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Don Airey – Keyed Up

oshy_23032014_Do_AireSi vous suivez ne serait-ce qu’un peu la scène rock métal, le nom de Don Airey doit forcément vous évoquer quelque chose. Tout s’éclaira quand je vous dirais que ce monsieur Don Airey est un musicien britannique, claviériste du groupe de rock DEEP PURPLE depuis le départ de Jon Lord en 2002. Sacré challenge que de remplacer ce monstre sacré mais Airey a relevé ce défi avec talent. Comme ses camarades, il doit finalement s’ennuyer en ne donnant pas assez de concerts et en ne sortant pas assez d’albums avec DEEP PURPLE. Keyed Up est loin d’être son premier méfait en solo. Signalons K2, A Light in the Sky et All Out.

Pour mener à bien ce nouveau projet en solitaire, Don Airey s’est entouré d’un équipe de fines gâchettes avec Darrin Mooney (PRIMAL SCREAM) à la batterie, Laurence Cottle à la basse, Rob Harris (JAMIROQUAI) à la guitare et enfin Carl Sentance au chant. Notons également les contributions en tant qu’invités de Gary Moore, Graham Bonnet, Simon MacBride, Alex Meadows et Tim Goodyer. Bref que du beau monde.

On n’apprend pas à un vieux singe de 65 ans à faire des grimaces et la même maxime s’applique à Don Airey en termes de rock/hard rock. Il a déjà fait la preuve de son talent et de sa maitrise de l’exercice au sein de DEEP PURPLE. On prend les mêmes ingrédients et on recommence en élargissant quand même un peu le spectre. Vous trouverez sur Keyed Up un mélange de jazz, rock et blues. Don Airey est omniprésent avec ses claviers en en particulier son orgue hammond. Mais il a eu l’intelligence de ne pas faire qu’un disque pour les claviéristes mais un album complet avec de véritables chansons et non pas des démos techniques un peu arides et stériles. Les musiciens qui l’accompagnent sont tous d’un excellent niveau et assurent chacun avec classe leurs parties respectives. Ce disque s’adresse surtout au fan de rock des années 70 dans la continuité de ce que DEEP PURPLE a pu et peu encore proposer. C’est un des regrets de ce disque, Airey aurait pu vouloir proposer tout autre chose mais il reste finalement très sage et coller à de claviériste de l’étiquette DEEP PURPLE. Signalons pour terminer la reprise du « Difficult to Cure » de RAINBOW, honnête et sympathique à défaut d’être renversante.

Avec Keyed Up, Don Airey livre ce que l’on pouvait attendre de lui. Les fans de son groupe principal pourront trouver ici un bon moyen de patienter en attendant le nouvel album de PURPLE. La magie est moins présente mais les standards affichés restent bons.

Oshyrya (06/10)

 

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Music Theories Recordings / 2014

Tracklist (53:58 mn) 01. 3 In The Morning 02. Beat The Retreat 03. Blue Rondo A La Turk 04. Solomons Song 05. Claire D'Loon 06. Flight Of Inspiration 07. Inside The Godbox 08. Difficult To Cure (2013) 09. Mini-Suite: a. Lament/Jig ; b. Restless Spirit ; c.What Went Wrong 10. Adagio 11. Grace

Cour Supreme – #2

oshy_23032014_Cou_SupremNos camarades et compatriotes de COUR SUPREME annonce d’emblée la couleur. Il propose un savant mélange rock n’roll nourri auprès des parrains du genre dans l'esprit des sixties et seventies. Pas de prise de tête mais simplement la musique qu’ils aiment composée avec cœur et passion. Pour honteusement copier la page Facebook du groupe, à l'origine de COUR SUPREME il y a les retrouvailles de Gilles Chevalier et du Judge pendant le Salon de la Musique de Paris en 2008. Les deux artistes se connaissent pour avoir déjà collaborés au sein de multiples formations comme STUDS ou encore LES CHAISES. Pour mener à bien ce projet, il fallait un troisième larron trouvé en la personne de Jean-Marc Palma.

Forts de leur longue expérience respective, en studio et sur scène, les membres de COUR SUPREME se sont retrouvés autour du bon vieux rock n’roll, avec des touches de blues ici et là à la JONH LEE HOOKER. Les influences et les références sont évidentes avec ZZ TOP ou encore LYNYRD SKYNYRD pour n’en citer que quelque uns. Le feeling avant tout avec des riffs ciselés pour exprimer un maximum d’émotions. N’allez pas chercher midi à quatorze heure, les trois compères ont simplement mis leurs tripes sur la tables. Les chansons s’enchainent naturellement, sans temps mort ni fausse note avec différentes atmosphères et différents tempi. Le métier parle et à part un profond manque d’originalité, il est bien difficile de reprocher quelque chose à ce #2. Les fans apprécieront la démarche simple et honnête de ces musiciens. Le son est très bon, à la fois limpide et puissant, la production présente vraiment ces chansons dans un bel écrin. Le chant est juste, avec la gouaille et la vigueur inhérente à ce style musical.

COUR SUPREME ne fait pas de bruit mais ce disque ravira les amateurs de rock classique et parfois un peu suranné. Mais les bases sont là et ces quelques riffs et accords ont permis l’éclosion d’une froissante scène rock/métal. #2 saura être le compagnon idéal de vos journée ou bien que la bande son d’un bar enfumé. Un retour au source rafraichissant.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Auto production / 2014

Tracklist (40:38 mn) 01. We're Back 02. Monkeys N' Donkeys / Mistakes 03. My Dog 04. So Many Times 05. Magic Gone 06. Nothing To Lose 07. Runnin' On The Highway 08. It Ain't Easy 09. Heaven On Earth

Asia – Gravitas

oshy_23032014_AsiJe ne vous ferais pas l’affront, chers lecteurs, de vous présenter les progueux anglais d’ASIA. Si vous ne savez pas de qui il s’agit, votre culture générale rock fait preuve de sérieuses lacunes. Avec une très grande régularité depuis le retour du line-up classiques, les britanniques publient tous les deux ans un nouvel album. On se croirait revenu à l’époque bénie du milieu des années quatre-vingt-dix entre entre Astra et Arena. Autant Omega (ici) et Phoenix () avait convaincu la rédaction de Métalchroniques, autant XXX (ici) avait laissé poindre un essoufflement inquiétant. Avec Gravitas, la question est de savoir si Wetton/Downes & co ont su relever la tête. Soulignons la pochette encore une fois colorée et superbe signée par l’incontournable Roger Dean. Il fait, au même titre que Rodney Matthews, vraiment partie de l’univers ASIA (l’horrible pochette de Silent Nation – chronique ici – signée ni l’un ni l’autre marquera d’ailleurs la fin de l’époque John Payne).

Considérations d'âge

Le chapitre Gravitas commence par un coup de tonnerre, avec l’année dernière l’annonce de Steve Howe, trop occupé tant par sa carrière solo que par YES, qui décide de quitter donc ASIA. Il est remplacé par Sam Coulson, un guitariste prodige qui pourrait être le petit-fils de ces messieurs. Point de jeunisme déplacé ici, mais à voir les vidéos en concert récente du groupe, nous ne pouvons être que frapper par l’âge maintenant avancé des musiciens. Je me faisais la même remarque en voyant une récente interview de Jon Anderson (ex et futur YES). Tous les membres historiques de la galaxie YES/ASIA sont largement entrés dans la soixantaine et s'approchent joyeusement des soixante-dix ans. L’aspect physique de Steve Howe lui-même, très maigre comme toujours commence à faire un peu peur.

Mais ces considérations d’âge impliquent surtout une énorme expérience et un sacré savoir-faire. Depuis le retour du line-up classique, ASIA a soufflé le chaud et le froid mais a toujours su proposer au moins un tube imparable sur chacun de ses disques (sauf sur un XXX décevant). Ils cherchent clairement à reproduire le coup de maître du « Heat of the Moment » de 1982. Et le « Finger of the trigger » et le « Never Again » de Gravitas s’appelle « Valkyrie ». Cette chanson semble très basique, très (trop) simple pour bien des fans mais pourtant son potentiel est monstrueux. Le refrain rentre dans la tête en dix secondes et difficile de s’en dépêtrer à partir de ce moment-là. L’adjonction de cordes au rock progressif habituel d’ASIA est une riche idée qui apporte un peu de profondeur à cette chanson.

Nombreux seront ceux qui diront que le groupe ne capitalise que sur ses acquis et semble être en pilote automatique. Ce n’est pas faux mais avec un tel savoir-faire, ASIA parvient encore à nous donner des frissons. Le solo de guitare signé Coulson est tout à fait au niveau et se fond parfaitement dans le moule du groupe. A l’image de YES qui ne montre aucune pitié pour ses membres, le guitariste a intérêt à filer droit s’il ne veut pas être éjecté en un clin d’œil.

À boire et à manger

Et en dehors de ce « tube » me direz-vous ? Et bien Gravitas offre à boire et à manger. ASIA comme à son habitude continue à louvoyer entre hard rock gentillet, ballades sirupeuses et chansons presque plus pop que rock. Le propos est clairement assez doux, les titres plus couillus manquent nettement à l’appel. Faites votre choix dans ce pot-pourri de rythmes et d’ambiances. Toujours très sage, ASIA offre avec Gravitas un album consensuel à même de plaire à un large public. Les fans ne sont seront pas désorientés et peuvent le regretter. Les britanniques sont encore une fois restés très sages et c’est dommage. Je regrette personnellement le foisonnement de l’époque Arena, une musique alors plus riche, surprenante et enlevée. A l’écoute de Gravitas, un sentiment de mollesse et de lassitude fini par émerger.

Avec autant de compétences et d’expérience emmagasinées depuis des décennies, ASIA publie cette année encore un nouvel album appliqué à défaut d’être enthousiasmant. Les standards restent élevés même si nous sommes en droit d’attendre beaucoup plus des britanniques au vu de leur talent. Certainement plus réussi que XXX, Gravitas laisse quand même beaucoup de regrets. L’arrivée d’un nouveau guitariste aurait pu apporter du sang neuf, mais on sent bien que Wetton et surtout Downes tiennent fermement la barre du navire. Un peu d’audace ne ferait quand même pas de mal…

Oshyrya (6,5/10)

 

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Frontiers Records / 2014

Tracklist (49:31 mn) 01. Valkyrie 02. Gravitas a. Lento b. Gravitas 03. The Closer I Get To You 04. Nyctophobia 05. Russian Dolls 06. Heaven Help Me Now 07. a. Wings of Angels b. Prelude c. Heaven Help Me Now 08. I Would Die For You 09. Joe DiMaggio’s Glove 10. Till We Meet Again