AARGGHGHH ! Mes excuses pour ce cri primal mais la perspective de rédiger cette chronique me navre pour utiliser un euphémisme. Je me suis tapé tous les précédents opus des américains et avec la sortie récente du Best-Of (chronique ici) j’espérais que Zachary Stevens aurait enfin compris le message et abandonner le projet CIRCLE II CIRCLE. A mon grand désespoir voici donc le nouvel album, Seasons Will Fall, non plus chez AFM Records mais earMUSIC. Sans vouloir préjuger des qualités (et défauts) de cet album, beaucoup comprendront mon dépit en tenant du fait que CIRCLE II CIRCLE ne vit que dans l’ombre et le souvenir du passé glorieux de Stevens au sein de SAVATAGE. Sans cela, ce groupe serait noyé parmi des milliers d’autres, ni mieux, ni moins bien. Une pub pour la réédition de tout le back catalogue de SAVATAGE glissée dans le livret du Cd en dit long sur la volonté du label de capitaliser sur tout ce qui rappelle la période dorée du groupe culte.
Je n’ai aucune raison de m’acharner sur CIRCLE II CIRCLE. Les Américains doivent avoir leur fan et atteindre des chiffres de vente honorables pour être débauchés par earMUSIC mais le constat reste toujours le même. A part Watching in Silence (en 2003) qui faisait preuve d’une certaine fraicheur, la carrière des américains me semble être passablement ennuyeuse. Bien sûr le savoir-faire est là, Stevens et ses acolytes ont assez d’expérience pour proposer des chansons honorables mais qu’est-ce que je peux m’ennuyer à l’écoute de Seasons Will Fall. Le power métal du groupe est éculé jusqu’à la moelle, les compositions manquent d’attrait et de brillant, c’est déjà entendu encore et encore. Stevens est loin d’être un mauvais chanteur mais il tourne en rond, en manque d’inspiration depuis de très nombreuses années. Le groupe autour de lui est très renouvelé à part Paul Michael Stewart, à la basse, présent depuis 2003. Aucun titre ne ressort particulièrement, aucune surprise de vient titiller l’auditeur et c’est vraiment dommage.
Pour être un peu méchant je dirais nouveau label mais malheureusement toujours la même soupe, fade et répétitive. CIRCLE II CIRCLE tourne en rond (beaucoup diraient que c’est normal).
Oshyrya (05/10)
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earMUSIC – Replica Promotion / 2013
Tracklist (67:40 mn) 01. Corporation Fear 02. TV Cops 03. Stop Love ! 04. Short Sharp Shock 05. Clean Outta Luck 06. Supercharged 07. Complicated 08. All In My Mind 09. Billion Dollar Heart Attack 10. Bulletproof 11. The Runner
CHROME MOLLY est de retour, voici la énième reformation d’un groupe que l’on croyait définitivement disparu et qui ressurgit ainsi de nulle part espérant retrouver une deuxième jeunesse et un nouveau souffle. L’aventure a commencé en 1984 à Leicester en Angleterre. Les britanniques proposaient à l’époque un rock franchement couillu dans la veine d’un MOTÖRHEAD par exemple et il publient quatre albums avant de splitter en 1991. Renaissance en 2009 autour du line-up des débuts mise à part le batteur arrivé plus récemment.
A la lecture de ce premier paragraphe vous devinez déjà que mon enthousiasme pour Gunpowder Diplomacy est assez limité et vous avez raison. Les britanniques n’ont rien perdu de leur énergie et même de leur talent mais franchement en 2013, cet album me laisse perplexe. Le heavy rock proposé n’est pas désagréable mais cela manque de fraîcheur et d’attrait pour remporter mon suffrage. Les chansons sont très calibrées, entre trois et quatre minutes pour la majorité d’entre elles, construites autour d’un riff, d’une base rythmique solide et d’un refrain catchy. Sympathique mais tout à fait prévisible. Steve Hawkins manque de caractère et d’impact derrière le micro, sa prestation sonne trop propre loin du côté râpeux d’un Lemmy ou d’un Brian Johnson. Soulignons au moins que la production de l’album signée Toby Jepson tient bien la route, rien à redire de ce côté-là.
Si vous avez aimé CHROME MOLLY dans les années 80, vous prendrez sans doute du plaisir à les retrouver 20 ans plus tard. Mais ne vous attendez pas à des miracles, les britanniques proposent un travail appliqué et sérieux mais cela ne suffit pas à faire de Gunpower Diplomacy une réussite.
Oshyrya (06/10)
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earMUSIC – Replica Promotion / 2013
Tracklist (47:08 mn) 01. Corporation Fear 02. TV Cops 03. Stop Love ! 04. Short Sharp Shock 05. Clean Outta Luck 06. Supercharged 07. Complicated 08. All In My Mind 09. Billion Dollar Heart Attack 10. Bulletproof 11. The Runner
A la lecture de la biographie du groupe et à l’écoute de ses précédents albums, on peut s’il faut parler pour CULT OF LUNA de groupe ou de collectif artistique. Ils ne sont pas moins de sept personnes sur scène et leurs albums imbriquent toujours forme et fond via le développement de concepts assez complexes. Beaucoup n’y verront qu’n démarche arty sans grand intérêt et pourtant beaucoup de talent se cache dans cette démarche. Je ne prétends pas percer les mystères de CULT OF LUNA mais simplement vous faire part de mon expérience à l’écoute de Vertikal. Si je paraphrase honteusement wikipédia, CULT OF LUNA est un groupe de post-hardcore suédois protéiforme, mêlant de très nombreuses influences, du sludge au metal atmosphérique. Ils comptent à leur actif avant Vertikal pas moins de six albums dont le dernier Eviga Riket a été publié sous la forme d’un audio-book racontant la suite de l'histoire de Mr. Holger Nilson personnage étrange qui avait été évoqué tout le long de leur précédent opus Eternal Kingdom (2008). Comme je vous le disais les suédois ne font rien comme les autres et après cinq ans de silence, l’écoute de Vertikal risque d’en décontenancer plus d’un.
L’auditeur s’immerge progressivement dans un univers étrange, sans grand repères, ni ligne conductrice. C’est très bizarre, une véritable expérience sonore. Amateurs d’ambiances sombres, tristes et malsaines vous allez être servis, le groupe ne respire toujours pas la joie de vivre. L’ombre d’un NEUROSIS n’est jamais loin même si les suédois savent aussi être très atmosphériques via l’utilisation de sonorités électro (« The Sweep ») renforçant encore le sentiment de malaise. Le chant particulièrement torturé de Johannes Persson n’arrange rien. Vertikal tente de donner corps à la froide efficacité des machines grâce l’utilisation de la répétition de certains thèmes ou la mise en œuvres de structures linéaires, de sonorités indus… La musique se veut aussi énigmatique que la pochette. Attendez-vous à vous perdre dans ces compositions, il faut finalement s’abandonner et se laisser entrainer par CULT OF LUNA. L’auditeur ressort passablement secoué de l’écoute de Vertikal. Autant de noirceur a de quoi laisser perplexe et peu d’entre nous pourrons adhérer estimant que l’exercice est trop intellectuel et stérile. Ils n’auront pas forcément tord mais personnellement je suis fasciné par cette représentation sonore indicible et organique.
A moins d’être fan absolu du groupe (et là vous savez ce que vous risquez) écoutez cet album avant de faire chauffer la carte bleu, cela vous évitera une mauvaise surprise. Avec le concert qui s’annonce la semaine prochaine à Paris je m’interroge sur la capacité de CULT OF LUNA à retranscrire correctement Vertikal sur scène. Rendez-vous au Divan du Monde pour le savoir !
Oshyrya (7,5/10)
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Indie Recordings – Season of Mist / 2013
Tracklist (66:44 mn) 01. The One 02. I: The Weapon 03. Vicarious Redemption 04.The Sweep 05. Synchronicity 06. Mute Departure 07. Disharmonia 08. In Awe Of 09. Passing Through