli mélodie, bon refrain, simple mais efficace, solide technique individuelle des musiciens au niveau les soli et utilisation intelligente des chœurs ainsi que des claviers. Derrière le micro, le britannique fait un bon boulot même si ce n’est pas le plus doué de sa génération car sa palette vocale reste assez limitée.

Écœurer les plus courageux ? 

Les titres suivants passent sans anicroche ni excitation particulière mais avec quand même m’impression que TEN se la joue un peu trop facile. « Albion Born » se veut une chanson plus ambitieuse avec son introduction à capella et ce petit côté folk. Vous aurez ici matière à taper du pied et secouer la tête. Et le disque continue sans remarquables haut ni bas à l’exception de ce « Die For Me » bizarrement choisi comme premier single. Avec son approche très hard rock classique, presque bluesy et cette abondance de claviers, cette composition est loin de constituer l’apogée de l’album.

Pour un onzième album, Gary Hughes ne changent rien à sa recette et continu à distiller un hard rock mélodique dont les premières esquisses datent de dix-huit ans. Comme d’habitude vous trouverez sur Albion à boire et à manger, du très bon et du très moyen, vite fait bien fait. Les habitués en auront pour leur argent, les autres passeront encore et toujours leur chemin. Gary Hugues finira par écœurer même les plus courageux en continuant à ce rythme là. Et il parait que TEN met déjà les dernières touches au douzième…

Oshyrya (07/10)

 

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Rocktopia – Cargo Records / 2014

Tracklist (56:51) : 01. Alone In The Dark Tonight 02. Battlefield 03. It's Alive 04. Albion Born 05. Sometimes Love Takes The Long Way Home 06. A Smuggler's Tale 07. It Ends This Day 08. Die For Me 09. Gioco D'Amore 10. Wild Horses

Nubian Rose – Mental Revolution

2014 © Savage Photography - Photo: Tallee SavageLa richesse de la scène rock/métal suédoise ne cessera jamais de m’étonner. Ce sont déjà les rois du Death métal mélodique, du revival seventies, du glam et leurs groupes hard rock mélodique, AOR ou Hard FM trustent régulièrement les charts internationaux. A se demander si la contribution de l’industrie musicale au PIB national n’est pas supérieure à celui de l’aéronautique. Pour en avoir discuté avec de nombreux musiciens suédois, la politique culturelle du pays qui favorise la découverte et la pratique de la musique fait vraiment des merveilles.

Nos candidats du jour se comment NUBIAN ROSE, un groupe monté en 2011 autour d’un duo de choc, le guitariste Christer Åkerlund et la chanteuse Sofia Lilja. Un premier album autoproduit, Mountain, sort en 2012 et fait sensation grâce à d’excellentes chroniques dans la presse internationale. Revigoré, les suédois multiplient les concerts dont une apparition remarquée au Hard Rock Hell AOR festival de Rotherham en 2013. Afin de capitaliser au maximum sur ces retombées, le NUBIAN ROSE se remet rapidement au travail et revient avec un nouvel opus, Mental Revolution.

Dans ce style musical il faut pouvoir rapidement capter l’attention de l’auditeur et le garder captif à coup de chansons attrayantes et de refrain imparables. Annonçons tout de suite la couleur, les suédois pêchent de ce côté-là et les dix compositions proposées ici peinent à convaincre. Les mélodies sont trop brouillonnes et pas assez attractives pour maintenir un intérêt élevé pendant plus de quarante-cinq minutes. La production est correcte sans être géniale malgré un mixage asssuré par l’incontournable Tobias Lindell (HEAT, EUROPE, HARDCORE SUPERSTAR, AVATAR). Il faut noter des progrès par rapport à Mountain mais la mayonnaise ne prend pas vraiment. Les mélodies s’avèrent plates et ternes et les quelques bonnes idées comme ces touches de claviers ici et là ne suffisent pas à compenser les faiblesses affichées. Sifia Lilja possède un beau brin de voix rock, mais elle semble être encore bien fragile avec des lignes vocales peu assurées et l’impression d’en faire trop.

Nous donnerions le bon Dieu sans confession à Sofia Lilja, il vous suffira de regarder la pochette pour admirer sa flatteuse plastique. Musicalement parlant, nous ne partageons malheureusement pas le même enthousiasme. Tous les ingrédients sont là et pourtant ce Mental Revolution s’avère fade et brouillon. Raté pour cette fois.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Limewire – Cargo Records / 2014

Tracklist (47:55 mn) 01. War 02. Time Again 03. Illuminated Within 04. The Eye 05. Tough Guys Don’t Dance 06. Break Out 07. Higher 08. You Will Never Walk Alone 09. (Taking This) Further 10. All Of Your Love