L’utilisation de substances illicites et hallucinogènes est un classique dans le monde artistique mais cela accouche souvent de résultat surprenant. Difficile de savoir de quoi les Lyonnais de MUDDY ESCAPE ont abusé mais la pochette de cet EP en laissera plus d’un songeur. Après un premier EP, Taste (chronique ici), paru en 2014 voici la suite de leurs aventures avec ce Bad Drip présentant cinq nouvelles chansons.
Le sextet affichait déjà son envie d’expérimenter et de ne pas se fixer de barrière sur son premier disque et la continuité est totale à l’écoute de ce nouvel opus. Etiqueter la musque proposée ici est une tâche bien difficile. Nous n’allons pas nous y risquer de peur de réduire injustement le spectre artistique de MUDDY ESCAPE. Les nouvelles chansons s’avèrent courtes et directes, trois ou quatre minutes au compteur maximum. Les lyonnais prennent un malin plaisir à développer un son sombre, parfois sale (« Shut Up ») parfois inquiétant (« Big brother », « Talk Real »). L’ambiance n’est pas vraiment au beau fixe et l’auditeur se voit immerger dans un maelstrom entre calme et tempête. Les voix se mêlent et s’entremêlent, les coups de boutoir s’enchainent et finissent de semer la confusion.
Taste avait créé bien des interrogations et Bad Drip ne fait qu’en ajouter. L’expérience s’avère encore plus mystérieuse. La démarche visuelle et musicale du groupe ne se laisse pas facilement capturer. Cette sombre séduction persiste mais n’espérez y voir rapidement plus clair.
Oshyrya (06/10)
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Penos Records / 2015
Tracklist (18:38 mn) 01. Big Brother 02. Shut Up 03. All Right 04. Talk Real 05. I Feel Fine
La fortune sourit aux audacieux pourrait être le proverbe fédérateur des parisiens d’OUR BLOND COVERS. Malgré les difficultés, le quatuor avance et tente de vivre à fond sa passion sans avoir de regret. Fondé en 2013 par des amis d’enfance, le groupe fait ses premiers pas grâce à cet EP. En cinq titres, nos amis se présentent au public et font étalage de leur rock alternatif très typé US. Ils ne cachent pas leurs influences et qualifient eux-mêmes leur musique de rencontre entre QOTSA et INCUBUS.
Et reconnaissons que ces influences sont assez évidentes mais si elles s’avèrent bien intériorisées par les quatre musiciens. A part cette pointe d’accent chez Maxime Guibert, l’origine hexagonale d’OUR BLOND COVERS reste bien difficile à déterminer à l’aveugle. Chacune de ces cinq chansons a été patiemment construites, façonnées pour donner un transmettre un maximum d’émotions et ce petit côté râpeux typique de la scène rock alternative. L’ensemble reste très accessible et mélodique, es refrains d’un « Fall With You » fait mouche, l’énergie d’un « Morning Tales » donne envie de secouer la tête et de taper du pied… Les titres sont courts, dans les trois ou quatre minutes et évitent ainsi de rapidement lasser. Ils finissent par un peu se ressembler mais rien de rédibitoire ici.
Prenant le taureau par les cornes, OUR BLOND COVERS a bien compris que son style et sa popularité se développeront surtout grâce à la scène. Ils n’ont donc pas hésité à profiter de toutes les opportunités possibles pour se produire en concert en maximum. Ils ont ainsi sauté sur l'occasion de s’embarquer outre-Manche pour se frotter au difficile public anglais. Il ne pouvait y avoir meilleure préparation avant d’entrer en studio et enregistrer leur premier album. Attendons la suite.
Oshyrya (07/10)
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Autoproduction – Dooweet / 2015
Tracklist (19:11 mn) 01. Fall With You 02. Morning Tales 03. Distance 04. A Fake Pride 05. Tell Me
Il y a parfois des groupes comme ça qui donnent envie, dès les premières secondes, d’en écouter plus, où le style, la mélodie et les rythmes des premières mesures séduisent et invitent à s’immerger dans un nouvel univers artistique. C’est le cas de cet EP des parisiens de FAITH & SPIRIT. Nous voici en présence d’un groupe rock monté par Vivien, Antoine et Matthieu pendant leurs études d’ingénieur du son. Cette période aura permis de réaliser et mixer leurs premières compositions. Après quelques années d’essais avec plusieurs musiciens, Geoffroy, Thomas et Julien sont venus compléter la formation afin de pouvoir jouer leur composition sur scène. Plusieurs titres ont été́ enregistrés en autoproduction afin de proposer un EP représentatif du style qu’ils développent depuis des années maintenant.
Glorious Days présente cinq titres Blues/Rock marqué du son des années 60 et 70 tel que pratiqué outre-Manche et outre-Atlantique. Les riffs sont assez simples mais ils claquent et possèdent une identité et une épaisseur très agréable. Là-dessus, les claviers très old-school viennent apporter leur touche mélodique et nous renvoient directement quarante ou cinquante ans en arrière. Difficile de résister à ces mélodies et ce groove, l’envie de taper du pied et secouer la tête se fait rapidement irrésistible. Ajoutez des chœurs féminins et le chant Vivien Thielen, qui n’est pas sans rappeler Liam Gallagher (OASIS), et vous avez de quoi passer un bon moment. Les refrains s’avèrent efficaces et catchy à souhait. Glorious Days passe à toute vitesse avec presque vingt minutes de musique au compteur.
On pourrait penser que cette démarche old-school apparaisse vieillotte et datée et pourtant l’alchimie fonctionne à plein. Rien de révolutionnaire ici mais un savoir-faire évident et la talent d’avoir su capter l’essence de la musique rock de cette période-là. Les mois à venir pourraient effectivement être glorieux, pourvu que le quintet poursuive sur cette lancée.
Oshyrya (08/10)
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Autoproduction / 2016
Tracklist (19:54 mn) 01. I’ll Be Your Man 02. Glorious Days 03. Everybody Gets It Wrong 04. Black Moon 05. Down the Road