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Mister Patate
Nov
5
Prenez un des frontmen les plus emblématiques du Death Metal, associez-le à un musicien de talent, que dis-je, à un véritable homme-orchestre aussi à l’aise derrière une batterie qu’à la guitare ou à la basse et, enfin, à l’ancien batteur de The Black Dahlia Murder, secouez bien le tout et voilà le tout nouveau super-groupe qui va tous nous séduire. Simpliste, cette intro ? Certes, mais comment décrire différemment ce trio infernal Corpsegrinder – Adam Dutkiewicz – Shannon Lucas ? Sur le papier, malgré le fait que ces musiciens n’officiaient pas vraiment dans la même ligue, on se prend à se demander ce que donnera cette union… Et la première écoute de cet album éponyme a dissipé toutes mes craintes et confirmé le potentiel explosif de cette formation.
Ceux qui s’attendaient à un clone de Cannibal Corpse en seront pour leurs frais : Serpentine Dominion ne joue pas dans la même ligue. En effet, le cocktail proposé par Serpentine Dominion est plus varié, loin du « simple » Death brutal de papa que la bande à Corpsegrinder nous dégueule à la face depuis Eaten Back To Life. Certes, certains morceaux sont taillés dans la même veine (« On The Brink Of Devastation » en tête), mais le reste de l’album s’avère bien plus varié, avec passages plus typés Metalcore/Deathcore, quelques refrains en chant clair en contrepoint du chant hurlé (imaginez la collision frontale entre Killswitch Engage et Cannibal Corpse et vous aurez une bonne idée du truc) et une capacité à ralentir le tempo sans pour autant tomber dans le mid tempo poisseux des titres les plus lents de Cannibal Corpse.
Serpentine Dominion a su piocher dans les éléments des groupes d’origine de ses membres pour nous proposer une formule nouvelle et intéressante. Je n’aurais que deux reproches. Tout d’abord, sa durée, qui le classe presque dans la rubrique des « gros ep ». Enfin, et c’est peut-être plus gênant, cette question qui se pose : au vu du temps qu’il aura fallu au groupe pour se former et pour composer ensemble (les premiers contacts remontent à 2009), n’est-ce pas un feu de paille ? Ces musiciens seraient-ils prêts à consacrer moins de temps à leurs projets respectifs bien plus importants pour pérenniser Serpentine Dominion ? Personnellement, j’en doute. Pour l’heure, je me contenterai de profiter de l’instant présent et de cet album bien né.
Mister Patate (8,5/10)
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Metal Blade Records / 2016
Tracklist (25:50) 1. Intro 2. The Vengeance in Me 3. Vanquished unto Thee 4. Divide, Conquer, Burn, and Destroy 5. Sovereign Hate 6. On the Brink of Devastation 7. Jagged Cross Legion 8. Prelude 9. This Endless War
Depuis 2011 et l’anthologie In memory of Agrazabeth, on assiste au retour en force de Mercyless. Le groupe de Max Otero est revenu à l’essentiel, soit un death-metal pur et dur. Il a abandonné les expérimentations maladroites de C.O.L.D et Sure to be pure. Par bonheur, Unholy black splendor, la réédition du classique Abject Offering, ainsi que de fiévreuses prestations live, sont là pour nous rappeler l’évidence : Mercyless est l’un des meilleurs groupes de death-metal. Nous attendions donc cette nouvelle livraison avec impatience.
Pas de faux suspens, Pathetic Divinity est encore un très bon cru. D’entrée, l’auditeur est soufflé par une production musclée donnant l’impression de se plonger dans une sorte de péplum death-metal. C’est grandiloquent et démesuré ; parfait pour ce genre de musique. Les morceaux s’enchaînent et dévastent tout sur leur passage. De « Blood of lambs/Pathethic Divinity » à des brûlots tel « Left to rot », il est impossible de souffler un seul instant. « How deep is your hate ? » respire la haine et retrouve l’essence de ce que doit être le death-metal : une musique puissante et sans concession. Notons aussi que l’on trouve en bonus les trois titres du split Blast from the past qui s’incluent parfaitement à ce sixième album.
Mercyless démontre avec Pathetic divinity qu’il fait partie des formations indispensables du moment. Les Alsaciens ont assez d’expérience pour continuer leur chemin sans ambage et conquérir de nouveaux fans. Ces nouvelles compositions ne réinventent pas le genre, mais sont d’une solidité à toute épreuve. On n’en attendait pas moins de la part de ces vieux briscards.
Nico (8.5/10)
Site Officiel: https://www.facebook.com/mercylesscult/
Kaotoxin/ 2016
01. Blood of Lambs 02. Pathetic Divinity 03. A Representation Of Darkness 04. My Name Is Legion 05. Exhort the Heretic 06. Left to Rot 07. Eucharistic Adoration 08. Christianist 09. How Deep Is Your Hate? 10. Liturgiæ 11. Bless Me Father [2015 version] 12. Probably Impure [2015 version] 13. Eucharistic Adoration [2015 version]
Depuis quelques années maintenant, les suédois de GHOST ont pris l’habitude de sortir entre deux albums un EP histoire de faire patienter les fans et avoir une nouveauté à proposer au moment d’entamer une nouvelle tournée. Donc après: If You Have Ghost (chronique ici) sorti le 19 novembre 2013, voici Popestar.
L’intérêt de ces sorties est souvent limité car If You Have Ghost contenait quatre reprises et un enregistrement live. Sympathique au mieux, il ne cassait pas trois pattes à un canard. C’est du vite fait bien fait alors que le groupe se consacre à des tournée nombreuses et intenses en Europe et en Amérique du Nord. Pour Popestar, notons un progrès puisqu’en lieu et place d’un enregistrement live, nous avons une chanson inédite, « Square Hammer » accompagné là aussi de sa ribambelle de reprises. Et ce nouveau titres n’est pas une simple chute de studio, il s’avère franchement très bon, à la fois hyper mélodique et accrocheur, du très très bon GHOST. Pour le reste, cela fait un peu beaucoup remplissage avec des reprises d’ECHO & THE BUNNYMEN, EURYTHMICS ou encore IMPERIET. Les suédois restent très professionnels et ont retravaillé ces compositions à leur sauce, en les rendant plus rock et plus « evil ». Mais rien de révolutionnaire non plus qui justifie l’achat de ce disque.
Popestar n’a qu’un intérêt, c’est « Square Hammer » qui va rentrer dans la tête et ne plus vous l'avez pour des jours. Et parions que cette chanson est déjà devenue un moment fort des concerts de GHOST. Sinon, les reprises restent particulièrement dispensables. La présence d’un bon inédit est déjà un progrès, on échappe donc à la simple opération marketing qu’était If You Have Ghost. A ce rythme, le prochain EP devrait vraiment valoir le coup !
Oshyrya (06/10)
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Universal Music / 2016
Tracklist (23:36 mn) 01. Square Hammer 02. Nocturnal Me 03. I Believe 04. Missionary Man 05. Bible