Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Monkey3 – Astra Symmetry

oshy_20112016_monkPas simple de savoir ce que les suisses de MONKEY3 fument ou boivent avoir de composer mais j’en voudrais une grosse quantité tant les effets semblent puissants. Leur précédent opus, The 5th Sun (chronique ici) nous avait déjà fait un effet bœuf et Astra Symmetry est bien parti pour donner le même résultat. Le quatuor de Lausanne a pu faire ses armes et encore aiguiser sa démarche dans les plus grands festivals comme les Roadburn, Hellfest et autres Desertfest. La livrée 2016 laisse présager du meilleur.

Forcément, l’amateur de krautrock, de mélodies électro et planantes ne peut se lécher les babines devant ce disque qui tente de synthétiser tout ce que l’on aime. Les guitares se mêlent à des envolées cosmiques et donne une gravité à l’ensemble. Chaque chanson ouvre un nouveau champ des possible, ce son cosmique vous envahit, vous prend par la main et va vous guider sur des années-lumière. « Moon » s’avère être une petite merveille, une mélodie hypnotique se déploie sous nos yeux et ne vous lâchera plus pendant longtemps. MONKEY3 possède le talent fou de composer une musique extrêmement visuelle, les images se multiplient dans l’esprit de l’auditeur que se voit entrainer vers l’immensité du ciel pour son plus grand bonheur. Il est rapidement ramené sur terre par ces passages très rock/stoner des années 70 mais les deux visages du groupe se marient à merveille. Cette approche finalement très prog dans l’esprit donne un charme fou à l’ensemble et chacune de ces chansons recèlent de petits trésors. Tous les titres s’enchainent sans temps mort, avec grâce. L’auditeur se trouve ainsi immergé pour plus d’une heure dans un rêve éveillé. Chaque chapitre laisse apparaître un autre prisme qui dévie la lumière d’une autre façon et laisse apparaître une autre réalité musicale. Quasiment totalement instrumental, Astra Symmetry nous caresse et nous protège dans un cocon rassurant.

Avec Astra Symmetry, MONKEY3 enfonce le clou et prouve à tous que The 5th Sun n’était pas qu’un accident heureux. Les suisses prennent leur temps mais à l’écoute du résultat, on leu pardonne aisément. Avec leur rock planant et psychédélique, ils réhabilitent un genre un peu tombé en désuétude et cela fait un bien fou. Astra Symmetry se savoure avec douceur et ne dévoile ses merveilles que progressivement. Quel pied !

Oshyrya (08/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (72:32 mn) 01. Abyss 02. Moon 03. Endless Ocean 04. The Water Bearer 05. Crossroad 06. Mirrors 07. Dead Planet's Eyes 08. Seeds 09. Astraea 10. Arch 11. The Guardian 12. Realms Of Lights

Delain – Moonbathers

oshy_20112016_delaCes dernières années, DELAIN a été une déception. Les hollandais l’ont joué trop facile et se sont un peu perdus en chemin. Ils sont rentrés dans le rang et ont perdu leur statut de challenger prometteur avec un The Human Contradiction (chronique ici) ratant la cible. Mais tout n’est pas perdu et les bataves peuvent retrouver de leur éclat avec ce cinquième album, Moonbathers.

Ce disque débute en douceur avec un « Hands Of Gold » assez classique selon les standards de DELAIN. Ils n’hésitent plus à en faire beaucoup et à multiplier les orchestrations à tout va. Cela donne bien sûr une emphase et une épaisseur appréciable à la chanson mais encore faut-il que cela tienne la route. Le refrain reste accrocheur mais pas non plus exceptionnel. Il n’y a pas de quoi hurler au loup, cette ouverture reste très correcte et finalement le seul élément vraiment énervant se niche dans la contribution d’Alissa White-Gluz. Il semble de bon ton désormais d’ajouter ici et là une touche plus extrême mais à force cela devient fatiguant. La canadienne multiplie les apparitions en dehors d’ARCH ENEMY et semble devenir la préposée au chant growlé pour les groupes symphoniques. KAMELOT en use et en abuse déjà largement et elle faisait déjà une pige sur The Human Contradiction. Et la valeur ajoutée de cette intervention extrême reste encore sujette à caution.

Les titres suivants sont et de DELAIN montre un visage bien plus positif sur les titres plus courts et directs comme « Suckerpunch » ou « Fire With Fire ». Les pseudo-ballades comme « Chrysalis – The Last Breath » apportent une respiration nécessaire mais ne casse quand même pas trois pattes à un canard. « Danse macabre » relève quand même le niveau avec une ligne mélodique plus affirmée et convaincante. Les minutes de Moonbathers s’égrènent sans déplaisir ni faute de goût mais on cherche encore des raisons de s’enthousiasmer devant telle ou telle chanson ou mélodie. La reprise « Scandal » de QUEEN tombe comme un cheveu sur la soupe. On se demande l’intérêt de cette reprise si ce n’est de donner un peu plus de consistance à l’album en lui permettant de frôler les cinquante minutes.

Moonbathers reste assez sage et livre la marchandise attendue, ni plus, ni moins. DELAIN a fait un boulot sérieux mais le potentiel des bataves ne trouve pas ici la latitude nécessaire pour s’exprimer au maximum. On nous parle de nom clinquant comme celui en charge du mastering qui a gagné un Grammy award mais un retour à une certaine simplicité serait salvateur. DELAIN bénéficie de bien plus de moyens pour s’exprimer mais semble ne pas savoir quoi en faire. Difficile de ne pas avoir l’impression qu’ils font du surplace.

Oshyrya (06/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (49:12 mn) 01. Hands Of Gold – Featuring Alissa White-Gluz 02. The Glory and the Scum 03. Suckerpunch 04. The Hurricane 05. Chrysalis – The Last Breath 06. Fire With Fire 07. Pendulum 08. Danse Macabre 09. Scandal 10. Turn the Lights Out 11. The Monarch

The Answer – Solas

the-answerQu'est-il arrivé à The Answer se demandera l'auditeur qui posera l'oreille sur ce Solas sans avoir été avertie ce de qui l'attendait. Le groupe de hard rock bluesy irlandais semble avoir effectué une mue si radicale qu'une chatte n'y reconnaitrait pas ses petits. Au moins le groupe de Cormac Neeson a-t-il annoncé la couleur dans ses interviews récents : Solas est un disque à la conception très particulière. Et au résultat forcément inattendu. Certains hurleront instantanément à la trahison de l'identité du groupe : le hard rock a quasiment disparu des radars ici au profit d'un rock souvent accoustique et atmosphérique, voire pop.

Sur ce point le single « Solas » ne trompera sur la marchandise : éthérée et mélodique, l'entrée en matière du disque fait la part belle à un Cormac Neeson très à l'aise dans ce registre. « Beautiful World » est doté d'un refrain puissant au moins elle, mais lorgne plus vers un rock moderne que vers AC/DC ou Whitesnake comme jadis. « Battlecry » s'avère un superbe titre semi-accoustique doté d'un crescendo de toute beauté ; Paul Mahon y fait un très beau travail de construction de chanson mais reste discret en solo. Et ainsi de suite… Il faudra en fait attendre « Left Me Standing » et le duo vocal avec Fiona O'Kane qu'est « Real Life Dreamers » pour entendre le The Answer de Rise ou Revival et encore un mezzo voce. Le fait d'ailleurs que ces morceaux soient disposés en fin de disque signifie bien que The Answer ne semble pas en faire un argument commercial pour racoller les quelques vieux fans échaudés par ce qu'ils ont entendu jusque là. Par ailleurs, ce ne sont même pas les meilleurs titres du disque loin loin de là.

Pourquoi un tel tournant ? 

Une première question émergera d'emblée : pourquoi un tel tournant en rupture avec les cinq albums antérieurs du groupe qui avait fixé un style très précis ? Pour des raisons commerciales ? On sait que The Answer n'a jamais atteint le succès mérité et que ses ventes n'ont pas décolé depuis son premier opus Rise. Après le récent Raise A Little Hell, les soucis financiers semblent avoir été graves. Ce Solas est-il pragmatiquement une dernière tentative de percer dans les charts avant le dépot de bilan ? On ne jettera pas la pierre au groupe pour une telle décision plus financière que commerciale : chacun a une famille et des impôts à payer. 

Il y a aussi peut-être des raisons moins prosaïques : Cormac Neeson a confié que la naissance prématurée de son fils dont l'état de santé s'est montré extrêmement préoccupant les a beaucoup affectés, sa femme et lui. Le chanteur était sans doute d'une âme plus sombre que de coutume et il faut reconnaître que le tournant musical de Solas convient parfaitement à une humeur contemplative et mélancolique que l'orientation musicale des disques précédents. Cette hypothèse est corroborée par le fait de Neeson se montre parfaitement à son aise ici dans le registre des ballades et des chansons semi-accoustiques (« Thief Of Life », « In This Land » très réussies). 

The Irish Rover 

Pour finir, en rompant avec son style habituel, The Answer sur Solas a voulu plus clairement s'imprégner de ses racines celtiques : symbole celtique sur l'artwork, passage en gaëlique sur « Battlecry », réminiscences des ballades irlandaises un peu partout… « Solas » n'est d'ailleurs pas un mot anglais mais gaëlique pour désigner la lumière que cherche tant le groupe. Ce n'est pas le hard bluesy anglais qui permettait une telle ouverture. Mais pourquoi pas si elle s'avère réussie ? 

Et objectivement, Solas est plutôt réussi, même si on eût préféré une meilleure organisation des chansons ainsi que l'injection d'un titre ou deux de hard rock de plus qui aurait évité de donner l'impression d'un tournant opportuniste et radical. Solas ne sera-t-il qu'une tentative isolée ou la pierre d'achoppement d'une nouvelle identité pour The Answer ? Dans tous les cas, il me semble toutefois très douteux que ce disque obtienne l'accueil qu'il mérite. Les vieux fans risquent de se sentir trahis et les nouveaux définitivement absents du rendez-vous donné. L'album risque bien de sceller la tombe d'un groupe pourtant très attachant. Attendons de voir et croisons les doigts. 

Baptiste (6,5/10 si on met de côté tout préjugé)

 

Napalm Record / 2016

Tracklist : 01. Solas 02. Beautiful World 03. Battle Cry& 04. Untrue Colour 05. In this Land 06. Thief of Light 07. Being Begotten 08. Left me Standing 9. Demon Driven Man 10. Real Life Dreamers 11. Tunnel