Cet album pose une grande question, existe-t-il une vie après KISS ou Ace Frehley est-il condamné à maintenir contre vents et marées, comme il le peut, vivante sa flamme et sa légende à l’ombre de l’autel de sa gloire passée ? Vous avez quatre heures, à 12 h je relève les copies.
Résumer ici la carrière du monsieur serait impossible, rappelons simplement aux plus distraits d’entre nous qu’Ace Frehley (source Wikipédia) a commencé la guitare en autodidacte à l’âge de treize ans. En janvier 1973, il rejoint Paul Stanley, Gene Simmons et Peter Criss pour fonder le groupe KISS en tant que guitariste soliste. Il sera pour beaucoup dans l'identité sonore et visuelle du groupe KISS des années 1970. C'est lui qui en dessine le logo et il est à l'origine des maquillages du groupe puisqu'il sera le premier à trouver le sien, qui lui vaudra le surnom de «Space Ace».
En 1978, le groupe décide de faire quatre albums solos. Outre qu’il soit le compositeur total de son album (à part une reprise), Ace joue quasiment de tous les instruments sur ce disque, mis à part la batterie qui est assurée par Anton Fig. L'album d’Ace Frehley sera le plus populaire des quatre albums solos des membres du groupe puisqu'il sera le plus vendu et recevra d'excellentes critiques de la presse. En 1982, Ace quitte KISS et fonde son propre groupe, FREHLEY’S COMET en 1987. En 1996, il participe à la reformation du groupe KISS original le temps d'un album (Psycho Circus) et d'une tournée mondiale. Il quitte à nouveau le groupe en 2002, remplacé par Tommy Thayer. Il enregistre un album solo (Anomaly) qui sort le 15 septembre 2009. Voici la suite de ses aventures avec Space Invader.
On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace et donc sans grande surprise Ace Frehley continue à faire ce qu’il sait fait le mieux depuis quarante ans maintenant : un hard-rock racé et très agréable à même de plaire au plus grand nombre. Tellement d’expérience et de savoir-faire sont concentrés dans un seul homme que vous ne trouverez pas de faute de goût sur Space Invader. Le sens de la bonne mélodie et du rythme qui claque reste plus que jamais présent et chacun saura trouver de bons moments sur cet album. Bien sûr la période bénie de KISS est désormais bien lointaine et l’éclat d’Ace Frehley comme celui de ses petits camarades a pâli. Mais en solo, le guitariste continue de démontrer qu’il faut encore compter sur lui et ce disque peut largement concurrencer le Monster de KISS. Dans ces deux cas nous ne risquons pas d’atteindre des sommets du rock mais les vétérans continuent à se défendre. La reprise de « The Joker » du STEVE MILLER BAND n’apporte pas grand-chose de neuf. Soulignons que la pochette de ce disque est l’œuvre de Ken Kelly connu pour son travail pour MANOWAR.
Ace Frehley ne doit pas avoir de problème d’argent si l’on considère les sommes amassées lors de sa carrière au sein de KISS. Il reste avant tout une icône rock et son influence reste majeure sur des générations de guitaristes rock / métal. Il s’amuse et se rappelle à notre bon souvenir à travers ce Space Invader. Oui il existe une vie après KISS mais tout semble quand même un peu fade par rapport à la folie des origines.
Oshyrya (6,5/10)
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SPV – Steamhammer / 2014
Tracklist (54:24 mn) : 01. Space Invader 02. Gimme A Feelin` (radio edit) 03. I Wanna Hold You 04. Change 05. Toys 06. Immortal Pleasures 07. Inside The Vortex 08. What Every Girl Wants 09. Past The Milky Way 10. Reckless 11. The Joker 12. Starship
Depuis sept ans que je sévis dans ces pages, me voici pour la première fois confronté à un groupe appartenant à la scène dite « shoegazing ». Késako me direz-vous ? Ce terme décrit un courant musical appartenant au rock alternatif, proche du courant dream pop. Il est apparu au sud de l'Angleterre à la fin des années 1980 et se caractérise par une approche à la fois bruitiste et mélodique de la musique. Bref, nos amis d’ENGINEERS proposent une musique très accessible, douce et planante qui met l’accent sur la mélodie et une certaine légèreté.
ENGINEERS avait fait son petit effet au sein de la scène rock indé/alternative avec la sortie de son premier album éponyme en 2005. Des chansons évanescentes, toutes en subtilité comme « Home » avait alors su charmé un nombreux public. Depuis, les britanniques continuent sur le même chemin avec Three Fact Fader en 2009 et In Praise of More l’année suivante. Après un hiatus de quatre ans, les voici de retour avec ce quatrième opus, Always Returning. Après une décennie d’existence, il ne reste qu’un seul membre originel, Mark Peters, le chanteur / bassiste / guitariste et claviériste du groupe qui a su s’entourer de nouveaux camarades de jeu à partir de 2010.
Vous l’aurez compris, nous sommes assez loin ici des terres heavy-métal que nous parcourons habituellement. ENGINEERS se rapprochent par contre de certains groupes progressifs touche à tout dont nous nous délectons régulièrement. Certaines chansons récentes d’un ANATHEMA présente un son et une démarche assez proche de cette scène shoegaze. Le dyptique « Firelight » et « Distant Satellites » colle assez bien à cette étiquette. Avec Always Returning vous touchez à une horlogerie de précision, fragile et subtile. Les britanniques tissent différents voiles sonores, très doux et accessibles, sans vagie ni violence et l’auditeur peut s’immerger apaisé dans cette océan de douceur et de volupté. Les mélodies se déploient avec grâce et s’épanouissent au sein d’un rock/pop sucré et accessible. Les plus sensibles y trouveront leur compte, les autres risquent de s’ennuyer ferme.
J’ai beaucoup pensé au groupe français AIR en écoutant ce disque. La patte électroc est moins présente au profit d’une approche peut-être un peu plus rock mais les démarche sont finalement assez similaires. Si vous aimez les ambiances très calmes et atmosphériques qui ne tombe pas rapidement dans une noirceur mélancolique, ENGINEERS saura vous faire vibrer. Cette musique douce, sucrée et colorée fait beaucoup de bien en cette rentrée déprimante. Always Returning s’apparente à un bon remède fasse aux déprimes post-estivales.
Oshyrya (7,5/10)
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Kscope / 2014
Tracklist (41:24 mn) 01. Bless The Painter 02. Fight Or Flight 03. It Rings So True 04. Drive Your Car 05. Innsbruck 06. Searched For Answers 07. Smiling Back 08. A Million Voices 09. Smoke And Mirrors 10. Always Returning
Pour les amateurs de rock progressif qui nous lisent, John Wesley est loin d‘être un inconnu tant le guitariste et chanteur américain écume la scène outre-manche depuis de très nombreuses années. Il est surtout connu pour ses contributions en tant que musicien de session ou de tournées mais il n’en mène pas moins en parallèle une fertile carrière solo. Disconnect est quand même son sixième album. Sa dernière sortie a pris la forme d’un EP, The Lilypad Suite, en 2011 mais son dernier album solo date quant à lui de 2005 avec Shiver. C’est que notre ami a été très occupé ses dernières années en donnant un coup de main sur scène aux prestigieux PROCUPINE TREE pendant près de neuf ans lors des tournées mondiales organisées pour célébrer les albums In Absentia, Deadwing, Fear of a Blank Planet et The Incident. Il faut également mentionner à son palmarès son travail de composition aux côté de FISH sur l’album Fellini Days et ses nombreux concerts donnés en première partie de MARILLION, BLACKFIELD ou encore SOUND OF CONTACT.
Accompagné de Dean Tidey, Patrick Bettison et Mark Prator, Wesley laisse à nouveau éclater son talent et sa grande sensibilité à travers ces dix nouvelles chansons. Les influences sont nombreuses et il est difficile de classer le musique proposée ici, entre rock alternait, progressif et crossover. De très belles mélodies, bourrées d’âme et de feeling, se voit magnifier par un chant à la fois doux et dynamique, à même de transmettre beaucoup de sentiments et d’émotions. Difficile de ne pas évoquer ici le travail d’un Roger Waters et surtout d’un David Gilmour qui ont montré la voie à suivre à Wesley, en particulier Gilmour. Chaque chanson nous entraine dans un autre univers, un autre état d’esprit, les très rock « Any Old Saint » et « Once A Warior » laisse ensuite la place au plus doux et progressif « Window » puis au catchy et radio-friendly « Gets You Everytime ». Plus l’écoute avance plus vous risquez d’être surpris par la richesse développée lentement par Disconnect. Même les plus exigeants pourront trouver de larges motifs de satisfaction à l’écoute de ce disque. Welsley ne révolutionne pas le genre mais il se rappelle au bon souvenir de la scène progressive après de longues années d’absence en solo.
A force de le voir sur scène interpréter la musique des autres, nous en aurions presque oublié que John Wesley possède lui-même un sacré talent de compositeur en plus d’être un guitariste accompli. Ce Disconnect a l’avantage de remettre immédiatement les pendules à l’heure. Ces chansons sont plus que recommandables pour que le rock progressif parle au moins un peu à votre cœur. Comme une nouvelle n’arrive jamais seule, John Wesley pourra se faire connaître d’un encore plus large public et démontrer la qualité de son travail sur scène dans les semaines à venir en première partie de FLYING COLORS en Europe. Un bien package si vous voulez mon avis.
Oshyrya (7,5/10)
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Inside Out Music / 2014
Tracklist (51:39 mn) 01. Disconnect 02. Any Old Saint 03. Once A Warior 04. Window 05. Gets You Everytime 06. Mary Will 07. Take What You Need 08. How Goes The War 09. New Life Old Sweat 10. Satellite