On va dire que j’ai un certain sens de l’humeur, un peu potache et idiot sans doute mais je ne suis pas le dernier à rechercher un moment de détente. Les titres de ces quatre nouvelles chansons pourra faire sourire mais le bonheur sera malheureusement très éphémère une fois la touche play enfoncée.
STILL BURST est un groupe britannique originaire de Gloucester. Ils ne sont pas à leurs débuts, le groupe compte un sacré nombre d’année déjà au compteur mais ils auront mis longtemps à offrir quelque chose de tangible aux amateurs. Un premier album, A Few Things We Might Agree On (A Few Things We Might Not), est sorti en mai 2013. Par contre ils n’ont pas économisé leurs efforts sur scène un peu partout en Europe, là où l’on voulait bien d’eux.
Cet EP contient quatre compositions qui lorgne très sérieusement du côté d’un punk hardcore et technique assez débridé. Le titre énigmatique fait référence au chanteur Matty, principal compositeur du groupe, qui en tant que diabétique ne bénéficie en moyenne que d’une espérance de vie de cinquante-sept ans contre soixante-dix-sept ans pour une personne saine. On sent un mélange de rage et d’envie face aux écueils de la vie dans ces chansons. Les efforts et le travail sont là mais pourtant la mayonnaise ne prend pas vraiment. Les chansons manquent d’attractivité et Matty beugle un peu dans le vide. Les riffs se veulent techniques mais peinent à convaincre. Ils tombent trop rapidement dans l’oubli. La décharge d’énergie brute du punk est bien là mais il manque un souffle pour éviter l’installation d’une rapide lassitude.
Dans son créneau, STILL BURST doit se défendre sur scène par la force et l’énergie qu’ils déploient mais ici, sur disque, confortablement assis dans son canapé, l’auditeur risque de bien vite s’ennuyer. Dommage car STILL BURST est attachant rien que pour les galères qu’il a rencontré et surmonté ces dernières années.
Oshyrya (05/10)
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Matt Records / 2014
Tracklist (19:12 mn) 01. It's Your Fault And You're Stupid (Kind Regards Barbaros Icoglu) 02. Tv On After Breakfast (Would You Like Your Hair Cut Today) 03. I've Never Been More Happy To Have A Hypo (However This Could Mean I Have Irreparable Knee Damage) 04. Twenty Foot (Broken Foot)
L’aventure SKYSCRAPER pourrait être résumée à la rencontre artistique entre trois musiciens ayant déjà une solide expérience à force d’écumer les studios d’enregistrement ou les salles de concert en support d’artistes renommés. Le chanteur Lee Small a évolué au sein de SHY, Tor Talle à la guitariste aura accompagné Joe Lynn Turner (DEEP PURPLE, RAINBOW) et Fergie Frederiksen (TOTO), pour n’en citer que deux, Dave Boyce enfin est l’ancien bassiste de THE QUIREBOYS et AIRRACE. Fatigués peut-être de travailler pour les autres, les trois comparses décident de monter un nouveau groupe que voici et se lancent dans le grand bain avec ce premier album, Elevation
Bien que possédant un bagage varié, les trois musiciens décident de prendre résolument une orientation hard rock mélodique à travers ces treize chansons. Le travail a été sérieusement réalisé, chaque élément soupesé, calibré pour obtenir des chansons très accessibles et mélodiques. Finalement assez typé années 90, cet Elevation pourra évoquer aux amateurs du genre des groupes comme BAD ENGLISH pour n’en citer qu’un. Les guitares mènent les débats et impulsent la ligne mélodique, bien complétées par une belle section rythmique et la voix chaude et expressive de Lee Small. Pour mener à bien ce projet, SKYSCRAPER a fait appel à son carnet d’adresse que l’on devine volumineux. Imre Daun à la batterie et Bruce Gaitsch aux guitares acoustiques (Madonna, Richard Marx, CHICAGO) viennent donner un sérieux coup de main en guest au trio.
Difficile de critiquer la forme tant le travail a été bien mené, l’album sonne bien, les chansons s’enchainent de façon agréable sans anicroches. Par contre sur le fond, Elevation propulse l’auditeur des décennies en arrière avec une musique déjà mille fois entendue sans grand relief ni émotion. Le fond sonore est loin d’être désagréable mais l’encéphalogramme reste bien trop plat à mon goût. SKYSCRAPER connait bien entendu toutes les ficelles du métier et les trois musiciens ont joué la sécurité sans trop se fouler. Le bilan est simple, après quatre ou cinq écoute de ce disque, je suis bien incapable de fredonner une mélodie ou reprendre un refrain. Tout glisse sans laisser aucune trace. Rédhibitoire…
Oshyrya (05/10)
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Ghost Dancer Music – Cargo Records / 2014
Tracklist (61:01 mn) 01. Sail Away 02. Monday Morning 03. Fay Wray 04. Across The Barricades 05. Everybody Cries Sometimes 06. Walk Through Fire 07. Runaway Hearts 08. Skyscrapers 09. Through Eyes Of Liberty 10. The Sky Is Turning Blue 11. Playing With Fire 12. Sweet Little Sister Bonus Tracks: 13. Where Love Is Waiting 14. Runaway Hearts (Acoustic)
A posteriori, il est amusant de noter que sur le plan musical, l’Italie des années 80 s'avère nettement plus connue pour la pléthore de chansons commerciales qui trustaient alors les sommets du Top 50 (la vague italo-disco à la DEN HARROW) que pour sa scène métal. Et pourtant les groupes locaux foisonnaient mais se retrouvaient vite devant un mur, devant affronter un certain anonymat vis-à-vis du grand public et l’absence de structures pour se produite sur scène dans ce bonnes conditions. De mémoire de spécialistes, RAFF avait laissé, à l'époque, une bonne impression au sein du milieu underground transalpin.
Né sous le nom de TRANCEFUSION à Milan en 1978, RAFF a vraiment su s’épanouir à Rome, changeant de nom et connaissant l’apothéose en 1981 en assurant la première partie pour les concerts italiens d’IRON MAIDEN. Il s'agissait alors de la première tournée avec Bruce Dickinson derrière le micro. Mais les écueils furent nombreux, les italiens sont obligés de se débrouiller et publient en indépendant un premier opus, Gates of Fortune, en 1983 puis un EP éponyme deux ans plus tard. Sans soutien, l'aventure prend fin en 987. Et c’est en 2012, que RAFF renait des ses cendres avec l’intégration du guitariste Tony Arcuri aux côtés des deux frères historiques, Chris et Fabiano Bianco. Voici le résultat de leur travail, un second album, lui aussi éponyme.
Les italiens ont décidés de reprendre les choses là où ils les avaient laissées au milieu des années 80. L’influence de la NWOBHM et d’IRON MAIDEN est évidente, on se croirait revenu trente ans en arrière. Ajoutez à cela quelques touches AC/DC et vous aurez un bonne idée de ce qui vous attend. La basse est omniprésente, les riffs de guitare finalement assez simples tout comme la mélodie et les refrains qui se veulent être les plus attrayants possibles. Cela devrait beaucoup amusés les fans de l’époque tant ces dernières décennies semblent n’avoir jamais existées. Il n’y a pas que la musique qui renvoie vers le passé, la production malheureusement aussi. Difficile de croire que ce disque est né au vingt-et-unième siècle. Les plus optimistes diront que cette démarche est volontaire mais j’ai peine à le croire. Quelques chansons sortent du lot et émergent (« Running Like Hell ») mais l’impression générale demeure mitigée. Nous sommes en présence d’un groupe sérieux, de bons amateurs mais RAFF ne parvient pas à s’approcher des standards modernes.
Tel n’est sans doute pas l’objectif, les italiens se font plaisir et réussiront sans doute à combler leurs fans nostalgiques de l’éopque. Tout le monde a pris de l’âge et il ne faut pas prendre tout cela trop au sérieux. La gloire de RAFF a été très éphémère mais cette première partie d’IRON MAIDEN ne pourra jamais leur être enlevée. Un album propre mais qui sonne trop passéiste pour convaincre.
Oshyrya (5,5/10)
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Jolly Roger Records / 2014
Tracklist (40:53 mn) 01. Raff Force Commandos 02.Running Like Hell 03. I Trust 04. Rocker 05. Live It Loud 06. Watch It 07. Dreamer 08. Signal From Hell 09. All For One (I Want You Now) 10. Driven Mad 11. Gates of Fortune 12. Rock the World (Bonus Track)