Les allemands de LICHTGESTALT ont décidé de se faire connaître en prévision de la sortie de leur premier album d’ici la fin de l’année en publiant un EP éponyme dévoilant trois chansons. Disons que le premier contact est sans surprise, presque cliché pour un groupe originaire de l’autre côté du Rhin. Formé au milieu de l’hiver 2013, le quartet ne s’est pas foulé et offre au jugement de chacun un rock/métal industriel très très proche de la mouvance Neue Deutsche Härte popularisée par OOMPH! MEGAHERZ et surtout RAMMSTEIN dans nos contrées. En presque treize minutes vous retrouverez ces rythmiques martiales, ces riffs basiques, ces touches électro et enfin ces mélodies qui se doivent d’être accrocheuses. Reconnaissons à LICHTGESTALT un certain talent pour reproduire à l’identique, avec sérieux, les recettes rendues célèbres par les autres. A quelques nuances et variations près vous retrouverez des saveurs proches des plats originaux, le talent en moins quand même.
Cet EP s’apparente à un ersatz honnête, sans plus. Dommage car, après quelques écoutes, l’intérêt s’évanouit et je me suis profondément ennuyé. Je ne suis pas sûr vraiment sûr de saisir, à travers ces trois chansons, l’intérêt de ce projet. Nos amis ne sont pas ridicules mais leurs compositions manquent tellement d’âme et d’originalité que cela en devient presque ridicule. Espérons que LICHTGESTALT montre d’autres dispositions avec l’album à venir sinon ils risquent de disparaitre dans rapidement dans l’oubli.
Oshyrya (04/10)
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Lichtgestalt Music – GerMusica / 2014
Tracklist (12:39 mn) 01. Entfessele den Sturm 02. Motorenherz 03. Zölibat
Il semble que les allemands de MONO INC et son label ont décidé d’embrasser à bras le corps le dicton qui dit qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Ils n’arrêtent pas de sortir à intervalle très régulier des disques pour surfer sur la vague du succès que rencontre en ce moment même le groupe. Après la sortie de Nimmermehr (chronique ici) l’année dernière puis celle d’une version Deluxe quelques semaines plus tard, voici The Clock Ticks On 2004-2014, un coffret deux Cds regroupant d’abord un florilège des chansons favorites du groupe puis une galette présentant une version acoustique de certaines de ces chansons.
On passera rapidement sur le premier cd, un best-of assez traditionnel qui ne fait que rassembler les tubes du groupe. Il s’agit là d’une bonne façon de découvrir le groupe pour ceux qui ne sont pas familiers de sa musique. Les classiques sont bien présents, la sélection apparait judicieuse. MONO INC possède un vraiment talent pour pondre des chansons simples mais diablement accrocheuses, il en fait ici la preuve éclatante en seize chansons. Le groupe a évolué en dix ans et il n’est pas désagréable d’assister à ces évolutions titre après titre. Bien sûr un « Arabia » rappellera à beaucoup le « Temple of Love » des SISTERS OF MERCY mais di on veut être optimiste on dira que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. Par contre les ressemblances sautent aux oreilles et ont fini par se demander si MONO INC ne propose pas une variation infinie des mêmes mélodies et gimmicks. L’intérêt de ce disque provient surtout des versions acoustiques. Enfin l’intérêt c’est vite dit tant l’approche acoustique n’apporte pas grand-chose à ces chansons tant les versions présentées sont proches des originales. L’avantage c’est qu’un tel traitement fait le tri entre le bon grain et l’ivraie. Les bonnes chansons fonctionnent toujours aussi bien avec des guitares sèches et des instruments à cordes (« Arabia », « My Deal With God ») alors que les compositions plus fragiles tombent à plat une fois les fioritures et artifices de production retirés (« In My Heart » et « Get Some Sleep »).
Le label affirme que certaines chansons s’en trouvent métamorphosées et bien je ne partage pas cet avis digne de la méthode coué. Sympathique sur le papier, l’exercice de l’acoustique nécessite une profonde relecture et réinterprétation des titres pour être intéressant et ce n’est pas le cas ici. MONO INC a fait le boulot sérieusement mais a joué la sécurité et la facilité. Si vous êtes dans les mois à venir en Allemagne et que vous avez l’occasion d’applaudir MONO INC, allez-y vous passerez une très bonne soirée. Par contre vous pouvez passer votre tour en ce qui concerne ce The Clock Ticks On 2004-2014.
Oshyrya (5,5/10)
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NoCut – SPV / 2014
Tracklist
CD1 (73:33 mn) The Clock Ticks On 2004-2014
01. Arabia (2012) 02. Gothic Queen (2009) 03. Symphony Of Pain (2011) 04. In My Heart (2007) 05. Voices Of Doom (2009) 06. Seligkeit (2013) 07. Get Some Sleep (2008) 08. Temple Of The Torn (2007) 09. My Deal With God (2013) 10. This Is The Day (2008) 11. After The War (2012) 12. Nimmermehr (2013) 13. Revenge (2011) 14. From The Ashes (2012) 15. The Hole (2004/2014) 16. Superman (2004/2014)
CD2 (68:46 mn) Alive & Acoustic
01. Arabia 02. The Best Of You 03. Somberland 04. In My Heart 05. Voices Of Doom 06. Seligkeit 07. Symphony Of Pain 08. Get Some Sleep 09. Potter‘s Field 10. Temple Of The Torn 11. Revenge 12. Twice In Life 13. After The War 14. This Is The Day 15. Gothic Queen 16. My Deal With God
Alors que l’ogre IN FLAMES s’apprête à sortir son (décevant) nouvel album, leurs compatriotes de DECEPTIC n’ont pas froid aux yeux et se confrontent aux maîtres du genre en publiant à quelques avant les autres leur premier opus, The Artifact.
Les points communs entre les deux groupes ne sont pas que géographiques mais aussi stylistique tant DECEPTIC se plait à proposer un métal technique avec chant extrême dans une veine similaire à celle qu’IN FLAMES ou encore SOILWORK ont su développer et populariser depuis quelques années maintenant. Les groupes qui évoluent dans ce style ne manquent pas, citons entre autres DISARMONIA MUNDI en Italie ou encore WORDS OF FAREWELL en Allemagne. Originaire de Göteborg, le destin de DECEPTIC semblait tout tracer.
Et disons que dans le moule décrit ci-dessus, les suédois s’en sortent avec les honneurs. Tous les gimmicks et ingrédients nécessaires sont bien présents : riffs complexes et techniques, musiques accrocheuses et mélodiques, touches d’extrêmes à travers un chant en majorité hurlé avec des touches en voix claire sur les refrains en particulier. Toutes ressemblances avec des groupes déjà cités en début de chroniques ne seraient absolument pas fortuites. Mais malgré ce manque flagrant d’originalité et de personnalité, DECEPTIC propose ici son lot de chansons franchement bien foutues à même de faire headbanguer la majorité des amateurs de ce genre de douceurs. Difficile en effet de résister à des brûlots comme « Lead Astray » ou « Ocean ». Cette dernière chanson fait d’ailleurs l’objet d’un clip vidéo assez très réussi. Les suédois ne cachent en rien leurs influences ils assument en apportant une petite touche supplémentaire à travers une approche très technique et des virtuosités que ne renieraient pas les TESSERACT et PERIPHERY. Mais les suédois ont su ne pas tomber dans le piège de la démonstration stérile et conserver ce côté accrocheur et jouissif. Le son est au top mais ce n’est pas vraiment une surprise lorsque l‘on sait que le mixage et le mastering ont été assurés par Tue Madsen aux Ant Farm Studios.
Alors que les parrains du genre soufflent le chaud et le froid avec un SOILWORK rassurant mais un IN FLAMES un peu trop en pilote automatique, la concurrence ne s’endort pas sur ses lauriers et continuent à pousser. DECEPTIC ne créera pas d’électrochoc avec The Artefact mais se positionne comme un challenger crédible. En espérant que le groupe se stabilise enfin au niveau de son line-up pour continuer à progresser et se construire une personnalité plus marquée. Une affaire à suivre.
Oshyrya (6,5/10)
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Dead End Exit Records – GerMusica / 2014
Tracklist (38:39 mn) 01. Heart Of The Swarm, 02. Ocean, 03. A World Unknown, 04. Pulling Levers, 05. The Shining Throne, 06. Lead Astray, 07. Depraved, 08. Smorgasbord Of Shame, 09. Reborn, 10. Life Finds A Way