Dans la famille métal israélien, je connaissais ORPHANED LAND mais voici un deuxième larron, BETZEFER. Pourtant pas perdreaux de l’année, la carrière de nos amis m’avait jusqu’à présent totalement échappé. Pourtant encore, BETZEFER a sorti son premier album, Down Low en 2005 chez Roadrunner Records. Mea culpa… Il existe rapidement de l’eau dans le gaz entre les israéliens et son label et malgré un contrat pour quatre albums l’aventure se termine en 2007. Le deuxième opus, Freedom to the Slave Makers, sort en 2011 chez AFM Records. Finalement, ce troisième et nouvel album sort cette année chez Steamhammer/SPV. Trois albums en quinze ans de carrières et déjà trois labels, BETZEFER semble décidemment avoir la bougeotte.
Avec un groupe composé de quatre membres, chanteur, bassiste, guitariste te batteur, BETZEFER ne propose bien sûr pas de la polka dance mais un métal costaud et très viril mêlant bien des genres différents. Dès la première chanson éponyme et à travers chansons courtes et calibrées, les israéliens font la preuve d’un bon talent pour proposer des mélodies et des refrains accrocheurs. Les musiciens ne prennent pas de gants, ils vont droit au but sans artifices ni fioritures inutiles. La gouaille et le timbre de voix grave et agressif d’Avital Tamir et la guitare de Matan Cohen proposent de belles choses même si une certaine lassitude apparait progressivement à l’écoute de The Devil Went Down To The Holy Land. Le savoir-faire est indéniable et BETZEFER a sans aucun doute beaucoup appris lors des tournées aux contacts de SOULFLY et surtout LAMB OF GOD. Les musiciens ont mûris, grandis depuis Down Low. Ils se cherchent moins une identité comme cela pouvait être le cas encore sur Freedom to the Slave Makers. Le groove, marque de fabrique des israéliens est bien toujours présent mais ils ont su n’en garder que la quintessence. The Devil Went Down To The Holy Land contient son lot de sympathiques brulots métal à même de provoquer un sacré headbanging. Citons « Yuppie Six Feet Underground » ou encore les deux parties de « Suicide Hotline ».
Entre metalcore, groove metal, thrash metal, post-thrash et alternative metal, BETZEFER se fout des étiquettes et se met un malin plaisir à brouiller les cartes. Chaque chansons possède sa propre vérité et montre un pan supplémentaire du talent des israéliens. Très recommandable pour les deux tiers de ses compositions, The Devil Went Down To The Holy Land vous offre une grosse injection de testostérone. Profitez-en !
Oshyrya (6,5/10)
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Steamhammer – SPV / 2013
Tracklist (46:01 mn) 01. Tropical 02.The Devil Went Down to the Holy Land 03. Killing the Fuss 04. Cash 05. Yuppie Six Feet Underground 06. Copkiller 07. Sledgehammer 08. The Medic 09. Milk 10. Suicide Hotline Pt. 1 11. Suicide Hotline Pt. 2 12. Cannibal 13. I Hate 14. Can You Hear Me Now ?
Déformation professionnelle sans doute mais, en bon historien, il me semble que tout se joue dans circonstances ayant mené à la formation d’un nouveau. Prenez les italiens de BLACK INSIDE par exemple. Le groupe est né en 2010 comme tribute band de BLACK SABBATH. Ils décident progressivement de se composer un répertoire propre les chats ne faisant pas des chiens, ils s’orientent vers une veine NWOBHM avec des touches doom et épiques. Ce travail débouche à l’automne 2011 sur le sortie d’une première démo, Servant Of The Servants puis deux ans plus tard au premier LP que voici, The Weigher of Souls.
Les transalpins livrent la marchandise attendue, les influences des grands classiques du hard rock métal infusent tout le disque. Le fan retrouvera le rythme et les riffs très « sabbathien » et des mélodies qui se veulent catchy à la NWOBHM made in années 80. On ne va pas crier au génie tant la musique de BLACK INSIDE est classique et manque malheureusement de l’attrait des grands anciens. C’est loin d’être mal fait, les italiens ont bien travaillés mais les chansons peinent à décoller et à vraiment captivé l’auditeur. La production assez brute et sans grand relief n’aide pas non plus. The Weigher of Souls a été enregistré aux Antipop Studios de Naples par Maddalena Bellini avec un mastering par Davide Barbarulo aux 20Hz20Hz Mastering Lab. On devine les moyens financiers très limités. Cerise sur le gâteau, BLACK INSIDE commet des maladresses qui gâche un peu le plaisir. Par exemple, que viennent faire ces vocalises typées chant lyrique sur « Caronte » ? On se demande ce qui a bien pu passer dans la tête des italiens…
Malgré une très bonne volonté, l’inexpérience de BLACK INSIDE se paye cash. La mayonnaise The Weigher of Souls ne prend jamais véritablement et l’écoute de l’album se fait du plus en plus laborieuse. Il faut rester indulgent, il ne s’agit là que d’un premier pas. La suite va s’avérer décisive.
Oshyrya (05/10)
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Underground Symphony / 2013
Tracklist (49:31 mn) 01. Insomnia 02. Servant of the Servants 03. Caronte 04. Fast as a Bullet 05. After the Pain 06. The Weigher of Souls 07. Zombies Train 08. 20rs Old 09. Getsemani Suite
Merci, un grand merci à LUNAR EXPLOSION pour m’offrir un petit coup de nostalgie et ce joli retour en arrière d’un quinzaine d’années. Cela fait longtemps que je ne m’étais pas comme cela amusé de de la maladresse d’un groupe transalpin. Pas de cabale anti-italienne ici, j’aime cette scène métal depuis bien longtemps maintenant et je me suis tapé un nombre non négligence de groupe médiocres avec des productions atroces. Mais au milieu de la fange quelques pépites émergeaient. Désormais tous les groupes offrent un production acceptable loin des horreurs de la décennie précédente. Mais certains perpétuent la tradition et nous en remercions (SKYLARK si tu nous lis !). Je me moque mais cela s’expliquait souvent par des moyens financiers extrêmement limités.
Né à Vicence en août 2010, LUNAR EXPLOSION a pris coprs à partir de la rencontre de Mattia Sisca (guitare), Paolo Ferraro (guitare) et Raffaele Smaldone (chant). Après avoir complété le line-up et proposé un première démo, Beyond the Demo… en 2011, les itlaiens se lancent à corps perdu sur scène et multiplient les dates en premières parties d’artistes confirmés. Citons par exemple Dennis Stratton (ex-IRON MAIDEN), BLAZE BAYLEY, ADAM BOMB ou ELVENKING. Oui, je sais, cela fait rêver. Fiers de leur performance, il décide d’enregistrer un premier album éponyme au Massive studio de Milan puis un mixage par Matt Stancioiu (LABYRINTH, VISION DIVINE au Elnor studio. Et voici le résultat.
Vous l’aurez compris à la lecture de mon premier paragraphe, je n’ai pas été vraiment enthousiasmé par cet album. Le métal Power / Prog / Néoclassique proposé ici frappe surtout par sa mise en son faiblarde et sa grande maladresse. Encore faut-il pouvoir se prendre pour HELLOWEEN. Le groupe est jeune et ils ont fait l’erreur de choisir d’accumuler tous les poncifs du genre. Riffs complexes mais laborieux, jeu rapide et passages néo-classiques. Ajoutez à cela une batterie qui sonne mal et un chant approximatif et vous obtenez un sacré cocktail. Les chansons semblent décousues sans ligne directrice et suivre les italiens ressemblent à un chemin de croix. Ce n’est pas totalement catastrophique juste pas maîtrisé et déjà entendu vingt mille fois en nettement mieux. L’effet bocal est très net et chaque soli de guitares devient éprouvant. Les nappes de claviers ne sont pas heureuses et l’effet d’avère dévastateur. Ce n’est pas quelques bons refrains ici et là qui suffise à éviter le naufrage. Je m’arrête là, pas la peine de s’acharner. Il reste bien du boulot à LUNAR EXPLOSION pour se mettre au niveau.
Oshyrya (04/10)
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Scarlet Records / 2013
Tracklist (50:29 mn) 01. Vasa Warship, 02. Karnak, 03. Lunar Explosion, 04. Butterfly Effect, 05. When The Sun No Longer Shines, 06. From Beyond, 07. The Nest Of A Swan, 08. Saint George, 09. The King Of Judea