Le constat est implacable, je suis sans doute impardonnable et ma culture musicale en prend un coup au passage, je ne connais pas le groupe français de hard rock OCEAN. Le visuel du coffret publié en 2010, Story, Live & more – The definitive collection (coffret), ma rappelle quelque chose, j’avais du le voir au travers d’une pub publié par Axe Killer dans les magazines métal de l époque mais à part cela c‘est le vide complet. Il me fait faire quelques recherches pour découvrir sur Wikipédia que « Océan est un groupe de hard rock Français créé en 1974 à l'initiative de Georges Bodossian et a été au début des années 1980 un des fers de lance de ce style. Il reste un des rares groupes de l'époque signé par une major ». C’est vrai j’étais un peu jeune à l’époque pour suivre le phénomène.
Et il faut préciser, à ma décharge, que comme d’habitude, la vie du groupe n’a franchement pas été un long fleuve tranquille. Les splits sont multiples, ainsi que les changements de personnels. La signature en 1979 avec les disques Barclay (puis PolyGram) augurait du meilleur avant que tout ne se gâte en 1983. Mais on se souviendra qu’ils ont fait les premières parties d’AC/DC puis d’IRON MAIDEN en tournée. Qui peut dire de même ? Le 30 septembre 2010, OCEAN officialise son retour sur la scène. Il faudra six ans de plus pour avoir un nouvel album que voici, C’est la fin, une première depuis des décennies.
Les fans nostalgiques seront sans doute aux anges, mais vu de la fenêtre de 2016, la musique proposée ici sonne franchement datée et peine à convaincre. On peut saluer l’application et le professionnalisme des acteurs mais l’ennui pointe rapidement le bout de son nez. Les riffs s’enchainent sans magie et manque nettement d’attrait et d’accroche. Un grande responsabilité repose sur les épaules du chanteur Stef Reb et il déçoit beaucoup. Il en fait des tonnes, les paroles sont ennuyeuses au possible et on tout un chacun aura rapidement envie de passer à la chanson suivante. « La haine » qui ouvre cet album est trop longue et fini par lasser. Cela s’arrange un peu par la suite mais ce côté suranné et naphtaline imprègne tout. La mayonnaise prenait sans doute au début des années 80 mais trente ans plus tard le constat s’avère beaucoup plus dur. Un peu dans le même genre, un JESUS VOLT sonne de façon beaucoup plus convaincante. Rien à redire sur la forme, la mise en son est très bonne et la production rend hommage au travail du groupe.
OCEAN risque de ne parler qu’au plus nostalgiques d’entre nous qui pourront se délecter de ce hard rock old-school chanté en français. Les autres risquent de passer à côté de ce C’est la fin diablement suranné sur le fond. Il faut saluer la passion affichée des musiciens qui continuent contre vents & marées mais cela ne pardonne pas tout. Impossible de recommander cet album, faites-vous une idée en écoutant des extraits ici et là en magasin ou sur internet pour être sûr de votre choix. Pour nous, c’est non.
Oshyrya (05/10)
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FGL Music – Axe Killer / 2016
Tracklist (50:40 mn) 01. La haine 02. Désillusions 03. Tu n'penses qu'à ta gueule 04. Fidèle à son nom 05. Rouge lézard 06. T'as rien trouvé 07. Instinct animal 08. Je crois que tu aimes Ça 09. La mort rôde autour de nous 10. C'est la Fin
Dingue le bruit que peuvent générer six danois furieux et motivés. Avec HELHORSE, tenez-vous bien à la rambarde, le sludge / stoner du sextet risque bien de vous marquer au fer rouge. Né en 2011 à Copenhague, le groupe compte déjà deux albums à son actif avant celui-ci : For Wolves and Vultures en 2011 et Oh Death en 2013. Après avoir encore aiguisé leurs armes sur scène ces trois dernières années, il était grand temps pour eux de revenir à la lumière avec un album éponyme, une pochette affichant les visages des six membres, comme pour montrer à tous qu’ils n’ont rien perdu de leur ambition.
Avec huit nouvelles chansons complétées de trois courts interludes, HELHORSE nous laisse un peu sur notre fin avec à peine trente-six minutes de musique au compteur. Franchement, en 2016, cela fait un peu chiche. Sinon, HELHORSE reprend les débats là où il les avait laissé avec Oh Death, ce disque débute sur les chapeaux de roue avec un « Carry Your Own » épais, sale et accrocheur. Un premier riff poisseux pose les débats avant que toute la machine ne se mette en branle. Amis poètes, passez votre chemin, les danois s’adressent à votre part masculine et débordent de testostérone à tous les étages. La section rythmique se met au diapason des guitares et imprime un tempo lourd et lent. Ils sont deux à se partager le micro, Mikkel Wad Larsen pour le chant clair et Aske Kristiansen pour les hurlements. L’équilibre se fait plutôt bien et apporte une touche de noirceur, de violence supplémentaire. Quelques touches de claviers, plutôt typer orgue Hammond, viennent adoucir légèrement le propos mais cela reste assez discret. Sous la férule du producteur américain Michael Beinhorn (qui a travaillé pour SOUNDGARDEN et OZZY OSBOURNE), HELHORSE dispose d’un son massif adapté à sa musique.
Les danois font le boulot, ils affichent sérieux et application tout au long de ces trente-six minutes. Cependant rien de révolutionnaire ni de transcendant ici avec des titres directs calibrés autour des quatre minutes. L’auditeur prendra sa dose de violence et d’uppercut dans la tronche mais l’expérience risque de rapidement disparaitre de sa mémoire. HELHORSE reste un peu trop dans des sentiers déjà tellement empruntés qu’ils peinent à s’extraire de la masse.
Oshyrya (06/10)
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Spinefarm / 2016
Tracklist (36:34 mn) 01. Carry Your Own 02. Among the Wolves 03. Fortune Favors the Bold 04. I 05. The Blood Boiler 06. Hell of a Ride 07. II 08. Raise the Black Flag 09. III 10. My Haven / Your Hell 11. No Fucks Given
THE JELLY JAM Jam est un trio musical de rock progressif formé à la suite de la dissolution du groupe PLATYPUS. En effet, nous retrouvons depuis 2002 les trois quarts de ce dernier (manque Derek Sherinian) avec derrière les manettes, le guitariste Ty Tabor de KING'S X (guitare et vocal), le batteur Rod Morgenstein des DIXIE DREGS et le bassiste John Myung de DREAM THEATER. Très occupés par leurs groupes respectifs, les trois compères prennent à chaque fois leur temps puisque cinq années se sont écoulées depuis la publication de Shall We Descend en 2011.
On ne sait jamais trop à quoi s’attendre au niveau musical tant ces musiciens se plaisent à partir un peu dans tous les sens tout en restant dans un cadre rock / hard-rock progressif. Avec Profit, nos amis restent étonnamment sages et ne tombent pas dans les expérimentations hasardeuses. Bien sûr cela joue bien et l’expérience permet de rendre une copie propre. Mais pourtant une petite déception émerge car ces chansons s’avèrent sympathiques mais manque de magie et de fougue. Cela ronronne gentiment et difficile de vraiment s’attacher à l’une ou l’autre de ces nouvelles compositions. « Stain On The Sun » fait son petit effet tout comme « Stop ». Dans l’ensemble cela fait assez « mou du genou » et l’ennui fini par poindre le bout de son nez au bout de quelques titres. A deux exceptions près, les chansons sont courtes et directes, autour des trois minutes en général. Il manque quelques chansons fortes à même de titiller l’intérêt de l’auditeur sur la longueur. THE JELLY JAM semble avoir joué la sécurité et tourne en rond sans coup d’éclat.
Le trio magique du rock progressif ne démérite pas mais vu leur potentiel, la déception prend le pas sur le reste. Trop sage et convenu, Profit passe à côté de son sujet et peine à susciter le moindre enthousiasme. En fond sonore, ces chansons ne sont pas désagréable mais comme sujet principal, quel ennui. Attendons cinq ans pour voir si l’inspiration sera plus féconde la prochaine fois.
Oshyrya (5,5/10)
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Music Theories Recordings / 2016
Tracklist (46:05 mn) 01. Care 02. Stain On The Sun 03. Water 04. Stop 05. Perfect Lines (Flyin') 06. Mr. Man 07. Memphis 08. Ghost Town 09. Heaven 10. Permanent Hold 11. Fallen 12. Strong Belief