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Raubtier – Bestia Borealis

oshy_02012015_RaubtiJe ne sais pas s’il s’agit là d’un gimmick ou si effectivement les suédois de RAUBTIER ne donnent pas grande importance à ce qui se passe en dehors de leur chère Suède mais cela faisait longtemps que je ne tombais pas sur un site internet officiel indisponible dans la langue de Shakespeare (ou alors je n’ai pas trouvé). RAUBTIER Késako ? Il s’agit d’un un groupe de métal industriel suédois originaire d'Haparanda. Le nom du groupe vient de l'allemand raubtier et signifie « carnivore ». En tout cas si eux ne s’intéressent pas au reste du monde, le business le fera à leur place avec pour preuve, la sortie de ce Bestia Borealis chez Despotz Records. Pour résumer ce disque est un best of regroupant les meilleurs titres du groupe issus des albums déjà publiés (pas de jaloux avec trois chansons à chaque fois) Det Finns Bara Krig (2009), Skriet Från Vildmarken (2010), Från Norrland Till Helvetets Port (2012) et Pansargryning (2014).

Sans faire de délit de sale gueule, il suffit de voir une photo de nos trois artistes pour se rendre compte que nous n’avons pas affaire ici à des poètes avec leurs bombers militaires et leurs patchs Jägermeister. Après tout pourquoi pas, le métal industriel dans lequel ils excellent est aussi là pour libérer nos plus bas instincts et nous faire vibrer. En grand amateur de métal industriel allemand, RAMMSTEIN en particulier, j’attendais beaucoup de nos suédois.

Et je dois bien avouer ne pas avoir été déçu de mon voyage. Dès les premières secondes de « Det Finns Bara Krig » tout es là et un grand sourire apparait sur mon visage. Les riffs et les rythmiques sont bien bourrins, martiaux à souhait, le chant brut et un peu éraillé force le respect sans oublier ces nappes de claviers ou ces touchent électro qui viennent ajouter un peu de douceur tout au long de ces chansons. Vous n’aurez pas la subtilité et la force enivrante des allemands, les suédois la jouent plus basique et rendre dedans. La majorité de ces chansons sont assez réussies, très attrayantes et semblent faire preuve d’une naïveté et d’un kitsch réjouissant (« Vittring »). Ce contraste entre ce chant très brutal et primaire de Pär Hulkoff avec ces mélodies parfois sucrées et ces rythmiques en mode tronçonneuse devraient en faire sourire plus d’un. Difficile de savoir si tout cela est vraiment sérieux ou si les concerts de RAUBTIER ne se transforment pas en vaste rigolade malgré l’énergie et la conviction affichée par les suédois. Avec des compostions aussi pompeuses et hautes en couleur que « Sveriges Elit », chacun comprendra que l’offre d’un concert couplé de SABATON et de RAUBTIER ait fait un carton en Scandinavie.

Il est étonnant de constater l’évolution du groupe en quatre albums grâce à ce Bestia Borealis. Il semble que petit à petit les suédois se soient lâchés et ne se fixent désormais plus de limites en glissant petit à petit d’un métal industriel assez brut à un heavy métal mélodique convaincant. Tout devient plus gros, grandiloquent et pompeux comme sur un « Panzarmarsch » d’anthologie. Je ne suis toujours pas sûr d’avoir vraiment saisi ce qu’est RAUBTIER mais si vous trouvez SABATON parfois un peu mou du genou, leurs compatriotes constituent une solide alternative. Certains crieront à l’opportunisme vu les succès de Joakim Brodén & co.

Oshyrya (08/10)

 

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Despotz Records / 2014

Tracklist (41:35 mn) 01. Det Finns Bara Krig 02. Dobermann 03. Kamphund 04. Världsherravälde 05. Polarvargen 06. Lebensgefahr 07. Sveriges Elit 08. Vittring 09. Låt Napalmen Regna 10. Skjut, Gräv, Tig 11. Qaqortoq 12. Panzarmarsch

Black Veil Brides – IV

90598c73cab79103bfb160a19acccad1« Il ne peut en rester qu’un » pour paraphraser Connor MacLeod. C’est ce que votre serviteur s’est dit à la lecture de la biographie des BLACK VEIL BRIDES. Et cet élu se nomme ici Andy Biersack, le dernier membre fondateur du groupe américain même si trois des quatre autres sont présents depuis 2009 et apparaissent sur tous les disques. L’aventure a débuté en 2006 à Cincinnati dans l'Ohio mais tout a vraiment décollé après un déménagement à Hollywood (Californie) en 2009. En trois albums et avec un joli sens de l’opportunité et du business, nos amis ont réussi à se créer une belle place sur la scène rock outre-Atlantique. Signés sur une major, ils placent régulièrement des chansons au sein des BOF de gros blockbusters comme Avengers ou Transformers ou pour des jeux-vidéo.

Tout cela est bien sympathique mais musicalement parlant il n’a pas de quoi franchement s’extasier. BLACK VEIL BRIDES a tout compris du système et propose un album taillé sur mesure pour connaître un joli succès aux Etats-Unis. Très calibrée, chaque chanson est assez rock pour plaire à la jeunesse rebelle du pays tout en restant mélodique et accessible au plus grand nombre. Cela m’a fait penser au DISTURBED des dernières années. « Heart of Fire » et son refrain facile est très « radio-friendly » alors que « Faithless » montre un peu les dents via des riffs et des rythmiques plus appuyés. Ajoutez à cela des chœurs ou des « ohohoh » bien fédérateurs qui parsèment le disque pour en faire un hit potentiel. BLACK VEIL BRIDES a su accumuler une belle expérience et connait désormais toutes les ficelles pour maximiser son impact. Biersack n’est pas en reste avec sa voix grave et une belle conviction affichée. Les mid-tempo de rigueur sont bien présents comme « Goodbye Agony » et la pseudo-ballade dégoulinante de miel avec « Walk Away ».

Reconnaissons que les américains s’y connaissent pour suivre à la lettre la recette de l’album de rock/métal à même de passer en rotation rapide sur les radios outre-Atlantique ou sur MTV dans l’émission Headbangers Ball. N’attendez ici aucune surprise ni fantaisie, ce sont des gens sérieux et « time is business ».

Oshyrya (05/10)

 

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Lava Records – Universal Republic / 2014

Tracklist (44:02 mn) 01. Heart of Fire 02. Faithless 03. Devil In the Mirror 04. Goodbye Agony 05. World of Sacrifice 06. Last Rites 07. Stolen Omen 08. Walk Away 09. Drag Me to the Grave 10. The Shattered God 11. Crown of Thorns

The Flight of Sleipnir – V.

oshy_01012015_Th_Fligh_o_SleipnJe cherche je cherche, je me creuse les méninges encore et encore pour tenter de percevoir pourquoi David Csicsely et Clayton Cushman, les deux musiciens à l’origine de ce groupe ont décidé de se baptiser THE FLIGHT OF SLEIPNIR. Si nous étions en face de deux scandinaves au physique de vikings pourquoi pas mais vous avouerez qu’il s’agit là d’un drôle d’idée qui est passé dans les têtes des deux américains à l’hiver 2007.

Rappelons que Sleipnir est, dans la mythologie nordique, un cheval fabuleux à huit jambes capable de se déplacer au-dessus de la mer comme dans les airs, monture habituelle du dieu Odin. Mais malgré cela, ne vous attendez pas à un viking métal à la SKALMOLD ou AMON AMARTH, nos deux comparses aiment voguer plutôt sur des flots Stoner Doom, enrichi de touches extrêmes, du plus bel effet. Comme son nom l’indique, V. est le… cinquième album qui suit d’à peine un an son prédécesseur Saga. Le groupe progresse et se voit désormais signé chez Napalm Records, nouveau poids lourd européen sur la scène métal aux côtés d’un Nuclear Blast.

Les deux musiciens ont quand même un sacré talent pour créer une atmosphère à la fois sombre et éthérée. La simplicité est au rendez-vous, THE FLIGHT OF SLEIPNIR avance par petites touches et emprisonne irrémédiablement l’auditeur dans une toile mortelle mais tellement séduisante. Ici pas de frontière, ils savant se faire doux et subtil quand cela est nécessaire puis mordant, lourd et agressif l’instant d’après. Difficile de ne pas être impressionnés à l’écoute du « Headwinds » qui ouvre le disque avec ces changements d’intensité, l’utilisation de différents types de chants, clair et extrême… Les américains prennent leur temps pour dérouler la totalité de leur tapisserie sonore. Les compositions de ce disque affichent au minimum six minutes voir le double pour « Beacon in Black Horizon ». Le son est très brut, pas du tout lissé et brillant comme la majorité des sorties actuelles. Cela donne un côté roots un peu artificiel mais assez cohérent avec la musique très primale et instinctive.

L’écoute de ce V. s’avère être une véritable épreuve à naviguer sans cesse entre les passages apaisés, sereins et ces tempêtes sombres et colériques. L’ensemble crée une atmosphère lourde et malsaine qui laisse l’auditeur en permanence sur ses gardes. A force, cela épuisera les plus téméraires et écouter le disque d’une traite devient un vrai défi. L’expérience vaut d’être vécue mais peu nombreux seront ceux qui en reviendront indemnes.

Oshyrya (07/10)

 

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Napalm Records / 2014

Tracklist (59:12 mn) 01. Headwinds 02. Sidereal Course 03. The Casting 04. Nothing Stands Obscured 05. Gullveig 06. Archaic Rites 07. Beacon in Black Horizon