Comme disait ma grand-mère il faut de tout pour faire un monde. Mais j’ai la faiblesse de croire que le monde serait un peu meilleur sans cette scène metalcore qui nous pollue les oreilles depuis quelques années maintenant. Pourquoi chroniquer des disques de cette mouvance alors ? Parce que c’est notre devoir, parce que les labels n’arrêtent pas de nous proposer de nouveaux groupes et que l’on espère toujours apercevoir de la lumière au bout du tunnel. Mais l’humoriste québécois Daniel Lemire résume bien notre démarche chez Métal Chroniques : « Quand vous verrez la lumière au bout du tunnel, priez pour que ce ne soit pas le train ».
Après ce propos introductif, rappelons que REFLECTIONS est un groupe américain souvent affilié à la mouvance deathcore originaire du Minnesota. L’aventure est née en novembre 2010 autour de Jake Foster (chant), Patrick Somoulay (guitares), Charles Caswell (guitares), Francis Xayana (basse), et Cam Murray (batterie). Ils ont publiés un premier album The Fantasy Effect en 2012 avant celui-ci. Le label se plait à comparer REFLECTIONS au niveau musical à SUICIDE SILENCE et ALL SHALL PERISH aves des touches de PANTERA et même GOJIRA. Tout cela simplifie la tâche tant ces groupes me laissent de marbre. Il va falloir maintenant vérifier tout cela dans les faits.
Et effectivement après une minute et vingt secondes de calme, les déchainement commence. Amis poètes bienvenus ! Les américains défouraillent à tout va et multiplient les plans techniques complexes. Le son est ultra massif et le chant joyeux de Forster fini d’achever le (pauvre) auditeur. Pas de chance pour moi, une fois de plus, REFLECTIONS est aussi adepte de la veine ultra technique mathcore. Donc vous faites face à un maelstrom de sons et vous cherchez désespérément votre chemin dans ce labyrinthe de sons sans queue ni tête apparent. Et encore une fois les beuglement enragés du chanteur n’aide pas. On va dire que l’écoute d’ Exi(s)t constitue une véritable expérience et que seuls les plus courageux s’y plongeront malgré l’abîme devant eux. La paire de guitariste fait la preuve d’un savoir-faire et d’une maîtrise technique impressionnante mais malheureusement le résultat est tellement obtus que peut pourront l’apprécier. Votre serviteur en tout cas est passé à côté. Nos amis sont friands de sous-accordage des guitares et de la basse pour un effet rouleau-compresseur ultra massif et compact. Certains aimeront se faire rouler dessus, moi pas.
Je dois bien avouer mon incompréhension devant la musique proposée par REFLECTIONS. Aussi bien au niveau technique que mélodique je suis à mille lieues des profondeurs atteintes par les américains. Cela confirme que ma quête personnelle du groupe de metalcore/deathcore/mathcore à même de me séduire continue. J’ose à peine imaginer ce que ce groupe peut donner sur scène…
Oshyrya (05/10)
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Steamhammer – SPV / 2013
Tracklist (43:05 mn) 01. Exit 02. Delirium 03. Vain Words From Empty Minds 04. Bridges 05. My Cancer 06. Lost Pages 07. Candle 08. This House 09. Stories Through Storms 10. Exist
Après l’Italie, la France deviendrait elle une des patries d’adoption du power métal symphonique ? Après les KERION et autres FAIRYLAND voici l’arrivée d’un nouveau sur le terrain en la personne d’OPERADYSE. Originaire de Montpellier, dans le sud de la France, le groupe s'est formé en 2006 autour de Damien Marco, son fondateur. Après un premier EP, Hope Era Dies, des changements de line-up et l’intégration du chanteur Franck Garcia (SPHERIC UNIVERSE EXPERIENCE) nos compatriotes franchissent le Rubicon via leur premier album Pandemonium, enregistré fin 2012 au DRUDENHAUS Studio de Nantes.
Le premier contact avec le musique d’OPERADYSE est très agréable et met d’emblée dans de bonnes disposition. Finalement assez classique, la musique du groupe reprend avec talents les impondérables du genre métal symphonique tout en y apportant un touche personnelle. Les mélodies sont finement ciselées, toujours subtiles et intelligentes. Les couches d’orchestrations sont bien présentes mais cela reste au service de la chansons sans tomber dans la démonstration ou le grandiloquent. Damien Marco tisse progressivement une tapisserie complexe faite de multiples fils colorés bien aidé en cela par Bastien Sablé et ses claviers. La touche finale est laissée à Franck Garcia qui insuffle une âme à ses chansons. Belle performance de ce dernier, il n’hésite pas à varier son chant, à monter avec talent dans les aigus et exprime beaucoup d’émotions tout au long de ces chansons. Les influences sont nombreuses mais toujours bien digérées. Citons entre autres les classiques comme IRON MAIDEN et HELLOWEEN, RHAPSODY bien sûr voir un SECRET SPHERE des débuts ou un FAIRYLAND. Par définition très visuelle, comme pour ses illustres modèles, la musique d’OPERADYSE invite l’auditeur au voyages dans des contrées fantastiques. Chacun se créera son monde imaginaire à lui mais Pandaemonium constituera en tout cas un bien belle bande annonce. Les quarante-cinq minutes de musique passent à toute allure, cela ne trompe pas. Soulignons également la très belle pochette signée Andreas Zafiratos (http://albino-z.deviantart.com/).
OPERADYSE propose d’entrée un très bon album à même de ravir les fans de power métal symphonique. Le label allemand Sonic Attack ne s’y est pas trompé en signant les montpelliérains. Même chose pour SPV qui distribue le disque partout en Europe. Même chose pour le Japon avec Avalon Marquee, un gage de qualité. Une très belle surprise.
Oshyrya (7,5/10)
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Sonic Attack – SPV / 2013
Tracklist (45:53 mn) 01. Rise 02.Celestial Sword 03. Unfold Legend 04. Keeper of the Flame 05. The Path 06. Fairies Secret Garden 07. Arkanya 08. Pandemonium 09. Nevermore 10. Frozen
Bien des jolies choses viennent de Münster. Pas le fromage (délicieux et c’est un alsacien qui vous le dit) mais la ville allemande située dans le nord du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie peut s’enorgueillir du charme de son centre historique et de la cathédrale Saint-Paul. Dans ce doux cocon, le groupe EAT THE GUN est né en 2002 et possède déjà à son actif trois albums Cross Your Fingers (2006), Super Pursuit Mode Aggressive Thrash Distortion (2009) et RUNNER (2011). Le petit nouveau, Stripped To The Bone, vient de sortir chez Steamhammer – SPV.
La ville semble être bien bourgeoise et austère et EAT THE GUN fait de son mieux pour réveiller et faire frétiller la population grâce à son rock alternatif bouillant et énergétique. Les touches métal sont bien présentes ici et là mais un chouia en retrait par apport aux opus précédents. Les allemands vont à l’essentiel et tentent de proposer des compositions attractives et efficaces. Les refrains doivent faire mouche et emporter l’adhésion de l’auditeur à la première écoute. Hendrik Wipperman, le chanteur, guitariste et principal compositeur s’est acquitté avec talent de cette tâche à travers ces dix chansons. Le compte est rond et pourtant il laisse des regrets car l'album n'affiche qu'à peine trente-quatre minutes au compteur. C’est un peu léger même si cela n’enlève rien aux qualités du groupe. Les chansons sont courtes, rarement plus de trois minutes et n’ont conservé que l’essentiel, même pas la peau sur les os pour reprendre le titre de l’album. EAT THE GUN injecte à haute dose des vagues d’énergie communicative et l’ensemble tient bien la route même s’il n’y a pas de quoi se rouler par terre. On tape du pied et on secoue la tête en rythme naturellement sans se forcer. « At The End Of The Day » puis le premier single « Loner » donnent le ton et emmènent l’auditeur à toute vitesse sur des routes rock, pied au plancher.
Pour prendre son pied et offrir une belle ambiance lors d’une fête, Stripped To The Bone constitue la bande son idéale. Accessible et finalement consensuel, EAT THE GUN pourra plaire au plus grand nombre. Malgré des paroles parfois sérieuses, une joie et une bonne humeur communicative émanent de ces chansons. Les concerts du groupe s’annoncent comme de sacrés fiesta et nous vous encourageons à y aller si les teutons passent près de chez vous. La bonne soirée est garantie.
Oshyrya (07/10)
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Steamhammer – SPV / 2013
Tracklist (33:18 mn) 01. At The End Of The Day 02. Loner 03. Wake Me Up 04. Addiction 05. Apocalyptic Blues 06. Bad Memories 07. Made Of Stone 08. Won't Let You Down 09. Hot Blood 10. Small Dose Of Death