La première question que je me suis posé au moment d’écouter ce Man from Elsewhere était de savoir s’il s’agissait d’un EP ou d’un LP. Car dans le premier cas il est très long et dans le deuxième, il est très court. Donc la première impression devait-elle s’apparenter à des félicitations ou un à foutage de gueule éhonté ? Le groupe semblant lui-même présenter ce disque comme un EP, chapeau bas messieurs, trente minutes de musique c’est plutôt généreux.
Maintenant la mauvaise nouvelle s’impose à nous également très rapidement dès les premières secondes, EVERYTHING BEHIND se complait dans un registre death/metalcore pas forcément très à notre goût. Eux parlent de Metal/Hardcore/Alternatif, soit pas de souci. Mais avant d’attquer le cœur de notre sujet rappelons que le groupe s’est formé en 2011 à Paris sous la forme d’un quatuor. A quatre donc ils affinent leur son et leur identité et publient un premier EP en 2013, Human Paradise. Fort de cette carte de visite, ils multiplient les concerts et deviennent même un quintet avec l’intégration d’un second guitariste. Deux ans plus tard, ils enfoncent le clou avec ce second EP, Man from Elsewhere.
« Ce nouvel EP signe un renouveau avec un son plus mature et des ambitions plus grandes » dixit EVERYTHING BEHIND. A l’écoute de ces six nouvelles chansons reconnaissons que nos amis sonnent particulièrement motivés et affutés. « Hopes Run Away » ouvre le disque sur les chapeaux de roues avec toute la palette attendue, chant tantôt hurlé tantôt clair, riffs massifs et section rythmique virevoltante. Le refrain se veut accrocheur, en chant clair, et assez mélodique. Les parisiens cochent toutes les cases du metalcore type et s’en sortent plutôt bien si vous aimez ce genre. Sans tomber dans le djent stérile, on sent bien qu’EVERYTHING BEHIND a complexifié son propos en prenant parfois des détours inutiles histoires de coller aux règles du genre. Chaque chanson est assez longue et fouillée, souvent plus de cinq minutes au compteur, et aurait pu être plus directe et concise histoire de gagner en efficacité. Un titre comme « Welcome to the End » sonne finalement assez cliché, une rencontre entre LINKIN PARK et BRING ME THE HORIZON ou BETRAYING THE MARTYRS. Imaginez notre enthousiasme…
Dans le petit monde death/metalcore, EVERYTHING BEHIND affiche de belles qualités et un gros potentiel. Le groupe reste jeune mais avance pas à pas sérieusement. Man from Elsewhere tient la comparaison face aux groupes équivalents français ou européens. Maintenant pour viser plus haut, il va falloir que les parisiens se trouvent un son et une identité plus original car sinon ils risquent de se perdre dans la masse.
Oshyrya (06/10)
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Autoproduction / 2015
Tracklist (30:15 mn) 01. Hopes Run Away 02. Welcome to the End 03. Will you Let Love 04. 13.11.15 05. Reborn 06. Man from Elsewhere
Et après les média généralistes se font un malin plaisir à considérer les métalleux comme des sauvages sans cervelle alors que l’apport culturel de tous ces groupes est indéniable. Cela permet d’apprendre les langues par exemple. Sans le savoir vous connaissez des mots d’hébreu comme « meshugga » qui veut dire fou et aujourd’hui MESHIAAK qui évoque « mashia'h », le messie. Vous avez ainsi de quoi briller dans votre prochain dîner en ville.
Ce groupe ne vous dit sans doute rien car il fait ici ses premiers pas sous la lumière des projecteurs avec un premier opus, mais pourtant ses membres ont des CV longs comme le bras. Créé en 2014 à Melbourne en Australie par Danny Camilleri (4ARM) et Dean Wells (TERAMAZE), il compte dans ses rangs Nick Walker (BANE OF BEDLAM ex-EMBRACE ETERNITY) et surtout Jon Dette (ex tellement de trucs en live mais quand même SLAYER, ANTHRAX, TESTAMENT, ICED EARTH…). Ne nous voilons pas la face, c’est bien ce dernier qui concentre l’attention de tous sur ce nouveau groupe.
Le projet s’avère finalement assez simple, les quatre compères ne sont pas là pour enfiler des perles mais comptent bien secouer le train-train quotidien. Ils jouent aux champions d’un métal direct et sans fioriture, loin des tendances metalcore ou extrêmes. Cela bastonne sec dès les premières secondes, chaque nouvelle composition se voulant être une offensive en règle de nos cages à miel. Prenez des riffs tranchants, uen section rythmique infernale et un chant râpeux et vous aurez un beau résumé de l’expérience MESHIAAK. Les relents thrash sont évidents avec une petite touche de mélodie apportée par des guitares très techniques aussi bien en rythmique qu’en soli. Très confiants en eux, les comparaisons avec Ride the Lightning (METALLICA), Rust in Peace (MEGADETH), South of Heaven (SLAYER) and Burn My Eyes (MACHINE HEAD). Oui rien que ça… Alliance of Thieves s’avère être un album très carré et professionnel mais malgré bien des qualités il ne peut rentrer en compétition avec ces albums cultes. Nous sommes souvent plus proches d’un NEVERMORE ou d’un TESTAMENT. Les titres s’enchaînent sans temps mort et offre à chaque fois une belle dose d’adrénaline. MESHIAAK varie avec talent les tempi et les atmosphères et ce disque passe à toutes allures. « At The Edge Of The World » montre un visage presque métal prog avec un bel équilibre entre technique et mélodie.
Avec Alliance of Thieves, MESHIAAK peut être fier du travail accompli, l’album s’avère particulièrement abouti sur le fond comme sur la forme. Rien à redire au niveau technique, chacun des musiciens donnent son meilleur et affichent des standards particulièrement élevés. La question reste maintenant de savoir s’il s’agit là d’un fétu de paille ou d’un projet au long court. Jon Dette ne semble jamais vouloir se poser et multiplie les interventions ici et là. Vu la qualité très recommandable de ce premier album, tout un chacun peut espérer voir MESHIAAK se pérenniser. Shalom !
Oshyrya (08/10)
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Mascot Records / 2016
Tracklist (47:37 mn) 01. Chronicles Of The Dead 02. It Burns At Both Ends 03. I Am Among You 04. Drowning, Fading, Falling 05. At The Edge Of The World 06. Last Breath Taken 07. Maniacal 08. Alliance Of Thieves 09. Death Of An Anthem
Nous pourrons passer notre vie à faire de longs débats ou d’infinies conjectures, la scène rock / hard rock des années 70 a posé toutes les bases de notre musique du 21ème siècle et il n’est finalement pas si étonnant de voir une foultitude de groupes revenir aux bases et à la musique telle qu’elle était pratiquée à cette époque-là. Les plus chagrins diront que ce n’est là du recyclage mais que voulez-vous, la vie est un éternel recommencement.
Non BERSERKERS ne fait dans le viking métal à la AMON AMARTH mais se plait plutôt à évoluer sur des rivages rock / hard-rock très très très inspiré des années 70 justement. Le groupe est fondé en Gironde en 2009 sous la forme d’un quintet. Malgré divers changements de line-up le groupe peaufine progressivement son identité musicale en publiant deux démos en 2008 et en 2012. Armé d’un nouveau claviériste, les bordelais franchissent le Rubicon et s’attaque à la composition d’un premier album éponyme qui sort en 2014. Réduit à un quartet, BERSERKERS continue malgré toutes les difficultés son chemin et se lance deux ans plus tard dans l’enregistrement, dans leur home studio, du deuxième chapitre de leurs aventures, Lock & Load.
A travers neuf nouvelles chansons et un peu moins de quarante minutes de musique originale, BERSERKERS souhaite prouver à tous qu’ils ont progressé et mûri musicalement parlant. Les concerts et la vie de groupe ont porté leurs fruits. Les bordelais affichent un son et une écriture plus maîtrisée, plus directe pour en maximiser l’impact sur l’auditeur. Dès les premières notes de ce disque, nos amis affichent leur motivation et une belle énergie. « Outlaw » claque et vous emporte par l’énergie positive qu’il dégage. La batterie est mixée en avant et impulse le tempo tandis que la guitare et les claviers drivent la mélodie le pied à fond sur l’accélérateur. BERSERKERS n’a pas cherché midi à quatorze heure et s’engouffre dans un rock simple mais diablement accrocheur. Le son d'orgue Hammond utilisé apporte cette patte seventies évoquée plus haut. Cerise sur le gâteau, Julien Logeais offre une belle prestation derrière le micro même si sa voix manque ici et là de puissance. Les titres s’enchaînent rapidement et n’espérer pas échapper au tourbillon Lock & Load. Tantôt rapide, tantôt mid-tempo, BERSERKERS impressionne par l’énergie déployée et le côté hyper mélodique de chacune de ces chansons. Difficile de résister et de ne pas taper du pied à l’écoute d’un « Blind Taste » ou d’un « Rock Save the World ». Les claviers virevoltent en permanence et apporte un vrai plus à l’ensemble.
Nous avons beau chercher, Lock & Load ne montre pas de faiblesse évidente. Saluons le travail effectué sur la production de ce disque, entre le visuel soigné et le son tout à fait au niveau des productions contemporaines. Finalement, l’auditeur regrettera presque que BERSERKERS ait été un peu chiche en proposant moins de quarante minutes de musique. Chapeau bas, voici un bien bel album.
Oshyrya (08/10)
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Autoproduction / 2016
Tracklist (38:54 mn) 01. Outlaw 02. Blind Taste 03. Vampire Lady 04. It’s up to you 05. The foolish man 06. Rock save the world 07. Heroes are back in town 08. Starlight City 09. Hangöverhead