Dans le petit monde du métal hexagonal, l’Alsace jouit d’une position assez spéciale. Autant les fans peuvent vivre leur passion à fond avec différentes salles dans la région mais surtout une proximité avec l’Allemagne et la Suisse qui d’étancher sa soif de musique en faisant quelques dizaines de kilomètres. Toutes les grosses tournées passent dans ces deux pays limitrophes alors qu’elles semblent prendre un malin plaisir à éviter notre pays. Dans ce contexte, la scène underground s’avère assez vivace et quelques groupes parviennent régulièrement à toucher un plus large public comme les vétérans de MERCYLESS ou les regrettés KARELIA. Mais depuis 2007, il faut compter dans ce paysage sur SYR DARIA. Depuis presque dix ans, le quatuor distille un heavy métal à la fois mélodique et moderne à même de plaire à un large public.
Cinq ans après Circus of Life, les voici de retour avec un deuxième opus sous le bras, Voices. Pendant ce laps de temps, les mulhousiens ont pu parfaire encore leur art et affuter leurs instruments sur scène et en studio. Ce nouvel opus s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur tout en incorporant de nouvelles influences. Les différentes chansons se veulent assez longues et touffues, SYR DARIA tisse avec application sa toile musicale et ne lâche plus sa proie une fois celle-ci capturée. Mélodie et agressivité se mêle avec efficacité permettant au groupe d’exprimer une large palette d’émotion. Les très directs et râpeux « Slaves » et « Pornstar » répondent ainsi aux plus posés « Gilead » et « Slaves of Osiris ». Ce dernier ne manquera faire apparaitre l’une des grande influence de SYR DARIA (et de 80% des groupes métal modernes), l’ombre d’un METALLICA plane sur l’ensemble du disque. Les alsaciens ne s’en cachent pas et assument les empreintes laissées ici et là d’un IRON MAIDEN, ICED EARTH ou BLIND GUARDIAN. La maîtrise technique affichée par le quatuor s’avère particulièrement impressionnante sans que le chant ne soit en reste. Guillaume Hesse offre une très belle prestation derrière le micro, sa conviction fait plaisir à entendre. Enfin, cerise sur le gâteau, la production du disque n’est pas en reste avec un son clair et puissant concocté par Renaud Hebinger à l’Alligator Studio de Pfastatt (68).
Mêmes les plus exigeants risquent d’avoir bien de difficultés pour mettre en défaut ce deuxième album des mulhousiens de SYR DARIA. Sur le fond comme sur la forme, le travail et a été bien fait, avec application et professionnalisme. Le groupe ne prétend pas révolutionner le genre mais ils y apportent leur patte avec un talent évident. Si vous ne connaissez pas cette formation, vous avez ici une occasion parfaite. Voices a tout pour plaire et permettra, n’en doutons pas, à SYR DARIA de toucher un plus large public.
Oshyrya (7,5/10)
Autoproduction – Brennus music / 2016
Tracklist (49:35 mn) 01. Back to the Circus 02. Gilead 03. Army of Clowns 04. Slaves of Osiris 05. Pornstar 06. Hannibal 07. The Monkey 08. Walk with the Dead 09. Insomnia 10. Voices
Il y des vieux de la vieille qui ne déçoivent jamais leurs fans les plus accrocs , ils fournissent toujours la même quantité de came, épciée, jamais frelatée. N'allez pas imaginer que je me vautre dans les clichés, comparant un groupe Mexicano Américain au trafic de drogue… mais c'est un poil de leur faute après tout, ce sont eux qui se comparent à des seigneurs des cartels de la drogue de Tijuana … en tous cas Brujeria est une bande de bouchers qui tranche toujours dans le vif et qui n'avait pas sévi depuis trops longtemps, Brujerizmo est sorti il y a déjà 16 ans l'air de rien. La sortie d'une compilation et d'une poignée de singles sont de bien maigres offrandes durant ce laps de temps font pale figure à côté d'un album qui tient ses promesses. Au micro on retrouve Juan Brujo (John Lepe) présent depuis les débuts du groupes à la fin des années 80, "Hongo" (Shane Embury de Napalm Death), "El Cynico" Jeff Walker de Carcass, Hongo Jr (Nicholas Barker) à la batterie. Amateurs de boucherie Grind – Death Metal, Brujeria est prêt à vous emmener partir en guerre contre le voisin nord américain cette "terre promise gâchée" qui en prend pour son grade (racisme, Trump sont des sujets de prédilection). Une production brut de décoffrage, des arrangements un poils plus subtils que dans l'album précédent font de cette livraison 2016, une salve épicée et accrocheuse. Le groove est de sortie sur "No Aceptan Imitaciones", tandis qu'un "Plato O Plomo" et un "Satongo" furieux vous colleront direct contre le mur. Le groupe ne fait pas de quartier, et son énergie communicative et punk est toujours administrée avec un poil d'humour noir, notamment sur "Mexico Campeon ". Pas de temps mort à souligner, les compositions accrocheuses frappent juste. Le groupe varie les coups et les plaisirs, si Dino Cazarès n'est plus de la partie, le titre "Codigos" a des alllures d'un Fear Factory. A retenir en fin d'album, cette reprise déjantée des Dead Kennedys "California Über Alles". Brujeria livre un album tout à fait recommandable et solide, on espère qu'il ne faudra pas attendre 16 ans pour avoir la suite. Petit bémol, on regrettera en revanche l'absence des titres du single "Viva presidente Trump!" sorti au printemps 2016.