Si la discographie de Crippled Black Phoenix alterne le chaud et le froid, force est de constater que le groupe affiche une forme éclatante. Son dernier E.P. New dark age en est la preuve. Justin Greaves et consorts peuvent s’attaquer à des montagnes sans sourciller ; reprendre « Echoes » de Pink Floyd sans se ridiculiser n’est pas donné à tout le monde. C’est donc sur cet état de fait que nous attendions la suite, la bave aux lèvres. Cela tombe bien car Bronze s’avère être le meilleur album de Crippled Black Phoenix.
Après une intro synth-wave évoquant le Vangelis de « Blade Runner », le collectif entre dans le vif du sujet. « Deviant burials » donne le ton. Ici, nous avons affaire à un metal progressif de qualité où toutes les compos s’avèrent passionnantes d’un bout à l’autre. « No fun », solide morceau, muscle le propos et évoque le Tool des grands jours. Si « Rotten memories » calme le jeu, Greaves enchaîne avec un des pics de l’album, « Champions Of Disturbance ». Ce long morceau épique propose un solide songwriting et finit sur quelques surprenantes touches electro. Autre sommet, ce « Turn to stone » hypnotique qui se révèle lourd et aérien à la fois. La suite est un chouïa en deçà, mais la qualité reste de haut niveau.
Crippled Black Phoenix entre définitivement au Panthéon de ces groupes inclassables qui offrent une vision inédite de la musique. En ne s’imposant aucune limite et possédant une qualité d’écriture ébouriffante (« Winning a losing battle ») le groupe devient, comme ce dernier opus, unique et précieux.
01. Dead Imperial Bastard 02. Deviant Burials 03. No Fun 04. Rotten Memories 05. Champions Of Disturbance (Pt 1 & 2) 06. Goodbye Then 07. Turn To Stone 08. Scared And Alone 09. Winning A Losing Battle 10. We Are The Darkeners
Dans la discographie de Lamb Of God, déjà bien fournie, cet EP va occuper une place à part. Pas évident de s'en rendre compte sans connaitre le contexte, après tout c'est un format plutôt classique, deux nouveaux titres accompagnés de trois titres live, tirés du dernier album VII : Sturm Und Drang.
On pourrait se dire que c'est suffisant pour attirer le fan amateur du groupe, mais en temps normal celà n'irait pas au délà de cette frange. Sauf que le groupe à sorti cet EP pour rendre hommage à l'un de ses fans, Wayne Ford, décédé d'un cancer.
Lamb Of God a l'ambition de collecter des fonds à travers cette sortie, en faveur de la lutte contre la leucémie (Leukemia and Lymphoma Society & bethematch.org). Du coup, raler contre cette sortie ça fait un poil cheveu sur la soupe, trois titres live qui tiennent la route malgré un son pas toujours à la hauteur, et deux inédits qui dépotent, dont un qui détonne avec un Randy qui livre une prestation au chant clair pas désagréable. Avis aux amateurs qui veulent filer un coup de pouce à la bonne cause.
Tracklist (22 minutes) 1. The Duke 2.Culling 3 Still Echoes (Live from Rock am Ring) 4.512 (Live from Bonnaroo) 5. Engage the Fear Machine (Live from Bonnaroo)
Les canadiens de THE AGONIST avaient dû passer un sacré test en 2015 en publiant Eye of Providence, le premier disque sans leur chanteuse fétiche. Cette dernière ayant cédé aux charmes d’ARCH ENEMY, Vicky Psarakis avait été recrutée pour prendre le micro. Après avoir rassuré leurs fans, le quintet se devait de confirmer et de battre le fer tant qu’il était chaud. Voici donc leur cinquième album, sobrement titré Five, après seulement un an et demi.
Premier gros changement pour cette cuvée 2016, exit Century Media, les canadiens ont désormais trouvé refuge chez Napalm Records. Les autrichiens font vraiment feu de tout bois, signant à tour de bras dans de nombreux genres musicaux. Sinon, au niveau musical, la recette n’a pas vraiment changé. THE AGONIST continue de développer son death métal mélodique mâtiné de touches metalcore, tentant ainsi de faire le pont, la synthèse entre les différents genres qui cartonnent en ce moment outre-Atlantique. La mélodie côtoie la violence et l’agressivité, les riffs techniques et tranchants virevoltent dans tous les sens. Autant les canadiens flirtent parfois avec le rock alternatif typiquement nord-américain autant ils n’oublient pas leurs racines extrêmes avec des soli ravageurs et typiquement death, des growls en veux-tu en voilà de Psarakis et des breaks metalcore à foison. Des titres directs et sans concessions comme « The Chain » ou « The Anchor and the Sail » sont pensés comme des mandales et visent à vous secouer la tête sans tir de sommation. Comme tout bon groupe canadien/américain, les chansons sont très calibrées, assez courtes et doivent plaire à l’auditeur en un instant. Les musiciens sont tous les quatre au taquet et multiplient les circonvolutions techniques avec bravoure et talent. Derrière le micro, Psarakis fait le boulot même si son chant criard devient très vite lassant. Mais le même constat pouvait déjà être fait au temps de White-Gluz.
Alors, une réussite ce Five ? Si vous êtes fan du groupe depuis ses débuts, vous retrouverez vos petits et vous serez aux anges. Votre serviteur n’a jamais véritablement adhéré à ce drôle de gloubi-boulga entre death mélo et metalcore et ce constat se confirme avec ce nouvel album qui peine à convaincre tant il apparait parfois comme étant le c.. entre deux chaises. Prisoners (chronique ici) en 2012 m’avait frustré, Five m’a plutôt ennuyé.
Tracklist (57:12 mn) 01. The Moment 02. The Chain 03. The Anchor and the Sail 04. The Game 05. The Ocean 06. The Hunt 07. The Raven Eyes 08. The Wake 09. The Resurrection 10.The Villain 11.The Pursuit of Emptiness 12.The Man Who Fell to Earth 13.The Trail 14.Take Me To Church (cover)