L’Europe économique est une réalité, au niveau politique la tâche s’avère plus ardue mais elle avance quand même par contre au niveau musique, les spécificités nationales sont encore très puissantes. Ainsi un groupe comme OUTTRIGER peut faire un malheur dans son (petit) pays la Suède mais rester totalement inconnu dans nos contrées. Pas sûr que cela dure puisque la Terre entière peut maintenant se dandiner sur un hit sud-coréen sans que cela ne surprenne plus personne. Le groupe est très jeune et n’a derrière lui que quelques mois d’expérience. Et pourtant, dans ce lapse de temps très court, ils ont déjà su se créer une belle communauté de fan et toucher les plus grands médias dans leur pays. Il s’agit maintenant de voir s’il ne s’agit que d’un épiphénomène suédois ou si l’Europe entière peut succomber aux charmes ces scandinaves.
Tout à fait dans l’air du temps, la musique proposée à tout pour plaire au plus grand nombre. Sur une base rock très accessible, ajoutez quelques petites touches de claviers et surtout des mélodies vocales et des refrains à l’efficacité immédiate. J’ai presque tout de suite pensé à NICKELBACK ou encore à un LINKIN PARK en moins énervé, moins métal et plus lisse. Malgré leur jeunesse, les suédois font preuve d’une jolie maturité et d’un certain talent pour nous pondre des chansons à fort potentiel commercial. Ce constat est éclatant dès la première chanson « Superman is Dead » à même de passer sur les radios à hautes fréquences. Et cette situation se reproduit à chaque fois avec les chansons suivantes. La recette a déjà fait ses preuves avec le single « Echo » qui a dépassé le million et demi d’écoutes sur des plateformes de streaming comme Spotify. Tout est propre, lisse, calibré autour des trois minutes pour répondre aux besoins des médias avec parfois cette toute petite touche d’agressivité comme un clin d’œil à la scène metalcore. Ne voyez aucun mauvais esprit de ma part, simplement un constat évident.
The Last of Us est un beau produit, ce que l’industrie musicale sait faire de mieux pour répondre aux demandes du public. On peut jouir aux vierges effarouchées ou apprécier simplement le talent, prendre son plaisir et passer à autre chose. OUTTRIGGER fait le boulot mais a finalement peu de chances de rester dans les annales. Même dans leur pays, pas sûr que quelqu’un se souvienne d’eux d’ici quelques années. Ou alors pour un comeback comme on en voit tant aujourd’hui d’ici une ou deux décennies.
Oshyrya (06/10)
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Gain Music / 2014
Tracklist (37:13 mn) 01. Superman Is Dead 02. No Excuse 03. World of Fire 04. Echo 05. You Left As You Came 06. Awaken Me (Acoustic version) 07. Colder 08. Blame On You 09. One with the Pain 10. The Last of Us
A l’image de la sonde Rosetta qui a dû voyager dix ans et parcourir des milliards de kilomètres pour atteindre une comète, le voyageur qui voudrait faire le tour de la galaxie KYUSS n’aurait pas fini de sitôt. Après QOTSA, KYUSS LIVES ! puis VISTA CHINO, l’album solo de John Garcia et un nombre incalculables d’autres sorties, voici que Brant Bjork, fondateur et batteur du groupe mythique continue soin petit bonhomme de chemin en solo depuis 1994. Il est entouré cette fois-ci du LOW DESERT PUNK BAND.
Alors bien sûr, Brant Bjork n’a pas viré sa cuti et continue son exploration des paysages Stoner, Blues, Doom et bien sûr Desert rock entamée il y a bien des années de cela. Multi-instrumentiste, reconnu, nous le retrouverons ici au chant et à la guitare. En solo ou avec THE BROS, Black Power Flower représente quand même son onzième album. Et on ne compte pas ses collaborations avec FU MANCHU ou MONDO GENERATOR.
Ce disque débute sur les chapeaux de roues via un riff doom massif avant que la paire basse/batterie ne vienne apporter un peu de vie et accélère le rythme. Le vent du désert de Palm Desert en Californie se lève et emporte tout sur son passage. La musique proposée se veut très pure, dans la tradition diffusée et développée par KYUSS tout au long de ses années. Les fans se sentiront immédiatement à l’aise et les amateurs de guitares expressives et gorgées de feeling atteindront le nirvana. A l’exception de la dernière chanson « Where You From, Man », les américains ont plutôt choisi la concision à travers des compositions tournant autour des quatre à cinq minutes. Il faut dire que cette musique est exigeante aussi bien pour les artistes que pour le public. La production d’avère être au poil, rien à redire de ce côté-là.
Votre serviteur n’est pas un immense amateur des beautés du désert mais il sait quand même reconnaître un solide album de Desert Rock quand il en écoute un. Brant Bjork et ses camarades de jeu ont sérieusement travaillé et proposé un disque solide, dans en continuité et conformité avec l’héritage et l’orthodoxie du disparu KYUSS. Nous n’en attendions pas moins d’un de ses membres fondateurs.
Oshyrya (7,5/10)
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Napalm Records / 2014
Tracklist (49:24 mn) 01. Controllers Destroyed 02. We Don't Serve Their Kind 03. Stokely Up Now 04. Buddha Time (Everything Fine) 05. Soldier Of Love 06. Boogie Woogie On Your Brain 07. Ain't No Runnin' 08. That's A Fact, Jack 09. Hustler's Blues 10. Where You From, Man
Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu un groupe comme ASTRALION. A la fin des années 90 et au début des années 2000, les groupes de power métal mélodique pullulaient en essayant de capturer un peu du succès des ténors du genre de l’époque comme STRATOVARIUS ou SONATA ARCTICA. Et il fallait vraiment faire un gros travail de tri pour séparer le bon grain de l’ivraie. Eh bien à cette époque-là, ASTRALION n’aurait certainement pas fait partie du haut du panier et aurait sombré rapidement dans l’oubli. Quinze ans plus tard, la scène power métal mélodique a nettement décliné et pourtant ASTRALION ne convainc pas plus malgré le contexte morose.
Les finlandais ont beau avoir de la bouteille en ayant évolué précédemment au sein d’OLYMPOS MONS, THE ADDICATION ou HUMANGOD, ils nous servent un plat passablement réchauffé qui ne manquera pas d’agresser nos pailles délicates. Tout ici est archi cliché et il ce disque commence sous les pires auspices avec un « Mysterious & Victorious » cliché au possible. Grand fan du genre moi-même, je me suis laissé prendre un piège au début mais avec un peu de recul, ce retour dans le passé s’avère franchement stérile. Mais il y a pire avec par exemple un « At The Edge Of The World » un peu ridicule. Ce son de clavier est atroce et évoque un très mauvais FREEDOM CALL. C’était amusant dans les années 80 avec ALPHAVILLE mais de nos jours, seule la variété allemande de bas étage ose encore utiliser de telles sonorités. Ian E. Highhill derrière le micro ne fait pas non plus des merveilles à travers une performance en dents de scie, parfois à la limite de la faute de goût. Alors oui toutes les ficelles du métier sont utilisées et il faut reconnaître que certains refrains touchent la cible. Mais encore une fois, cette musique a vieillie depuis dix ou quinze ans et cela fait bizarre de revoir cela en 2014. Quelle est l’intérêt d’ASTRALION alors que l’écoute des vieux albums de SONATA ARCTICA ou des récents travaux de STRATOVARIUS apportent bien plus de plaisir ?
A moins d’être atteint d’une nostalgite aigue, ces chansons risquent de peiner à trouver un public clément. Et le label a beau mettre en avant les origines finlandaises d’ASTRALION, cela ne constitue un gage imparable de qualité. Cette idée d’imiter maladroitement le passé est loin d’être une réussite, SONATA ARCTICA l’a également récemment prouvé en retouchant sans génie son Ecliptica. ASTRALION fait figure d’erstaz. Si vous en êtes en manque, écoutez les classiques du genre comme Visions de STRATOVARIUS. Vous en tirerez bien plus de satisfaction
Oshyrya (05/10)
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Limb Music / 2014
Tracklist (68:19 mn) 01. Mysterious & Victorious 02. The Oracle 03. At The Edge Of The World 04. When Death Comes Knocking 05. We All Made Metal 06. Black Sails 07. To Isolde 08. Computerized Love 09. Mary (Bloody) 10. Five Fallen Angels 11. Last Man On Deck